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La valeur du dinar tunisien continue son petit bonhomme de chemin vers la baisse, tant dans le désintérêt national que dans l’incapacité de faire quelque chose pour donner du Peps au cours du dinar tunisien face à l’euro européen et au dollar américain notamment. Une ministre avait perdu son fauteuil car elle avait dit que l’euro vaudra bientôt 3 DT. Un gouverneur de banque centrale avait été changé, car il affirmait ne rien pouvoir faire pour redresser le Dinar. Depuis le 18 mai, nous y sommes. Selon le site de la BCT, 1 euro vaut désormais un peu plus de 3 DT. Pour l’exactitude, il faudra présenter 3,0301 DT aux bureaux de change pour acheter un euro.

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Des tendances opposées continuent de caractériser l’économie tunisienne au début de l’année 2018. La croissance économique s’accélère, portée par une bonne saison agricole, une hausse des investissements et une reprise naissante des exportations. D’un autre côté, les risques concernant la stabilité macroéconomique se sont accrus : l’inflation a rapidement, augmenté à 7,6% en mars, les réserves internationales restent inférieures à 90 jours de couverture des importations et la dette publique et extérieure a atteint, respectivement, 71% et 80% du PIB“.

Tel est le constat fait par une équipe du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Bjoern Rother, qui s’est rendue en Tunisie du 4 au 11 avril courant, pour discuter des récents développements économiques dans le pays et des plans d’action des autorités dans le cadre du programme de réformes économiques de la Tunisie soutenu par le Mécanisme Elargi de Crédit (MEDC).

On ne pourra pas y échapper, selon le FMI

Le FMI précise dans un communiqué publié vendredi 13 avril 2018 qu'”il est essentiel de s’attaquer aux déséquilibres économiques pour pérenniser la reprise et jeter les bases d’une croissance économique juste et équitable à l’avenir. Contenir la dette aujourd’hui aidera à prévenir l’augmentation des impôts demain. Pour faire baisser le déficit budgétaire conformément à l’objectif de la loi de finances 2018, il est nécessaire de réduire les subventions énergétiques, injustes, en augmentant les prix domestiques de l’énergie afin de suivre l’évolution des prix internationaux du pétrole. La masse salariale du secteur public est très élevée et toute augmentation supplémentaire des salaires serait très difficile à maintenir, à moins que la croissance ne reprenne à la hausse. De même, le relèvement de l’âge de la retraite et des réformes paramétriques supplémentaires sont essentiels pour contenir les déficits du système de sécurité sociale“.

La BCT et le dinar mis à contribution

L’équipe du FMI est également d’accord avec la Banque centrale de Tunisie (BCT), sur “le fait que l’ancragedes anticipations d’inflation par des augmentations supplémentaires du taux directeur sera
crucial, si l’inflation ne baisse pas rapidement. Réduire l’inflation protégera les couches vulnérables, maintiendra le pouvoir d’achat de la population tunisienne et stabilisera les perspectives macroéconomiques“.

Concernant la situation extérieure de la Tunisie, un taux de change plus flexible aidera à reconstituer les réserves internationales et de continuer à encourager les exportations. Ce qui reste de la surévaluation du dinar peut être corrigé sans ajustement abrupt“, indique le texte du FMI.

Les discussions sur les priorités à court terme de réforme économique dans le cadre du MEDC se poursuivront à Washington au cours des réunions de printemps des 20 et 22 avril”, dit l’institution internationale.

L’équipe du FMI a rencontré le Président du gouvernement, Youssef Chahed, le Ministre des Finances, Ridha Chalghoum, le Ministre de l’Investissement, Zied Ladhari, le Ministre des grandes Réformes, Taoufik Rajhi et le Gouverneur de la Banque Centrale, Marouane El Abassi. Elle s’est également entretenue avec des représentants de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA) et de la société civile“, conclut le texte.

Communiqué

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«Le dinar tunisien doit encore se déprécier cette année si le pays veut relancer les exportations et relancer une économie secouée par des bouleversements politiques depuis son soulèvement de 2011, a déclaré le Fonds monétaire international ». C’est ce que rapporte ce mercredi 4 avril 2018 le site de Bloomberg. «Je ne pense pas que nous ayons besoin d’un grand mouvement d’équilibre vers le bas, je pense que nous n’en sommes pas loin », a déclaré le chef de mission du FMI en Tunisie, Björn Rother, à Bloomberg. «Je ne pense pas non plus que nous ayons besoin d’un ajustement brutal» a-t-il ajouté à la même source. Selon Bloomberg toujours, Rother a aussi indiqué que le taux de change réel du dinar était désaligné de 10 à 20%.

