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Le Yémen est actuellement confronté à la pire crise alimentaire dans le monde, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). « Avec près de 18 millions de personnes qui ne savent pas comment obtenir leur prochain repas, alors que plus de 8 millions d’entre elles sont au bord de la famine », a ainsi déclaré le porte-parole du PAM lors d’un point de presse ce mardi à Genève.

Si la situation persiste, l’Agence onusienne s’attend à voir 3,5 millions de Yéménites supplémentaires en situation de grave insécurité alimentaire. Au total, il y aurait près de 12 millions de personnes en danger et qui pourraient être touchées par cette menace de famine, soit deux personnes sur cinq, en raison de l’escalade de la guerre et de l’aggravation de la crise économique.

« Ces Yéménites ont besoin d’une aide alimentaire régulière et urgente pour les empêcher de sombrer dans des conditions analogues à la famine », a mis en garde Hervé Verhoosel.

La situation est beaucoup plus préoccupante à Hodeïda en raison de l’intensification du conflit ces dernières semaines. Le PAM craint que des millions de personnes supplémentaires qui luttent actuellement pour joindre les deux bouts ne succombent de plus en plus souvent à la faim et à la maladie dans cette région. « Depuis juin, quelque 570.000 personnes ont dû fuir leurs combats à Hodeïda », a-t-il ajouté.

La situation est beaucoup plus préoccupante à Hodeïda, Hervé Verhoosel

Entre 2017 et 2018, le nombre de personnes très affamées dans le pays a augmenté de 25% et le PAM a donc été obligé d’accroître son aide alimentaire.

« Le peuple yéménite ne peut résister à aucun choc supplémentaire. Sans solution pacifique au conflit au Yémen, le PAM craint que le niveau de la faim dans le pays ne continue à augmenter », avertit Hervé Verhoosel.
Plus de 8 millions de personnes en « phase d’urgence »

Toutefois l’Agence onusienne précise qu’il n’existe actuellement aucune preuve statistique indiquant une famine au Yémen. Reste que selon le Cadre intégré de classification de la phase humanitaire et de la sécurité alimentaire, 8,4 millions de personnes se trouvent en « phase d’urgence ». Ce qui signifie que « la situation est si critique » et ces Yéménites pourraient tomber dans la famine s’ils ne continuaient pas à recevoir une aide alimentaire et nutritionnelle suffisante et durable.

Selon le PAM, de nombreux facteurs contribuent à ces niveaux élevés de faim et de malnutrition au Yémen.

« Même avant le début du conflit en mars 2015, le Yémen était l’un des pays du monde les plus touchés par l’insécurité alimentaire et le plus pauvre du Moyen-Orient », fait remarquer le porte-parole du PAM.

Face à cette situation humanitaire inquiétante, le PAM, de concert avec d’autres agences des Nations Unies, fait tout ce qui est en son pouvoir pour éviter la famine au Yémen et faire en sorte que les plus affamés reçoivent une aide alimentaire soutenue et vitale.De plus, le riyal yéménite a subi une dépréciation « alarmante » (180%) en trois ans. Le coût des produits alimentaires de base a augmenté de 35% au cours des 12 derniers mois, empêchant de nombreuses familles de se nourrir.

Dans ce dispositif, il s’agit de l’aide alimentaire et nutritionnelle d’urgence fournie à environ 8 millions de personnes parmi les plus affamées. De plus, l’agence onusienne basée à Rome adapte constamment ses opérations pour répondre « aux besoins changeants de la faim dans le pays ».
Des stocks alimentaires disponibles pour nourrir plus de 6 millions de personnes pendant deux mois et demi

« Par exemple, nous avons fourni des rations alimentaires immédiates en quantité suffisante pendant cinq jours à toutes les personnes fuyant le conflit dans le gouvernorat de Hodeïda », a souligné Herve Verhoosel. En septembre dernier aussi, le PAM a procédé à des opérations de distribution alimentaire d’urgence ponctuelle aux 225.000 habitants restants de la ville de Hodeïda.

Par ailleurs, le PAM rappelle que tous les ports et aéroports fonctionnent. L’Agence onusienne fait en sorte que l’assistance alimentaire d’urgence soit bien prépositionnée et que les stocks soient réacheminés au cas où les ports et routes seraient coupés.

