Le déficit budgétaire s’est creusé, au cours des trois dernières années, passant de 3% à 7,7%, selon le ministère de l’Economie et de la planification, Samir Saied, des mesures ayant été mises en place pour le ramener au titre de l’exercice 2023 à 5,5% du PIB, pour atteindre 8890 millions de dinars, contre 7,7% en 2022, comme l’indique, d’ailleurs, le rapport sur le budget de l’Etat pour l’année 2023 publié, le 23 décembre 2022, sur le site du ministère de l’Economie et de la planification.
S’exprimant, mardi, au cours d’une conférence de presse consacrée à la présentation du plan de développement pour la période 2023-2025, le ministre a rappelé que la période s’étalant entre 2016 et 2022 a été marquée par la hausse du taux d’inflation (9,8% en novembre 2022), la baisse du taux de croissance et le ralentissement du rythme de l’investissement privé et public, outre la baisse de l’épargne et la variation du déficit courant à cause de l’augmentation des importations.
Il a, également, évoqué la régression de l’indice de développement régional, l’augmentation du taux de pauvreté (environ 20 % en 2022) et du taux d’extrême pauvreté (3,4 %).
Pour lui, ces indicateurs sont dus notamment à l’aggravation du phénomène du commerce parallèle, de l’économie de rente et de la corruption, outre l’augmentation du taux de chômage des diplômés du supérieur, le creusement du déficit commercial , l’exacerbation de la pression sur les finances publiques, l’augmentation du taux d’endettement public et de l’inflation. Il s’agit, également de la persistance des disparités de développement entre les régions et la faible contribution du secteur privé à l’effort de développement et la baisse des indicateurs du climat des affaires, précise le ministre. Il a, toutefois, mis l’accent sur les opportunités offertes, dont le retour de certaines multinationales pour investir dans des secteurs vitaux.
Investissement public : la portion congrue
Le projet relatif au plan de développement pour la période 2023/2025 a été adopté, le 27 décembre 2022, lors d’un conseil ministériel présidé par la Cheffe du gouvernement, Najla Bouden.
L’élaboration de ce projet avait été lancé, au début de 2022, par le ministère de l’Economie et de planification en collaboration avec tous les ministères et les structures publiques aux niveaux central et régional et avec la participation de représentants d’organisations nationales, d’organismes, de la société civiles et d’experts intéressés par la question de développement.
Le plan de développement 2023/2025 comporte l’ensemble de priorités, de politiques et de programmes de développement sectoriels et régionaux, et ce, dans le cadre des orientations de la vision stratégique de la Tunisie à l’horizon de 2035 et le programme national de réformes structurelles pour la prochaine période.
Le conseil a également approuvé la stratégie nationale pour l’amélioration du climat d’affaires, la promotion de l’initiative et de l’investissement qui comporte un nouveau lot de 160 mesures, à part le premier lot de 27 procédures approuvées le 3 octobre 2022.
Cette stratégie nationale et les mesures de réforme sont le fruit d’un dialogue conjoint, lancé depuis janvier 2022, entre les ministères et les structures publiques concernées, les représentants du secteur privé et les structures professionnelles.
Un ensemble de mesures ont été mises en place pour booster l’économie nationale, identifier des solutions aux projets publics et privés bloqués et accélérer le rythme de production, a affirmé le ministre Samir Saied en présence de tous les membres du gouvernement, soulignant l’impératif de trouver des solutions au problème du transport des phosphates et l’impulsion du secteur du tourisme en plus de mettre en place un ensemble de procédures et d’initiatives permettant de créer des conditions propices à la reprise de la croissance tout en améliorant le climat d’affaires.
En ce qui concerne les investissements publics, le ministre a indiqué qu’une enveloppe d’environ 24 milliards de dinars a été allouée, estimant, toutefois que ce montant demeure insuffisant.
Il a fait savoir que l’accord qui sera conclu entre la Tunisie et le Fonds monétaire international (FMI) devra permettre au pays d’accéder à des sources de financement à l’échelle internationale en vue de créer des projets de développement lesquels (projets) permettront de garantir la relance de l’économie nationale.
Enfin et surtout, il a averti que l’année 2023 enregistrera une nette hausse des prix des produits de base et pétroliers, à cause de la conjoncture internationale difficile notamment, l’absence de toutes perspectives de résoudre la crise russo-ukrainienne.








