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Le Yémen est actuellement confronté à la pire crise alimentaire dans le monde, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). « Avec près de 18 millions de personnes qui ne savent pas comment obtenir leur prochain repas, alors que plus de 8 millions d’entre elles sont au bord de la famine », a ainsi déclaré le porte-parole du PAM lors d’un point de presse ce mardi à Genève.

Si la situation persiste, l’Agence onusienne s’attend à voir 3,5 millions de Yéménites supplémentaires en situation de grave insécurité alimentaire. Au total, il y aurait près de 12 millions de personnes en danger et qui pourraient être touchées par cette menace de famine, soit deux personnes sur cinq, en raison de l’escalade de la guerre et de l’aggravation de la crise économique.

« Ces Yéménites ont besoin d’une aide alimentaire régulière et urgente pour les empêcher de sombrer dans des conditions analogues à la famine », a mis en garde Hervé Verhoosel.

La situation est beaucoup plus préoccupante à Hodeïda en raison de l’intensification du conflit ces dernières semaines. Le PAM craint que des millions de personnes supplémentaires qui luttent actuellement pour joindre les deux bouts ne succombent de plus en plus souvent à la faim et à la maladie dans cette région. « Depuis juin, quelque 570.000 personnes ont dû fuir leurs combats à Hodeïda », a-t-il ajouté.

La situation est beaucoup plus préoccupante à Hodeïda, Hervé Verhoosel

Entre 2017 et 2018, le nombre de personnes très affamées dans le pays a augmenté de 25% et le PAM a donc été obligé d’accroître son aide alimentaire.

« Le peuple yéménite ne peut résister à aucun choc supplémentaire. Sans solution pacifique au conflit au Yémen, le PAM craint que le niveau de la faim dans le pays ne continue à augmenter », avertit Hervé Verhoosel.
Plus de 8 millions de personnes en « phase d’urgence »

Toutefois l’Agence onusienne précise qu’il n’existe actuellement aucune preuve statistique indiquant une famine au Yémen. Reste que selon le Cadre intégré de classification de la phase humanitaire et de la sécurité alimentaire, 8,4 millions de personnes se trouvent en « phase d’urgence ». Ce qui signifie que « la situation est si critique » et ces Yéménites pourraient tomber dans la famine s’ils ne continuaient pas à recevoir une aide alimentaire et nutritionnelle suffisante et durable.

Selon le PAM, de nombreux facteurs contribuent à ces niveaux élevés de faim et de malnutrition au Yémen.

« Même avant le début du conflit en mars 2015, le Yémen était l’un des pays du monde les plus touchés par l’insécurité alimentaire et le plus pauvre du Moyen-Orient », fait remarquer le porte-parole du PAM.

Face à cette situation humanitaire inquiétante, le PAM, de concert avec d’autres agences des Nations Unies, fait tout ce qui est en son pouvoir pour éviter la famine au Yémen et faire en sorte que les plus affamés reçoivent une aide alimentaire soutenue et vitale.De plus, le riyal yéménite a subi une dépréciation « alarmante » (180%) en trois ans. Le coût des produits alimentaires de base a augmenté de 35% au cours des 12 derniers mois, empêchant de nombreuses familles de se nourrir.

Dans ce dispositif, il s’agit de l’aide alimentaire et nutritionnelle d’urgence fournie à environ 8 millions de personnes parmi les plus affamées. De plus, l’agence onusienne basée à Rome adapte constamment ses opérations pour répondre « aux besoins changeants de la faim dans le pays ».
Des stocks alimentaires disponibles pour nourrir plus de 6 millions de personnes pendant deux mois et demi

« Par exemple, nous avons fourni des rations alimentaires immédiates en quantité suffisante pendant cinq jours à toutes les personnes fuyant le conflit dans le gouvernorat de Hodeïda », a souligné Herve Verhoosel. En septembre dernier aussi, le PAM a procédé à des opérations de distribution alimentaire d’urgence ponctuelle aux 225.000 habitants restants de la ville de Hodeïda.

Par ailleurs, le PAM rappelle que tous les ports et aéroports fonctionnent. L’Agence onusienne fait en sorte que l’assistance alimentaire d’urgence soit bien prépositionnée et que les stocks soient réacheminés au cas où les ports et routes seraient coupés.

