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Le pourquoi de la 2ème vague du Covid-19, par les chiffres

Dans une enquête sur l’impact du Coronavirus, faite  auprès d’un échantillon de 1.339 personnes, l’Institut National de la Statistique a essayé de retracer l’incidence du Covid-19 sur le quotidien du Tunisien,  sa santé et  son mode de vie par rapport à la pandémie, finissant ainsi de mettre le doigt sur les véritables raisons de la 2ème vague qui lui gâche toujours, sa vie et son économie.

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Réalisée en collaboration avec la Banque Mondiale, en cinq vagues successives entre fin avril et début octobre 2020, l’étude a ensuite comparé les chiffres collectés entre juin et octobre 2020. Le résultat est sans appel :  « les données de début octobre montrent un relâchement dans l’adoption des gestes barrières », conclut par dire l’étude, pointant du doigt ainsi la 1ère cause et l’essentielle qui a fait que la pandémie, maîtrisée avant le déconfinement, rebondisse plus fort et tue plus de personnes.

  • Le relâchement et l’été meurtrier

En effet, dit l’étude, « lors de la première vague, la quasi-totalité des répondants déclarait se laver souvent les mains et une large majorité respectait la distanciation sociale (80%) ainsi que l’utilisation des désinfectants (65%) et des masques (50%). Cinq mois plus tard, l’habitude de lavage fréquent des mains a quasiment disparu (citée par moins de 2%), de même que le port des masques (5%) et l’utilisation des désinfectants (15%), alors qu’à peine un quart des répondants déclarait continuer à respecter les normes de distanciation ».

L’été 2020 sera par la suite meurtrier. « Près de la moitié des ménages répondants se sont rendus dans les plages et/ou hôtels, et plus de 60% ont assisté à des évènements regroupant plus de trente personnes ; deux tiers des répondants ayant déclaré alors qu’ils considéraient que « la vie est redevenue normale ».

Interrogés début octobre, lors de l’émergence de la deuxième vague de l’épidémie, 70% des répondants plaçaient toutefois la gravité de la pandémie du Covid-19 entre 8 et 10 sur une échelle de 1 à 10. Ils attribuent la résurgence de l’épidémie dans une large mesure à la décision de rouvrir les frontières (86%) ainsi qu’au non-respect par les citoyens des protocoles sanitaires (67%) et à l’absence de sanctions (53%). De ce fait, alors qu’au début du mois de juin, plus des 3/4 des répondants soutenaient sans réserve les mesures prises pour lutter contre la pandémie, cette proportion a chuté à 15%, début octobre, deux tiers des répondants ayant souhaité un renforcement des mesures, voire même un reconfinement total (23%).

  • 56 % des ménages sortis financièrement indemnes

Concernant le marché du travail, seules 5% des personnes interrogées et qui travaillaient avant le confinement n’avaient toujours pas repris d’activité début octobre, affirme toujours l’INS. La grande majorité de ceux ayant repris le travail ont gardé le même employeur (90%) et ont perçu l’intégralité de leurs salaires (85%). Du côté des unités de production familiales, celles-ci ont continué à accuser une baisse de revenus par rapport à l’année dernière pour 27% d’entre elles (taux stable depuis fin juin), principalement en raison du manque de clientèle.

Globalement, la situation financière des ménages semble s’être stabilisée depuis la sortie du confinement, avec toutefois 44% d’entre eux déclarant, début octobre, que leurs finances se sont détériorées par rapport à avant la crise (taux stable par rapport à début juin). Les indicateurs de solvabilité se sont même relativement améliorés. Ainsi, la proportion de ceux se déclarant capables de mobiliser en urgence une somme d’au moins 200 dinars pour couvrir une dépense nécessaire et imprévue est passée de 55% début juin à 62% début octobre. Sans surprise, les ménages les plus pauvres éprouvent cependant plus de difficultés que les ménages aisés, avec 62% de ceux se situant au premier quintile déclarant ne pas pouvoir honorer tout ou une partie de leurs dépenses contraintes (contre 32% pour le dernier quintile). Cette incapacité de paiement se manifeste surtout pour le règlement des factures (85%) mais également en ce qui concerne les frais de santé (33%) ou de scolarité (34%).

  • Education et santé : Plus de craintes et de reproches que de mal

La rentrée scolaire a été dominée par les craintes relatives à la propagation de l’épidémie. Ainsi, les deux-tiers des répondants ont considéré que les mesures sanitaires prises en milieu scolaire étaient insuffisantes pour protéger les élèves et les enseignants et pensent que la priorité devrait se porter sur l’amélioration de l’infrastructure et des équipements dans les écoles. L’enseignement conventionnel en face à face reste plébiscité par les trois-quarts des répondants mais un tiers d’entre eux estime que les élèves auront besoin de plus de cours de soutien cette année en raison de l’impact des contraintes sanitaires sur le bon déroulement de l’année scolaire.

Concernant le volet santé, 80% des ménages interrogés ont déclaré qu’au moins un des membres de la famille s’est rendu dans une structure de santé au cours du troisième trimestre. Un quart des répondants considère que la qualité de service s’est dégradée par rapport à la période pré-Covid, mais 45% semblent satisfaits du niveau général des prestations. Cependant, des reproches subsistent quant au manque de médicaments et d’équipements pour 29% des personnes interrogées (41% dans le secteur public), et 17% trouvent que le coût des prestations est trop élevé (35% dans le secteur privé).

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