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Des données inédites du Plan présidentiel d’aide d’urgence des États-Unis à la lutte contre le sida (U.S. President’s Emergency Plan for AIDS Relief ou PEPFAR) montrent que l’épidémie de VIH est en train d’être maîtrisée dans toutes les classes d’âge au Swaziland, le pays dont la prévalence du VIH est la plus forte au monde. Des études supplémentaires financées par le PEPFAR et publiées en décembre 2016 pour le Malawi, la Zambie et le Zimbabwe identifient également des progrès considérables en matière de contrôle des épidémies de VIH dans ces pays.

Selon la dernière étude publiée aujourd’hui sur la mesure de l’incidence du VIH au Swaziland (SHIMS 2), le taux de nouvelles infections liées au VIH a été réduit de près de moitié chez les adultes et la suppression de la charge virale du VIH (marqueur clé indiquant que le corps parvient à maîtriser le virus) a doublé au Swaziland depuis 2011. Ces données suggèrent que le Swaziland a atteint l’objectif mondial de suppression de la charge virale communautaire chez les adultes séropositifs quatre ans avant l’échéance. Les données du Swaziland sont d’autant plus importantes que le PEPFAR a financé une étude complète en 2011-2012 qui fournit le comparateur de référence nécessaire à l’interprétation des résultats et progrès actuels.

Au cours de la même période, les traitements vitaux aux antirétroviraux (ART) ont presque doublé au Swaziland, pour couvrir plus de 80 % des adultes. Le nombre d’hommes couverts par le recours à la circoncision masculine médicale volontaire (VMMC) a également augmenté pour passer de 13 à 29 % au niveau national. De plus, le partenariat essentiel publique-privé DREAMS (Determined, Resilient, Empowered, AIDS-free, Mentored and Safe), soutenu par le PEPFAR et axé sur la réduction des infections par VIH chez les filles et les femmes âgées de 10 à 24 ans, a été lancé en 2015.

L’ambassadrice Deborah L. Birx, docteur en médecine, coordinatrice et représentante spéciale des Etats-Unis pour la diplomatie relative à la sante mondiale, a déclaré : « Nous avons maintenant des preuves claires montrant que quatre pays africains sont sur le point de maîtriser leur épidémie de VIH. Ces résultats sans précédent démontrent l’impact remarquable des efforts des États-Unis, par le biais du PEPFAR et du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, en partenariat avec les pays africains. Une occasion historique s’offre maintenant à nous pour changer le cours-même de la pandémie de VIH. »

Les données de ces quatre pays ont été recueillies par le biais d’études cruciales auprès des ménages, connues sous le nom d’Évaluations de l’impact du VIH auprès des populations (PHIA), financées par le PEPFAR et réalisées par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention ou CDC) des États-Unis et l’ICAP de l’École de santé publique Mailman de l’Université de Columbia, ainsi que par des partenaires locaux publics et privés. Les données du Swaziland ont été tirées de deux enquêtes auprès des ménages (SHIMS 1 et SHIMS 2) et ont directement mesuré les nouvelles infections par VIH et la suppression de la charge virale, respectivement en 2011 et 2016.

« Les résultats de SHIMS 2 témoignent de l’engagement remarquable du gouvernement du Swaziland face à l’épidémie de VIH », a déclaré le Dr Wafaa El-Sadr, directrice de l’ICAP. « C’est la preuve que tous les efforts déployés pour faire passer à l’échelon supérieur les services de prévention, de soins et de traitement du VIH ont porté leurs fruits ».

Alors que les résultats de la PHIA montrent d’énormes progrès, ils révèlent également des lacunes importantes dans les programmes de prévention et de traitement du VIH pour les hommes et les femmes plus jeunes qui nécessitent une attention et une action urgentes. Les quatre enquêtes montrent que les femmes âgées de 15 à 24 ans et les hommes de moins de 35 ans étaient moins susceptibles de savoir s’ils étaient séropositifs, de se faire soigner ou de ne pas avoir de charge virale que les personnes plus âgées. Ces lacunes sont autant de domaines dans lesquels le PEPFAR continue d’investir et d’innover, y compris dans ses efforts pour réduire l’incidence du VIH chez les adolescentes et les jeunes femmes dans le cadre du partenariat DREAMS et pour sensibiliser plus de jeunes hommes et leur permettre d’avoir accès aux services de lutte contre le VIH.

« Ces résultats du Swaziland font état d’une transformation remarquable dans un pays où le VIH était responsable de la déstabilisation des familles, des communautés et de l’économie », a déclaré Shannon Hader, docteur en médecine, titulaire d’un master en santé publique et directrice de la division des CDC sur le VIH et la tuberculose dans le monde. « Ils montrent également ce que nous devons faire par la suite pour parvenir à maîtriser l’épidémie de VIH. Les efforts mondiaux fonctionnent, nous ne pouvons pas nous arrêter maintenant. »

Le Malawi, le Swaziland, la Zambie et le Zimbabwe comptent parmi les 13 pays les plus touchés et dans lesquels le PEPFAR redouble d’efforts afin de maîtriser l’épidémie d’ici 2020 grâce au cadre 90-90-90 de l’ONUSIDA et à la progression de la prévention du VIH. Le PEPFAR continue également d’investir dans plus de 50 pays, assurant un accès aux services à toutes les populations, y compris les groupes les plus vulnérables et à risque, en s’associant avec les autorités des pays hôtes, le Fonds mondial, l’ONUSIDA et d’autres institutions. Cela comprend le maintien de traitement antirétroviraux capables de sauver des vies pour toutes les personnes que le PEPFAR soutient actuellement et le développement à la fois des services de prévention et de traitement du VIH, si possible, grâce à une performance accrue, des gains d’efficience et une responsabilité partagée par tous les partenaires.

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Une délégation de hautes personnalités du Gouvernement du Japon et des représentants de 30 sociétés nippones, conduite par le Ministre délégué auprès du Ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports, et du Tourisme (MLIT), Shinsuke Suematsu, est en visite de travail à Madagascar. Au lendemain de la tenue de la « Conférence des secteurs public-privé sur les infrastructures de haute qualité », organisée conjointement par les Gouvernements japonais et malgache, le 24 juillet 2017 au CCI Ivato, la délégation a été reçue par le Président de la République, Hery Rajaonarimampianina, au Palais d’État d’Iavoloha, le 25 juillet 2017. Le Ministre malgache de l’Industrie et du Développement du Secteur Privé, Chabani Nourdine, ainsi que l’Ambassadeur japonais, Ichiro Ogasawara, ont également participé à la réunion.

La tenue de la conférence conjointe sur les infrastructures de qualité est une nouvelle étape dans la concrétisation de ce qui a été décidé et tracé lors de la rencontre du Président Hery Rajaonarimampianina et le Premier Ministre du Japon, Shinzo Abe, à Nairobi, en 2016, lors de la TICAD-6. Outre le Ministre Adjoint du MLIT, Yoshiyuki Aoki, le Président de la Jaïda, l’association regroupant les entreprises japonaises présentes en Afrique dans le domaine des infrastructures, est parmi la délégation, de même que les représentants de 30 sociétés qui évoluent dans les secteurs de la construction, de l’ingénierie, de la fabrication, du  commerce, et des finances, entre autres. Pour la partie japonaise, il s’agit de partager une technologie, mondialement réputée, avec des partenaires malgaches dans le domaine de l’infrastructure et même au delà.

La conférence conjointe au CCI Ivato a abouti à la signature d’un protocole d’accord en matière de coopération dans le domaine des infrastructures. Selon le Ministre Adjoint du MLIT, Yoshiyuki Aoki, à l’issue de la rencontre à Iavoloha, « cela démontre parfaitement l’importance de la motivation du Japon pour le développement des infrastructures à Madagascar ». Parmi les grands projets figurent l’extension du Port de Toamasina, ainsi que le projet d’amélioration du schéma directeur de développement de l’axe économique Antananarivo-Toamasina (TATOM). Pour rappel, lors de la TICAD-6, le Japon s’est engagé à investir 30 milliards USD en Afrique, dont 10 milliards de dollars pour le développement des infrastructures.

La rencontre du Président Hery Rajaonarimampianina avec la délégation du Japon, ce jour, fut hautement significative quant à la volonté des deux pays de renforcer et d’étendre leur coopération, par l’instauration de relations public-privé fortes, et la promotion des échanges dans le domaine des infrastructures. Dans ce sens, un Forum, sous forme de plateforme de dialogue en matière d’infrastructures de qualité, sera organisé au mois de janvier 2018, à la suite de la « Conférence des secteurs public-privé sur les infrastructures de haute qualité » d’Antananarivo. L’objectif étant d’aboutir à des résultats concrets. Pour rappel, depuis 1969 à travers les actions et projets pilotés par la JICA, l’appui technique et financier japonais à Madagascar était surtout axé sur le développement rural, la santé et l’approvisionnement en eau potable.

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La 35e Conférence annuelle des chefs de missions diplomatiques et consulaires s’est ouverte, mercredi 26 juillet 2016, à Dar Dhiafa, à Carthage, sous le thème “La diplomatie économique : l’exemple de la coopération tuniso-africaine”.
Organisée par le ministère des Affaires étrangères, la conférence se poursuivra jusqu’au 28 juillet.
Le président de la République présidera la clôture des travaux au Palais de Carthage.

Dans une allocution prononcée à l’ouverture de la Conférence, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a indiqué que la diplomatie économique demeure une priorité majeure. Grâce à elle, la Tunisie parviendra à réaliser ses objectifs en tant que pays économique émergent et pôle économique prometteur à l’échelle régionale.
“Au plan économique, nous attendons beaucoup de notre diplomatie. Nos attentes sont à la hauteur des défis que rencontre la Tunisie”, a-t-il dit.
“La Tunisie doit œuvrer à promouvoir et diversifier ses relations de partenariat économique avec les pays africains”, a-t-il ajouté.
Il a estimé que l’Afrique requiert un intérêt particulier de la Tunisie, non seulement en raison de l’appartenance géographique, mais aussi parce que celle-ci est devenue un espace de grande compétitivité. Et la Tunisie doit y être fortement présente, a-t-il expliqué.