Le PAM rappelle que tous les ports et aéroports fonctionnent

En attendant, le PAM dispose actuellement de suffisamment de céréales dans le pays pour venir en aide à 6,4 millions de personnes parmi les plus affamées du pays pendant deux mois et demi.

« Nous avons plusieurs navires d’expédition de vivres en route vers le Yémen à destination de divers ports du pays et avons commencé à utiliser le port de Salaalah, à proximité d’Oman, comme voie supplémentaire », a déclaré Hervé Verhoosel.

Toutefois, en raison de la situation sécuritaire extrêmement volatile à Hodeïda, le PAM n’a pas accès à ses 51.000 tonnes de blé stockées dans une usine sur la Mer Rouge. Ces vivres suffisraient à nourrir pendant un mois près de 3,7 millions des personnes au nord et au centre du Yémen.

« Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour garantir l’accès à ces stocks de blé », a conclu le porte-parole du Programme alimentaire mondial de l’ONU.

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Yémen : La famine pourrait s'ajouter aux autres malheurs, alerte le PAM

Alors que le conflit continue de faire rage au Yémen, entraînant une inflation galopante et une flambée des prix alimentaires, le Programme alimentaire mondial (PAM) a tiré la sonnette d’alarme mercredi quant au sort des 18 millions de Yéménites qui ne savent pas d’où viendra leur prochain repas.

« Seule une cessation immédiate des hostilités donnera à la communauté humanitaire l’accès durable dont elle a besoin pour fournir la nourriture et toute autre assistance vitale nécessaire pour sauver des vies au Yémen », a affirmé dans une déclaration mercredi le Directeur exécutif du PAM, David Beasley.

« Ma principale préoccupation concerne les enfants, les femmes et les hommes innocents du Yémen et j’exhorte toutes les parties à mettre fin aux combats et à soutenir les efforts visant à instaurer la paix », a précisé le chef du PAM.

Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le Yémen est confronté à l’une des crises humanitaires les plus profondes, avec 22,2 millions de personnes qui ont besoin d’une assistance vitale, y compris de la nourriture, de l’eau salubre, d’un soutien nutritionnel et de soins médicaux de base.

L’économie du pays s’est effondrée depuis que le conflit entre les forces gouvernementales et leurs alliés, pour étouffer les rebelles houthis, s’est intensifié en 2015.

Une inflation galopante

Le riyal yéménite a subi une dépréciation de 180% en trois ans.

Le coût des produits alimentaires de base a augmenté de 35% au cours des 12 derniers mois, empêchant de nombreuses familles de se nourrir, alors que le Yémen est déjà confronté à la plus grande crise de la faim dans le monde avec près des deux tiers de la population, qui ne sait pas de quoi sera fait son prochain repas.

Chaque mois, entre 6 et 7 millions de personnes ont reçu une aide alimentaire du PAM au cours de l’année passée, ce qui, selon David Beasley a empêché le pays de sombrer dans une famine généralisée.

Le Directeur exécutif du PAM a toutefois averti qu’avec les obstacles et risques croissants « nous atteignons maintenant la limite ».

Bien que l’agence ait l’intention d’augmenter ses capacités pour atteindre 8 millions de personnes par mois, le chef du PAM craint que « si le conflit continue à s’intensifier et que la situation économique se détériore » le nombre de Yéménites en insécurité alimentaire sévère n’atteigne les 12 millions.

« Avec un accès limité, une insécurité croissante et de nouveaux dommages aux infrastructures du pays », il serait « extrêmement difficile » pour le PAM de venir en aide à ce nombre de personnes, a souligné M. Beasley.

Arrêter de prendre pour cible des humanitaires

Le Directeur exécutif du PAM a fait état d’une série d’attaques, « involontaires ou non », sur les travailleurs, camions, entrepôts et silos du PAM qui contiennent des céréales. Il a rappelé que ces installations sont « neutres » et a affirmé que viser des travailleurs humanitaires ou des ressources et infrastructures humanitaires « ne devrait pas avoir sa place au Yémen ou ailleurs dans le monde ».

  1. Beasley a également souligné le fait qu’avec les multiples urgences humanitaires majeures à travers le monde, le choc financier de la crise au Yémen devient « un défi majeur pour la communauté internationale  ».

Il a appelé à de nouveaux points d’entrée pour les importations alimentaires humanitaires et commerciales dans le pays. « Le temps est compté pour les agences humanitaires au Yémen afin d’empêcher ce pays de sombrer dans une famine dévastatrice », a averti David Beasley.

