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Moez Labidi : « Un pays en transition ne se gouverne pas par une main tremblante»

« Un pays en transition ne se gouverne pas par une main tremblante. Si l’audace n’était pas à l’ordre du jour, le déclin serait certainement au rendez-vous », c’est ce qu’a indiqué l’universitaire et l’économiste Moez Labidi dans une note de conjoncture publiée ce lundi 20 juin 2015 par l’intermédiaire en Bourse Mac Sa.

Selon lui, l’audace est incontournable pour relever le défi du terrorisme. Incontournable aussi pour pousser l’investisseur national à prendre le risque d’embaucher, pour déplomber l’hésitation des investisseurs étrangers, assainir les finances publiques et les actifs des banques et développer la culture de la performance et de la bonne gouvernance dans l’administration.

L’audace est aussi essentielle pour donner des couleurs aux indices boursiers et au taux de change du dinar, rassurer les bailleurs de fonds étrangers, réduire les inégalités sociales et régionales et enclencher une dynamique vertueuse de réduction de dettes, a affirmé Labidi, faisant remarquer que l’austérité aveugle et imbécile prendra le dessus. « Réformons la Tunisie au plus vite, avant que la nébuleuse terroriste la déforme », a-t-il dit.

Moez Labidi a, dans le même contexte, assuré que l’homme politique ne devrait pas se contenter de comptabiliser les collatéraux des actions terroristes sur l’économie nationale. Il devrait plutôt être plus créatif et plus imaginatif pour trouver de nouvelles pistes pour rebondir. « Arrêtons de socialiser les pertes des secteurs en détresse (touristique, banque, ..) lorsque durant des décennies les bénéfices étaient privatisés »n a-t-il dit.

« La Tunisie a besoin d’un gouvernement qui devrait être garant de la justice dans la répartition de l’effort. Un gouvernement qui dispose d’un projet clair, loin du show et des calculs électoralistes. Car, une politique non comprise est une politique non admise », a indiqué Labidi, assurant que la Tunisie a besoin aussi d’un syndicalisme responsable, qui intègre dans son radar les notions de productivité du facteur travail, de compétitivité, de déficit budgétaire, de marché financier, de crise de dette souveraine, … et surtout les intérêts de ceux qui sont sur le banc du chômage.

La Tunisie a besoin aussi, selon lui, d’un discours politique lucide qui fait prendre conscience, à tous, de l’urgence et de la nécessité des réformes. L’avancement dans l’agenda des réformes sera déterminant pour que la Tunisie puisse vaincre la barbarie.

Selon Labidi, la Tunisie a besoin d’un gouvernement courageux, qui ose engager les réformes. Et non pas d’un chef de gouvernement qui reste scotché au barycentre des forces politiques et syndicales, pour satisfaire tout le monde « sauf l’avenir de la Tunisie » sous prétexte de préserver la paix sociale. « De quelle paix sociale parlons-nous ? S’agit-il de troquer le destin de notre société, l’avenir de notre jeunesse, …. contre un ordre précaire, contre une paix sociale biaisée, voire minée ?! », s’est il exclamé.

Il a, en outre, indiqué que l’attentat de Sousse est venu ébranler la stratégie de communication du secteur touristique dévoilant au grand jour les défaillances sécuritaires au sein des unités et surtout la fragilité du secteur touristique et de l’économie tunisienne. Une perte estimée à 515 millions de dollars sur l’année 2015.

Moez Labidi a, dans ce cadre, proposé cinq défis à relever pour étouffer la nébuleuse terroriste à savoir un défi de lutte contre les inégalités, de financement, de consensus, d’ancrage à la culture de la tolérance et du respect des libertés et un défi de bonne gouvernance dans l’administration.

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