Le PAM rappelle que tous les ports et aéroports fonctionnent

En attendant, le PAM dispose actuellement de suffisamment de céréales dans le pays pour venir en aide à 6,4 millions de personnes parmi les plus affamées du pays pendant deux mois et demi.

« Nous avons plusieurs navires d’expédition de vivres en route vers le Yémen à destination de divers ports du pays et avons commencé à utiliser le port de Salaalah, à proximité d’Oman, comme voie supplémentaire », a déclaré Hervé Verhoosel.

Toutefois, en raison de la situation sécuritaire extrêmement volatile à Hodeïda, le PAM n’a pas accès à ses 51.000 tonnes de blé stockées dans une usine sur la Mer Rouge. Ces vivres suffisraient à nourrir pendant un mois près de 3,7 millions des personnes au nord et au centre du Yémen.

« Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour garantir l’accès à ces stocks de blé », a conclu le porte-parole du Programme alimentaire mondial de l’ONU.

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Le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) et le Gouvernement de la Côte d’Ivoire ont signé aujourd’hui un mémorandum d’entente portant sur la création d’un Centre d’Excellence Régional contre la faim et la malnutrition en Afrique de l’Ouest et du Centre. Ce Centre de référence à promouvoir et partager les connaissances et meilleures pratiques pour assurer que personne ne souffre de la faim et de la malnutrition dans la région.

Le Centre, qui sera basé à Abidjan, fera appel aux compétences du PAM et aux atouts spécifiques de la Côte d’Ivoire et des pays de la région dans les domaines de l’agriculture familiale, de la gestion des pertes après récolte, de la lutte contre la malnutrition, de la convergence nutritionnelle, de la résilience des communautés et la protection sociale.

« Ce centre sera un incubateur de solutions et un point de rencontre pour le partage de solutions de lutte contre la faim adaptée au contexte africain », a déclaré Abdou Dieng, Directeur régional du PAM en Afrique de l’Ouest et du Centre. « Il existe de nombreuses approches efficaces pour améliorer la sécurité alimentaire dans la région, mais peu d’entre elles traversent les frontières. Je voudrais remercier la Côte d’Ivoire d’avoir pris la décision impressionnante de nous aider à exploiter ces idées afin d’empêcher les gens de dormir le ventre vide dans la région. »

La Côte d’Ivoire a mis en exergue la lutte contre la faim et la malnutrition dans son plan pour devenir un pays émergent. Il a mis au point des modèles d’alimentation scolaire développés avec succès et s’engage à partager son expertise et ses ressources afin d’intensifier les efforts déployés par d’autres pays.

Le centre régional cherche à reproduire l’expérience réussie de coopération Sud-Sud du Centre d’Excellence du PAM, basé au Brésil, qui a aidé les gouvernements d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine à lutter contre la faim tout en promouvant des modèles d’alimentation scolaire durables et d’autres produits alimentaires et filets de sécurité nutritionnelle.

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Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié aujourd’hui un rapport détaillant les progrès et voies possibles pour limiter le réchauffement global à 1,5 degré Celsius.

Réagissant au rapport, M. Apollos Nwafor, directeur panafricain chez Oxfam International (https://www.Oxfam.org), a déclaré :

« Les changements climatiques ont « mis le feu » à notre planète, des millions d’individus en ressentent déjà les effets et le GIEC vient juste de montrer que les choses pourraient nettement empirer. Fixer la limite à 2 degrés constituerait une sentence de mort pour les habitants dans de nombreuses régions d’Afrique. Plus vite les gouvernements se rallieront à la révolution des énergies renouvelables et œuvreront à protéger les communautés à risque, plus grand sera le nombre de vies et d’existences épargnées.

« Une Afrique plus chaude est une Afrique qui souffre davantage de la faim. Aujourd’hui, avec seulement 1,1 degré de réchauffement au niveau global, les récoltes et le bétail à travers la région sont touchés et la faim progresse, les cultivatrices pauvres avec des petites surfaces dans les zones rurales faisant partie des populations les plus touchées. À partir de là, les choses ne font qu’empirer.

