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samedi 27 février 2021
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L’UPR s’en prend avec virulence à Africanmanager qui défendait l’indépendance de la BCT

Le parti Union Populaire Républicaine (UPR) , a fait parvenir à Africanmanager la réponse que voici à l’article publié sur notre site sur le projet de loi relatif à la Banque centrale de Tunisie.

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« Dire que nous avons été surpris de lire sur les colonnes de l’African Manager, l’article intitulé : «Un «ancien» contrebandier, parmi les signataires d’un PL pour déverrouiller les caisses de la BCT» et portant la signature de Mr Khaled Boumiza, premier responsable de la publication. La surprise tient à ce que nous avons toujours considéré à l’UPR cette publication comme éminemment respectable et fiable. Or, le ton avec lequel l’article, pour ne pas dire la charge, a été rédigé, fait peu de cas de la déontologie et du respect d’autrui.

Nous comprenons que notre démarche visant à amender la loi sur l’indépendance de la BCT ait pu susciter une désapprobation voire de l’agacement et quoi de plus normal dans un pays qui se voudrait démocratique où les gens débattent en bonne intelligence et surtout civisme.

Accuser Mr Boumiza d’être en service commandé pour casser Dr Mraihi et l’UPR serait céder à la facilité qui a caractérisé ce pamphlet, nous gagnerons tous à élever le débat dans l’intérêt général. Il ne s’agit nullement d’une affaire de personne mais de choix nationaux qui hélas nous sont souvent imposés, que nous avalisons et entérinons dans un suivisme affligeant et désolant.

Il ne s’agit nullement ici de revenir sur les origines des concepts fondateurs des banques centrales indépendantes. Contrairement à ce que pourraient penser certains, c’est un choix relativement récent qui a pris naissance au début des années quatre-vingt avec le fameux consensus de Washington…oui, vous avez bien compris, avec l’arrivée des néolibéraux. Donc après la consécration de Milton Friedman en lieu et place de Keynes et du coup, la monnaie devient neutre, les anticipations rationnelles capables d’annuler l’effet des politiques monétaires et le rôle essentiel voire exclusif des banques centrales est de mener la vie dure à l’inflation et veiller à la stabilité des prix.

En quarante années de mise en application, le choix des banques centrales indépendantes n’a pas récolté que des louanges. Souvent se crée une tension entre un pouvoir politique légitime par un suffrage populaire et un pouvoir technocratique surprotégé au nom de l’indépendance. Les cas d’affrontements entre les deux pouvoirs sont légion et dans des pays ou la démocratie n’est pas généralement un vain mot comme le Japon, les Etats unis ou l’Australie.

Pour revenir à la Tunisie. La loi 35-2016 qui a entériné l’indépendance de la BCT a conservé des attributions de la loi de 1958 seulement du fait de l’affranchissement de la tutelle du pouvoir politique ces mêmes attributions prennent une toute autre dimension.

Nous sommes un parti responsable que vous n’entendrez pas d’accuser tel ou tel d’être à la solde de puissances étrangères ou d’intérêts particuliers. Néanmoins, il est manifeste pour nous que cette loi parachutée sans qu’elle ait fait l’objet de débat et à laquelle nous nous sommes opposés dès le début (communiqué du 15 avril 2016) s’est révélée nocive au moins pour les raisons suivantes :

1- « La dette interne pour un Etat est un horizon infini » comme le dit Jean-Paul Fitoussi. De ce fait, quel avantage a l’Etat de s’endetter auprès des banques commerciales à des taux d’intérêts élevés quand celles-ci s’endettent auprès de la BCT au TMM. Soyons clairs, nous ne parlons pas de création ex-nihilo de la monnaie mais simplement d’une souscription, en d’autres termes d’une levée de fonds grâce à des bons de trésors publics donc une collecte d’une partie de l’épargne. Juste pour indication, les banques commerciales ont engrangé autour de 500 millions de dinars de bénéfice en prêtant à l’Etat. Par conséquent pour l’entité la plus solvable du pays, une aubaine. Et qui a payé ces 500 millions ? Le pauvre contribuable. Et qui en profite ? nos malheureuses pauvres banques. Merci l’indépendance de la BCT.

2- La conduite d’une politique économique efficiente ne peut s’entreprendre sans une politique monétaire harmonieuse. Bien sûr pour les libéraux, la monnaie est neutre, hélas nous sommes de ceux qui croient qu’il n’en est rien. Notre pays a besoin qu’une même et unique puissance de tutelle mène de pair la politique économique et monétaire.

Sinon la gabegie que nous vivons actuellement : un gouvernement qui voudrait faire une politique de relance et une BCT qui rend l’argent inaccessible à l’investissement et à la consommation en élevant les taux d’intérêt !

3- Des taux d’intérêts parlons-en. Un taux directeur inédit pour combattre une inflation importée ! Ainsi en a décidé le directoire de la BCT.

Théoriquement, il a des comptes à rendre aux députés mais vue la surprotection dont il jouit, dégager un gouverneur n’est pas une affaire aisée même quand il fait fausse route et se trompe lourdement.

Voilà c’est notre part de vérité, nous l’exprimons calmement et poliment car essayer de rabaisser les autres ne rendra pas nos propos plus pertinents ».

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