Youssef Chahed a, par ailleurs, affirmé que la Tunisie veut, à long terme, entamer une nouvelle étape marquée par un partenariat stratégique avec les pays africains. Une étape stratégique et ambitieuse, a-t-il souligné.
Il a, en outre, évoqué les pas franchis par la Tunisie sur la voie de la consolidation des alliances économiques en Afrique. Le gouvernement, a-t-il dit, ne ménagera aucun effort pour mettre en place des mécanismes facilitant l’accès des ressources et des compétences tunisiennes aux marchés africains.

Auparavant, le ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, a souligné que la Tunisie s’est fixée un objectif plus qu’ambitieux.
Elle compte, a-t-il dit, réunir toutes les conditions nécessaires pour occuper une position de premier plan en tant qu’économie émergente et prometteuse eu égard à son emplacement géographique privilégié et à son capital humain.
La Tunisie est, aujourd’hui, capable de se distinguer et est habilitée à devenir un pôle économique du sud de la Méditerranée, a-t-il dit.
Khemaies Jhinaoui a ajouté que la Tunisie devrait se tourner davantage vers l’Afrique, notamment après de longues années de présence timide sur le continent.
Il a, dans ce sens, passé en revue l’ensemble des mesures prises par le gouvernement et par le ministère des Affaires étrangères pour renforcer la présence diplomatique tunisienne en Afrique et consolider les relations de coopération commerciale avec les pays du continent africain.

Khemaies Jhinaoui a indiqué qu’une réunion se tiendra en septembre prochain en marge des assises de l’Assemblée générale des Nations Unies pour faire le suivi des recommandations issues de la Conférence internationale sur l’investissement “Tunisia 2020”, tenue en novembre 2016 à Tunis.
Outre la conférence générale, le programme comporte des conférences interrégionales et régionales qui seront organisées deux jours durant avec la participation de plusieurs membres du gouvernement et de représentants d’organisations nationales.
Des séances interactives seront, également, organisées autour du thème principal de la conférence ainsi qu’une journée économique qui se tiendra le 28 juillet à la Maison de l’Exportateur avec la participation des représentants des organismes économiques, du secteur privé et des chefs de missions diplomatiques et consulaires.

La Conférence annuelle des chefs de missions diplomatiques et consulaires est l’occasion de fixer les priorités, définir les orientations et moderniser les méthodes de travail du département des Affaires étrangères de manière à renforcer la position de la Tunisie sur la scène internationale et de promouvoir les relations au niveau bilatéral et multilatéral, indique le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

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Les États-Unis et le Togo seront co-organisateurs du Forum de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique – Africa Growth and Opportunity Act (AGOA) –  à Lomé, au Togo, du 8 au 10 août 2017. Le Forum réunira de hauts fonctionnaires des États-Unis et de 38 pays d’Afrique subsaharienne pour discuter des moyens de renforcer la coopération économique et le commerce entre les États-Unis et l’Afrique. L’Union africaine et les communautés économiques régionales participeront également.

Le thème du Forum de cette année est «Les Etats-Unis et l’Afrique: un partenariat pour la prospérité à travers le commerce». Le Forum 2017 explorera comment les pays peuvent continuer à maximiser les avantages de l’AGOA dans un paysage en rapide évolution économique et souligner le rôle important joué par les femmes, la société civile et le secteur privé pour promouvoir le commerce et générer de la prospérité.

Des représentants du secteur privé, de la société civile et du Programme d’entrepreneuriat des femmes africaines – African Women’s Entrepreneurship Program (AWEP) – parrainé par les États-Unis, participeront aussi aux activités du Forum les 8 et 9 août. Les plénières ministérielles se déroulent les 9 et 10 août, réunissant de hauts fonctionnaires des États-Unis et des pays africains bénéficiaires.

La délégation des États-Unis sera dirigée par le représentant des États-Unis pour le commerce extérieur, l’ambassadeur Robert Lighthizer, et comprendra de hauts cadres des départements d’Etat, de l’Agriculture, du Commerce, de l’Énergie, du Travail, des Transports, du Trésor, de l’USAID, de l’Agence des Etats-Unis pour le commerce et le développement, de même que du Millennium Challenge Corporation, de l’Overseas Private Investment Corporation et du Fonds des Etats-Unis pour le développement en Afrique. Des membres du Congrès de tous bords politiques, et leurs équipes, sont également invités au Forum.

La loi AGOA, qui améliore l’accès au marché américain pour les pays d’Afrique subsaharienne éligible, est la pierre angulaire de la politique commerciale du gouvernement des États-Unis en Afrique subsaharienne depuis 2000. La loi prévoit que chaque année un forum spécial soit convoqué pour discuter des questions liées à la mise en œuvre de la loi et des questions relatives à la coopération économique et au commerce en général.

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Les données issues de la nouvelle étude de VC4A intitulée « 2017 Venture Finance in Africa » (capital-risque en Afrique 2017) (www.VC4A.com/research) prouvent que la présence d’une solide équipe de fondateurs constitue le facteur clé de la réussite des jeunes entreprises africaines.

Dans l’étude de cette année, VC4A vise à mieux comprendre les facteurs critiques de réussite des startups africaines et à identifier les principaux ingrédients qui déterminent les raisons pour lesquelles certaines entreprises surpassent leurs pairs. Ces apprentissages sont utiles pour les entrepreneurs et pour les systèmes de soutien sur lesquels ils se reposent pour prendre des décisions éclairées.

La version 2017 (www.VC4A.com/research) est réalisée d’après des données recueillies auprès de 1 866 entreprises de 41 pays africains et de 111 investisseurs axés sur l’Afrique, originaires de 39 pays du monde entier.

« Nous entrons véritablement dans une nouvelle phase de croissance des startups sur le continent. Non seulement le nombre de startups a continué de croître à un rythme impressionnant, mais elles parviennent également de mieux en mieux à devenir des entreprises durables bien positionnées pour la croissance. » – Ben White, PDG de VC4A (VC4A.com/members/zia505)

Principaux résultats

L’un des principaux résultats de la recherche de cette année portant sur les startups africaines concernait l’identification de leurs caractéristiques uniques par rapport à leur de niveau de performance commerciale. Et bien que de nombreux facteurs entrent en ligne de compte lors de la création d’une entreprise, l’analyse des données montre clairement qu’une solide équipe de fondateurs est le facteur clé de la réussite des entreprises en Afrique. De nombreux investisseurs considèrent cet élément comme étant déterminant, mais les données montrent également que l’équipe adéquate de fondateurs peut faire la différence, et qu’il s’agit de la seule caractéristique commune à toutes les entreprises qui parviennent à progresser.

En analysant plus en détail deux échantillons de données recueillies auprès de 100 entreprises, « émergentes » et « établies », l’équipe de recherche a trouvé les corrélations qui permettent de comprendre la capacité des entreprises à prospérer. Le succès des entreprises « établies » peut s’expliquer par la composition de l’équipe fondatrice en termes de taille, d’éducation, d’égalité des sexes et d’âge.

Égalité des sexes

Comme décrit ci-dessus, l’égalité des sexes peut davantage expliquer la réussite de l’entreprise, étant donné que les équipes fondatrices des projets couronnés de succès sont plus susceptibles d’inclure des fondateurs de sexe masculin et féminin. Il convient de souligner que 46 % de ces entreprises comprennent une fondatrice dans leur équipe. Les équipes exclusivement composées de femmes dirigent 9 % des startups.

Parmi les pays dont plus de 20 entreprises ont participé à l’étude, l’Ouganda et le Kenya présentent la plus forte participation des femmes. Pour l’Ouganda, 57 % des entreprises comprennent une fondatrice, tandis que pour le Kenya, le nombre est légèrement inférieur à 55 %. L’Afrique du Sud présente le plus faible taux de participation des femmes, avec 33 %. Néanmoins, ces pourcentages de participation des femmes dépassent de loin les moyennes enregistrées dans plusieurs pépinières d’entreprises établies telles que New York ou San Francisco. D’autres détails et facteurs permettant de différencier les équipes de fondateurs performantes figurent dans le rapport de 2017.

Impact des startups

Les fondateurs de la communauté de VC4A continuent d’inspirer. Non seulement le nombre de startups actives à travers l’ensemble du continent a continué de croître à un rythme impressionnant, mais elles parviennent également de mieux en mieux à devenir des entreprises durables bien positionnées pour la croissance. Nos recherches ont montré que 62 % des entreprises bénéficient d’une clientèle stable et fiable, et 22 % ont préparé des comptes annuels audités. Ces derniers font partie des nombreuses étapes qui doivent souvent être franchies avant l’enregistrement formel. Les recherches indiquent que cela affecte positivement l’intérêt des investisseurs : 42 % de ces entreprises ont reçu un financement extérieur. 29 % de ces entreprises ont recueilli plus de 50 000 USD d’investissement.

Cette intégration de la technologie dans les secteurs d’activité traditionnels fait progresser les principales industries. Cette année, nous avons constaté une quantité accrue d’applications technologiques pertinentes dans tous les secteurs traditionnels, notamment l’agro-industrie, l’énergie, les soins de santé et l’éducation. Cela soutient les observations de VC4A indiquant qu’il existe en effet un nombre croissant d’entrepreneurs qui ont non seulement les connaissances et les compétences nécessaires pour contextualiser, réaffecter et refactoriser les technologies, mais aussi les compétences commerciales nécessaires pour le faire avec succès.

Recherche annuelle auprès des entrepreneurs et des investisseurs

Le rapport de VC4A « Venture Finance in Africa » met en évidence la performance des jeunes entreprises au stade précoce et à forte croissance d’Afrique et l’activité des investisseurs au stade précoce. Les informations se répartissent entre plusieurs indicateurs : la création d’emplois, la performance, les investissements, l’intérêt des investisseurs, les acteurs de l’écosystème et les facteurs de réussite.

Il s’agit de la quatrième édition consécutive de cette étude annuelle réalisée par VC4A. Depuis septembre 2015, la collecte de données se déroule en continu via le portail de VC4A.com. Dans la mesure où la communauté continue de croître, il est prévu que le rapport génère des aperçus des événements au sein du plus grand échantillon de startups.