« Ne rien faire de plus et se contenter de respecter les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris condamne le monde à un réchauffement de 3 degrés. Les dégâts infligés à notre planète et à l’humanité prendraient une trajectoire exponentielle vers le pire et l’irréparable.

« Rien de cela n’est inévitable. Ce qui nous donne de l’espoir, c’est que certains des pays les plus pauvres et émettant le moins sont dorénavant en tête de la lutte pour la protection du climat. Nous sommes passés d’une époque « vous d’abord » à une époque « suivez mon exemple » – il est temps pour le monde riche de suivre ce chemin-là.

« Oxfam appelle à des financements accrus, responsables et transparents en faveur du climat de la part des pays riches, des financements qui aident les petits exploitants agricoles, en particulier les femmes, à réaliser leurs droits à la sécurité alimentaire et à la justice climatique.

« Alors que le temps nous est compté, il est encore possible de limiter le réchauffement à 1,5 degré. Nous devons rejeter toute fausse solution, comme les investissements fonciers à grande échelle qui impliquent de chasser de leurs terres des petits exploitants agricoles pour laisser la place à la culture du carbone et, au lieu de cela, nous devons travailler à stopper l’utilisation des combustibles fossiles, en commençant par arrêter la construction de nouvelles centrales électriques au charbon partout dans le monde. »

Impacts climatiques en Afrique :

Les catastrophes naturelles comme les sécheresses et les inondations ont empêché le développement du continent africain. Les fluctuations de la production agricole à cause des variations climatiques, ainsi que des systèmes agricoles inefficaces, provoquent une insécurité alimentaire, l’un des plus évidents indicateurs de la pauvreté. Le phénomène El Niño de 2016, qui a été renforcé par les effets du changement climatique, a mis à mal la production agricole pluviale et mis plus de 40 millions d’africains en situation d’insécurité alimentaire. En l’absence d’action urgente pour réduire les émissions mondiales, la fréquence des chocs et stress climatiques en Afrique devrait augmenter fortement.

  • Le 5 juillet dernier, l’Afrique a très probablement enregistré son record de température fiable le plus élevé à Ouargla, dans le Nord de l’Algérie, avec 51,3°C (124,3°F).
  • Un nombre grandissant de preuves montre que des températures plus élevées liées au changement climatique ont aggravé la sécheresse et la catastrophe humanitaire en Afrique de l’Est, dont la sécheresse de l’an dernier qui a amené plus de 13 millions de personnes à se retrouver dans une situation alimentaire dangereuse.
  • Même avec 1,5 degré de réchauffement, les impacts climatiques en Afrique de l’Ouest seraient dévastateurs. Les rendements du blé pourraient chuter de 25 pour cent, et une hausse de 1,5 degré des températures pourrait faire de Lagos, au Nigeria, une nouvelle ville souffrant de stress thermique, comme New Delhi en Inde.
  • En Afrique sub-saharienne, 1,5 degré de réchauffement d’ici les années 2030 pourrait faire qu’environ 40 pour cent des zones actuelles de culture du maïs ne seraient plus adaptées aux variétés actuelles, et des impacts négatifs importants sur la convenance du sorgho sont prévus. Avec un réchauffement inférieur à 2 degrés d’ici les années 2050, la production agricole totale pourrait être réduite de 10 pour cent.
  • À 2 degrés de réchauffement, des chaleurs extrêmes jamais connues auparavant pourraient affecter 15 pour cent de la superficie territoriale de l’Afrique sub-saharienne à la saison chaude[vii], provoquant des décès et compromettant la capacité des agriculteurs à produire des cultures.
  • Si la température globale augmente de plus de 2 degrés avant la fin du siècle, d’ici 2050 les températures diurnes en Afrique du Nord (et au Moyen-Orient) pourraient atteindre 46 degrés les jours les plus chauds, une situation potentiellement mortifère.

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La Banque africaine de développement (BAD) et la FAO ont convenu lundi 27 août 2018 d’intensifier leurs efforts visant à catalyser les investissements dans le secteur agricole en Afrique en vue de mettre un terme à la faim et à la malnutrition et de stimuler la prospérité du continent. Dans le cadre de l’accord, la BAD et la FAO se sont engagés à mobiliser plus de 100 millions de dollars sur cinq ans afin de soutenir les activités de partenariat conjointes.

