La Tunisie a régulièrement accordé une significative priorité au secteur de la formation professionnelle, qui connaît un essor plus ou moins important depuis des années. C’est à ce titre qu’une réforme en profondeur du système de la formation professionnelle demeure un facteur clé pour faciliter l’insertion des jeunes tunisiens dans le marché de l’emploi et créer plus de travail au profit de jeunes chômeurs.
Selon de récents chiffres fournis par le ministère de la Formation professionnelle et de l’emploi, la Tunisie compte 136 centres publics de formation professionnelle d’une capacité de 90 mille jeunes offrant 270 spécialités. Le secteur privé dispose de 3 mille centres accueillant 40 mille stagiaires.
Le ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, Riadh Chaoud, a affirmé mardi que la formation professionnelle constitue une voie de réussite et d’excellence et un pilier prometteur en matière d’emploi puisque le taux d’embauche de ses diplômés dans de nombreuses spécialités dépasse les 80 %.
Il a indiqué que le plan d’action du ministère pour la nouvelle année de formation comprend l’augmentation de la capacité d’accueil de 705 postes de formation supplémentaires, la reprise de la mise en œuvre de 8 projets de restructuration et le développement de la capacité d’hébergement d’un certain nombre de centres.
Il a également annoncé le lancement de formations bi-certifiantes pour former des spécialistes du diagnostic de l’empreinte carbone des entreprises économiques, de la comptabilité et de la réduction carbone, ainsi que le lancement de formations dans le domaine de l’industrie intelligente (Industrie 4.0).
Il est à signaler que le nombre total des offres de formation disponibles au cours de l’année de formation 2024-2025 est de plus de 90 000 et le nombre d’établissements de formation dans le système national est de 512, dont 136 accrédités par l’Agence tunisienne de la formation professionnelle.
Valeur ajoutée
Il n’en reste pas moins que le modèle de formation, lui, est en train de gagner en employabilité. C’est que le stagiaire aurait, certes, plus de chance d’insertion professionnelle. La qualité de formation semble aussi de mise : 24 centres sont déjà certifiés ISO 21001 et 228 formateurs accrédités suivant les normes 17.024.
De même, la formation à la carte et la codiplômation, suivant un partenariat public-privé, constituent une nouvelle approche pédagogique qui s’inscrit dans le droit fil de répondre aux besoins du marché en compétences hautement qualifiées. Une démarche à pas sûrs, mais lentement.
Autres volets et non des moindres, télé-inscription, assouplissement des formalités administratives et « carte takwin plus » qui permet aux stagiaires de bénéficier, à titre prioritaire, d’une bourse mensuelle (60 dinars), sont des modalités qui s’imposent à l’heure du numérique.
D’autant plus que ces nouveautés revêtent une valeur ajoutée, voire un atout professionnel, étant donné que tout va dans l’intérêt des diplômés. La session de février prochain aura à arrondir les angles, parfaire l’inachevé et rattraper tout manquement remarqué.
Rappelons que le secteur de la formation professionnelle a engagé une vaste réforme depuis 1996, baptisée Programme national de mise à niveau de la formation professionnelle et de l’emploi, ayant pour objectif de rendre le système efficace et adapté aux besoins des entreprises, par l’amélioration de l’employabilité des nouveaux entrants et l’adaptation des compétences à l’évolution des technologies.
Il est fondé sur la généralisation de la formation en alternance, une approche pédagogique fondée sur les compétences et le renforcement des relations avec les entreprises à travers l’implication des branches professionnelles.








