Mohamed Louzir, secrétaire général de la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie, a affirmé que la loi de finances 2026 comporte de nombreuses nouvelles mesures fiscales à l’égard des entreprises, entraînant une hausse de la pression fiscale. Il a précisé que cette pression est estimée à 33,5 % du produit intérieur brut en 2022, pour dépasser 34 % à la fin de l’année 2025, et qu’elle poursuivra la même tendance haussière en 2026.
Il a souligné, au micro d’Expresso, ce lundi 12 janvier 2026, l’augmentation de l’impôt sur les sociétés, passé de 2,8 milliards de dinars en 2022 à 6 milliards de dinars en 2025, soit une hausse de 113 % en trois ans, considérée comme l’une des plus élevées en Afrique. Il a estimé qu’un excès de pression fiscale « tue l’impôt » et que cette orientation aura un impact négatif sur l’investissement.
Louzir a également appelé à la nécessité de revoir l’assiette fiscale et de l’élargir pour inclure l’ensemble des activités et des entreprises économiques, tout en insistant sur l’intégration de l’économie informelle, qui représente plus de 40 % du PIB.
Il a affirmé que le secteur privé a enregistré des résultats positifs et des indicateurs de croissance, contribuant de manière significative à l’économie tunisienne, mais que ces résultats demeurent insuffisants en raison de la faiblesse des mesures mises en place et du manque d’adaptation des législations à cette évolution.
Par ailleurs, il a évoqué le poids de la masse salariale dans la fonction publique, indiquant que le nombre de fonctionnaires a augmenté de 35 % depuis 2010, tandis que le salaire brut annuel moyen a progressé de 191 %. Il a considéré que cette hausse des effectifs, accompagnée d’un réel déficit de productivité, constitue un problème majeur nécessitant des solutions concrètes.
Le secrétaire général de la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie a également expliqué que le poids de l’endettement public, au détriment de l’investissement public et privé, a affecté négativement la capacité des entreprises à accéder au financement et a contribué à la délocalisation de nombreuses entreprises tunisiennes ou d’investissements étrangers à l’étranger.
Et de conclure en appelant l’État à envoyer de véritables signaux aux investisseurs, à engager des réformes effectives pour restructurer les entreprises et les administrations publiques, à orienter les financements vers les secteurs productifs, à accélérer la réforme fiscale et à offrir des incitations concrètes aux secteurs et activités économiques.