« J’exhorte toutes les parties au conflit à s’acquitter de leurs obligations de protéger les civils et les infrastructures civiles et à prendre des mesures actives pour respecter le droit international humanitaire en mettant fin au conflit et en apportant la paix dont le Yémen a désespérément besoin », a conclu le chef du PAM.

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La Banque africaine de développement (BAD) et la FAO ont convenu lundi 27 août 2018 d’intensifier leurs efforts visant à catalyser les investissements dans le secteur agricole en Afrique en vue de mettre un terme à la faim et à la malnutrition et de stimuler la prospérité du continent. Dans le cadre de l’accord, la BAD et la FAO se sont engagés à mobiliser plus de 100 millions de dollars sur cinq ans afin de soutenir les activités de partenariat conjointes.

La nouvelle alliance stratégique aura pour objectif d’améliorer la qualité et l’impact des investissements dans la sécurité alimentaire, la nutrition, la protection sociale, l’agriculture, la foresterie, les pêches et le développement rural.

Depuis le siège de l’agence à Rome, M. Akinwumi Adesina, le Président de la BAD et M. José Graziano da Silva, le Directeur général de la FAO ont signé un accord qui s’appuie sur la longue collaboration qui existe déjà entre les deux organisations.

« La FAO et la BAD intensifient et approfondissent leur partenariat afin d’aider les pays africains à réaliser leurs objectifs de développement durable. Tirer profit des investissements effectués dans l’agriculture, et notamment de ceux émanant du secteur privé, est essentiel afin de sortir des millions de personnes de la pauvreté en Afrique et de s’assurer qu’une quantité suffisante de nourriture est produite et qu’il existe assez d’emplois pour faire face à la hausse de la population, » a déclaré M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

« La signature de cet accord complémentaire est une étape importante dans la relation entre la Banque africaine de développement et la FAO. Elle marque notre engagement commun a accélérer la mise en œuvre de programmes de grande qualité et à améliorer les investissements issus des partenariats publics et prives dans le secteur agricole en Afrique. Cela nous aidera à faire de l’agriculture une source d’affaires, un concept par ailleurs développée dans la stratégie “Feed Africa” de la Banque, » a déclaré Akinwumi Adesina, le Président de la BAD.

Lancée en 2015, la stratégie “Feed Africa” de la Banque a pour objectif d’investir 24 milliards de dollars dans l’agriculture africaine sur une période de dix ans. Le but est d’améliorer les politiques agricoles, les marchés, les infrastructures et les institutions afin de s’assurer le bon développement des chaînes de valeur agricole et que de meilleures technologies soient disponibles pour pouvoir atteindre plusieurs milliers d’agriculteurs.

Un programme d’actions

Le renforcement du partenariat entre la BAD et la FAO prévoit un programme d’actions devant déboucher sur une série de résultats, dont : de meilleures activités de financement en ce qui concerne la BAD ; des investissements plus importants entre le secteur public et privé ; un meilleur climat d’investissement, un meilleur taux de rendement et une meilleure mobilisation des ressources.

La collaboration devra également inclure une aide technique dont l’objectif sera d’aider les Etats membres à concevoir et à mettre en œuvre des opérations de financement qui seront financées par la BAD.

Cette assistance technique couvrira des domaines variés tels que l’intensification et la diversification de l’agriculture durable, la promotion des innovations tout au long de la chaîne de valeur, la présence de davantage de jeunes au sein des agro-entreprises, les statistiques agricoles, l’agriculture intelligente face au climat, la Croissance bleue, la sécurité alimentaire, la nutrition, le système agroalimentaire, la sécurité alimentaire et les normes, l’autonomisation économique des femmes, la promotion d’investissements responsables de la part du secteur privé, la résilience, la gestion des risques et le renforcement des capacités pour les pays en transition.

Le programme collaboratif verra le jour grâce à une contribution financière de 10 millions de dollars de la part des deux institutions.

Les activités conjointes de sensibilisation et de conseils politiques mettront notamment l’accent sur la promotion des Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts et sur les Principes du CSA pour un investissement responsable dans l’agriculture et les systèmes alimentaires, tous deux approuvés par le Comité de la sécurité alimentaire mondiale.

La collaboration entre la BAD et la FAO a débuté en 1968. Depuis lors, la FAO a apporté une aide technique précieuse qui a notamment permis de concevoir 161 projets financés par la BAD, estimés à plus de 3,7 milliards de dollars et représentant environ 21 pour cent du soutien de la BAD au secteur agricole.

