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Les barrages à ras bord ….ou quasiment !

Abondantes mais guère diluviennes, les dernières précipitations qui ont arrosé la Tunisie ont été tout bénéfice pour les barrages. A un point tel que l’ancien secrétaire d’État à l’Agriculture, Abdallah Rabhi a affirmé que le déclenchement des sirènes d’alerte au barrage de Beni Mtir est intervenu avant le lancement d’une opération de réduction des volumes d’eau stockés dans le barrage, dans le but de limiter les risques d’inondation et de transférer ces eaux vers le barrage de Bouhertma, qui dispose encore d’une capacité de stockage supplémentaire.

Il a expliqué, sur Express Fm, que cette opération fait suite à la hausse importante du niveau des eaux au barrage de Beni Mtir, l’un des plus anciens et des plus grands barrages de la région, en raison des fortes précipitations enregistrées ces derniers jours.

Il a précisé qu’une partie de ces eaux a été orientée vers le barrage de Bouhertma, relié au barrage de Sidi Salem via l’oued Medjerda, soulignant que le déclenchement des sirènes s’inscrit dans le cadre de l’alerte des habitants vivant à proximité des oueds, afin de les appeler à la vigilance et à s’éloigner des lits des cours d’eau.

Il a ajouté que des commissions regroupant les différents intervenants du secteur travaillent en continu, 24h/24, pour suivre la situation et prévenir tout risque d’inondation.

Taux de remplissage des barrages

Concernant la situation des barrages, il a indiqué que le taux de remplissage a atteint environ 67 %, avec des disparités entre les régions. Ainsi, plusieurs barrages du gouvernorat de Jendouba ont atteint un taux de remplissage proche de 100 %, tandis que le barrage de Bouhertma développe encore une capacité d’accueil supplémentaire, qui pourrait être comblée par les prochaines précipitations.

Il a également précisé que le barrage de Sidi Salem, le plus grand barrage de Tunisie avec une capacité d’environ 643 millions de mètres cubes, n’a pas encore atteint sa capacité maximale, son taux de remplissage dépassant actuellement 60 %, avec une capacité restante pour accueillir de nouveaux apports en eau.

Rabhi a souligné que le système des barrages en Tunisie est interconnecté, permettant une gestion optimale des ressources hydriques et évitant leur gaspillage, tout en appelant à rationaliser la consommation et à préserver la durabilité du secteur.

Il a indiqué que les récentes pluies auront un impact positif sur les terres agricoles et les grandes cultures, contribuant ainsi au soutien de l’ensemble du secteur agricole.

La sécheresse, calamité naturelle dans 12 gouvernorats

On rappelle que l’état de « sécheresse » a été reconnu comme calamité naturelle pour la campagne agricole 2023-2024 dans 12 gouvernorats, ouvrant la voie à des indemnisations pour les agriculteurs sinistrés. Un arrêté conjoint des ministères de l’Agriculture et des Finances, publié au Journal officiel (n° 30 du 17 mars 2026), active, à cet effet, les mécanismes d’intervention du Fonds d’indemnisation des dommages agricoles dus aux calamités naturelles.

La décision concerne les grandes cultures (céréales, légumineuses, etc.) affectées par le déficit pluviométrique dans les gouvernorats suivants : La Manouba, Zaghouan, Ben Arous, l’Ariana, Le Kef, Béja, Jendouba, Nabeul, Kasserine, Bizerte, Siliana et Kairouan. Elle fait suite aux constats établis par la Commission nationale des catastrophes naturelles lors de ses réunions de juillet 2024 et d’octobre 2025.

Plusieurs mesures d’urgence ont été arrêtées pour soutenir les producteurs. Les adhérents au Fonds d’indemnisation bénéficieront d’indemnités financières calculées sur la base de rapports d’expertise individuels, établissant le taux précis des dommages subis dans leurs exploitations.

Parallèlement, un rééchelonnement des dettes sera proposé aux agriculteurs ayant contracté des prêts saisonniers pour les grandes cultures lors de la saison 2023-2024 et dont les pertes sont avérées.

Pour alléger leur fardeau, le Fonds national de garantie (FNG) prendra en charge les intérêts générés par cette opération de rééchelonnement, qui sera étudiée « au cas par cas ».

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