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«La pression augmente sur le dinar tunisien et notre scénario central est que le FMI poussera les autorités à relâcher leur emprise sur la devise dans un proche avenir. Cela devrait entraîner une baisse de 10% de la devise par rapport à l’euro d’ici la fin de l’année. Mais il y a un risque croissant que les autorités ignorent le Fonds et gardent un contrôle serré sur le dinar, conduisant à un ajustement plus désordonné plus loin». Cette malheureuse hypothèse d’une possible dégradation de la valeur du Dinar tunisien est rapportée par le site londonien «Capital Economics», une société qui se définit comme l’une des principales sociétés indépendantes de recherche économique dans le monde.

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Dans un rapport de synthèse sur la rencontre, organisée par ses soins sur le thème de «La Crise du Dinar Tunisien, Etat des lieux et Perspectives», le département «Stratégie et Prospective» de l’ITES (Institut des études stratégiques) a estimé que «en quatre ans, le dinar tunisien a perdu 49% de sa valeur pour s’échanger au début de l’année 2018 contre 2.40 dollars US, soit l’un des plus bas niveaux historiques face à cette devise. Depuis une année, le dinar tunisien était à 2,30 dollars, accusant une chute qui se poursuit depuis 2011. Concernant l’euro, le cours moyen sur le marché interbancaire est de 2,72 dinars en 2017, contre 2,15 en 2013 et 1,95 en 2011 (près de 39% depuis).  Il est clair ainsi que les cours de change du TND par rapport à l’euro et au dollar ont décroché au-dessus des barres symboliques à plus de 2,4 vis-à-vis de l’euro et à plus de 2,1 vis-à-vis du dollar». Jusque-là de simple constations, d’une évidence affligeante. Petit baume au cœur : «le dinar tunisien n’est pas la seule monnaie en baisse, à l’heure actuelle. A l’instar du dinar tunisien, le dinar algérien a accusé une perte de 6% en 2017 par rapport au dollar et une baisse de 18% par rapport a l’euro. Le dinar Marocain 17% par rapport à l’euro. Celle–ci s’est envolée de 4% par rapport à toutes les monnaies».

  •  La BCT n’y est pour rien et ne peut rien faire

Les experts de l’ITES l’avouent : «la Banque Centrale de Tunisie (BCT) n’ayant pas d’impact sur l’ajustement des facteurs macro-économiques, elle ne peut que recommander de limiter les importations non essentielles et de redresser les secteurs exportateurs». Et de préciser que «depuis 2010, la BCT n’a d’autre objectif que de maintenir la stabilité du taux pour ne pas amputer le pouvoir d’achat. La baisse maitrisée du taux entre 2 et 4% par an a permis de donner la main Market Makers qui ont eu à gérer des positions de compte négatives». Et l’ITES de se demander, comme pour dire que la BCT n’a «ni chameau, ni chamelle dans l’affaire لا ناقة لها ولا جمل», «avec un déficit commercial qui a doublé, un déficit courant qui ne couvre plus le déficit commercial, et un déficit des investissements étrangers qui ne couvre plus le service de la dette, quelle marge reste-t-il à la BCT pour limiter le glissement ?».

⦁ Les 14 recommandations de l’ITES, pour relever le Dinar

Tout cela, n’a pas empêché les experts de l’ITES de faire quelques recommandations.

