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Le 6 février 2018, le trésor public a annoncé l’adjudication des BTA (Bons de trésor assimilables), pour un montant de 96,7 MDT et pour un taux moyen pondéré, évoluant selon les maturités de 6,854 % et 7,949 %. Six institutions financières, dont 6 banques tunisiennes, y ont participé, avec un montant offert (plus de 222 MDT) dépassant largement la demande (150 MDT). Le même trésor public tunisien avait aussi annoncé, le 23 janvier 2018, l’adjudication de BTA pour un montant de 190,5 MDT, avec des taux légèrement inférieurs mais presque tous au-dessus de 7 % et approchant même les 8 %. Largement demanderesses de ce genre de crédit pour l’Etat, 7 soumissionnaires, dont six banques de la place, y avaient pris part. Leurs offres (309,5 MDT) dépassaient même la demande du trésor public (120 MDT).

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Le service de la dette a atteint un niveau historique de 6.349 MD au terme des 10 premiers mois de 2017, contre 3.990 MD à fin octobre 2016, en augmentation de 59,1%, d’après la note de Conjoncture publié, jeudi, par la Banque centrale de Tunisie.
Cette nette accélération est due, notamment, au remboursement de 500 millions de dollars américains au titre de l’emprunt obligataire qatari contracté en 2012 (Avril 2017) ; de 271 MD au titre de l’échéance de SAMURAI 6 (Août 2017) ; et de trois tranches relatives au crédit STAND-BY octroyé par le FMI en 2013 pour des montants respectifs de 135 MD (Avril 2017), 200 MD (Juillet 2017) et 206 MD (octobre 2017).

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Le 16 décembre 2015, la Federal Reserve américaine a démarré son cycle de resserrement monétaire, mettant fin à sept années de politique de taux zéro. Les taux directeurs de la FED (Fed funds rates) qui évoluent entre 0 % et 0.25% passeront ainsi à la fourchette de 0.25% à 0.50%. Cette politique a fait l’objet d’une note réalisée par l’universitaire et l’économiste, Moez Labidi et publiée par l’intermédiaire en bourse, Mac Sa.

Dans cette étude, Moez Labidi a démontré qu’au total, les effets du changement de la politique monétaire américaine sur la Tunisie ne seront pas d’une grande importance, au moins pour 2016, appelant à ne pas surestimer le risque d’une hausse des taux longs qui finira par renchérir le coût des sorties de la Tunisie sur le marché international. « C’est du côté du spread sur la Tunisie qu’il faut rechercher le risque de majoration du coût de l’emprunt tunisien, et non sur le marché obligataire américain. Car l’engouement des investisseurs pour les positions acheteuses en dollars reste intact, compte tenu de la faiblesse des rendements des titres longs japonais et européens. Un tel engouement permettrait de contenir la hausse des taux américains », a-t-il dit.

Toujours selon ses estimations, le fléchissement de la croissance dans le monde émergent et l’incapacité de la zone euro de sortir des méandres de la croissance anémique, pèseront sur les perspectives de la croissance américaine et de l’inflation, ce qui ne pourrait que plaider pour un rythme de normalisation beaucoup plus lent. « Un rythme de resserrement monétaire agressif, de la part de la FED, n’est pas à l’ordre du jour, pour 2016. Tous les scénarios resteront envisageables en 2017 », a-t-il indiqué.

Labidi a, dans le même cadre, souligné que « les retombées du durcissement de la politique monétaire américaine sur la Tunisie demeurent minimes si nous les comparons aux effets déstabilisateurs affectant certains pays du Golfe, d’Amérique Latine ou d’Asie : des sorties massives de capitaux et une forte dépréciation du taux de change, … des pays déjà largement fragilisés par l’effondrement des prix des matières premières. Le durcissement de la politique de la FED affecte l’économie tunisienne via plusieurs canaux », a-t-il précisé.

Selon lui, le changement de cap de la politique monétaire de la FED a rapidement déclenché des mouvements de sorties massives de capitaux du monde émergent et un retour vers les Etats-Unis. Ce positionnement sur le dollar a provoqué la montée des pressions baissières sur les devises émergentes et l’appréciation de la monnaie américaine. Une telle appréciation serait certainement dés inflationniste aux Etats-Unis, dans la mesure où elle empêche l’inflation de flamber pour retrouver rapidement son objectif f de 2%. Mais elle serait génératrice de poussées inflationnistes (inflation importée) en Tunisie, empêchant l’inflation de percer à la baisse la barre de 4%. De même, elle serait déstabilisante pour le budget de l’État de 2016 qui repose sur un dollar à 1.97 TND alors qu’il a déjà franchi la barre des 2 dinars, avant la décision de la FED.

Il a dans le même contexte ajouté qu’avec une dette externe dont le tiers est libellé en dollar, l’appréciation du billet vert pèsera lourd sur le budget de l’État. Rappelons qu’une appréciation du dollar face au dinar de 10 millimes fait supporter à la Tunisie un coût supplémentaire de 20 millions de dinars. Le trend baissier de l’euro et la chute du prix du baril de pétrole n’en arrivent pas moins aujourd’hui à neutraliser partiellement l’effet dollar sur les finances publiques. Chose qui n’est pas garantie pour 2017. Car si la reprise faisait son apparition en Europe et dans le monde émergent, la normalisation des taux, surtout en Europe, pourrait pousser les taux longs vers des niveaux plus élevés et mette l’euro sur un trend haussier, compliquant davantage l’équation de la dette tunisienne.

Moez Labidi a ajouté que la transmission des taux courts (du marché monétaire) au taux longs (du marché obligataire) pourrait renchérir les conditions d’emprunt sur le marché international, et du coup, la Tunisie serait forcée d’emprunter à un coût élevé. Car les taux longs américains restent la référence sur le marché obligataire international. Toutefois, la hausse des taux longs américains largement anticipée par les marchés suite au resserrement des taux de la FED, risque d’être insignifiante en 2016.

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