La nouvelle alliance stratégique aura pour objectif d’améliorer la qualité et l’impact des investissements dans la sécurité alimentaire, la nutrition, la protection sociale, l’agriculture, la foresterie, les pêches et le développement rural.

Depuis le siège de l’agence à Rome, M. Akinwumi Adesina, le Président de la BAD et M. José Graziano da Silva, le Directeur général de la FAO ont signé un accord qui s’appuie sur la longue collaboration qui existe déjà entre les deux organisations.

« La FAO et la BAD intensifient et approfondissent leur partenariat afin d’aider les pays africains à réaliser leurs objectifs de développement durable. Tirer profit des investissements effectués dans l’agriculture, et notamment de ceux émanant du secteur privé, est essentiel afin de sortir des millions de personnes de la pauvreté en Afrique et de s’assurer qu’une quantité suffisante de nourriture est produite et qu’il existe assez d’emplois pour faire face à la hausse de la population, » a déclaré M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

« La signature de cet accord complémentaire est une étape importante dans la relation entre la Banque africaine de développement et la FAO. Elle marque notre engagement commun a accélérer la mise en œuvre de programmes de grande qualité et à améliorer les investissements issus des partenariats publics et prives dans le secteur agricole en Afrique. Cela nous aidera à faire de l’agriculture une source d’affaires, un concept par ailleurs développée dans la stratégie “Feed Africa” de la Banque, » a déclaré Akinwumi Adesina, le Président de la BAD.

Lancée en 2015, la stratégie “Feed Africa” de la Banque a pour objectif d’investir 24 milliards de dollars dans l’agriculture africaine sur une période de dix ans. Le but est d’améliorer les politiques agricoles, les marchés, les infrastructures et les institutions afin de s’assurer le bon développement des chaînes de valeur agricole et que de meilleures technologies soient disponibles pour pouvoir atteindre plusieurs milliers d’agriculteurs.

Un programme d’actions

Le renforcement du partenariat entre la BAD et la FAO prévoit un programme d’actions devant déboucher sur une série de résultats, dont : de meilleures activités de financement en ce qui concerne la BAD ; des investissements plus importants entre le secteur public et privé ; un meilleur climat d’investissement, un meilleur taux de rendement et une meilleure mobilisation des ressources.

La collaboration devra également inclure une aide technique dont l’objectif sera d’aider les Etats membres à concevoir et à mettre en œuvre des opérations de financement qui seront financées par la BAD.

Cette assistance technique couvrira des domaines variés tels que l’intensification et la diversification de l’agriculture durable, la promotion des innovations tout au long de la chaîne de valeur, la présence de davantage de jeunes au sein des agro-entreprises, les statistiques agricoles, l’agriculture intelligente face au climat, la Croissance bleue, la sécurité alimentaire, la nutrition, le système agroalimentaire, la sécurité alimentaire et les normes, l’autonomisation économique des femmes, la promotion d’investissements responsables de la part du secteur privé, la résilience, la gestion des risques et le renforcement des capacités pour les pays en transition.

Le programme collaboratif verra le jour grâce à une contribution financière de 10 millions de dollars de la part des deux institutions.

Les activités conjointes de sensibilisation et de conseils politiques mettront notamment l’accent sur la promotion des Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts et sur les Principes du CSA pour un investissement responsable dans l’agriculture et les systèmes alimentaires, tous deux approuvés par le Comité de la sécurité alimentaire mondiale.

La collaboration entre la BAD et la FAO a débuté en 1968. Depuis lors, la FAO a apporté une aide technique précieuse qui a notamment permis de concevoir 161 projets financés par la BAD, estimés à plus de 3,7 milliards de dollars et représentant environ 21 pour cent du soutien de la BAD au secteur agricole.

La FAO et les derniers travaux de la BAD ont porté sur l’élaboration d’un projet en Tanzanie et en Guinée équatoriale. Il a également été question d’apporter une aide technique afin de mettre en œuvre un programme de Croissance bleue en Côte d’Ivoire, au Maroc et au Cabo Verde et plusieurs études de faisabilité pour des centres de transformation agricole en Zambie, en Tanzanie et en Côte d’Ivoire sans oublier leur participation à l’initiative des dirigeants africains pour la nutrition.