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  • « En élargissant nos investissements de projets d’envergure commerciale afin d’inclure les solutions hors-réseau, nous espérons avoir un impact positif sur la vie de millions de personnes au Burundi et dans toute l’Afrique »Yosef Abramowitz, PDG de Gigawatt Global

Le centre-ville de Bujumbura s’illumine davantage grâce à un partenariat novateur établi entre le maire Freddy MBONIMPA et Gigawatt Global, membre fondateur du programme « Beyond the Grid » (au-delà du réseau) du plan d’électrification américain Power Africa.

Cette semaine, des « îlots de lumière » ont commencé à apparaître dans la gare routière centrale à forte fréquentation et sur le marché situé à proximité, prolongeant ainsi les heures d’ouverture tout en améliorant la sécurité.

« La ville de Bujumbura est très heureuse de travailler avec Gigawatt Global dans le cadre de cet important projet d’éclairage public solaire », a déclaré le maire Freddy MBONIMPA. « Ce projet renforcera la sécurité et apportera des opportunités de développement économique aux citoyens de Bujumbura. Nous avons tous, dans le cadre de ce projet, l’espoir et le désir de voir cette initiative se propager à l’ensemble de la ville, ainsi qu’à d’autres villes du Burundi dans un proche avenir. »

Gigawatt Global envisage à présent d’élargir le programme des « îlots de lumière » solaires à l’échelle de la ville et dans d’autres grandes villes burundaises. « Nous sommes reconnaissants et heureux de travailler avec la ville de Bujumbura et l’Honorable maire Freddy MBONIMPA afin de franchir cette première étape importante du projet d’éclairage public solaire », a indiqué Michael Fichtenberg, directeur général de Gigawatt Global au Burundi. « Nous avons l’intention d’élargir le programme à toute la capitale et à d’autres endroits dans le cadre de notre vaste programme d’électrification verte au Burundi. Quarante « îlots de lumière » sont prévus dans la première phase du programme », a ajouté Fichtenberg. « Tous les pays dans lesquels nous développons des champs solaires d’envergure commerciale pourront bénéficier d’avantages supplémentaires, comme les îlots de lumière et l’électrification rurale par le biais de miniréseaux. »

Gigawatt Global, qui finance intégralement ses projets, est une société pionnière dans le domaine des centrales solaires d’envergure commerciale en Afrique subsaharienne, après avoir lancé la première centrale au Rwanda en 2014, qui fournit actuellement 6 % de la capacité de production du pays. Elle achèvera dans moins de 6 mois un champ solaire d’une capacité de 7,5 MW dans la région de Gitega au Burundi, en vue de fournir 15 % de la capacité de production du pays est-africain. Des projets similaires sont en cours d’élaboration dans 10 pays africains, y compris le Liberia et le Soudan du Sud.

« Plus de 95 % des 10 millions de Burundais n’ont pas accès à l’électricité. La société Gigawatt Global est honorée de contribuer à faire progresser le développement économique et social par le biais de l’énergie verte au Burundi », a déclaré Yosef Abramowitz, PDG de Gigawatt Global. « En élargissant nos investissements de projets d’envergure commerciale afin d’inclure les solutions hors-réseau, nous espérons avoir un impact positif sur la vie de millions de personnes au Burundi et dans toute l’Afrique et devenir une force de premier plan des projets d’énergie verte sur tout le continent. »

Le projet est mis en œuvre par une équipe composée de membres locaux, notamment Patrick NZINTUNGA, coordinateur régional de Gigawatt Global, et Deo Hugere, ingénieur chez Gigawatt Global. L’ingénierie, l’approvisionnement et les éléments de construction de ce projet ont été assurés par Asantys System. Le programme pilote est soutenu par le partenariat pour l’énergie et l’environnement (Energy & Environmental Partnership, ou « EEP »), une initiative des gouvernements britannique, autrichien et finlandais, et par l’investissement clé de l’entrepreneur Alex Goldberg.

« Que Dieu bénisse le peuple burundais », a ajouté Goldberg. « À Bujumbura, nous avons trouvé un endroit propice à l’innovation et au développement économique. »

Dans le cadre de l’engagement de Gigawatt Global envers sa responsabilité sociale d’entreprise, Mark Gelfand, un des investisseurs de la société, a financé et construit le Centre STEM (centre des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques) à l’Université Polytechnique de Gitega.

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Le Forum d’été du Club des Dirigeants de Banques et Etablissements de Crédit d’Afrique se tiendra pour la première fois à Maurice. Le Groupe MCB (MCBCapitalMarkets.mu), principale institution financière de Maurice et de l’Afrique de l’Est, est la cheville ouvrière derrière l’organisation de ce Forum qui aura lieu les 21 et 22 juillet, à l’hôtel Westin, à Balaclava.

Le Club des Dirigeants de Banques et Etablissements de Crédit d’Afrique regroupe les institutions bancaires et financières d’Afrique francophone. Le Forum d’été verra la participation de 20 dirigeants de 14 institutions financières basées dans dix pays : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cote d’Ivoire, Malawi, Mali, Maroc, Sénégal, Togo et Tunisie.

Cet événement sera l’occasion pour le Groupe MCB, qui est de plus en plus actif sur le continent Africain, de prospecter un marché moins connu que les pays anglophones mais qui a un fort potentiel. De leur côté, les membres du Club souhaitent établir des liens privilégiés avec leurs confrères de Maurice, d’autant plus que l’ouverture vers l’Afrique est un des principaux piliers de la nouvelle architecture de l’économie Mauricienne. De plus, Maurice se profile comme la nouvelle plaque tournante des capitaux internationaux à destination de l’Afrique.

Pour Pierre Guy Noël, Directeur Général du Groupe MCB, « cette invitation tombe à point. C’est un honneur pour nous d’avoir été approchés pour être l’organisateur de cette conférence, qui nous permettra de rencontrer l’ensemble des banques et institutions financières africaines francophones, que nous considérons comme des extensions logiques de notre marché ».

Le Club des Dirigeants de Banques et Etablissements de Crédit d’Afrique est une association sans but lucratif, créée en janvier 1989 à Lomé au Togo. Il a pour mission de « satisfaire les besoins d’information et de formation de ses membres, de susciter et faciliter la réflexion des banquiers africains sur les objectifs à atteindre et sur les moyens à mettre en œuvre ». Il réunit l’état-major des banques africaines: Présidents, Vice-Présidents, Directeurs Généraux, Directeurs Généraux Adjoints, etc.

Thierno Sy, Directeur Général de la Banque Nationale de Développement Economique (BNDE) du Sénégal et un des dirigeants du Club, estime que le Forum sera l’occasion de faire plus ample connaissance avec Maurice, dont le succès économique est un exemple à suivre. Le Club des Dirigeants, dit-il, s’attend à ce que ses membres et le Groupe MCB puissent discuter et partager ensemble durant ces deux jours de conférence. Le territoire africain, dit-il, offre beaucoup de possibilités en matière de développement du secteur bancaire.

Thierno Sy : « Avec un taux de bancarisation encore faible et un accompagnement insuffisant des acteurs les plus dynamiques de nos économies (PME/PMI), les marges de développement sont énormes. En effet ce segment de clientèle qui représente plus de 80 % du tissu économique est sous accompagné, parce qu’il est jugé come contrepartie à risque malgré le potentiel qu’il offre. Par ailleurs les politiques de développement de nos états font ressortir des besoins de financement énormes pour couvrir les besoins d’investissements stratégiques. Il s’agira pour le secteur financier de trouver les axes d’intervention en partenariat avec les investisseurs, le secteur privé mais aussi avec les états ».

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Dix équipes de 21 entrepreneurs sociaux africains en devenir ont été récompensées au Resolution Social Venture Challenge lors du Baobab Summit à Johannesbourg. Les équipes gagnantes reçoivent une bourse qui comprend un financement initial, un accompagnement et un accès à un réseau de jeunes acteurs du changement au niveau mondial afin de poursuivre les projets significatifs au sein de leurs communautés. Cette collaboration entre la Mastercard Foundation et The Resolution Project offre à de jeunes leaders responsables au niveau social la possibilité de mener à bien des changements d’envergure pour leurs communautés.

« Venir en aide à sa propre communauté fait partie intégrante du programme de bourses, et pourtant, peu nombreux sont les leaders qui ont l’opportunité de faire une différence à un jeune âge », affirme Ashley Collier, responsable de la communauté des étudiants boursiers. « Le Social Venture Challenge donne à ces jeunes leaders les outils, les ressources, l’accompagnement et le capital dont ils ont besoin pour garantir la réussite de leur projet et maximiser son impact. »
 
Ce que les gagnants de l’édition 2017 en disent :
 
« Cette récompense est une étape importante qui me permettra de répondre aux problématiques que rencontrent les producteurs de thé au sein de ma communauté », explique John Wanjiku, étudiant boursier de la Mastercard Foundation à l’université de Pretoria. « Avec mon projet Ukulima Halisi, j’espère améliorer le processus de collecte du thé en réduisant à la fois les coûts liés aux feuilles de thé abîmées et en réduisant le temps passé par les fermiers kenyans à attendre la collecte. En accélérant ce processus, Ukulima Halisi permettra aux agriculteurs de disposer de plus de temps pour s’adonner à d’autres activités économiques pouvant augmenter leurs revenus, et de prévenir les maladies engendrées par les longues heures d’attente avant la collecte. »
 
« Gagner le Social Venture Challenge nous aideront à réaliser nos objectifs en montrant à notre communauté de Baringo County l’énorme potentiel de la production de miel », déclare Sylvia Mwangi, boursière de la Mastercard Foundation à l’université de Toronto. « L’accompagnement proposé aux gagnants du concours nous permettra de concevoir des ateliers de renforcement des capacités en apiculture qui transformera le quotidien des femmes. Nous développerons également des canaux de vente pour réduire l’exploitation qu’exercent les intermédiaires. »
 
En 2016, la Mastercard Foundation s’est associée pour la première fois à The Resolution Project, offrant à 16 étudiants boursiers de la fondation, répartis en cinq équipes en compétition, l’opportunité de concrétiser leurs aspirations et encourager leur goût pour le leadership et la possibilité de faire la différence. Les projets gagnants englobent une grande variété de défis auxquels les étudiants ont été confrontés en premier lieu au sein de leurs communautés respectives, notamment la sécurité alimentaire, l’accès aux moyens d’assainissement et l’accès des jeunes femmes à l’éducation en matière de santé reproductive.
 
