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Jihad Azour, le directeur du département Moyen-Orient, Afrique du Nord et Asie Centrale au sein du FMI, est intervenu pour cadrer le débat sur la dépréciation, ou dévaluation pour certains, du dinar tunisien. Il a déclaré le vendredi 21 avril 2017, à la TAP, que le Fonds n’est pas derrière la baisse de la valeur du dinar et qu’il ne juge pas cela nécessaire présentement. Il a ajouté que le dinar est surévalué, à hauteur de 10% selon les standards de calcul du taux de change, un niveau qui n’exige pas une dépréciation de sa valeur, d’après lui.

Le responsable a affirmé que le FMI s’est borné à suggérer une plus grande flexibilité de la monnaie nationale qui permet de résorber le déficit commercial et d’équilibrer la balance des paiements. Pas plus ni moins…

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L’UTICA a exprimé dans un communiqué publié ce jeudi 20 avril 2017 sa profonde préoccupation suite à la chute de la valeur du dinar durant les deux derniers jours.

L’organisation a considéré la dévaluation du dinar comme un danger réel qui menace l’économie tunisienne et qui aura des conséquences négatives sur l’investissement, la compétitivité des entreprises et aggravera le déficit et le volume de la dette.

L’UTICA appelle le gouvernement et la Banque Centrale à fournir une explication rapide à la situation actuelle et à dévoiler la stratégie qui sera adoptée pour stopper l’hémorragie de la baisse de la valeur du dinar qui menace la continuité de l’entreprise, sa compétitivité et sa capacité d’investissement pour soutenir la création d’emplois.

Et d’ajouter que les déclarations évoquant le choix du gouvernement pour une politique de dévaluation du dinar ont suscité l’interrogation des Tunisiens en général et des entrepreneurs en particulier.

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Sans conteste, le dinar tunisien n’en finit pas d’accentuer sa descente aux enfers. A la date du 11 novembre, il s’échangeait à 2,2714 dollars US et à 2,4720 euros, selon le tableau des cours moyens des devises cotées en DT de la Banque centrale de Tunisie. La monnaie tunisienne a perdu 60% de sa valeur depuis 2011. Une dégringolade qui nourrit toute une littérature sur la moins mauvaise façon d’enrayer cette inexorable chute où les spéculations des analystes varient entre le régime des changes flottants, la dévaluation, la libéralisation voire la convertibilité totale.

Un faisceau de « remèdes » dont le plus banni est celui de la dévaluation, sentencieusement rejetée par le ministre du Développement économique et de la coopération internationale, Fadhel Abdelkéfi. « «Non, jamais de la vie ! Nous avons connu une dévaluation compétitive implicite, pas une dévaluation administrative. Mais la Banque centrale cote correctement le dinar. Nous ne sommes pas dans une logique de maintenir artificiellement le dinar fort. Une certaine dévaluation, qui a été glissante sur cinq ans, a rendu la Tunisie encore plus compétitive», a-t-il affirmé à l’hebdomadaire économique français « La Tribune ».

Et pour cause, la dévaluation serait pour la Tunisie la dernière solution à laquelle il faut recourir. Certes, en dévaluant, les exportations tunisiennes bénéficient d’un avantage égal au taux auquel le dinar baisse, mais il s’agit d’un avantage de courte durée. Cependant, là où le bât blesse le plus, c’est au niveau des importations qui sont pénalisées d’une majoration correspondante, et dès lors que les exportations couvrent moins de 70% des importations, on ne voit pas quel intérêt y a-t-il à dévaluer, d’autant que toute dévaluation n’a qu’un intérêt bénéfique temporaire. Surtout, la dépréciation du dinar serait impérativement une source d’inflation. C’est particulièrement le cas lorsqu’il n’existe aucun produit local de substitution à ceux importés. Dans le cas du pétrole et du gaz, par exemple, on ne peut pas facilement se tourner vers la production domestique, fortement malmenée. Moins spécifiquement, l’inflation étant sur un trend haussier, une dévaluation du dinar aura des conséquences perverses sur l’indice général des prix à la consommation familiale, sans parler de celles du creusement des déficits jumeaux, le budgétaire et le commercial.

Ce n’est point un remède !

Au demeurant, il est établi d’expérience que la dévaluation est une conséquence des difficultés économiques, et non un remède. Les difficultés restent après la dévaluation. Il en est ainsi de la dette tunisienne qui est contractée en devises étrangères. Dévaluer, c’est la rendre plus chère.

A la vérité, les difficultés économiques et financières de la Tunisie proviennent, au principal, des dépenses publiques qui sont trop importantes par rapport aux rentrées d’argent dans les caisses de l’Etat, lequel devra donc emprunter. Et comme il est déjà très endetté, aux alentours de plus de 60% voire de 80% si on y inclut les dettes des entreprises publiques, de nouveaux emprunts sont difficiles. Autant dire et se convaincre que le problème restera entier après la dévaluation. Et donc la politique d’austérité, même si le mot n’est pas lâché, demeurera.

Les effets d’une dévaluation étant aléatoire, il ne sera pas non plus possible de fonder une politique économique sur une monnaie faible. D’abord, si la monnaie reste faible, c’est que l’économie reste faible. Une économie faible, dont la monnaie se déprécie constamment, c’est une économie qui se dégrade, dont le pouvoir d’achat et le niveau de vie diminuent.

Voilà pourquoi la solution d’une dévaluation doit être rigoureusement écartée pour que soit maintenue en l’état l’approche d’assouplissement du taux de change qui, estime-t-on, renforcera les réserves extérieures et réduira progressivement la surévaluation du dinar. Une réduction des interventions sur le marché des changes, des adjudications de devises périodiques et un approfondissement du marché des changes, rendus possibles grâce à la réduction récente des restrictions à l’utilisation des devises par les banques, contribueront à favoriser une plus grande flexibilité du taux de change et à améliorer la gestion des liquidités des banques. Ceci est primordial au vu du déficit élevé des transactions courantes et l’augmentation de la dette extérieure.

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