La BAD et la FAO contribuent également à une série de dialogues continentaux portant notamment sur la réduction des pertes agricoles post-récolte, la Grande muraille verte du Sahel et l’Initiative Sahara.

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Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée au lien entre les conflits et la faim ce vendredi à New York, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Mark Lowcock, a jugé possible d’éradiquer la faim dans le monde d’ici les prochaines années.

M. Lowcock, qui s’exprimait par vidéoconférence depuis Genève, a rappelé que les famines sont devenues moins fréquentes et moins mortelles ces dernières décennies grâce à l’amélioration des techniques agricoles et une multiplication par quatre, ces 50 dernières années, de la production de grains.

Cette tendance va probablement se poursuivre grâce à l’ingéniosité humaine et aux avancées de la science, a-t-il dit, lors de cette réunion présidée par la Ministre néerlandaise des affaires étrangères, Sigrid Kaag, dont le pays, les Pays-Bas, occupe la Présidence tournante du Conseil de sécurité en mars.

M. Lowcock a également mentionné la réduction globale de la pauvreté et il s’est en particulier félicité des filets de sécurité mis en place dans certains des pays les plus pauvres au cours des vingt dernières années pour parer aux mauvaises récoltes.

Les risques de famine est désormais circonscrit à un relativement petit nombre de pays affectés par un conflit intense, prolongé et à grande échelle, a-t-il poursuivi. « Près de deux tiers des personnes qui ont faim dans le monde vivent dans des pays en proie à un conflit ».

Les conflits principal moteur de l’insécurité alimentaire mondiale

Le Secrétaire général adjoint a précisé que près de 490 millions de personnes mal nourries et près de 80% des 155 millions d’enfants en insécurité alimentaire dans le monde résident dans ces pays. Les conflits, souvent conjugués avec des chocs climatiques extrêmes et des prix élevés des produits de base, sont le moteur principal de l’insécurité alimentaire mondiale, a-t-il déclaré.

« Dans les quatre pays à risque en 2017 – le Yémen, le Soudan du Sud, la Somalie et le nord-est du Nigéria, la famine n’a pu être évitée que grâce à des efforts internationaux concertés », a ajouté M. Lowcock. Il a plaidé pour l’intensification des efforts dans ces pays grâce notamment à un appui financier et à une réponse humanitaire encore plus efficace, couvrant les domaines de la santé, de la nutrition et de l’éducation.

De son côté, le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley, qui s’exprimait par vidéoconférence depuis Rome au nom également de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Fonds international de développement agricole (FIDA), a aussi estimé qu’il n’y avait aucune raison de souffrir aujourd’hui de la faim dans le monde.

Mais, selon M. Beasley, il ne sera pas possible de mettre fin à la faim dans le monde d’ici à 2030 si les conflits armés se poursuivent.

Sur la base de l’expérience syrienne, à chaque fois qu’une personne souffre de la faim, deux migrent, a poursuivi le chef du PAM, qui a aussi expliqué que nourrir les personnes déplacées entrainaient des difficultés et des frais supplémentaires pour les acteurs humanitaires.

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Selon un rapport de la FAO, des niveaux élevés d’insécurité alimentaire persistent à travers le monde, et ce, en grande partie en raison des conflits et des conditions climatiques défavorables qui ont des conséquences néfastes sur certains pays, notamment en Afrique de l’Est et au Proche-Orient où de nombreuses personnes ont encore un besoin incessant d’aide humanitaire.

Selon le dernier rapport de la FAO sur les Perspectives de récoltes et la situation alimentaire publié aujourd’hui, près de 37 pays ont toujours besoin d’une aide alimentaire externe, la situation demeure donc inchangée depuis trois mois.

Les guerres civiles et l’insécurité sont les principales raisons expliquant les taux élevés de faim dans 16 de ces pays, allant du Burundi au Yémen. Toujours d’après le rapport, les conflits déplacent des millions de personnes, entravant les activités agricoles et, dans certains cas, faisant augmenter les prix des denrées alimentaires de base. En République démocratique du Congo, l’inflation a plus que doublé en 2017, avec une hausse de 42 pour cent du taux annuel. Les violences ont perturbé les routes commerciales traditionnelles dans la région du Sahel, faisant augmenter les prix, tandis que des pénuries alimentaires ont été signalées au Sud et à l’Est de la Libye.

