La Fédération Tunisienne du Textile et de l’Habillement (FTTH), a appelé à la nécessité d’instaurer un cadre réglementaire et fiscal plus souple et plus stable, restructurer et moderniser la formation professionnelle dans le secteur textile et instaurer des incitations fiscales et financières pour l’innovation et la digitalisation.
La fédération vient de publier les principales propositions formulées lors du séminaire national organisé à Ksar Hellal sur la «Réalité et perspectives du secteur textile et habillement en Tunisie».
Les recommandations de la FTTH ont, encore, porté sur la création d’un fonds national dédié au textile durable, la régularisation des autorisations de classement des entreprises créées avant 2009, ainsi que des autorisations d’activité et la réforme du système de sécurité incendie.
Et de pointer « l’urgence de relancer les projets à fort impact social, économique et environnemental, tels que la station de recyclage textile de Monastir, la réduction des délais de création d’entreprises et d’octroi d’autorisations douanières, l’amélioration du transport public en zones industrielles pour alléger les charges des entreprises, la levée des obstacles juridiques et techniques au recyclage, à la transformation et à l’exportation des déchets textiles et la limitation des importations aux matières premières et produits réellement nécessaires au marché local ».
Une croissance de 2,61% au cours des cinq premiers mois de 2025
Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a fait savoir à Ksar Hellal que la valeur des exportations du secteur du textile a enregistré une croissance de 2,61% au cours des cinq premiers mois de 2025 par rapport à la même période de 2024, pour atteindre 3942 millions de dinars, soit l’équivalent de 1178 millions d’euros.
Lors de l’ouverture de ce séminaire , il a ajouté que les prévisions tablent sur une hausse du montant total des exportations du secteur fin 2025 à 9365 millions de dinars, enregistrant ainsi un taux de croissance d’environ 2% par rapport à l’année précédente.
Malgré ces indicateurs positifs, le secteur reste confronté à de nombreux défis, notamment une forte concurrence de plusieurs pays, la hausse du coût du fret maritime, la baisse du pouvoir d’achat du consommateur européen, ainsi que les nouvelles orientations stratégiques du marché européen à l’horizon 2030, telles que les nouvelles taxes pour limiter les émissions de carbone des produits exportés vers ces marchés, la hausse du coût de l’énergie, de l’eau et des matières premières, en plus de la complexité de certaines procédures administratives, a noté le ministre.
Abdelhafidh a souligné, à cette occasion, la nécessité d’accélérer la mise en place d’un plan permettant de faire face aux exigences des marchés mondiaux et encourager l’investissement et l’innovation, développer les capacités humaines, adopter les technologies modernes et les techniques de l’industrie intelligente, telles que l’industrie propre et la réduction des émissions de carbone.
Le ministre a également évoqué la poursuite de la mise en œuvre de la deuxième phase du projet « Programme global pour le textile et l’habillement » (GTEX-MENATEX) qui s’étale sur 4 ans (2024-2027) avec un financement estimé à 2 millions de dollars dans le cadre de la coopération tuniso-suisse et tuniso-suédoise. Quelque 33 entreprises opérant dans le secteur du textile, de l’habillement et les structures de soutien au secteur bénéficieront de ce programme.
Dans le cadre du projet de promotion des importations en provenance des pays en développement (CBI), 18 entreprises ainsi que les structures de soutien et opérant dans le secteur bénéficieront d’un financement total estimé à 1,8 million d’euros dans le cadre de la coopération tuniso-néerlandaise. Le programme s’étale sur la période 2023-2026.
Le ministre de l’Économie et de la Planification a précisé que le total des financements extérieurs destinés au secteur s’élève à 12,5 millions de dinars sous forme de dons.
Le secteur du textile, en tant que deuxième secteur exportateur, contribue à fournir près de 160 000 emplois dans 1600 entreprises opérant dans le domaine, dont 85% sont totalement exportatrices. Le volume de ses exportations atteint annuellement près de 10 milliards de dinars.