Les données d’évaluation de l’impact recensées par The Resolution Project montrent que, bien que le type et l’étendue de l’impact varient, une moyenne de 3 200 membres de communautés en bénéficient par bourse obtenue. Avec plus de 350 boursiers actifs dans 65 pays, plus de 1,2 millions de personnes ont pu profiter du travail accompli par l’organisation. Ces boursiers sont à l’origine du progrès dans leurs communautés, ce qui fait de chacun d’eux un acteur du changement et un vecteur de progrès.
 
« Nous sommes chanceux d’avoir un partenaire exceptionnel comme la Mastercard Foundation », reconnaît George M. Tsiatis, président-directeur général et co-fondateur de The Resolution Project. « La fondation s’est intéressée à nos travaux et les idées de ses étudiants boursiers étaient totalement en phase. C’est avec enthousiasme que nous développons nos efforts ensemble pour donner à ces jeunes leaders une plateforme à partir de laquelle ils pourront faire la différence à l’infini ! »
 
La cohorte 2017 des gagnants du Social Venture Challenge comprend des projets basés au Zimbabwe, au Kenya, au Ghana en Ouganda, au Rwanda et aux États-Unis :
  • AgriMatters – Clive Matsika – Arizona State University
Avec son projet AgriMatters, Clive s’associera à des fabricants d’engrais du Zimbabwe, en exploitant la nanotechnologie pour fabriquer du Greenfert, un engrais riche et écologique pouvant être vendu aux fermiers à un coût moins élevé.
  • Baringo Asali – Sylvia Mwangi – Université de Toronto
Sylvia a pour objectif d’augmenter les revenus issus de l’apiculture dans les communautés marginalisées de Baringo, au Kenya, en travaillant étroitement avec celles-ci. Par l’intermédiaire de partenariats avec des ruchers locaux et internationaux, Sylvia mettra en place une formation sur les techniques avancées de l’apiculture ainsi qu’une formation de compétences communautaires locales.
  • Dash for Girls – Frances Aanyu, Agatha Akello et Lisa Anenocan – Makerere University
Frances, Agatha et Lisa travaillent à responsabiliser les petites filles à Karamoja, Ouganda, en leur fournissant un accès à des informations précises relatives aux dangers des grossesses précoces afin qu’elles puissent prendre des décisions éclairées.
  • ECO Sanitation Services – Kwabena Adu-Darkwa, Abraham Addy et Justice Nyamadi – Ashesi University College
Kwabena, Abraham et Justice travaillent ensemble à résoudre un problème auquel 2,4 milliards de personnes dans le monde sont confrontés, à savoir le manque d’accès à des toilettes salubres. Eco Sanitation Services (ECOSaS) propose des toilettes écologiques et abordables à faible débit aux les personnes à bas revenus, tout en les aidant grâce à un système de paiement flexible.
  • Prawji-Mama Food Bank – Pauline Nalumansi et Ephrance Kalungi – Arizona State University
Avec leur projet intitulé Prawji-Mama Food Bank, Pauline et Ephrance cherchent à développer un système durable de banque alimentaire soutenue par les jeunes entrepreneurs et la technologie afin de lutter contre la faim dans les communautés rurales.
  • Rwanda Youth Initiative for Agricultural Transformation – Annet Mukamurenzi, Gerard Ndayishimiye et Yvette Abizeyimana – EARTH University
En travaillant avec des communautés agricoles vulnérables à travers le Rwanda , Annet, Gerard et Yvette s’engagent à améliorer la sécurité alimentaire. Ils équiperont les petits agriculteurs avec des compétences agricoles modernes ainsi que les stratégies et technologies afin d’accroître les solutions durables de sécurité alimentaire et de protéger l’environnement.
  • Déshydrateur thermique Sparky – Kayiza Isma et Nsubuga Thomas – Makerere University
Afin de faire face aux pertes post-récoltes qui sont une cause majeure d’insécurité alimentaire en Ouganda, Kayiza et Nsubuga lanceront le déshydrateur thermique Sparky. Sparky, qui fonctionne à l’aide de biocarburants en guise d’énergie, est un système efficace et peu onéreux qui sèche les produits agricoles 10 fois plus vite que les méthodes classiques de séchage au soleil.
  • Strong Women, Strong Love – Ritah Arishaba et Alpha Ngwenya – Arizona State University
De l’Ouganda à l’Amérique, Ritah et Alpha proposent une éducation sanitaire et des produits d’hygiène féminine aux femmes sans abri ou dans le besoin. En Ouganda, ils apprendront aux jeunes filles et jeunes femmes à fabriquer leurs propres produits d’hygiène.
  • Ukulima Halisi – John Wanjiku – Université de Pretoria
La plupart des producteurs de thé de Kangema au Kenya, passe un temps considérable à attendre que l’on collecte leur récolte. John pense que si ces agriculteurs avaient accès à des plannings de collecte du thé, ils auraient plus de temps pour d’autres activités agricoles et pourraient ainsi augmenter leurs revenus.
  • ZAZI Growers’ Network – Thabu Mugala, Tanyaradzwa Chinyukwi et Martinho Tembo – EARTH University
Thabu, Tanyaradzwa et Martinho s’engagent à rendre les agricultrices autonomes et à les mettre en relation à Zimuto, au Zimbabwe. ZAZI Growers’ Network proposera aux agricultrices une formation technique et un accompagnement afin de les aider à améliorer le rendement de leurs cultures et renforcer le développement de leurs communautés.

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«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des Affaires étrangères dans les commissions mixtes », affirme Basam Loukil dans une interview accordée à Africanmanager. Pour lui, «Il faut prendre exemple sur les déplacements du Roi du Maroc en Afrique. C’est cela une vision africaine, et les résultats ont suivi. Nous en Tunisie, on n’a pas compris où il y a des éléments-clé de la stratégie africaine qui nous échappent encore ». Interview

Depuis quand le groupe Loukil s’intéresse à l’Afrique ?

Nos premières affaires avec l’Afrique datent de 2006 et 2008 dans le domaine des télécommunications. On a commencé par la vente et installation des pylônes pour les opérateurs télécom des réseaux GSM. Bien avant, c’était la vente des matériels et accessoires agricoles pour la Guinée Conakry, le Togo, le Benin, la Côte d’Ivoire. La FAO finançait alors des projets de mécanisation agricole dans ces pays et nous en avions profité pour vendre beaucoup de matériel Huard fabriqué à Sfax par nos soins. Il s’en était suivi une ruée vers l’électrification et les réseaux GSM et nous avions pu arracher nombre de marchés. Entre 2006 et 2010, on travaillait presqu’exclusivement avec 5 opérateurs télécom en Afrique, au Soudan, au Burkina, au Mali, au Togo et dans d’autres pays. Parallèlement, on vendait énormément de citernes à carburant.

Jusque-là, cependant, vous n’aviez aucune présence physique en Afrique

Seulement depuis deux ans, on a un bureau de représentation et de liaison avec un partenaire local à Boké. On est désormais sur un projet de fabrication d’accessoires agricoles et dans le domaine de la distribution des tracteurs et accessoires agricoles à Abidjan avec un partenaire local toujours. On étudie par ailleurs actuellement de nous installer en Guinée Conakry, en partenariat avec un opérateur local, dans le domaine de la distribution de l’alimentaire tunisien et de transformation des produits alimentaires locaux, notamment les fruits. Nous venons aussi d’être approchés par des partenaires italiens, pour une unité d’envergure de transformation, de production et de transformation des tomates et des pommes de terre avec stockage pour ces dernières au Mali, en plus d’une production propre d’électricité pour les besoins de nos unités notamment.

Combien représente l’Afrique dans votre chiffre d’affaires ?

En 2016, il avoisinait les 25 %. Cette année, si on arrive à accélérer nos exportations vers Djibouti des 2.000 Taxis C Elysée qui seront customisés dans nos ateliers à El Mghira à Tunis, 600 plateaux et 600 camions pour un montant total de 140 millions d’euros, on pourrait faire 40 % qui sont notre objectif réel pour 2018, sinon 30 % de notre chiffre d’affaires sur l’Afrique.

Avec la création de la TABC, vous ambitionnez certainement de devenir la locomotive de la Tunisie vers l’Afrique. Quel bilan pourrait-on déjà faire de la «Tunisian-African Business Council» ?

En octobre prochain, on célèbrera son 3ème anniversaire. On constate, d’une mission à l’autre, que le nombre d’hommes d’affaires intéressés par l’Afrique et participants augmente, que le taux de retour dans les pays visités augmente aussi, ce qui dénote un intéressement croissant des milieux d’affaires tunisiens pour l’Afrique, et le nombre d’hommes d’affaires sur les vols africains en témoigne, sans compter la demande croissante sur le fret maritime vers l’Afrique. Certains ont déjà lancé des projets et d’autres au moins ouvert des bureaux de liaison en Afrique.

Bientôt trois ans à la TABC. Quelles sont, selon vous, les difficultés qui handicaperaient une plus grande présence tunisienne en Afrique dont tout le monde dit pourtant qu’elle est l’avenir de la Tunisie ?

En premier lieu, la faible présence diplomatique qui faciliterait la tâche des hommes d’affaires. En Afrique elle est importante, prise au premier degré et avec, on vous regarde et on agit avec vous autrement. L’exemple du Burkina est à ce titre plus qu’édifiant. Avant l’ambassade, il y avait une orientation Tunisie, après, l’Ambassade la Tunisie est considérée comme partenaire à part entière. Le second handicap reste l’indigence des lignes aériennes directes. Le 3ème reste l’absence de conventions bilatérales auxquelles les Africains donnent beaucoup d’importance. Celles qui existent datent des années 80, qu’on est en train d’activer pour avoir certains avantages, comme dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la santé, douanier par les tarifs préférentiels pour l’accès à ces marchés ou encore les formations et les échanges d’expériences.

Mais la Tunisie n’est-elle pas déjà en train de dépasser cela par son adhésion à la Comesa ?

Généralement, les négociations prennent plusieurs années avant l’acceptation de l’adhésion. C’est pour cela qu’il faut, dès à présent, activer les conventions bilatérales et accélérer les négociations. Le ministre des Affaires étrangères qui a fait de 2017 l’année de l’Afrique, y est sensible et s’attèle déjà à réactiver et réanimer les commissions mixtes tuniso-africaines pour déboucher sur des conventions bilatérales qui favorisent les hommes d’affaires des deux pays.