  1. Limiter les importations et les franchises (surtout pour les produits agroalimentaires et textiles fabriqués en Turquie ou en Chine, qui ont un impact immédiat sur la compétitivité des produits tunisiens à l’export et même sur le marché local). Signer des accords de lignes de financement pour l’importation et réduire le gap par des investissements directs. La meilleure façon de limiter l’importation, à part les mesures fiscales, c’est une certification tunisienne. C’est diplomatiquement correct en plus.
  2.  Augmenter la liquidité disponible et l’épargne (accélérer l’inclusion du Mobile Banking et rationaliser les crédits de consommation via des limites prudentielles imposées par la BCT, communiquer davantage sur les comptes CEA, Assurances vie, FCPR, etc., comme conduits légaux de défiscalisation pour récupérer la liquidité dormante des professions libérales, accélérer la mise en place du cadre réglementaire de la titrisation pour monétiser les actifs dans les bilans de banques et leurs permettre de s’autofinancer).
  3. Puiser sur les niches de liquidité en devises :Cela veut dire encourager les banques à placer dans les entreprises publiques, leur enlever la taxe sur le revenu des opérations de syndication de financement des sociétés pour que ce soit économiquement faisable, procéder aux opérations de Repurchase agreement des avoirs de titres étrangers de la banque centrale pour monétiser son portefeuille obligataire, accélérer la vente des participations non stratégiques de l’Etat (les positions minoritaires dans les banques privées et autres sociétés). Mais aussi négocier avec des banques de détail étrangères, l’émission ciblée de certificats de dépôt ou bons de trésor dédiés aux Tunisiens résidents (comme un produit d’investissement), mettre en place le cadre règlementaire du «crowd funding», travailler sur un programme de MTN (Medium Term Notes) qui est plus léger à mettre en place qu’une émission obligataire et donc offre plus de garantie à l’investisseur.
  4. Il faut activer les mesures de gouvernance et d’austérité sur les dépenses de fonctionnement de l’Etat et des entreprises publiques : Parc auto, consommation d’essence, approvisionnement, abus de biens, etc. Remplacer les avantages en nature octroyés aux fonctionnaires et dirigeants d’entreprises publiques par des allocations fixes.
  5. Activer le texte d’application de la création des fonds off-shore pour pouvoir créer des fonds dédiés aux sociétés totalement exportatrices et la création des fonds de capital retournement ou restructuration (distressed funds) pour nettoyer les bilans de banques ;
  6.  Mise en place d’accords de netting entre les entreprises publiques (entre elles et avec les banques) pour alléger le risque de défaut systémique.
  7. Négocier une stand-by facility avec les institutions internationales et élargir la fourchette de volatilité, sous le contrôle d’un currency board, (proposer une amnistie où on imposera 20% de taxe au lieu de 35% et 15% iront à un fonds dédié chez la CDC en tant qu’investissement au nom du détenteur, bien sûr accompagnée de mesures correctives, même pénales, après un certain délai en cas de désobéissance).
  8. Accélérer la mise en place de l’IFRS (les investisseurs étrangers voudraient lire des états financiers aux normes internationales pour plus de transparence), simplifier en urgence la fiscalité et les autorisations.
  9.  Prendre des mesures de sauvegarde qui ne sont pas en contradiction avec le statut de convertibilité courante du dinar (la taxation de certains produits à l’importation, le recours aux avoirs logés dans des comptes professionnels en devises).
  10.  Réviser le régime de change en changeant le fixing qui n’est autre que le reflet des cours de change de l’interbancaire, par un régime de flottement libre mais encadré par un corridor, à l’instar du serpent monétaire avant l’euro.
  11. négocier des opérations de swaps devises/dinars à moyen terme avec les pays partenaires et amis.
  12.  Accorder une attention particulière à la problématique du marché parallèle pour le ramener dans le circuit officiel.
  13.  Préserver les sites de production de matières premières qui constituent des sources de revenus en devises très importantes.
  14.  Rééquilibrer les comptes extérieurs, maîtriser l’inflation, la relance du rythme de croissance de l’investissement et de l’épargne pour une meilleure tenue de la monnaie nationale.

Sur le profil de Dali Ben Abdallah dans sa page officielle des RS, on ne trouve pas beaucoup d’informations sur la personne, sauf qu’il est de Tunis et y vit. Nous supposons donc que c’est un citoyen lambda, qui s’exprime de manière originale sur la situation du pays dans lequel il vit.

“Sept ans déjà depuis la «barwita», la charrette devenue symbole de démocratie.
– 3 présidents de la République
– 7 Premiers ministres
– 10 gouvernements
– 286 ministres
– 195 secrétaires d’État
– 218 conseillers 
– 217 députés X2 
– 1,00002 % de croissance annuelle
– 1euro= 3 dinars
– 208 partis politiques
– une ch..’tiiiiiiiit’ d’ONG
– 47 000 élèves inscrits dans 1668 écoles coraniques, potentiellement futurs terroristes
– 5236 mosquées X 4 haut-parleurs
– 12 milliards de dinars de dettes publiques
– Une autre ch…’tiiiiiiiit’ de problèmes ont été diagnostiqués par tout le beau monde de la politique, re-diagnostiqués et re-rediagnostiqués
-Toutes les solutions reposent sur ‘ «inchallah»’
………et toujours le même gouverneur de la Banque centrale.
Ça me rappelle une chanson de Michel Delpech de 1966 intitulée ‘’Inventaire 66’’ et dont les 2 refrains finissent par ‘’Et toujours le même président’’ (Charles de Gaulle).