Pendant ce temps, des pluies insuffisantes et irrégulières menacent la sécurité alimentaire en Afrique australe et en Afrique de l’Est, où de nombreux ménages ruraux ont connu quatre saisons agricoles d’affilée amoindries par la sécheresse.

La sécheresse a des répercussions en Afrique de l’Est

En 2017, la production totale de céréales a rebondi en Afrique. Cela s’explique par de bons résultats en Afrique australe, après un succès mitigé des récoltes en 2016.

La production céréalière en Afrique de l’Est a pourtant chuté de 7,2 pour cent, provoquant ainsi un stress supplémentaire pour plusieurs pays. Selon le rapport, les récoltes qui viennent de s’achever et qui comptent pour les cultures céréalières de la seconde saison devraient être en dessous de la moyenne dans le Sud-Est du Kenya, dans le Nord-Est de la Tanzanie et au Sud de la Somalie.

L’ensemble de la production céréalière de la saison des pluies appelée “deyr” en Somalie devrait être 20 pour cent en dessous de la moyenne, car les pluies saisonnières ont débuté plus tard que prévu et se sont achevées plus tôt. Des conditions similaires au niveau des précipitations et des rendements ont été observées dans le Nord-Est de la Tanzanie. La production céréalière sud-soudanaise, faisant suite aux plantations de 2017, devrait atteindre son plus bas niveau depuis le début du conflit fin 2013.

Les conditions de sécheresse dans plusieurs parties de l’Ethiopie et de la Somalie étaient moins intenses, mais pas assez pour complètement compenser de nombreuses carences au niveau de l’humidité des sols. La disponibilité des pâturages est toujours en dessous de la moyenne et l’état de santé du bétail est dans l’ensemble médiocre. Au Kenya, les pluies saisonnières étaient 80 pour cent en dessous des niveaux de saison, justifiant une surveillance rapprochée des conditions de pâturage dans les parties orientales du pays.

Les prix des céréales de base sont également élevés en Ethiopie et au Soudan où les prix au détail du sorgho, du millet et du blé ont doublé depuis octobre dernier, sur la majorité des marchés locaux. La hausse des prix fait suite à la cessation des subventions gouvernementales pour le blé, une décision qui a affaibli la monnaie et entraîné une hausse de la demande pour les céréales de substitution.

Au Sud de Madagascar, des pluies saisonnières défavorables devraient avoir pour effet de réduire de nouveau les rendements en 2018. A cela s’ajoute des prix du riz historiquement élevés qui devraient eux aussi peser sur la sécurité alimentaire, en particulier dans les régions au Sud du pays.

Ailleurs, en Afrique australe, la production devrait chuter par rapport aux niveaux record enregistrés en 2017, ravivant les préoccupations au sujet de la sécurité alimentaire, comme cela a déjà été le cas lors de l’alerte spéciale lancée la semaine dernière par la FAO.

Les 37 pays ayant actuellement besoin d’une aide alimentaire externe sont l’Afghanistan, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, le Congo, la République populaire démocratique de Corée, la République démocratique du Congo, Djibouti, l’Erythrée, l’Ethiopie, la Guinée, Haïti, l’Irak,  le Kenya, le Lesotho, le Liberia, la Libye, Madagascar, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, la Birmanie, le Niger, le Nigéria, le Pakistan, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan du Sud , le Soudan, le Swaziland, la Syrie, l’Ouganda, le Yémen et le Zimbabwe.

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Face à une recrudescence de la faim due aux conflits et au changement climatique, le Fonds international de développement rural (FIDA) a annoncé mardi un objectif de mobilisation de contributions qui permettra de financer un programme de prêts et de dons d’un montant de 3,5 milliards de dollars pour faire reculer la pauvreté et la faim.

L’objectif, annoncé par les 176 Etats membres du FIDA lors de la dernière session de la consultation sur la reconstitution des ressources du Fonds, permettra à l’agence onusienne d’élargir son programme de prêts et dons de 10% et d’intensifier et d’améliorer ses opérations sur la période triennale 2019-2021.