Sans langue de bois. La Tunisie déclare mettre en place une politique africaine. Y croyez-vous ?

« La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites de courte durée, une initiative très appréciée par les hommes d’affaires d’ailleurs, ou seulement à travers le seul ministre des Affaires étrangères dans les commissions mixtes, reprises en force ces deniers temps et c’est à l’honneur du Ministre actuel». Une politique africaine, c’est ce que fait TABC, ce que doit faire le chef de l’Etat et en second lieu le chef du gouvernement. Les Africains sont plus sensibles aux visites d’Etat, des chefs d’Etat, qui généralement rouvrent les canaux de communication et d’échanges. Il faut prendre exemple sur les déplacements du Roi du Maroc en Afrique. C’est cela, une vision africaine, et les résultats ont suivi. Nous en Tunisie, on n’a pas compris ou il y a des éléments-clé de la stratégie africaine qui nous échappent encore, comme l’importance du déplacement du chef de l’Etat, les missions d’hommes d’affaires, bien préparées et accompagnées par plusieurs ministres. Tout cela, sans compter le bon ciblage des pays à visiter, le suivi, l’évaluation. « Pour l’exemple, on aurait préféré que le dernier périple africain du chef du gouvernement, soit pour le Burkina et le Mali, avec deux jours pour chacun, et focalisés sur des dossiers précis. De tout cela et dans le cadre d’échange d’avis et d’évaluation, nous avions fait part aux responsables concernés et on attend de voir pour les prochaines visites.

L’importance du transport dans la conquête des nouveaux marchés n’étant plus à démonter, Tunisair fait-elle assez pour l’Afrique ?

Assez, avec les moyens du bord. Elle aurait pu faire mieux, dans de meilleures conditions. Elle sait le potentiel et les opportunités, mais manque de moyens financiers, hésite entre l’ouverture de nouvelles lignes ou le renforcement de ce qui existe et souffre de manque de ponctualité avec presque 70 % des vols qui ont un retard d’au moins une heure.

 

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BASF a reçu une recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour sa moustiquaire Interceptor® G2 imprégnée d’un insecticide longue durée (LN), à base de chlorfénapyr. Le chlorfénapyr est issu d’une famille d’insecticide totalement inédite, destinée à la lutte contre les moustiques vecteurs de maladies et répondant à des fins de santé publique. C’est la première fois depuis plus de 30 ans que l’OMS émet une recommandation pour l’utilisation d’un produit basé sur cette nouvelle famille d’insecticide.

Dans le cadre d’une collaboration de plus de 10 ans avec l’Innovative Vector Control Consortium (IVCC) et la London School of Hygiene & Tropical Medicine, les scientifiques de BASF ont réussi à imprégner des moustiquaires de chlorfénapyr et à respecter les niveaux de performance rigoureux exigés par l’OMS pour une utilisation en santé publique.

Dave Malone, directeur technique de l’IVCC, a déclaré « la collaboration avec BASF nous a donné accès à une solution insecticide qui combine des qualités rares : nouvelle famille pour une utilisation en santé publique, efficace contre les moustiques résistants et capable d’imprégner les mailles des moustiquaires en polyester grâce à une formulation longue durée. »

Un deuxième produit à base de chlorfénapyr, sous forme de spray pour l’intérieur des habitations, baptisé Sylando® 240SC, est également en cours d’évaluation par l’OMS.

Toutes les 2 minutes, un enfant meurt du paludisme dans le monde. Et chaque année, plus de 200 millions de nouveaux cas sont diagnostiqués. Le paludisme est également l’une des causes majeures de pauvreté dans le monde, ce qui en fait l’un des fardeaux les plus lourds pour les populations les plus vulnérables.

Les moustiquaires imprégnées de l’insecticide longue durée (LN) et les sprays intérieurs sont des solutions clés pour la prévention du paludisme, notamment en Afrique subsaharienne. 60 pays ont déjà signalé des moustiques résistants à au moins une famille d’insecticide utilisée à l’échelle nationale. Une partie du problème réside dans le fait que seulement quatre familles d’insecticides étaient auparavant recommandées par l’OMS pour le contrôle des moustiques adultes, dont une seule (la classe des pyréthrinoïdes) était recommandée pour les LN. L’utilisation en continue des mêmes insecticides a permis aux moustiques de s’adapter et de devenir résistant.

Des essais indépendants au Bénin, au Burkina Faso, en Tanzanie et en Côte d’Ivoire ont démontré l’efficacité d’Interceptor® G2 et de Sylando® 240SC contre les moustiques résistants aux insecticides jusqu’alors utilisés.

Le professeur Hilary Ranson, entomologiste médical de la Liverpool School of Tropical Medicine, étudie le problème depuis de nombreuses années. « Nous devons prendre très au sérieux la résistance aux insecticides », a-t-il déclaré. « Dans certains pays, les populations locales de moustiques ont multiplié par 1 000 leur niveau de résistance. Cela fait des années qu’aucune nouvelle famille d’insecticides utilisés en santé publique n’est apparue sur le marché. La création de solutions alternatives est urgente. »

Suite à la recommandation de l’OMS, BASF va se préparer à lancer Interceptor® G2 pour prévenir le paludisme. En fonction des procédures locales d’homologation, les ministères de la Santé et organismes d’aide devraient avoir accès à la nouvelle moustiquaire dès la fin de l’année 2017.

« De nouveaux produits permettant de gérer les phénomènes de résistance sont désespérément nécessaires pour prévenir les maladies transmises par les moustiques et pour sauver des vies », a expliqué Egon Weinmueller, responsable de la division Santé publique de BASF. « Cette découverte renforce ma conviction personnelle que notre génération peut véritablement en finir pour de bon avec le paludisme. »

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La Banque africaine de développement (BAD) et la Banque islamique de développement (BID) ont signé, mardi 11 juillet 2017, un accord historique qui renforce leur partenariat en faveur du développement en Afrique.

Les deux parties ont donc convenu de réunir la somme de 2 milliards de dollars EU, au cours des trois prochaines années, afin de financer des projets dans les domaines de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, des énergies renouvelables, des petites et moyennes entreprises et du développement humain (santé et éducation).

Pour ce faire, la BAD et la BID devront chacune fournir 1 milliard de dollars EU sur trois ans.

S’exprimant lors de la cérémonie de signature de l’accord, au siège de la BAD à Abidjan, le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina a réitéré la volonté de la BAD de renforcer son partenariat avec la BID.

Avec cet accord, la BID s’engage également à travailler avec la BAD au succès des Cinq grandes priorités (dites Top 5) que celle-ci s’est assignées pour accélérer la transformation économique de l’Afrique.

« La réunion d’aujourd’hui porte sur la collaboration et le partenariat. La BAD et la BID ont quelques traits en commun, et l’accord que nous signons est le montant le plus élevé jamais conclu avec une banque de développement, a tenu à souligner le président Adesina. Nous sommes impatients à l’idée de l’étendue des projets que nous pouvons faire ensemble et sommes prêts à travailler avec vous pour accélérer le mouvement ».

Et de préciser : « Nous allons travailler sur une réserve de projets en Afrique, qui vont de l’agriculture aux PME, en passant par l’énergie et le développement humain. Nous devons créer des emplois pour les femmes et nos jeunes ».

La BID est l’un des plus gros contributeurs de la Banque en termes de co-financement . Elles ont cofinancé ensemble pour plus de 2,5 milliards de dollars EU de projets sur la période 2002-2016.

La BAD est dotée d’un bureau dans 21 des 27 pays qui sont à la fois membres de la BID et de la Banque. Dans le cadre de ce nouvel accord, la Banque et la BID vont miser sur les synergies, et ainsi exploiter l’une l’autre les complémentarités et l’expertise de leurs équipes respectives basées dans ces différents pays.

« Nous nous réjouissons à l’idée de collaborer avec la BAD pour pousser les PME vers l’industrialisation, les énergies renouvelables, l’agriculture et la sécurité alimentaire, a déclaré à son tour le président de la Banque islamique de développement, Bandar Hajjar. Ces secteurs vont créer des emplois et conduire à la transformation économique et améliorer de la vie des Africains. Les PME peuvent transformer les économies africaines pour qu’elles dépassent le secteur primaire et deviennent des bassins industriels », a expliqué le président de la BID.

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La Poste tunisienne a signé une convention de partenariat avec l’Union postale universelle, pour la réalisation d’un projet de mise en place d’une plateforme de commerce électronique africain ” Ecom@Africa “.
Selon un communiqué, publié, mercredi, par le ministère des Technologies de communication et de l’économie numérique, cette convention vise à renforcer les domaines de partenariat entre les deux organismes, afin de créer une application logistique spéciale pour la région de l’Afrique du nord, à même d’assurer l’échange des envois postaux liés aux domaines du commerce électronique.
Elle stipule, également, l’appui des PME à l’échelle nationale à travers le développement du système numérique intelligent pour le stockage, le traitement et la distribution des envois postaux au niveau national et nord africain.
La convention s’inscrit dans le cadre de la réalisation du projet Ecom@Africa, à la suite de la visite effectuée par la délégation officielle de l’Union postale universelle et l’annonce de l’adhésion de la Tunisie à ce projet, durant le mois de janvier.
La poste tunisienne a signé, également, mardi, une convention de partenariat avec la poste de la Turquie dans le dessein de renforcer et de faire évoluer les domaines de coopération entre les deux établissements, notamment au niveau de l’échange de colis postaux et de correspondances relatives au commerce électronique.
Une convention de jumelage a été, de même, signée entre le musée de la poste tunisienne et celui de la poste de Turquie.

