AccueilLa UNEMalgré les récentes pluies, les effets sur les barrages restent contrastés

Malgré les récentes pluies, les effets sur les barrages restent contrastés

Les récentes pluies, enregistrées à la fin du mois d’août et début septembre, ont été bénéfiques pour les cultures de nombre de variétés agricoles mais point suffisantes pour améliorer le taux de remplissage des barrages, a indiqué la cheffe de service des ressources hydrauliques au Commissariat de développement agricole à Siliana, Safa Slama.

Elle a ajouté, à l’Agence TAP, que la région a compté six jours pluvieux durant le mois d’août dernier, notant que les quantités les plus importantes ont été enregistrées dans les délégations de Kesra (49 mm), Sidi Bourouis (38 mm) et Makther et Rouhia (30 mm).
Depuis le début du mois de septembre courant, les quantités les plus élevées ont atteint 41 mm à El Krib, 28 mm à Gaâfour et 25 mm à Laroussa, a-t-elle ajouté.
En ce qui concerne les réserves en eau, Slama a fait savoir qu’elles se sont élevées à 17% au barrage de Siliana, 21% au barrage Ermil et 2,2% au barrage Lakhmes.La capacité globale de stockage des trois barrages précités, s’élève respectivement à 29 m3, 1,8 millions m3 et 6 millions m3.

Appel à décréter l’état d’urgence hydrique dans le pays

Il faut également noter que l’Observatoire tunisien de l’eau avait appelé à décréter l’état d’urgence hydrique et à mobiliser les moyens financiers nécessaires pour aider les personnes touchées par cette situation, notamment les petits agriculteurs. L’organisation a estimé que la décision du rationnement de l’eau ne traduit aucune transformation des politiques hydrauliques nationales. Elle a, à ce titre, exhorté les autorités à clarifier les décisions prises et à respecter les horaires de coupure annoncés préalablement dans le cadre du régime des quotas.

Abdallah Rabhi, ancien secrétaire d’Etat chargé des Ressources hydrauliques et expert dans ce domaine, avait appelé à son tour à décréter l’état de sécheresse. « Le gouvernement doit faire preuve de pro-activité dans ses actions et mettre en place des mesures à la hauteur des défis auxquels le pays est confronté. Si nous attendons jusqu’au mois de février prochain, nous n’aurons plus suffisamment de marge de manœuvre », a-t-il alerté.

Face à cette situation alarmante, le ministère de l’Agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche a pris, pour la première fois, au cours du mois de mars 2023, des mesures concernant la distribution échelonnée de l’eau potable et a commencé à couper l’eau de nuit dans de nombreuses zones, dans le cadre d’un système conçu pour programmer la distribution de l’eau et assurer sa consommation dans diverses parties du pays, ainsi que pour « empêcher son utilisation dans l’agriculture et l’irrigation ». S’y ajoutent les espaces verts, le nettoyage des rues et le lavage des voitures, en raison de la grave vague de sécheresse, qui a laissé les barrages presque vides.

D’ailleurs, le département en question a approuvé des sanctions financières et des peines de prison, pouvant aller jusqu’à six mois, pour les contrevenants.

A vrai dire, la Tunisie est en proie à la sécheresse depuis cinq ans. Des études semblent confirmer la persistance de la sécheresse et une réduction sensible de la pluviométrie. Cette aridité prolongée a bien sûr une incidence sur les disponibilités hydriques aussi bien pour l’eau potable que l’eau destinée à l’irrigation.

Le gouvernement estime ainsi que l’une des priorités de la prochaine étape est de « rationaliser la consommation de l’eau et de faire pression sur la demande dans tous les secteurs, en plus de l’utilisation de ressource non traditionnelles », y compris le dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées traitées.

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