Marqueur majeur de la croissance, l’investissement tant domestique qu’étranger s’offre en Tunisie à des efforts soutenus dont il est aisé de percevoir les effets au niveau des Investissements Directs Etrangers (IDE) qui ont enregistré une envolée remarquable de 20,8% au cours du premier semestre 2025, pour atteindre 1650,3 millions de dinars (MD), contre 1366 MD durant la même période de 2024, selon les données communiquées par l’Agence de Promotion des Investissements Extérieurs (FIPA-Tunisie).
Les IDE, hors secteur énergie, ont permis la création de 4 677 nouveaux emplois durant les six premiers mois de l’année. En devises, les flux d’investissements ont atteint 537,2 millions de dollars (+22 %) et 492,7 millions d’euros (+21,7 %) par rapport à 2024.
Les IDE ont particulièrement dynamisé l’industrie manufacturière, qui a attiré 1 031,3 MD, soit une croissance de 22,9 %, représentant à elle seule 62,9 % du total des investissements directs. Le secteur de l’énergie a également connu un bond de 60 %, passant de 248,3 MD à 398 MD, porté par les projets d’énergies renouvelables et la reprise de l’exploration pétrolière, avec le forage de 11 puits d’exploration.
En revanche, les investissements de portefeuille ont reculé de 28,3 %, tombant à 9,7 MD, tandis que le secteur des services a vu ses entrées chuter de 24,6 %, à 191 MD. Le secteur agricole, en revanche, a progressé, passant de 11,6 MD à 20,1 MD.
La France, toujours 1er investisseur
Sur le plan géographique, la France reste le premier investisseur avec 421 MD, suivie de l’Italie (159,4 MD), de l’Allemagne (124,2 MD), des Pays-Bas (91 MD) et des États-Unis (88,4 MD). Parmi les pays arabes, le Qatar arrive en tête avec 66,5 MD.
Au total, 623 opérations d’investissement ont été réalisées hors énergie, pour une valeur de 1 242,5 MD. La répartition sectorielle des IDE montre une prédominance des industries manufacturières (62,9 %), suivies de l’énergie (24,3 %), des services (11,6 %) et de l’agriculture (1,2 %).
La Tunisie vise à atteindre 3 400 MD d’investissements étrangers d’ici fin 2025, et 4 milliards de dinars en 2026, première année du nouveau plan de développement (2023-2026).
Des réformes encore plus nécessaires
Pour ce faire, cependant, il va être plus qu’indispensable de sonder d’autres trajectoires plus senties qui donneraient de l’ampleur aux réformes déjà entreprises, et qui ont porté sur le climat des affaires visant à mobiliser les investissements privés, notamment les IDE, dans le but de réduire l’important déficit de financement, de créer davantage d’emplois de meilleure qualité et de stimuler la productivité globale.
La loi sur les investissements de 2016 a davantage libéralisé l’investissement, et d’autres réformes législatives ont renforcé les droits des investisseurs, créé un environnement plus favorable aux investisseurs et réduit le fossé entre les entreprises étrangères et nationales, note à ce propos l’OCDE.
Un nouveau projet de code des changes devrait faciliter les transactions commerciales internationales. Les autorités ont, également, pris des mesures afin de réduire la dépendance à l’égard du régime offshore, avec pour objectif d’attirer les IDE et d’améliorer leur incidence sur le développement local.
Selon l’OCDE, « de nouvelles réformes sont nécessaires pour améliorer la contribution des IDE à la productivité, à l’innovation et à une meilleure création d’emplois pour les jeunes hautement qualifiés ». Elle a, ainsi, recommandé d’améliorer la cohérence des politiques, en alignant la politique et la promotion de l’investissement sur la Vision 2035 de la Tunisie et sur les plans nationaux, visant à en faire une économie fondée sur les connaissances et de poursuivre les efforts visant à réduire la dichotomie entre les régimes offshore et onshore, afin d’étendre les motivations des investisseurs au-delà des activités à faible valeur ajoutée et à bas salaires.