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Le président français, Emmanuel Macron, qui avait plutôt bien entamé son idylle avec l’Afrique, avec ses promesses de campagne et ses premiers pas de chef d’Etat, a dû froisser certains de ses amis sur le continent avec sa vidéo de 28 secondes, concoctée en marge en marge du sommet du G20 à Hambourg, en Allemagne. Dans ce film qui commence à faire du bruit, Macron a cru bon de secouer l’Afrique en évoquant ses tares notoires : la démographie qui explose – les femmes font trop d’enfants ! – et les problèmes civilisationnels. En l’occurrence ce sont des vérités, mais toutes les vérités sont-elles bonnes à dire ? C’est l’éternelle question…

Le défi de l’Afrique, c’est totalement différent, c’est beaucoup plus profond, c’est civilisationnel, aujourd’hui“, a asséné le très jeune président français, à peine 39 ans, qui n’a sans doute pas la sagesse de son ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui a écumé les pays africains en tant qu’ex-ministre de la Défense et qui y compte des liens très solides.
Quels sont les problèmes en Afrique? Les Etats faillis, les transitions démocratiques complexes, la transition démographique qui est, je l’ai rappelé ce matin, l’un des défis essentiels de l’Afrique“, a ajouté Macron, avant de donner le coup de grâce. “Quand des pays, aujourd’hui, ont encore 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser plusieurs milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien“….

Alors soit c’est à l’Afrique de s’adapter au nouveau style direct et sans concession qui a cours au palais de l’Elysée – par exemple il avait dernièrement appelé le président sénégalais, Macky Sall, pour presque le tancer du fait de son manque d’implication dans la force anti-terroriste conjointe du Sahel -, soit c’est Paris qui va plier face à ses “amis” africains dont il a tant besoin pour se refaire une santé économique sur le continent. En tout cas le moins qu’on puisse dire est que Macron démarra en trombe, et pas qu’en France !

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, entame ce dimanche une visite de travail et d’amitié de           trois jours à Washington. Outre sa dimension historique coïncidant avec la célébration du 220ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Tunisie et les Etats-Unis d’Amérique, cette visite « essentiellement à caractère politique » comme le souligne la Primature, permettra de « relancer les concertations sur les moyens de consolider davantage la coopération et le partenariat Tunisie-USA ».

Dans une déclaration-plaidoyer destinée visiblement à l‘establishment américain, reproduite par l’agence UPI, Youssef Chahed, a dressé un état des lieux de la situation en Tunisie qui servirait sans doute d’argumentaire pour convaincre les vis-à-vis américains de la nécessité de se tenir fermement aux côtés de «  la jeune démocratie tunisienne dont les avocats de la démocratie au Moyen-Orient et en Afrique du nord doivent tirer de nombreux enseignements utiles, encourageants et donnant à réfléchir ».

La démocratie tunisienne n’est pas dictée de l’étranger

L’enseignement encourageant, explique-t-il, c’est que l’expérience de la Tunisie apporte la démonstration que la démocratie est un objectif réalisable dans un pays arabe. Et dès lors qu’un petit pays comme la Tunisie, aux ressources naturelles limitées, peut la mener à bien, d’autres le peuvent aussi, a-t-il assuré, soulignant que la jeune démocratie tunisienne est fondée sur le propre héritage du pays avec des réformes et un pragmatisme datant du 19ème siècle. À bien des égards, la démocratie tunisienne s’accorde avec l’évolution naturelle de la société, et n’est pas dictée de l’étranger.

L’enseignement qui donne à réfléchir, c’est que les bâtisseurs de la démocratie doivent garder les pieds sur terre. « Lorsque j’ai été chargé de former un gouvernement d’union nationale il y a un an, je ne pouvais pas -et je m’y suis refusé- faire des promesses en l’air. Les défis de notre pays n’autorisent pas des solutions rapides et faciles. L’avenir de la démocratie, comme je l’ai noté, dépendait moins de nobles idéaux et de promesses impossibles à tenir que de la capacité de répondre à la panoplie de défis redoutables qui pourraient menacer de bouleverser le processus démocratique », a expliqué Youssef Chahed.

Et de préciser           que « la démocratie ne peut être construite sur le vide. Elle exige croissance économique, stabilité et sécurité. Elle requiert que l’on garde l’espoir et que l’on démontre sans relâche au peuple que la démocratie est la meilleure façon de répondre à ses attentes ».

« Je savais que la paix sociale resterait difficile à instaurer tant que le chômage demeurait chevillé à plus de 15%. Une situation qui a donné l’impression que les gouvernements précédents étaient sourds aux revendications légitimes de nos jeunes sans emploi qui ont dirigé la révolution de 2011. Mais il est un fait têtu que la création d’emplois dépend de la croissance économique; et pour les six dernières années, la croissance de la Tunisie n’a pas dépassé en moyenne le taux de 1% par an », a dit Chahed, affirmant que les dépenses publiques et les recrutements dans la fonction publique ne sont pas la solution. Le déficit budgétaire du pays, qui était à environ 6% du PNB, ne pouvait évidemment pas être maintenu.

Trop tôt pour crier victoire !

En plus de l’instabilité sociale, la démocratie en Tunisie a été menacée par l’insécurité due aux bouleversements régionaux – en particulier en Libye voisine – ainsi que par les menaces planétaires de terrorisme et de radicalisation. Les attaques djihadistes de 2015 ont mis en danger notre tourisme, un secteur économiquement vital, et nous ont forcés à allouer des ressources précieuses pour renforcer nos programmes de sécurité.

« A l’instar des défis auxquels nous sommes confrontés, nos efforts devaient être multidirectionnels. Nous avons dû ancrer notre jeune démocratie tout en œuvrant en vue de vaincre le terrorisme, réaliser le redressement économique et établir l’Etat de droit. Il est trop tôt, aujourd’hui, de crier victoire sur tous les fronts. Mais il n’est pas prématuré de prétendre que nous faisons de sérieux progrès.

« Nous avons repris l’initiative dans la lutte contre le terrorisme. Grâce à la vigilance et la détermination de nos forces de sécurité et leur collaboration plus étroite avec les partenaires internationaux de notre pays, dont les États-Unis, nos forces de sécurité ont gagné en efficacité, en anticipant et en déjouant des attaques majeures ».

« Nous commençons à déceler de meilleures perspectives de croissance économique. Le tourisme se rétablit, à l’égal d’un certain nombre d’autres secteurs. Pour accélérer le rythme de la croissance économique et créer davantage d’opportunités d’emploi, nous avons lancé une série de réformes visant à créer un climat des affaires plus favorable pour les investisseurs tunisiens et internationaux ».

La lutte contre la corruption sur la bonne voie

« Nous avons également lancé une lutte déterminée contre la corruption, qui est non seulement une condition préalable pour l’instauration de l’égalité des chances entre les citoyens, mais aussi essentielle pour maintenir la confiance dans nos institutions démocratiques et renforcer la confiance des entreprises et la croissance économique. Le puissant soutien populaire que nous avons reçu dans cette lutte nous a convaincus que nous sommes sur la bonne voie ».

« Tout en allant de l’avant dans son expérience démocratique, la Tunisie aspire à devenir une puissance économique et une force pour la paix et la stabilité en Méditerranée et en Afrique. Nous espérons pouvoir compter sur le soutien constant de nos partenaires stratégiques aux États-Unis. Nos deux pays étaient des alliés et partenaires pendant la guerre froide, quand la Tunisie s’est rangée avec fierté du côté du leader du monde libre. Aujourd’hui, la Tunisie en fait autant avec la démocratie. Pour l’Amérique et toutes les nations qui ont un intérêt à ce que l’expérience démocratique réussisse en Tunisie, parier sur la Tunisie, c’est prendre le parti de l’Histoire », a conclu le chef du gouvernement.

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La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a dit un grand Oui au Maroc le dimanche 04 juin 2017. Ces dernières années, le royaume n’a pas caché son désir d’intégrer l’une des organisations les plus fortes – 15 Etats membres – et les plus structurées du continent, une dynamique renforcée par l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), avec 8 de ces Etats qui partagent la même monnaie. Le dossier de Rabat est sur la table de la présidente en exercice de la CEDEAO, Ellen Johnson Sirleaf, depuis le 24 février 2017. Cette issue n’est certes pas une surprise, tant le Maroc entretient d’excellentes relations avec des poids lourds de la communauté, le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Ghana, mais l’annonce a son importance au regard des gros enjeux économiques.

L’adhésion définitive sera actée dans peu de temps, quelques mois tout au plus, mais le bénéfice d’une telle initiative pour le Maroc est déjà dans les têtes. En effet le royaume, qui est déjà un ténor continental en termes d’exportations de biens et services, va faire passer son commerce extérieur à une vitesse supérieure. En effet à terme, tous les droits de douane vont tomber, ce qui ouvre de très larges horizons aux quelque 500 entreprises marocaines qui exportent vers l’Afrique.

Le Nigeria dans le viseur

Le Nigeria, encore relativement vierge pour les boîtes marocaines, sera sans doute l’un des plus gros filons à exploiter. Le géant de l’Afrique, avec son 405 milliards de dollars de PIB l’an dernier, 26ème plus forte économie de la planète et 2ème du continent, a tout pour séduire les opérateurs marocains. Et il y a déjà une bonne base pour bâtir un avenir prospère avec la signature, le 26 mai 2017, d’un protocole d’accord pour la construction d’un gazoduc qui fera la jonction entre le Nigeria et le Maroc, au nez et à la barbe de l’Algérie qui a été la première à envisager un tel projet.

Et par ailleurs il y a les niches florissantes à consolider et amplifier dans les autres pays de la CEDEAO. En 2015, plus du tiers des exportations marocaines atterrissaient dans la communauté. A noter que parmi les pays de l’organisation, la Côte d’Ivoire est celui qui absorbe le plus les produits marocains, près de 8% du total du continent, notamment du ciment et des engrais.

