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Les informels à l’assaut du formel

Ils sont plus de 2 milliards dans le monde et environ un million 600 mille en Tunisie. Les travailleurs et entrepreneurs informels, mieux au courant que qui ce soit, de la précarité de leur situation au double plan économique et social, cherchent à s’intégrer à l’économie formelle et à bénéficier, ainsi, des droits que leur garantit la loi : revenus décents, couverture sociale et médicale, stabilité psychologique.

Dans cet objectif, l’Institut tunisien de l’emploi inclusif (Tunisia inclusif Labor Institue), initiateur de nombreuses actions de valorisation du travail informel, a organisé, mercredi 28 septembre à Tunis, en collaboration étroite avec d’autres organismes tunisiens, africains et internationaux (Fondation américaine Bill Clinton, entre autres), actifs dans ce domaine, le premier Forum régional africain sur l’organisation des travailleurs et entrepreneurs informels, avec la participation de représentants des parties prenantes dans le secteur informel en Tunisie et dans plusieurs autres pays africains ainsi que de l’Inde . Ces pays africains sont la Côte d’Ivoire, Afrique du Sud, Libéria, Rwanda, outre la Tunisie.

Un des animateurs des débats est l’ancien premier ministre de Guinée, Kabiné Komara, qui a salué, à cette occasion, l’avant-gardisme de la Tunisie en matière de combat social et de démocratisation, signalant que c’est un revendeur informel  tunisien de Kasserine qui a déclenché la révolution tunisienne en s’immolant par le feu.

Intégration économique et sociale

Pour sa part, le ministre des Affaires sociales, Malek Zahi, a estimé d’une grande urgence la tenue d’un large dialogue social en vue de réfléchir sur les voies et moyens idoines permettant d’assurer l’intégration économique et sociale des travailleurs et entrepreneurs informels de manière à ce qu’ils bénéficient de leurs droits socio-économiques, notamment la couverture sociale et médicale et contribuent plus efficacement à l’activité économique.

Les autres intervenants, dont la présidente de l’Institut tunisien de l’emploi inclusif, Asma Ben Hassen, ont exprimé la même préoccupation, insistant sur l’importance de faire en sorte que cette intégration se fasse sur la base d’une approche participative, à travers le dialogue social.

A cet égard,   Kabiné Komara a attiré l’attention sur « le manque de statistiques fiables et complets sur le secteur informel tant dans nos pays que partout ailleurs, propres à guider la recherche et l’identification de mesures d’intégration  adaptées aux contextes ». Il importe de procéder à une évaluation complète de cette masse de travailleurs et d’entrepreneurs informels, a-t-il dit afin de savoir qui ils sont et ce qu’ils font, car ils vont des domestiques et éboueurs aux petits entrepreneurs et commerçants de détails des divers produits.

Par régions, selon les chiffres du Bureau international du travail, 85% de l’emploi en Afrique est informel, contre 68% en Asie, 48% dans les pays arabes, 40% dans les Amériques et 25% en Europe et Asie centrale.

Priorité nationale

En Tunisie, l’une des principales priorités actuelles du gouvernement, sans cesse formulée, est de relever les défis de l’économie informelle qui représente plus de 50% du PIB et emploie une très forte proportion de la population active (36% selon le ministre des Affaires sociales). Il y a un véritable conflit entre le secteur formel et le secteur informel en Tunisie, en raison notamment de l’installation et étalage anarchiques des travailleurs et vendeurs informels à proximité des locaux commerciaux réguliers.

Des initiatives ont été prises pour régulariser la situation mais en vain. 

Quoique avancé par rapport aux autres pays de la région, le système tunisien de protection sociale peine à étendre ses services aux travailleurs et entrepreneurs informels. Ainsi, le million et 600 mille tunisiens concernés n’ont pas accès aux protections sociales de base et travaillent dans des conditions qui ne respectent pas les normes de travail décent avec des salaires bas et un horaire excessif sans congé hebdomadaire.

Mais, les travailleurs et entrepreneurs informels manquent également de représentation formelle (syndicats reconnus par la législation) pour faire entendre leurs voix et être leur porte parole dans le dialogue social entre le gouvernement et les partenaires sociaux.

Aussi, comme l’a fait remarquer la présidente de l’Institut tunisien de l’emploi inclusif, le secteur informel revêt une dimension économique et une dimension sociale de sorte que l’intégration à l’économie formelle contribué autant à impulser l’économie nationale qu’à renforcer la stabilité et la paix sociales.

Tant en Tunisie que dans les pays africains et des autres continents, plusieurs associations et unions ont été créées pour regrouper les travailleurs et entrepreneurs informels.

A ce propos, ce premier Forum régional verra le lancement d’un Conseil africain des unions de travailleurs et entrepreneurs informels.

S.B.H

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