La FAO et les derniers travaux de la BAD ont porté sur l’élaboration d’un projet en Tanzanie et en Guinée équatoriale. Il a également été question d’apporter une aide technique afin de mettre en œuvre un programme de Croissance bleue en Côte d’Ivoire, au Maroc et au Cabo Verde et plusieurs études de faisabilité pour des centres de transformation agricole en Zambie, en Tanzanie et en Côte d’Ivoire sans oublier leur participation à l’initiative des dirigeants africains pour la nutrition.

La BAD et la FAO contribuent également à une série de dialogues continentaux portant notamment sur la réduction des pertes agricoles post-récolte, la Grande muraille verte du Sahel et l’Initiative Sahara.

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Les pays de la région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) font face à de nombreux défis communs pour améliorer la sécurité alimentaire, la nutrition et le développement agricole inclusif. Les conflits récents et l’instabilité civile dans certains pays de la région, ainsi que la croissance démographique rapide, l’urbanisation croissante, la faible croissance de la production alimentaire, la rareté et la fragilité des ressources naturelles, et la menace du changement climatique aggravent la situation. Ceci dit, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a tiré la sonnette d’alarme hier.

« Consolider la résilience et maintenir la paix sont essentiels pour atteindre la «Faim zéro», et améliorer le bien-être des populations dans la MENA. Sans cela, la région ne peut pas mettre un terme à la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir une agriculture durable, facteurs essentiels pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD), d’ici 2030. Tout besoin humain tombe devant la faim », souligne Abdessalam Ould Ahmed, Sous-Directeur général de la FAO et Représentant régional de la MENA.

Le responsable onusien s’est exprimé, aujourd’hui, lors de la 34ème session de la Conférence régionale pour le Proche-Orient (#NERC34), où environ 150 participants, dont des ministres et des délégations de tous les pays de la région, ainsi que des représentants d’organisations de la société civile et du secteur privé. L’objectif: élaborer une feuille de route pour les futurs travaux sur les défis communs en matière de sécurité alimentaire.

Initiatives régionales de la MENA
« La FAO est restée dans des pays déchirés par des conflits, tenant ainsi ses promesses. Nos équipes ont travaillé, sans relâche, pour faire avancer le programme de résilience, en soutenant, non seulement les opérations d’urgence, mais également les moyens de subsistance durables, le renforcement des capacités et la gestion durable des ressources naturelles », a ajouté Ould Ahmed, lors de son discours d’ouverture.

Le travail de la FAO, dans les pays en conflit et hors conflit, s’inscrit dans le cadre des trois initiatives régionales: la pénurie d’eau, l’agriculture familiale à petite échelle, et le renforcement de la résilience pour la sécurité alimentaire et la nutrition.

Depuis leur lancement, les initiatives régionales ont guidé le travail de l’organisation dans la région MENA, et ont fourni une référence pour les cadres de programmation par pays. Le soutien aux Etats membres a pris de nombreuses formes, à savoir: le plaidoyer, le développement de politiques et la création de capacités, l’échange de connaissances et d’expériences, et le soutien aux projets et programmes spécifiques aux pays.

Agroécologie, transformation de l’agriculture et Santé Unique
Le programme de la conférence aborde, également, la transformation agricole dans la région, et le défi de l’emploi des jeunes et de la migration, l’adaptation au changement climatique dans les zones semi-arides grâce à l’agroécologie, le défi des tempêtes de sable et de poussière dans la MENA, ainsi que la coopération régionale pour lutter contre les ravageurs et les maladies des plantes transfrontières, des animaux et des poissons, grâce à l’approche Santé Unique.

“Ce sont des questions qui figurent en tête du programme mondial de la FAO, mais qui présentent, également, un intérêt particulier pour la région et chacun de nos pays membres”, a signalé le Sous-Directeur général.

Partenariats

“L’immensité des défis auxquels la région est confrontée nécessite des partenariats audacieux et multidimensionnels. Dans ce contexte, le bureau régional de la FAO élargit et renforce ses partenariats avec les institutions régionales et internationales “, a déclaré Ould Ahmed.