Une mauvaise nouvelle pour l’UMA

Il va sans dire que pour l’Union du Maghreb Arabe (UMA), dont le secrétaire général, Taieb Baccouche, est monté au front dernièrement pour revendre le rêve du Grand Maghreb Arabe, ce mariage du Maroc avec l’Afrique de l’Ouest est une très mauvaise nouvelle. Déjà que l’Union était plombée par les relations houleuses entre l’Algérie et le Maroc, mais avec ce que vient de faire ce dernier, le projet de l’UMA a de bonnes chances de rester dans les tiroirs. Les propos de Mohammed VI lors du sommet de l’Union africaine de janvier 2017, quand il qualifiait le Maghreb de «région la moins intégrée du continent africain, sinon de toute la planète», ont certes déplu à ses voisins, mais force est de reconnaître qu’il a dit vrai. Bon après on pourra toujours épiloguer sur la mauvaise foi des uns et des autres, les peaux de banane qui ont jalonné la marche de cette Union quasiment morte-née, mais c’est un fait : l’UMA n’a jamais décollé…

Pour enfoncer le clou, le magazine marocain Le 360 a pris le pouls des échanges commerciaux au sein de l’UMA : ils pèsent à peine 2 à 3% dans le volume global des importations de l’Union. Ce sont des broutilles, notamment par rapport aux 10% de la CEDEAO.  Autant de raisons qui expliquent que le Maroc voit son avenir en Afrique de l’Ouest. La Mauritanie, qui en faisait partie mais l’avait échangée contre les promesses mirobolantes de l’UMA, pourrait aussi réintégrer la CEDEAO. Quant à la Tunisie, elle a déjà un statut d’observateur, pour commencer…

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La famine dans ces quatre pays à risque n’est pas encore à l’ordre du jour mais la situation demeure précaire et requiert une intensification de l’aide humanitaire et un financement accru. Tel était le message délivré aux Etats membres lors d’un événement organisé en marge de la 40ème session de la Conférence de la FAO, par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et le Programme alimentaire mondial (PAM).

Les efforts délivrés par les donateurs, les agences humanitaires et les organisations locales ont un impact : la famine a été maitrisée au Soudan du Sud et a été jusqu’à présent évitée dans le nord-est du Nigéria, en Somalie et au Yémen. Le nombre de personnes risquant de sombrer dans la famine continue pourtant d’augmenter.

«La situation demeure extrêmement préoccupante», a déclaré M. Daniel Gustafson, Directeur général adjoint de la FAO. «Si nous reconnaissons qu’il y a eu du progrès, nous ne pouvons sous-estimer le travail qu’il reste à faire pour pouvoir éviter une autre famine en 2017».

M. Amir Abdulla, Directeur exécutif adjoint du PAM, a mis en garde contre le risque d’autosatisfaction: «Nous ne devons pas laisser le succès obtenu devenir l’échec de demain», a-t-il déclaré.

Une situation préoccupante

Dans le nord-est du Nigéria, 5,5 millions de personnes sont en situation de grave insécurité alimentaire en raison des conflits et des déplacements de population. La saison maigre actuellement en cours, pendant laquelle les ménages commencent à manquer de nourriture avant la prochaine récolte, aggrave la situation.

En Somalie, 3,2 millions de personnes sont en situation de grave insécurité alimentaire, surtout à cause de la sécheresse et des souffrances liées à la faim qui se sont aggravées depuis le début de l’année. Au Soudan du Sud, la moitié de la population fait face à une grave insécurité alimentaire, en grande partie en raison du conflit. Si la famine a pu être contenue dans le pays, le nombre de personnes risquant de sombrer dans la famine a augmenté depuis février.

Au Yémen, où le conflit a perturbé les marchés et l’agriculture, 17 millions de personnes sont affectées par de graves souffrances liées à la faim.

Sauver des moyens d’existence et sauver des vies 

Au cours de la session, M. Hinrich Thölken, Ambassadeur d’Allemagne auprès des agences onusiennes à Rome a annoncé un don supplémentaire de 7 millions d’euros afin de soutenir les moyens d’existence des populations en Somalie et au Nigéria. Cette somme s’ajoute aux 460 millions d’euros octroyés par l’Allemagne en faveur de l’intervention humanitaire inter-agences actuellement mis en œuvre dans les quatre pays.

Les moyens d’existence représentent le meilleur moyen pour ces populations de se défendre contre la famine et les situations de grave insécurité alimentaire. En venant en aide aux populations rurales afin de maintenir leurs moyens d’existence, ces dernières seront ensuite en mesure de se défendre contre les pires ravages causés par la sécheresse et leur rétablissement sera plus rapide et plus économique.

Jusqu’à ce jour, la FAO est venue en aide à plus de 8,4 millions de personnes dans les quatre pays en leur apportant une aide agricole d’urgence et en soutenant leurs moyens d’existence, ce qui représente un peu plus de la moitié du chiffre ciblé cette année. Le PAM a apporté une aide alimentaire d’urgence et une aide vitale à 11 millions de personnes et s’est donné pour objectif d’atteindre les 14 millions.

Le travail de la FAO dans les quatre pays est déjà financé à hauteur de 48 pour cent, tandis que le PAM a mobilisé environ un tiers des fonds nécessaires. Pour les deux organisations, l’intervention au Yémen est celle qui présente le plus important déficit financier par rapport aux quatre autres crises, et ce, malgré le fait que le pays affiche le plus grand nombre de personnes ayant besoin d’aide.

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A l’initiative de Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique) (www.AfriqueLocale.org), l’assemblée générale constitutive du réseau des directeurs des services techniques des villes et territoires d’Afrique (Africa TechNet) s’est tenue du 3 au 5 juillet 2017 à l’hôtel Ivotel d’Abidjan (Côte d’Ivoire).

90 directeurs techniques issus de 41 pays d’Afrique ont pris part à  la rencontre qui a vu l’élection de l’équipe dirigeante du réseau Africa TechNet pour un mandat de 3 ans. Mme Eng Christine Adongo Ogut «Chief Officer Environment, Energy and Water» de Nairobi City County Government (Kenya) a été élue présidente d’Africa TechNet. Le bureau est complété par quatre vice-présidents représentant les autres régions : Afrique de l‘Ouest (Mme Adam Habsou Anza, Directrice des services technique de la ville de Niamey au Niger) ; Afrique du Nord (M. Nour-Eddine Abdelkhalek, Chef de Division Technique de la ville de Casablanca au Maroc) ; Afrique Centrale (M. Kimina Itum Boneyk, Directeur des services techniques de la ville de Kinshasa en  République Démocratique du Congo), Afrique Australe (M. Maliwa Brifrey Muchuu, «Director of Engineering Services» de Lusaka City Council en Zambie).

Les buts principaux de ce réseau sont :

  • Organiser la voix commune et la représentation des Directeurs des services techniques de gouvernements municipaux et territoriaux au niveau national, régional et continental ;
  • Diffuser les bonnes pratiques en matière de gestion des villes et gouvernements territoriaux ;
  • Améliorer les capacités professionnelles et la performance des membres du réseau et leur capacité à améliorer la fourniture des services aux populations.

Dans cette optique, les participants ont eu droit  à deux jours  de formation autour du thème: «Développement des Territoires et changements climatiques : réalités, contraintes et opportunités», réalisés par l’association ENERGIES 2050, partenaire de CGLU Afrique dans la mise en place d’une Task Force pour préparer l’accès des villes africaines à la finance climatique et notamment au Fonds Vert Climat qui entre en opération en 2020.

Les membres du réseau Africa TechNet se sont engagés à contribuer aux travaux de l’observatoire sur l’accès des populations aux services de base dans les villes et les gouvernements sous-nationaux d’Afrique. Les premiers résultats seront  présentés lors du sommet Africités 8 prévu du 4 au 8 décembre 2018 à Brazzaville au Congo.

La rencontre d’Abidjan a été organisée en collaboration avec le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité de la République de Côte d’Ivoire, l’Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI) et l’Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI) et  l’association ENERGIES 2050.

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“La Tunisie abritera, les 5 et 6 Octobre 2017, les Rencontres Africa 2017, une manifestation économique favorisant les relations économiques aussi bien avec la France qu’avec l’Afrique”, a indiqué Marc Hoffmeister, commissaire général des rencontres Africa.
Intervenant lors d’une conférence de presse tenue, jeudi, à Tunis, Hoffmeister a ajouté que l’objectif de cet événement est de proposer des rencontres entre entreprises africaines et françaises pour mieux se connaitre, favoriser les échanges, multiplier les partenariats et évoquer les conditions de croissance accélérée et créatrice d’emplois .
Organisée sous le haut parrainage du Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères avec le concours du Ministère français de l’Economie et soutenu par le chef du Gouvernement tunisien, Youssef Chahed, les rencontres Africa 2017 visent à créer, également, de nouvelles opportunités d’affaires entre les opérateurs économiques tunisiens, français et africains.
Environ 400 entreprises tunisiennes et près de 400 entreprises étrangères (200 françaises et 200 africaines) prendront part à cet événement.

Pour animer cette manifestation, sept thématiques sectorielles et 15 conférences correspondant aux enjeux des entreprises tunisiennes et françaises ainsi qu’à l’intérêt des acteurs économiques africains sont au programme de ces rencontres .
Les entrepreneurs tunisiens profiteront, à cette occasion, de réseautages et d’échanges entre dirigeants d’entreprises, autorités locales et influenceurs du monde économique et politique en Afrique.

Au cours de cette deuxième édition, l’évènement s’organisera en trois manifestations régionales à Abidjan, Nairobi et Tunis, lors d’un tour de 5 jours, du 2 au 6 octobre 2017. Les chefs d’entreprise français seront encouragés à voyager ensemble pour participer à la première étape à Abidjan (2 et 3 octobre) puis choisiront Tunis (5 et 6 octobre 2017) ou Nairobi (5 et 6 octobre 2017) selon les enjeux de leur stratégie industrielle et commerciale.
Hoffmeister a rappelé que lors de leur première édition, lancée en 2016, à Paris, ” les Rencontres Africa ” ont connu un succès, avec la participation de près de 2700 entreprises présentes, 3730 rendez-vous d’affaires sur deux jours, dix conférences plénières et une vingtaine d’ateliers, mais aussi de nombreuses signatures de contrat effectives.

Pour sa part, Zied Ladhari ministre de l’Industrie et du Commerce, a indiqué que ” les rencontres Africa 2017 ” offrent une occasion aux entreprises tunisiennes pour développer et renforcer la coopération entre les entreprises françaises et africaines.
Et d’ajouter que la Tunisie vise à renforcer sa présence en Afrique, “ce continent qui dispose d’un potentiel prometteur pour l’avenir”.
L’Ambassadeur de France à Tunis, Olivier Poivre d’Arvor, a souligné que cet événement constitue pour les opérateurs français une opportunité pour former avec la Tunisie des alliances en vue d’aller travailler ensemble en Afrique.
Une convention de partenariat a été signée, à cette occasion, entre les organisateurs ” des Rencontres Africa 2017 ” et la compagnie aérienne Tunisair. En vertu de cet accord, le transporteur national s’engagera aux côtés des organisateurs en optimisant sa flotte pour permettre à tous les chefs d’entreprise de voyager en même temps, dans des conditions très conviviales.

