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Menaces tarifaires US : La Tunisie mettrait-elle le cap sur les marchés asiatiques?

La nouvelle série de droits de douane annoncées par le président américain Donald Trump continue de faire des vagues de par  sa dimension universelle mais aussi et  surtout parce qu’elle entraîne des retombées parfois dévastatrices pour les économies qui reposent sur l’exportation. Plusieurs pays, dont la Tunisie, viennent d’être notifiés de mesures entachées de menaces, au travers de lettres commerciales adressées par le chef de l’Exécutif américain où ce dernier  accuse la Tunisie de « pratiques commerciales déloyales », notamment de droits de douane disproportionnés sur les produits américains, dépassant parfois 50 %, selon ses dires.
A ce trait comminatoire, s’ajoute un autre sous la forme de l’avertissement  que toute mesure de rétorsion ferait l’objet de contre-tarifs équivalents. « Ces droits de douane peuvent être modifiés à la hausse ou à la baisse, en fonction de nos relations », a ajouté  Trump dans sa lettre au président de la République tunisienne, Kais Saied.

Les droits de douane sont initialement appliqués à un taux de 10 % à compter du mardi 8 juillet, dans le but de créer un espace pour les négociations bilatérales. Si les négociations échouent, le taux plein de 25 % entrera en vigueur au début du mois d’août.
Cette mesure tarifaire s’inscrit dans le cadre d’une campagne plus large de « libération économique » menée par l’administration Trump, visant à corriger ce qu’elle considère comme des décennies de déséquilibre commercial.

En avril, Washington avait annoncé une sanction plus sévère, proposant des droits de douane de 28 % sur les produits tunisiens. La mise en œuvre progressive est considérée par certains comme une ouverture au dialogue, bien que le gouvernement tunisien n’ait pas encore formulé de réponse publique officielle.

Alors que plusieurs pays, tels que le Royaume-Uni, le Vietnam et les membres de l’Union européenne, ont entamé des négociations ou obtenu des délais, la présidence tunisienne est restée publiquement silencieuse jusqu’à présent, note le site The New Arab.

L’huile d’olive, premier produit touché

En 2024, les échanges commerciaux entre la Tunisie et les États-Unis s’élevaient à environ 1,65 milliard de dollars, contre 1,3 milliard de dollars en 2022. Les importations de la Tunisie proviennent principalement de l’Europe, de la Chine, de la Turquie et de l’Algérie (pour l’énergie).

Malgré le volume relativement modeste des échanges, l’huile d’olive et les autres secteurs d’exportation de produits alimentaires devraient être les plus touchés par les nouveaux droits de douane, explique Hamza Meddeb, chercheur au Malcolm H. Kerr Carnegie Middle East Centre, basé aux États-Unis.

L’huile d’olive, un secteur clé pour la Tunisie, a régulièrement augmenté sa part sur le marché américain au fil des ans.
Les États-Unis figuraient parmi les principales destinations de l’huile d’olive tunisienne, les exportations ayant augmenté de plus de 25 pour cent entre mai 2023 et avril 2024.

« La Tunisie est un grand producteur et exportateur d’huile d’olive, mais pas un consommateur », a averti Khalid Laabidi, un expert en investissement, cité par The New Arab.

« Cela aurait un impact sur la chaîne de valeur agricole, des petits exploitants aux exportateurs.

Des négociations seraient en cours entre la Tunisie et les USA !

Le 8 juillet, Marouane Ben Jemaa, président de la Chambre tuniso-américaine de commerce et d’industrie, a confirmé que des négociations étaient en cours entre les responsables tunisiens et américains pour tenter de réduire les droits de douane à 10 %.
« Nous disposons déjà d’un dossier solide et les négociations ont commencé. Nous poursuivrons le dialogue dans l’espoir de parvenir à une solution », a-t-il déclaré à  Mosaique FM.

 Ben Jemaa a affirmé que la Tunisie était un État souverain qui refusait « toute atteinte » à son indépendance. « Notre pays dispose de suffisamment de diplomatie économique et d’arguments solides pour défendre sa position.
Pourtant, certains analystes préviennent que le temps presse. Les nouveaux tarifs douaniers devant entrer pleinement en vigueur dans quelques semaines, le silence prolongé de la Tunisie pourrait lui coûter l’effet de levier que d’autres pays ont utilisé pour protéger leurs industries.

Plutôt que de chercher des mesures de rétorsion avec Trump, qui ont peu de chances d’aboutir, Meddeb estime que la Tunisie devrait se concentrer sur la résolution des problèmes de son secteur d’exportation alimentaire et sur la diversification de ses destinations d’exportation.
« Il existe un potentiel important pour se développer sur les marchés asiatiques, mais cela nécessiterait des réformes réglementaires et politiques pour améliorer la compétitivité », a-t-il déclaré.

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