Actuellement, la FAO travaille, en étroite collaboration, avec, entre autres, la Ligue des États arabes, l’Organisation Arabe pour le Développement Agricole (OADA), le Conseil Economique et Social des Nations Unies (ECOSOC), le Programme Alimentaire Mondial (PAM), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Centre International pour la Recherche Agricole dans les Zones Arides (ICARDA), le  Centre International des Hautes Études Agronomiques Méditerranéennes (CIHEAM), le Centre International pour l’Agriculture Biosaline (ICBA) et le Prix Khalifa pour l’Education. Le but de cette collaboration est de faire avancer les Objectifs de Développement Durable (ODD) dans la région.

ODD 2: «Faim zéro»

Le NERC 34 s’inscrit dans le cadre de la réalisation des ODD, en particulier le ODD 2 «Faim zéro». Le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, et l’Ambassadrice de bonne volonté de la FAO pour la MENA, Darine El-Khatib, participeront à une table ronde ministérielle sur la «Faim zéro», le jeudi 10 mai. Ils examineront, avec les participants, les défis à relever pour atteindre la «Faim zéro» dans les zones de conflit, et élaborer des recommandations pour renforcer l’action collective.

La célébration de 40 ans de représentation nationale dans la MENA

En marge de la NERC 34, la FAO célèbrera le 40e anniversaire de neuf représentations dans des pays de la région, à travers une exposition de photos, mettant en lumière les étapes importantes et les réussites entre les pays membres et l’Organisation.

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Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée au lien entre les conflits et la faim ce vendredi à New York, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Mark Lowcock, a jugé possible d’éradiquer la faim dans le monde d’ici les prochaines années.

M. Lowcock, qui s’exprimait par vidéoconférence depuis Genève, a rappelé que les famines sont devenues moins fréquentes et moins mortelles ces dernières décennies grâce à l’amélioration des techniques agricoles et une multiplication par quatre, ces 50 dernières années, de la production de grains.

Cette tendance va probablement se poursuivre grâce à l’ingéniosité humaine et aux avancées de la science, a-t-il dit, lors de cette réunion présidée par la Ministre néerlandaise des affaires étrangères, Sigrid Kaag, dont le pays, les Pays-Bas, occupe la Présidence tournante du Conseil de sécurité en mars.

M. Lowcock a également mentionné la réduction globale de la pauvreté et il s’est en particulier félicité des filets de sécurité mis en place dans certains des pays les plus pauvres au cours des vingt dernières années pour parer aux mauvaises récoltes.

Les risques de famine est désormais circonscrit à un relativement petit nombre de pays affectés par un conflit intense, prolongé et à grande échelle, a-t-il poursuivi. « Près de deux tiers des personnes qui ont faim dans le monde vivent dans des pays en proie à un conflit ».

Les conflits principal moteur de l’insécurité alimentaire mondiale

Le Secrétaire général adjoint a précisé que près de 490 millions de personnes mal nourries et près de 80% des 155 millions d’enfants en insécurité alimentaire dans le monde résident dans ces pays. Les conflits, souvent conjugués avec des chocs climatiques extrêmes et des prix élevés des produits de base, sont le moteur principal de l’insécurité alimentaire mondiale, a-t-il déclaré.

« Dans les quatre pays à risque en 2017 – le Yémen, le Soudan du Sud, la Somalie et le nord-est du Nigéria, la famine n’a pu être évitée que grâce à des efforts internationaux concertés », a ajouté M. Lowcock. Il a plaidé pour l’intensification des efforts dans ces pays grâce notamment à un appui financier et à une réponse humanitaire encore plus efficace, couvrant les domaines de la santé, de la nutrition et de l’éducation.

De son côté, le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley, qui s’exprimait par vidéoconférence depuis Rome au nom également de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Fonds international de développement agricole (FIDA), a aussi estimé qu’il n’y avait aucune raison de souffrir aujourd’hui de la faim dans le monde.

Mais, selon M. Beasley, il ne sera pas possible de mettre fin à la faim dans le monde d’ici à 2030 si les conflits armés se poursuivent.

Sur la base de l’expérience syrienne, à chaque fois qu’une personne souffre de la faim, deux migrent, a poursuivi le chef du PAM, qui a aussi expliqué que nourrir les personnes déplacées entrainaient des difficultés et des frais supplémentaires pour les acteurs humanitaires.