Pendant ces trois ans, le FIDA estime que ses projets et programmes aideront 47 millions de petits exploitants agricoles à accroître leur production grâce à un meilleur accès aux technologies, aux services financiers et aux connaissances et qu’ils faciliteront l’intégration de 46 millions de ces agriculteurs dans les marchés. De plus, 24 millions de personnes seront plus résilientes face aux effets des changements climatiques et des phénomènes climatiques extrêmes, 12 millions auront une meilleure nutrition et 44 millions verront leur situation économique s’améliorer.

« Pour atteindre ces objectifs, le FIDA intensifiera ses activités concernant les changements climatiques, la nutrition et l’égalité hommes-femmes », a déclaré le Président du FIDA, Gilbert F. Houngbo. « En outre, nous ciblerons plus particulièrement l’emploi des jeunes afin de contribuer à relever l’un des défis les plus pressants auxquels le monde d’aujourd’hui soit confronté ».

La faim en hausse pour la première fois en dix ans

En septembre dernier, de nouveaux chiffres ont montré que la faim avait augmenté pour la première fois en 10 ans, touchant 815 millions de personnes en 2016, soit 38 millions de plus qu’en 2015 à cause du changement climatique et de situations de conflit qui se prolongent.

Les efforts du FIDA s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, en particulier les objectifs de développement durable 1 et 2 sur l’élimination de la pauvreté sous toutes ses formes et l’élimination de la faim.

Institution spécialisée des Nations Unies, le FIDA se consacre exclusivement à l’investissement dans les zones rurales et à l’exploitation du potentiel des petits agriculteurs et des autres populations rurales pour contribuer au développement durable.

Depuis sa création en 1977, le FIDA a reçu environ 8,5 milliards de dollars de contributions des États membres, qui ont financé des investissements de 19,7 milliards de dollars et mobilisé 27,1 milliards de dollars de partenaires nationaux et internationaux. De 2010 à 2015, on estime que les projets soutenus par le FIDA ont permis à 24 millions de personnes de sortir de la pauvreté.

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Dans un contexte de souffrance humaine intense, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) unissent leurs efforts pour atténuer certains des effets du conflit dans le Grand Kasaï, en République démocratique du Congo. Les deux agences des Nations Unies peuvent compter sur un financement de 10 millions de dollars du gouvernement belge pour améliorer l’accès à la nourriture de plus de 100 000 personnes. Quelque 18 000 ménages – déplacés, rapatriés ou familles d’accueil – en bénéficieront.

«Grâce à cette importante contribution, nous sommes en mesure de redoubler d’efforts et de travailler ensemble en étroite collaboration pour empêcher les populations, et notamment les enfants, de mourir de faim et de malnutrition», a déclaré M. Alexis Bonte, Représentant de la FAO par intérim.

« Ces interventions protégeront non seulement les personnes vulnérables, mais aideront aussi à relancer la production agricole et renforceront la cohésion sociale dans les communautés touchées par la crise », a souligné, de son côté, M. Claude Jibidar, Représentant du PAM en RDC.

Dans le cadre du projet, le PAM distribuera de la farine de maïs enrichie, des légumineuses, de l’huile végétale enrichie et du sel iodé, ainsi que de l’argent. Les enfants âgés de 6 à 59 mois, ainsi que les femmes enceintes et allaitantes, seront pris en charge pendant trois mois avec des suppléments nutritifs spéciaux. Pour sa part, la FAO fournira des kits pour cultiver des légumes – houe, râteau, pelle, arrosoir, semences de légumes et de fruits – qui permettront à chaque famille de manger à sa faim pendant deux mois et de vendre le surplus.

Le projet prévoit des formations en élevage de cochons d’Inde comme source de protéines et en traitement et commercialisation du bambou comme bois de chauffage, ustensiles de cuisine, paniers, canoës, matériel de pêche et clôtures. Les jardins potagers à proximité des centres de santé et des associations de femmes fourniront, quant à eux, des micronutriments, tels que le fer et le zinc, aux enfants souffrant de malnutrition et aux femmes enceintes et allaitantes.

