La Tunisie figure parmi les pays méditerranéens les plus vulnérables à la montée du niveau de la mer, conséquence directe du changement climatique. Selon l’expert en environnement, Hamdi Hached , environ 7 % du littoral tunisien risque d’être submergé au cours des prochaines décennies, si les tendances actuelles se confirment.
Ila cité, au micro d’Express fm, des données issues du site spécialisé Earth.org, qui simule les impacts de la hausse du niveau marin à l’horizon 2100. Les scénarios scientifiques envisagent une élévation d’un mètre dans le cas modéré et jusqu’à trois mètres dans le scénario extrême.
Ces projections pourraient entraîner l’engloutissement partiel du littoral Est de la capitale et de plusieurs zones à forte densité urbaine : Raoued, Gammarth-Plage, El Mansoura, Kalâat El Andalous, Aousja, Zouarine (Bizerte), Borj Cedria, Hammam Chatt, ainsi que la banlieue sud de Tunis.
Les régions du Cap Bon, le littoral Nord de Sfax et surtout l’archipel de Kerkennah, décrit comme « le point le plus vulnérable du pays », figurent également parmi les plus menacées.
Des pertes territoriales et humaines majeures
Les estimations évoquent une perte de 250 km² de terres d’ici 2050, pouvant atteindre 1 000 km² à la fin du siècle, soit l’équivalent de la superficie du gouvernorat de Monastir.
En parallèle, 15 % des habitants du Grand Tunis, près de 200 000 personnes, seraient exposés au risque de déplacement forcé ou d’inondation permanente.
Certaines études prévoient la disparition partielle de 30 à 60 % de Kerkennah et la submersion de zones de Djerba, îles cruciales pour le tourisme et la pêche.
Impacts économiques et sociaux
Au-delà des infrastructures et logements, la montée des eaux menace également les écosystèmes côtiers (comme la lagune de Tunis ou la sebkha d’Ariana), les secteurs économiques clés : immobilier, tourisme balnéaire, pêche artisanale, ainsi que les équilibres sociaux, avec un risque croissant de migration climatique interne.
Pour Hached, « le défi climatique n’est plus une hypothèse, mais une question de temps ». Il appelle à adopter un urbanisme résilient face à la montée des eaux, renforcer les infrastructures côtières, protéger et restaurer les zones humides comme barrières naturelles et accélérer la planification nationale d’adaptation au changement climatique.
Selon plusieurs climatologues tunisiens, la Tunisie est considérée parmi les pays méditerranéens les plus exposés aux changements climatiques.
Les principaux risques auxquels elle est confrontée sont l’augmentation de la température, la baisse des précipitations, l’élévation du niveau de la mer et la hausse des phénomènes climatiques extrêmes (inondations et sécheresses).
Ces risques se traduisent par une forte vulnérabilité environnementale et socioéconomique qui impacte notamment les ressources en eau, l’agriculture, les écosystèmes naturels et artificiels, le littoral, la santé et le tourisme.
A été soulignée la nécessité de trouver des solutions urgentes et radicales pour lutter contre ce fléau, entre autres, l’existence d’un programme national financé par la Tunisie et en collaboration avec l’Allemagne et les Pays-Bas, visant à protéger la bande côtière (2600 km) par l’installation de digues rocheuses pour réduire l’intensité des vagues et le réensablement des plages.








