La Russie et la Chine ont empêché mardi le Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter un texte déjà édulcoré réclamant le déblocage du détroit d’Ormuz, au grand dam des pays du Golfe qui espéraient initialement un feu vert pour le libérer de force.
Le projet de résolution porté par Bahreïn, modifié plusieurs fois pour tenter d’éviter un veto, a recueilli 11 votes pour, deux contre (Russie et Chine) et deux abstentions (Pakistan et Colombie).
Ce vote intervient quelques heures avant l’expiration de l’ultimatum de Donald Trump. Le président américain a donné à l’Iran jusqu’à mardi 20H00 heure de Washington (minuit GMT) pour débloquer la navigation dans cette voie maritime vitale, menaçant sinon d’éradiquer « une civilisation entière ».
Des propos que l’ambassadeur iranien à l’ONU a qualifiés mardi devant le Conseil de « profondément irresponsables », accusant Donald Trump de révéler « ouvertement son intention de commettre des crimes de guerre et crimes contre l’humanité ».
Il a également accusé le texte proposé par Bahreïn de « punir la victime » des attaques israélo-américaines et de « fournir aux agresseurs une protection politique et diplomatique pour d’autres actions illégales ».
Soutenu par les pays du Golfe et les Etats-Unis, Bahreïn, avait lancé il y a deux semaines des négociations sur un texte qui aurait autorisé tout Etat ou coalition d’Etats à utiliser « tous les moyens nécessaires » pour garantir la sécurité des navires et empêcher le blocage du détroit.
Après d’ultimes modifications pour tenter de convaincre aussi la Russie, alliée de longue date de l’Iran, et la Chine, la dernière version texte ne parlait plus d’autorisation de l’usage de la force, même défensive.
Mais cette idée a entraîné de fortes objections, notamment de la France, de la Russie et de la Chine.








