Lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui, les ministres des Finances et de l’Economie sont revenus sur la nouvelle loi de finances 2023 pour éclairer, à leur manière, la lanterne des Tunisie, qui pourraient être autant de contribuables.
Le document regorge de plusieurs nouvelles dispositions. Il s’agit, entre autres, de réduire l’endettement de personnes bénéficiant de prêts dans la cadre du programme spécifique de logements sociaux, et de mettre en place une ligne de crédit au profit de personnes à faible revenu, afin de financer des activités économiques, ou encore de créer une ligne de financement dédiée aux entreprises citoyennes régionales ou locales, avec un capital de 20 millions de dinars.
Une enveloppe de 1180 MD pour les catégories à faible revenu
Une allocation mensuelle permanente de 220 dinars devrait être octroyée au profit de 320 mille familles avec un budget de 867 MD, outre la mobilisation d’une enveloppe de 66 MD pour les aides conjoncturelles et de 30 MD pour la rentrée scolaire.
La ministre des Finances, Sihem Boughdiri Nemsia a assuré, qu’un budget de 3,5 MD a été alloué pour assurer le transport terrestre gratuit des enfants issus de familles nécessiteuses, notant que 100 projets individuels et 10 groupements féminins pour la promotion des familles à besoins spécifiques moyennant 4,2 M.D devrait être crées très prochainement. Elle a ajouté qu’une indemnité de placement familial des personnes âgées devrait augmenter de 200 dinars à 350 dinars par mois.
En outre, concernant les aides liées à la vie scolaire et universitaire, Nemsia a souligné que 20 mille enfants issus de familles nécessiteuses devraient intégrer les établissements de la petite enfance (3-5 ans), et des bourses et prêts universitaires à plus de 253 mille étudiants avec un budget total de 218 M.D devraient être attribués.
Afin de soutenir l’inclusion financière des groupes sociaux à revenus instables et qui ont des difficultés à accéder au financement bancaire, la ministre a indiqué qu’une enveloppe de 10 millions de dinars a été mobilisée pour le financement du Fonds de garantie pour les crédits à l’habitat au profit des catégories sociales à revenus irréguliers. Il a également été décidé de porter le montant maximum des prêts accordés par la Banque tunisienne de solidarité aux titulaires de diplômes supérieurs de 150.000 dinars à 200.000 dinars par prêt.
« Le gouvernement était au courant du report de l’accord avec le FMI »
D’autre part, la ministre a affirmé que l’accord avec le FMI n’est que reporté, et non annulé, selon ses dires, les responsables du FMI ont déclaré que le programme du gouvernement était prometteur en termes de réformes.
Nemsia a, d’ailleurs, souligné que les prévisions et hypothèses de prêt du FMI ont été adoptées lors de la rédaction de la loi de finances 2023. Elle a déclaré que cette loi n’est qu’une prévision des soldes et que le reste des détails sera inclus dans les lois complémentaires, selon ses propos.
La ministre a ajouté que la création de l’impôt sur la fortune immobilière aura un impact « respectable » sur les ressources de l’Etat, précisant que les structures des professions libérales étaient au courant de la hausse du TVA de 13% à 19%.Cela englobe les avocats, les comptables, les experts comptables, les conseillers fiscaux et autres, ces derniers s’étant entretenus avec le ministère des Finances lors de bon nombre de réunions.
D’après ses dires, la révision de la TVA figure parmi les réformes importantes à mettre en place, car la TVA est « neutre », et « on reverse au trésor la différence entre la TVA collectée et la TVA payée.
Elle a expliqué, d’autre part, que partout dans le monde, il est tout à fait légitime d’augmenter les ressources de l’Etat en adoptant de nouvelles mesures qui ne touchent pas directement le pouvoir d’achat des citoyens.
Le revers de la médaille !
Pour sa part, le ministre de l’Economie, Samir Saïed, s’est attaché à expliquer ce que sera l’inflation au cours de l’année prochaine annonçant que le taux d’inflation pourrait atteindre 10,5% en 2023 contre 8,3% en 2022. Toutefois, il a assuré que la Tunisie est en mesure de contrôler le taux en question par rapport à d’autres pays. Il a, en effet, prévenu que l’année 2023 sera très difficile, affirmant que ce taux d’inflation élevé n’ est que la conséquence des effets de la guerre en Ukraine qui a entraîné une hausse des importations des produits de base et des produits pétroliers, respectivement de 2 milliards de dinars et de 8 milliards de dinars.
En outre, selon lui, cette hausse du taux d’inflation s’explique par l’augmentation du taux directeur opéré par la Banque Centrale de Tunisie (BCT). Le ministre a expliqué que cela s’est répercuté sur la performance des entreprises, faisant savoir qu’une série de mesures seront prises, en 2023, afin d’accompagner ces entreprises à surmonter les difficultés financières.