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En Afrique, 4 touristes internationaux sur 10 sont africains, selon le nouveau Rapport 2017 de la CNUCED sur le développement économique en Afrique, intitulé Le tourisme au service d’une croissance transformatrice et inclusive. En Afrique subsaharienne, ce sont deux touristes sur trois qui sont originaires du continent. Les données sur lesquelles s’appuie cette importante conclusion montrent que contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce sont les Africains qui tirent de plus en plus la demande touristique en Afrique.

Le tourisme est un secteur en plein essor qui représente plus de 21 millions d’emplois (soit un emploi sur 14) sur le continent. Ces vingt dernières années, l’Afrique a affiché une croissance dynamique ; chaque année pendant la période 1995-2014, le nombre d’arrivées de touristes internationaux a augmenté de 6 % et les recettes touristiques de 9 %.

Le Rapport de la CNUCED encourage les pays africains à tirer parti du dynamisme du secteur touristique afin de le mettre au service d’une croissance transformatrice et inclusive.

Le Rapport présente et compare des données relatives à deux périodes distinctes, à savoir 1995-1998 et 2011-2014, et montre que le nombre d’arrivées de touristes internationaux en Afrique est passé de 24 millions à 56 millions. Les recettes d’exportation du tourisme ont plus que triplé, passant de 14 milliards de dollars à près de 47 milliards de dollars. Ainsi, le tourisme représente maintenant environ 8,5 % du produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique.

Pour assurer la croissance du tourisme en Afrique, il est capital que les gouvernements africains et les institutions régionales règlent les problèmes de sûreté et de sécurité et répondent rapidement aux crises. Il est également indispensable de promouvoir des stratégies permettant d’améliorer l’image que les médias du monde entier donnent de l’Afrique si l’on veut garantir la reprise du secteur après un conflit ou une période marquée par des troubles politiques.

Pendant les dix prochaines années, 11,7 millions d’emplois devraient être créés en Afrique grâce à la croissance persistante du tourisme. En outre, lorsque le secteur est florissant, les femmes prospèrent. En Afrique, plus de 30 % des entreprises touristiques sont dirigées par des femmes; et 36 % des ministres du tourisme du continent sont des femmes, ce qui représente le pourcentage le plus élevé au monde, ajoute le rapport de la CNUCED.

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Il ne se passe presque pas un jour, sans que la compagnie aérienne tunisienne, Tunisair, ne défraie la chronique avec ses retards répétitifs. On dit même qu’un retard d’une heure ou d’une heure et demi est le minimum garanti. A consulter le tableau des départs et des arrivées sur le site de l’OACA, le transporteur officiel tunisien arrive très rarement à destination à l’heure prévue. Le ratio de ponctualité de sa flotte était, à la fin du 1er trimestre 2017, à 47 % contre 50,5 % une année plus tôt et s’est même dégradé plus par rapport aux 54,7 % de toute l’année 2016.

Fortement critiqué, elle n’en reste pas moins la favorite, puisque son taux de remplissage s’est même bonifié au début de cette année, passant de 71,4 %, pour tout l’exercice 2016, à 73,8 % à la fin du 1er trimestre 2017. Sa part de marché s’est aussi bonifiée de 8 points de base, passant de 39,9 % à la fin 2016 à 47,9 % à la fin du 1er trimestre 2017.

Tunisair n’en réalise pas moins depuis peu des «records» inédits en matière de retard. Son record absolu, atteint au cours du 1er semestre 2017, a été de 26h59 pour les 130 passagers en départ Charter de Roissy, loin devant les 8 heures du vol de Nouakchott du 3 juillet avec des passagers délaissés sans service. Cela, sans compter le fameux vol qui avait été détourné vers Djerba avant de reprendre sa route vers Strasbourg. En fait, les deux vols avaient Strasbourg pour destination, mais seulement pour 20 passagers à partir de Djerba. «Au départ de Tunis, comme de Djerba, les avions étaient à l’heure et les passagers de Tunis ont été probablement mis au courant du détour, à l’enregistrement», explique le DGA commercial, Ali Miaoui, pour Africanmanager

Pour le reste, méthodique et compréhensif, Ali Miaoui commence par expliquer les retards du week-end de l’Aïd (fête religieuse de la fin du Ramadan). Il évoque à ce propos le pic de l’Aïd et les absences de PNC (Personnel navigant de cabine) et PNT (Personnel Navigant Technique) à l’occasion de ces vacances religieuses. «On a d’ailleurs lancé une enquête pour connaitre les raisons de ces absences, qui ont même provoqué le report d’un vol prévu pour le vendredi, [Ndlr : le jour précédent l’Aïd du samedi]. C’est le cumul de ces facteurs qui a généré les retards du week-end de l’Aïd, qui est par ailleurs récurrent, explique Miaoui, qui ajoute que «l’absence d’un seul PNT, alors qu’il en faut un pour chaque 50 passagers, cloue l’avion qui ne peut plus décoller».

  • Mea-culpa et prévoyance

Les retards de Tunisair n’étant plus sporadiques depuis quelques années, le DGA commercial évoque «un retard dans le programme d’entretien technique qui a décalé la sortie des avions pour l’entretien. On a pu gérer ce problème, mais selon les disponibilités de location et le coût même de cette location qu’on peut éviter au prix de quelques petits aménagements», confie encore le DGA de Tunisair, soucieux comme devait l’être tout responsable de la compagnie des finances de l’entreprise.

Autre cause de retard, la querelle à propos des tenues, qui a fait beaucoup de bruit au sein de la compagnie et «qui a généré beaucoup de retard», avoue Miaoui, qui confirme qu’une plainte a déjà été déposée en pénal. Ce dernier évoque un retard de livraison de moteurs d’avions chez Lufthansa, entre les mois de mars et mai 2017 et qui a cloué des avions au sol. Trois le sont toujours, selon notre source, qui ajoute que «entretemps, nous avions loué deux gros avions, sans compter les locations en compléments lors des week-ends. Des locations cependant, dont le coût est resté dans la limite du budget qui y est consacré». Les «Tunisairophiles» comprendront alors que leur compagnie préfère quelques fois le retard aux coûts des locations !

L’autre cause des retards des vols de Tunisair a été le programme de formation des PNT. «On a mal géré ce programme et c’est là notre erreur, car on ne s’attendait pas à une forte reprise d’activité. On aurait pu l’étaler sur l’année, il a été groupé et concentré dans le 1er semestre, jusqu’au juin», avoue encore le DGA commercial de Tunisair, malgré tout content que l’activité de la compagnie ait rebondi de 14 % au cours de ce même 1er semestre 2017, après la hausse de 9 % de 2016, quoique au détriment du passager en espérant qu’il comprenne.

  • Priorité absolue pour la préservation des vols vers l’Afrique

Miaoui n’oublie pas enfin de rappeler que «on a des problèmes dans le traitement des bagages, au niveau de l’aéroport TC, qui nous fait perdre du temps». Il est vrai qu’alors que Tunisair Handling, filiale de la compagnie, souffre d’un effectif pléthorique (2.570 personnes), Tunisair est obligée de recruter du personnel sous-traitant pour la salle de tri du bagage et le chargement des avions, ce qui est en soi une aberration. «C’est aussi cela qui fait que nous ne respectons pas les délais de départ. Alors que le traitement d’un avion devrait tourner entre 30 et 45 minutes, Tunisair Handling met une heure et demi pour charger et décharger et cela aussi impacte la ponctualité de nos avions», dit Miaoui désolé.

Et lorsqu’on lui rappelle que le plan de relance de Tunisair est en grande partie axé sur les nouvelles lignes ouvertes sur l’Afrique, qui enregistre des retards de 5 à 8 heures, Ali Miaoui consent que «aucun passager ne doit souffrir un quelconque retard, surtout pour les Africains qui ont généralement une continuation sur l’Europe, d’où l’importance de l’enchaînement des vols pour les passagers africains».

Et le DGA de Tunisair d’abonder dans son mea-culpa. «On n’est pas content du niveau de ponctualité que nous avons et des retards enregistrés et on fait tout pour l’améliorer», dit-il sans être dans ses petits souliers, car conscient et déjà prévoyant. «Cette année, nous avons loué deux autres A340O et pour la 1ère fois un avions back-up du 25 août au 25 septembre pour parer à tout problème en période de pointe. On a même donné ordre à l’entité qui gère les vols, d’accorder une priorité absolue pour la sauvegarde des vols vers l’Afrique. Cela, sans compter la trentaine de nouveaux pilotes déjà recrutés et qui ont fait leur lâchée et le reste des moteurs devrait être livré d’ici fin juillet». Et de terminer, manifestement soulagé, que «cet été, tout devrait bien se dérouler».

Des retards, il en a eus. Mais les causes semblent objectives, d’autant qu’elles semblent échapper au contrôle de la direction qui fait tout pour en arrêter la récurrence et se donne tous les moyens, matériels et humains pour les endiguer. On croise donc nos doigts, pour la compagnie et pour ses passagers.

  • … Et pourtant, elle vole et ses chiffres s’améliorent

Force est pourtant de constater, malgré ces retards et les plaintes des passagers, que les chiffres de Tunisair s’améliorent. On avait, au début de l’article, évoqué son taux de remplissage qui s’améliore (73,8 % pour le 1er trimestre 2017 contre 71,4 % à fin 2016). On y ajoute que l’activité de transport de passagers, régulier et Charter, de Tunisair, a augmenté de 26 % à fin juin 2017 et coefficient de remplissage en hausse de 4,5 % pour le seul mois de juin de l’exercice en cours. Sur la période des 6 premiers mois de 2017, l’augmentation de l’activité est de 13,9 % et le taux de remplissage gagne 3,2 points de croissance. Des chiffres qui sont conformes aux prévisions de la compagnie qui prévoyait 14 % de croissance de l’activité qui atteint ses objectifs. Tunisair affiche ainsi de la progression. Il reste toujours des imperfections. Sa direction en est consciente et fait tout pour les palier.

INTERVIEW

«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

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