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Selon un rapport de la FAO, des niveaux élevés d’insécurité alimentaire persistent à travers le monde, et ce, en grande partie en raison des conflits et des conditions climatiques défavorables qui ont des conséquences néfastes sur certains pays, notamment en Afrique de l’Est et au Proche-Orient où de nombreuses personnes ont encore un besoin incessant d’aide humanitaire.

Selon le dernier rapport de la FAO sur les Perspectives de récoltes et la situation alimentaire publié aujourd’hui, près de 37 pays ont toujours besoin d’une aide alimentaire externe, la situation demeure donc inchangée depuis trois mois.

Les guerres civiles et l’insécurité sont les principales raisons expliquant les taux élevés de faim dans 16 de ces pays, allant du Burundi au Yémen. Toujours d’après le rapport, les conflits déplacent des millions de personnes, entravant les activités agricoles et, dans certains cas, faisant augmenter les prix des denrées alimentaires de base. En République démocratique du Congo, l’inflation a plus que doublé en 2017, avec une hausse de 42 pour cent du taux annuel. Les violences ont perturbé les routes commerciales traditionnelles dans la région du Sahel, faisant augmenter les prix, tandis que des pénuries alimentaires ont été signalées au Sud et à l’Est de la Libye.

Pendant ce temps, des pluies insuffisantes et irrégulières menacent la sécurité alimentaire en Afrique australe et en Afrique de l’Est, où de nombreux ménages ruraux ont connu quatre saisons agricoles d’affilée amoindries par la sécheresse.

La sécheresse a des répercussions en Afrique de l’Est

En 2017, la production totale de céréales a rebondi en Afrique. Cela s’explique par de bons résultats en Afrique australe, après un succès mitigé des récoltes en 2016.

La production céréalière en Afrique de l’Est a pourtant chuté de 7,2 pour cent, provoquant ainsi un stress supplémentaire pour plusieurs pays. Selon le rapport, les récoltes qui viennent de s’achever et qui comptent pour les cultures céréalières de la seconde saison devraient être en dessous de la moyenne dans le Sud-Est du Kenya, dans le Nord-Est de la Tanzanie et au Sud de la Somalie.

L’ensemble de la production céréalière de la saison des pluies appelée “deyr” en Somalie devrait être 20 pour cent en dessous de la moyenne, car les pluies saisonnières ont débuté plus tard que prévu et se sont achevées plus tôt. Des conditions similaires au niveau des précipitations et des rendements ont été observées dans le Nord-Est de la Tanzanie. La production céréalière sud-soudanaise, faisant suite aux plantations de 2017, devrait atteindre son plus bas niveau depuis le début du conflit fin 2013.

Les conditions de sécheresse dans plusieurs parties de l’Ethiopie et de la Somalie étaient moins intenses, mais pas assez pour complètement compenser de nombreuses carences au niveau de l’humidité des sols. La disponibilité des pâturages est toujours en dessous de la moyenne et l’état de santé du bétail est dans l’ensemble médiocre. Au Kenya, les pluies saisonnières étaient 80 pour cent en dessous des niveaux de saison, justifiant une surveillance rapprochée des conditions de pâturage dans les parties orientales du pays.

Les prix des céréales de base sont également élevés en Ethiopie et au Soudan où les prix au détail du sorgho, du millet et du blé ont doublé depuis octobre dernier, sur la majorité des marchés locaux. La hausse des prix fait suite à la cessation des subventions gouvernementales pour le blé, une décision qui a affaibli la monnaie et entraîné une hausse de la demande pour les céréales de substitution.

Au Sud de Madagascar, des pluies saisonnières défavorables devraient avoir pour effet de réduire de nouveau les rendements en 2018. A cela s’ajoute des prix du riz historiquement élevés qui devraient eux aussi peser sur la sécurité alimentaire, en particulier dans les régions au Sud du pays.

Ailleurs, en Afrique australe, la production devrait chuter par rapport aux niveaux record enregistrés en 2017, ravivant les préoccupations au sujet de la sécurité alimentaire, comme cela a déjà été le cas lors de l’alerte spéciale lancée la semaine dernière par la FAO.

Les 37 pays ayant actuellement besoin d’une aide alimentaire externe sont l’Afghanistan, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, le Congo, la République populaire démocratique de Corée, la République démocratique du Congo, Djibouti, l’Erythrée, l’Ethiopie, la Guinée, Haïti, l’Irak,  le Kenya, le Lesotho, le Liberia, la Libye, Madagascar, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, la Birmanie, le Niger, le Nigéria, le Pakistan, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan du Sud , le Soudan, le Swaziland, la Syrie, l’Ouganda, le Yémen et le Zimbabwe.

