Sans doute sans trop s’en rendre compte, le Tunisien est en train de cultiver une perception environnementale dont il est rare de trouver trace dans les faits et dans son vécu. Et cette représentation est d’autant plus vraie qu’elle est perceptible dans maints compartiments où la question écologique est en jeu, notamment le climat et ses dérèglements auxquels la Tunisie est fortement exposée.
A un point tel que déjà, plus de 300 000 Tunisiens sont totalement privés d’eau potable au moment où des unités industrielles telles que la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) épuise la nappe phréatique avec une consommation annuelle estimée à 8,9 millions de mètres cubes d’eau, ce qui équivaut la consommation de 112 000 Tunisiens. L’alarme a été tirée, ce dimanche, par le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), ONG qui milite aussi depuis sa création en 2011, en faveur des droits environnementaux.
Il ajouté, dans un communiqué à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, que des milliers de citoyens en Tunisie vivent à proximité de décharges dites « contrôlées » et d’autres dépotoirs aléatoires, et continuent à respirer de l’air pollué et à être exposés avec leurs enfants à de multiples risques sanitaires.
Pendant ce temps, les gouvernements successifs « criminalisent et répriment les mouvements de protestation environnementale qui n’ont cessé d’accroitre pendant ces dernières années », note-t-il, pour s »indigner que « les atteintes à l’environnement représentent toujours un obstacle au droit de milliers de citoyens à un environnement sûr et sain, et le dilemme des décharges aléatoires en plus de la perturbation et l’interruption de l’approvisionnement en eau potable restent parmi les importants problèmes environnementaux qui perdurent sans que les autorités compétentes n’interviennent pour les résoudre. »
« L’injustice environnementale et la marginalisation croissantes exacerbent les protestations sociales et nuisent à la paix sociale dans de nombreuses régions », a fait remarquer à cet effet, le FTDES.
Plaidoyer pour de nouveaux choix environnementaux
Le Forum a appelé à la nécessité d’adopter de nouveaux choix environnementaux qui seraient régis par un cadre législatif garantissant leur mise en œuvre et conformes aux traités internationaux signés par l’État tunisien et aux acquis de la constitution de 2014.
Il a exhorté les autorités à « alerter sur les dangers qui guettent l’environnement et à oeuvrer pour les éviter tout en travaillant à garantir les principes d’égalité et de justice environnementale et à préserver les droits environnementaux de tous sans exception ».
Ce dimanche, le monde célèbre la Journée mondiale de l’Environnement, décrétée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et organisée chaque année le 5 juin depuis 1973 sous le slogan « Une seule Terre », le même de la conférence de Stockholm de 1972.
Cinquante ans plus tard, cette vérité est toujours d’actualité et la planète Terre qui est notre seule maison a toujours besoin d’un changement environnemental transformateur à l’échelle mondiale.
La campagne de cette année met en lumière les actions en faveur du climat, de la nature et de la pollution, tout en encourageant chacune et chacun, partout, à vivre de manière durable.
Ces dernières années, la nature est en état d’urgence, car pour maintenir le réchauffement de la planète en dessous de 1,5 °C au cours de ce siècle, nous devons réduire de moitié les émissions annuelles de gaz à effet de serre d’ici à 2030.
« Si nous n’agissons pas, l’exposition à la pollution atmosphérique au-delà des normes de sécurité augmentera de 50 % au cours de la décennie et les déchets plastiques déversés dans les écosystèmes aquatiques tripleront d’ici environ 2040 », alerte le PNUE. « Nous devons agir de toute urgence pour résoudre ces problèmes pressants, ce qui rend la campagne « Une SeuleTerre » et son objectif de vivre durablement en harmonie avec la nature, plus pertinents que jamais ».
« Cette planète est notre unique demeure. Nous devons absolument préserver la pureté de son atmosphère, la richesse et la diversité de la vie sur Terre, ses écosystèmes et ses ressources limitées. Mais nous n’y parvenons pas. Nous en demandons trop à notre planète, afin de préserver des modes de vie qui ne sont pas durables. Les écosystèmes de la Terre ne peuvent pas nous fournir tout ce que nous attendons actuellement d’eux », a déclaré, pour sa part, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres .