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C’est qui le coupable ? On a longtemps cherché celui, celle ou ceux qui sont derrière la fonte vertigineuse du dinar, face au dollar et à l’euro principalement. Certains ont vite regardé en direction de la banque centrale de Tunisie (BCT), le parfait candidat en quelque sorte. Puis les regards ont pointé vers le Fonds Monétaire International (FMI), responsable, aux yeux de certains (il n’y a pas que le Front populaire dans ce camp !), de tous les malheurs du monde. Puis, faut d’avoir quelque chose de tangible à se mettre sous la dent, on a sauté à bras raccourci sur l’ex-ministre des Finances, Lamia Zribi, qui a eu le malheur de déclarer que la dévaluation du dinar était inéluctable. Des propos qui ont sans doute accéléré son éjection du gouvernement. Pour une partie de l’opinion publique, Zribi était donc la coupable idéale, puisqu’il fallait bien un bouc émissaire, comme toujours dans ce genre de cataclysme. Mais pour l’Observatoire Tunisien de l’Economie (OTE), ça ne fait aucun doute : C’est bien le FMI qui est responsable de cette descente aux enfers du dinar. Il le dit clairement dans son rapport publié le 25 août 2017.

D’abord le constat, sans appel : Le dinar tunisien s’est érode de 49% en 4 ans face au dollar ; ce dernier, en août 2017, pesait 2,47 dinars, c’est tout simplement le seuil le plus bas jamais atteint par la monnaie nationale face à la devise américaine. Une plongée angoissante à bien des égards.

Maintenant venons en aux causes. L’OTE affirme “qu’à travers ses modèles mathématiques, le FMI exerce une pression constante sur la Banque Centrale Tunisienne (BCT) pour qu’elle laisse chuter le dinar tunisien“. Pour l’observatoire c’est la recette habituelle de l’institution de Bretton Woods, et qui est d’ailleurs clairement libellée sur les accords de prêt avec les pays dans le trou tels que la Tunisie. Mais seulement personne ne crie sur les toits cette potion amère qu’il faut boire en même temps que les emprunts. La dépréciation de la monnaie est le passage obligé pour voir la couleur des billets du FMI. Le Nigeria, l’Egypte et beaucoup d’autres pays ont dû subir le traitement de choc. Il n’ y a pas de raison que la Tunisie passe entre les gouttes.

L’OTE dévoile que “l’institution financière effectue des revues régulières qui donnent lieu à des estimations, notamment concernant la valeur ‘réelle’ du dinar telle que souhaitée par le FMI. A travers des modélisations complexes, ce dernier estime ce que devrait être la valeur idéale du dinar dans le futur afin d’atteindre un équilibre macroéconomique (balance courante).

Le FMI ne lâche pas d’une semelle la BCT!

L’Observatoire a indiqué “qu’après avril 2012 et l’abandon de la fixation de la valeur du dinar via un panier de devises, le FMI continue à exercer une pression constante sur la Tunisie, et plus particulièrement sur la BCT, pour que cette dernière cesse d’intervenir sur le marché des changes pour défendre la valeur du dinar“.

A chaque fois que le FMI fait une descente en Tunisie, révèle l’OTE, il tire la même conclusion : le dinar est trop fort, 10% de plus que sa valeur réelle. “Cette estimation a servi à mettre la pression sur la BCT pour qu’elle laisse la valeur du dinar chuter. Comme le montre la figure ci- dessous, quand le dinar atteint la valeur souhaitée par le FMI, ce dernier réalise une nouvelle modélisation qui estime que le dinar doit à nouveau baisser de 10%, et ainsi de suite” indique l’OTE.

Mais pour le cas de la Tunisie, le FMI n’a pas voulu en venir au remède de cheval administré à l’Egypte, une dévaluation d’environ 50% de la livre face au dollar américain, brutalement (en Novembre 2016). Pour la Tunisie, on y est allé en douceur. Mais in fine le plat servi est le même. L’OTE démontre que le dinar tunisien a quand même fini par perdre près de 50% de sa valeur entre le début du décaissement du premier prêt (juin 2013) et la dernière mission du FMI datant de juillet 2017. A cette date, le FMI estimait que la monnaie tunisienne était surévaluée de 16,7%, ce qui suggère par conséquent un taux de change de 1 USD pour 2,87 TND. A 2,47 dinars le mois dernier, le dollar a encore de la marge pour atteindre le seuil normal, aux yeux du bailleur de la Tunisie. Peut-on encore faire quelque chose pour enrayer cette érosion de la monnaie locale ? On pose la question au ou à la ministre des Finances qui va s’installer après l’Aïd…