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Trois agences humanitaires des Nations Unies ont tiré mercredi la sonnette d’alarme concernant la situation alimentaire dans la région du Kasaï, en République Démocratique du Congo (RDC), où la famine menace des millions de personnes.

« Les agriculteurs, qui ont fui en raison des affrontements, ont raté trois saisons consécutives de semis. Du coup, les vivres manquent cruellement. L’aide alimentaire ne parvient pas à combler le vide. Seulement 400.000 des 3,2 millions de personnes souffrant d’insécurité alimentaire grave au Kasaï ont reçu une aide en décembre », ont déclaré l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM).

Environ 630.000 personnes déplacées ont regagné leurs villages incendiés après s’être cachées dans la forêt et elles ont besoin d’assistance pour reprendre la production alimentaire. Plus de 90% des communautés rurales dépendent en effet entièrement de l’agriculture.

« L’agriculture est le seul moyen de redevenir productif. Non seulement elle génère de la nourriture et des revenus pour les familles, mais elle restaure également l’espoir, la dignité et l’autosuffisance », a déclaré Alexis Bonte, Représentant par intérim de la FAO en RDC.

L’état nutritionnel des enfants est particulièrement critique. « Au moins 400.000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë sévère », a souligné Tajudeen Oyewale, Représentant par intérim de l’UNICEF en RDC. « Ils risquent de mourir, à moins de recevoir de toute urgence une aide en matière de santé, d’eau, d’assainissement et de nutrition. La sécurité alimentaire à plus long terme doit être rétablie et les pratiques d’alimentation et de soins améliorées afin que les enfants puissent avoir accès à la nourriture de qualité dont ils ont besoin ».

L’ONU et ses partenaires mènent une course contre la montre pour nourrir la population du Kasaï, combattre la malnutrition parmi ses enfants et renforcer la résilience, mais elles doivent faire face à des infrastructures limitées, à une sécurité médiocre et des moyens financiers insuffisants.

« On sent que les donateurs commencent à contribuer, mais les ressources sont très insuffisantes au vu de l’ampleur de la souffrance humaine », a déclaré Claude Jibidar, Représentant du PAM en RDC. « Le gouvernement congolais et la communauté internationale doivent se réengager sur tous les fronts pour prévenir une famine majeure au Kasaï. Ne pas le faire, immédiatement et collectivement, signifie que beaucoup de gens vont mourir ».

La situation humanitaire en RDC à un point de rupture

Au-delà du Kasaï, la situation humanitaire dans l’ensemble de la RDC s’est détériorée de manière significative au cours de l’année passée. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) rappelle que 4,3 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, dont 1,7 million qui ont dû fuir rien qu’en 2017.

Ce récent pic de déplacement a fait de la RDC le pays avec le plus grand nombre de personnes déplacées internes en Afrique. Au total, 13,1 millions de personnes auront besoin d’une aide humanitaire dans tout le pays en 2018.

« La situation humanitaire en RDC est à un point de rupture, tout comme notre capacité à répondre à un financement extrêmement limité », a déclaré Jean-Philippe Chauzy, le chef de mission de l’OIM en RDC.

L’OIM a lancé un appel de fonds de 75 millions de dollars pour répondre de toute urgence aux besoins croissants des Congolais déplacés et des communautés qui les accueillent dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, du Tanganyika et la région du Kasaï.

« Les niveaux de financement sont à leur plus bas niveau depuis de nombreuses années (…), alors que nous faisons face à des besoins humanitaires considérablement accrus. C’est une tendance inquiétante qui, nous l’espérons, ne se poursuivra pas en 2018 », a déclaré M. Chauzy.

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En 2016, la faim a touché 815 millions de personnes dans le monde, soit 11% de la population mondiale, après une régression constante durant plus d’une décennie, selon le dernier rapport annuel de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur la sécurité alimentaire mondiale et la nutrition publié lundi 18 août 2017.
Sur les 815 millions de personnes souffrant de la faim dans le monde, 489 millions vivent dans des pays touchés par des conflits et la prévalence de la faim dans les pays touchés par des conflits est supérieure de 1,4 à 4,4 points de pourcentage par rapport aux autres pays, précise la même source.
Et d’ajouter que sur un nombre total d’affamés dans le monde de 815 millions, 520 millions sont en Asie, 243 millions en Afrique, 42 millions en Amérique latine et Caraïbes.