L’initiative conjointe s’effectuera en partenariat avec le Ministère de l’agriculture de la RDC et des ONG locales. Mais, bien qu’elle arrive à point nommé, elle ne saurait répondre toute seule à l’immensité des besoins humanitaires.

Le conflit au Kasaï, anciennement une région productrice de maïs, a forcé un million de personnes à quitter leurs foyers et à abandonner leurs terres. Quelque 3,2 millions de personnes souffrent actuellement de faim aiguë et la malnutrition infantile est largement répandue.

La tragédie endurée par le peuple congolais exige une plus grande solidarité. La FAO et le PAM plaident en faveur d’un financement considérablement accru pour répondre aux besoins. Surtout, les deux agences appellent à une paix durable qui permette à tout un chacun de produire sa propre nourriture, de reconstruire ses moyens d’existence et d’espérer en un avenir meilleur et prospère.

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En 2016, la faim a touché 815 millions de personnes dans le monde, soit 11% de la population mondiale, après une régression constante durant plus d’une décennie, selon le dernier rapport annuel de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur la sécurité alimentaire mondiale et la nutrition publié lundi 18 août 2017.
Sur les 815 millions de personnes souffrant de la faim dans le monde, 489 millions vivent dans des pays touchés par des conflits et la prévalence de la faim dans les pays touchés par des conflits est supérieure de 1,4 à 4,4 points de pourcentage par rapport aux autres pays, précise la même source.
Et d’ajouter que sur un nombre total d’affamés dans le monde de 815 millions, 520 millions sont en Asie, 243 millions en Afrique, 42 millions en Amérique latine et Caraïbes.

L’augmentation de 38 millions de personnes de plus que l’année précédente est en grande partie due à la prolifération des conflits violents et aux chocs climatiques, lit-on dans l’édition 2017 de L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde.
Il s’agit également de multiples formes de malnutrition qui menacent la santé de millions de personnes dans le monde, précise un communiqué de la FAO.

Quelque 155 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance (petits pour leur âge), dont 122 millions qui vivent dans des pays touchés à des degrés divers par des conflits, révèle le rapport, précisant que 52 millions d’enfants souffrent d’insuffisance pondérale (poids trop faible pour leur taille) et 41 millions d’enfants sont maintenant en surpoids.
L’anémie chez les femmes et l’obésité chez les adultes sont également préoccupantes, ces tendances sont une conséquence non seulement des conflits et du changement climatique, mais aussi des changements profonds des habitudes alimentaires et des ralentissements économiques.

Ce rapport est la première évaluation mondiale des Nations Unies sur la sécurité alimentaire et la nutrition à paraître dans le prolongement du Programme de développement durable à l’horizon 2030 qui a fait de l’élimination de la faim et de toutes les formes de malnutrition la principale priorité politique internationale.
Il souligne que les conflits de plus en plus aggravés par le changement climatique constituent l’un des principaux moteurs de la résurgence de la faim et des différentes formes de malnutrition.
“Au cours de la dernière décennie, les conflits ont considérablement augmenté et sont devenus plus complexes et plus difficiles à résoudre”, soulignent dans l’avant-propos du rapport les chefs de l’a FAO, du Fonds international de développement agricole (FIDA), du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Ils indiquent que les proportions les plus élevées d’enfants en situation de précarité alimentaire et de malnutrition dans le monde sont maintenant concentrées dans les zones de conflit.
“Cela a déclenché des sirènes d’alarme qu’il n’est pas permis d’ignorer: nous n’éliminerons la faim et toutes les formes de malnutrition d’ici à 2030 que si nous nous attaquons à tous les facteurs qui compromettent la sécurité alimentaire et la nutrition. L’édification de sociétés pacifiques et inclusives est une condition nécessaire à cette fin”, soulignent-ils.

La famine a frappé certaines parties du Sud-Soudan pendant plusieurs mois début 2017 et le risque est grand de la voir frapper de nouveau là-bas ou dans d’autres zones de conflit, notamment le nord-est du Nigeria, la Somalie et le Yémen, déplorent-ils.
Mais même dans des régions plus pacifiques, les sécheresses ou les inondations provoquées en partie par le phénomène météorologique El Niño, ainsi que le ralentissement économique mondial, ont détérioré la sécurité alimentaire et la nutrition, notent les chefs des agences onusiennes.

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