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Sans conteste, le dinar tunisien n’en finit pas d’accentuer sa descente aux enfers. A la date du 11 novembre, il s’échangeait à 2,2714 dollars US et à 2,4720 euros, selon le tableau des cours moyens des devises cotées en DT de la Banque centrale de Tunisie. La monnaie tunisienne a perdu 60% de sa valeur depuis 2011. Une dégringolade qui nourrit toute une littérature sur la moins mauvaise façon d’enrayer cette inexorable chute où les spéculations des analystes varient entre le régime des changes flottants, la dévaluation, la libéralisation voire la convertibilité totale.

Un faisceau de « remèdes » dont le plus banni est celui de la dévaluation, sentencieusement rejetée par le ministre du Développement économique et de la coopération internationale, Fadhel Abdelkéfi. « «Non, jamais de la vie ! Nous avons connu une dévaluation compétitive implicite, pas une dévaluation administrative. Mais la Banque centrale cote correctement le dinar. Nous ne sommes pas dans une logique de maintenir artificiellement le dinar fort. Une certaine dévaluation, qui a été glissante sur cinq ans, a rendu la Tunisie encore plus compétitive», a-t-il affirmé à l’hebdomadaire économique français « La Tribune ».

Et pour cause, la dévaluation serait pour la Tunisie la dernière solution à laquelle il faut recourir. Certes, en dévaluant, les exportations tunisiennes bénéficient d’un avantage égal au taux auquel le dinar baisse, mais il s’agit d’un avantage de courte durée. Cependant, là où le bât blesse le plus, c’est au niveau des importations qui sont pénalisées d’une majoration correspondante, et dès lors que les exportations couvrent moins de 70% des importations, on ne voit pas quel intérêt y a-t-il à dévaluer, d’autant que toute dévaluation n’a qu’un intérêt bénéfique temporaire. Surtout, la dépréciation du dinar serait impérativement une source d’inflation. C’est particulièrement le cas lorsqu’il n’existe aucun produit local de substitution à ceux importés. Dans le cas du pétrole et du gaz, par exemple, on ne peut pas facilement se tourner vers la production domestique, fortement malmenée. Moins spécifiquement, l’inflation étant sur un trend haussier, une dévaluation du dinar aura des conséquences perverses sur l’indice général des prix à la consommation familiale, sans parler de celles du creusement des déficits jumeaux, le budgétaire et le commercial.

Ce n’est point un remède !

Au demeurant, il est établi d’expérience que la dévaluation est une conséquence des difficultés économiques, et non un remède. Les difficultés restent après la dévaluation. Il en est ainsi de la dette tunisienne qui est contractée en devises étrangères. Dévaluer, c’est la rendre plus chère.

A la vérité, les difficultés économiques et financières de la Tunisie proviennent, au principal, des dépenses publiques qui sont trop importantes par rapport aux rentrées d’argent dans les caisses de l’Etat, lequel devra donc emprunter. Et comme il est déjà très endetté, aux alentours de plus de 60% voire de 80% si on y inclut les dettes des entreprises publiques, de nouveaux emprunts sont difficiles. Autant dire et se convaincre que le problème restera entier après la dévaluation. Et donc la politique d’austérité, même si le mot n’est pas lâché, demeurera.

Les effets d’une dévaluation étant aléatoire, il ne sera pas non plus possible de fonder une politique économique sur une monnaie faible. D’abord, si la monnaie reste faible, c’est que l’économie reste faible. Une économie faible, dont la monnaie se déprécie constamment, c’est une économie qui se dégrade, dont le pouvoir d’achat et le niveau de vie diminuent.

Voilà pourquoi la solution d’une dévaluation doit être rigoureusement écartée pour que soit maintenue en l’état l’approche d’assouplissement du taux de change qui, estime-t-on, renforcera les réserves extérieures et réduira progressivement la surévaluation du dinar. Une réduction des interventions sur le marché des changes, des adjudications de devises périodiques et un approfondissement du marché des changes, rendus possibles grâce à la réduction récente des restrictions à l’utilisation des devises par les banques, contribueront à favoriser une plus grande flexibilité du taux de change et à améliorer la gestion des liquidités des banques. Ceci est primordial au vu du déficit élevé des transactions courantes et l’augmentation de la dette extérieure.

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