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L’OMS tire le bilan de ses activités en Tunisie. Pour des systèmes de santé résilients

Livrant son évaluation de ses  activités en Tunisie de 2019 à 2023, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a précisé que ces dernières  ont été organisées selon des plans de travail biennaux, sans toutefois être guidées par une stratégie de coopération avec le pays (SCP) formelle. En termes budgétaires, la contribution prévue de l’OMS s’élevait à 28 782 261 USD, dont 22 783 263 USD exécutés au 20 octobre 2023. Il convient de noter que le Fonds d’urgence pour la réponse aux épidémies et aux crises (OCR) utilisé pour la riposte à la COVID-19 représente 59 % du budget total exécuté pendant la période d’évaluation.

Dans le cadre de sa planification biennale, l’OMS en Tunisie s’est concentrée d’abord sur l’amélioration de l’accès à des services de santé essentiels de qualité, la réduction des difficultés financières et l’amélioration de l’accès aux médicaments, vaccins, diagnostics et dispositifs essentiels, dans le cadre des réformes du système de santé en vue de la couverture sanitaire universelle (CSU).

Cela s’est décliné dans  le renforcement de la préparation, de la détection et de la gestion des urgences sanitaires, ainsi que l’amélioration de la prévention des épidémies et des pandémies , et dans la  prise en compte des déterminants de la santé, la réduction des facteurs de risque et l’application d’une approche de la santé dans toutes les politiques afin d’améliorer la santé et le bien-être de la population.

En outre, l’OMS a adapté ses efforts en Tunisie pour relever les défis émergents, tels que la pandémie de COVID-19, avec des réponses immédiates à la crise et des mesures de suivi au cours des exercices biennaux 2020-2021 et 2022-2023.

Au cours de la période d’évaluation, les principaux problèmes de santé publique en Tunisie, tels que les maladies non transmissibles (MNT), ont fait l’objet d’une attention renouvelée. Il s’agissait notamment de promouvoir une approche multisectorielle des facteurs de risque, de prendre en compte la santé mentale et d’améliorer l’approvisionnement en médicaments. Le plaidoyer et l’implication communautaire ont joué un rôle crucial dans ces progrès, aboutissant à des changements durables, notamment dans la lutte antitabac. Bien que des actions importantes aient été lancées pour faire progresser la couverture sanitaire universelle, ces efforts sont toujours en cours et restent fortement dépendants de facteurs contextuels et du développement de partenariats stratégiques à moyen terme.
De plus, les interventions de l’OMS n’ont pas suffisamment pris en compte les changements structurels nécessaires pour améliorer les fonctions essentielles de santé publique ou consolider les éléments fondamentaux du système de santé.

La riposte à Covid-19

 Le soutien de l’OMS à la riposte nationale à la COVID-19 a consisté à activer rapidement et rapidement les mécanismes nationaux de riposte, à fournir des informations scientifiques essentielles, à coordonner les efforts et à renforcer certaines capacités au sein du système de santé national. Une grande partie de l’aide d’urgence fournie pendant la pandémie a ensuite été transformée en renforcement des services de santé réguliers et en renforcement des capacités pour répondre aux crises futures. Toutefois, des inefficacités ont été constatées dans le soutien à la réponse nationale, en particulier dans la construction et l’opérationnalisation des services hospitaliers, la fourniture d’équipements biomédicaux et la garantie du déploiement rapide de la stratégie nationale de vaccination.
Dans le contexte mondial comme national, le rôle stratégique de l’OMS est clair, notamment dans sa capacité à soutenir la production, la transmission et l’application des connaissances, domaine dans lequel elle dispose d’avantages comparatifs significatifs. Sa mission, son rôle normatif de référence et sa position de fournisseur d’informations pour les acteurs de la santé sont bien établis. Cependant, ces avantages sont quelque peu atténués par le manque de visibilité et la méconnaissance des priorités de l’OMS et des opportunités de collaboration parmi les principaux acteurs de la santé en Tunisie.

Leadership scientifique fort

Des questions clés telles que la gouvernance, le financement, les ressources humaines (RH) en santé et l’impact du changement climatique sur la santé ont été moins développées, malgré leur importance pour la construction de systèmes de santé résilients. Des actions ont été planifiées ou lancées sur des sujets tels que la violence envers les femmes et les enfants, les soins aux personnes âgées, la nutrition et la production de données probantes à partir des systèmes d’information sanitaire, mais elles semblent avoir manqué de suivi.

L’action de l’OMS pendant la COVID-19 en Tunisie a contribué de manière significative à atténuer l’impact sur le système de santé national, ses professionnels et la population. L’OMS a notamment fait preuve d’un leadership scientifique fort, d’un engagement politique et institutionnel efficace et d’un soutien solide à la coordination nationale de la réponse. Son assistance technique dans des domaines tels que la gestion de la chaîne du froid et les capacités des laboratoires a été particulièrement louable.

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