L’augmentation de 38 millions de personnes de plus que l’année précédente est en grande partie due à la prolifération des conflits violents et aux chocs climatiques, lit-on dans l’édition 2017 de L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde.
Il s’agit également de multiples formes de malnutrition qui menacent la santé de millions de personnes dans le monde, précise un communiqué de la FAO.

Quelque 155 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance (petits pour leur âge), dont 122 millions qui vivent dans des pays touchés à des degrés divers par des conflits, révèle le rapport, précisant que 52 millions d’enfants souffrent d’insuffisance pondérale (poids trop faible pour leur taille) et 41 millions d’enfants sont maintenant en surpoids.
L’anémie chez les femmes et l’obésité chez les adultes sont également préoccupantes, ces tendances sont une conséquence non seulement des conflits et du changement climatique, mais aussi des changements profonds des habitudes alimentaires et des ralentissements économiques.

Ce rapport est la première évaluation mondiale des Nations Unies sur la sécurité alimentaire et la nutrition à paraître dans le prolongement du Programme de développement durable à l’horizon 2030 qui a fait de l’élimination de la faim et de toutes les formes de malnutrition la principale priorité politique internationale.
Il souligne que les conflits de plus en plus aggravés par le changement climatique constituent l’un des principaux moteurs de la résurgence de la faim et des différentes formes de malnutrition.
“Au cours de la dernière décennie, les conflits ont considérablement augmenté et sont devenus plus complexes et plus difficiles à résoudre”, soulignent dans l’avant-propos du rapport les chefs de l’a FAO, du Fonds international de développement agricole (FIDA), du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Ils indiquent que les proportions les plus élevées d’enfants en situation de précarité alimentaire et de malnutrition dans le monde sont maintenant concentrées dans les zones de conflit.
“Cela a déclenché des sirènes d’alarme qu’il n’est pas permis d’ignorer: nous n’éliminerons la faim et toutes les formes de malnutrition d’ici à 2030 que si nous nous attaquons à tous les facteurs qui compromettent la sécurité alimentaire et la nutrition. L’édification de sociétés pacifiques et inclusives est une condition nécessaire à cette fin”, soulignent-ils.

La famine a frappé certaines parties du Sud-Soudan pendant plusieurs mois début 2017 et le risque est grand de la voir frapper de nouveau là-bas ou dans d’autres zones de conflit, notamment le nord-est du Nigeria, la Somalie et le Yémen, déplorent-ils.
Mais même dans des régions plus pacifiques, les sécheresses ou les inondations provoquées en partie par le phénomène météorologique El Niño, ainsi que le ralentissement économique mondial, ont détérioré la sécurité alimentaire et la nutrition, notent les chefs des agences onusiennes.

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Les agences humanitaires ont lancé un appel aux dons afin de fournir, d’ici juillet, de quoi se nourrir à près de 3 millions d’habitants de la région du Lac Tchad menacés par la sécheresse, la pauvreté et les attaques du groupe Boko Haram.

Selon les données annoncées par l’AFP, ce “conflit oublié” était au centre d’une conférence des donateurs à Oslo.

Les Nations unies réclamaient une aide de 1,4 milliard d’euros pour cette seule année 2017. Seuls 457 millions ont été promis.

Sur place, la situation est pourtant catastrophique. À Kolofata, dans le nord du Cameroun, les abris de fortune construits dans l’urgence à l’aide de tiges de mil et de paille s’étalent à perte de vue.

Toujours selon l’AFP, il y a là des milliers de réfugiés mais les agences humanitaires comme la Croix-Rouge peinent à organiser des distributions de nourriture suffisantes pour l’ensemble des déplacés.

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L’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) a annoncé que six millions de Somaliens sont en situation d’insécurité alimentaire, dont la moitié souffrent déjà de graves problèmes de nutrition.

La FAO estime qu’il faut agir sans plus tarder si l’on veut éviter la répétition de la famine qui a tué 250 000 Somaliens il y a cinq ans.

En 2016, la sécheresse a frappé une grande partie de l’Afrique de l’Est et en particulier la Somalie. Les récoltes sont mauvaises, en baisse de 75% pour le maïs et le sorgho, les agriculteurs n’ont pas suffisamment de semences pour 2017, a précisé la même source.

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