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Niger

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Au sud-est du Niger, l’épidémie d’hépatite E déclarée depuis deux mois affecte particulièrement les femmes enceintes. Parmi les 186 femmes hospitalisées au centre de santé mère-enfant de Diffa[1], 34 sont décédées des complications sévères liées à la maladie. Sur les 876 cas d’hépatite E recensés au 11 juin dernier, la majorité est issue des populations déplacées et réfugiées, au nombre de 247.900 selon les autorités. Comme la maladie se propage principalement par le biais de l’eau contaminée, l’épidémie en cours souligne les mauvaises conditions d’eau et assainissement ainsi que le manque d’infrastructures d’hygiène adéquates parmi ces populations, déjà frappées par la violence due au conflit en cours entre Boko Haram et les armées de la région.

Instabilité et manque d’infrastructures

A Diffa, où l’accès aux soins de santé a notamment été entravé par l’insécurité, le manque d’infrastructures en eau, hygiène et assainissement adéquates pèse encore d’avantage sur la situation sanitaire. Plusieurs sites au sein des camps et des communautés ne sont pas approvisionnés en eau potable de manière suffisante, laissant une partie des besoins des populations les plus vulnérables sans réponse. A cela s’ajoute un manque de latrines, en nombre et en qualité.

De l’expérience d’autres épidémies d’hépatite E en Afrique, l’épidémie en Diffa pourrait durer encore plusieurs de mois. Le nombre de cas suspects pourrait encore croitre prochainement, entre autres avec l’arrivée de la saison des pluies qui s’étale habituellement de juin à septembre. « Au vu du manque d’eau dont souffrent les populations les plus vulnérables, le risque est de voir s’installer des alternatives favorisant la propagation de l’épidémie, comme l’approvisionnement aux ruisseaux et autres points d’eau naturels formés par les pluies. Des points de collecte considérés comme potentiels vecteurs de la maladie », explique Audace Ntezukobagira, coordinateur d’urgence pour MSF à Diffa. « A prendre en compte également que ces populations ne disposent pas des ressources matérielles ou financières pour se fournir en bois ou en gaz, permettant de faire bouillir l’eau afin de la rendre propre à la consommation ».

Eau, hygiène et assainissement

En réponse à l’épidémie, l’une des priorités est le renforcement des activités en eau et assainissement. Cependant, la réponse en cours n’est pas encore à la hauteur des besoins en raison de l’insuffisance  de ressources et de coordination entre les acteurs humanitaires.

Sur certains sites, force est par exemple de constater que les bidons impropres au transport de l’eau ne sont pas systématiquement collectés au moment d’être remplacés. « Cela pose un problème évident en termes de risques de propagation de la maladie, en plus de générer une certaine confusion puisque des nouveaux bidons pourraient être distribués plusieurs fois au même endroit », explique Sabiou Mansour, responsable logistique pour l’équipe d’urgence de MSF à Diffa « C’est à déplorer, tant au vu des efforts déjà fournis sur la région que de l’ampleur des besoins ».

Depuis le mois d’avril MSF a renforcé ses moyens afin de déployer en urgence des mesures d’assainissement et d’hygiène sur onze sites. Les équipes présentes sur plus de 130 points d’eau fonctionnels  ont assuré la chloration de plus de 6300 m³ d’eau, le lavage de 127,300 bidons, le remplacement de près de 3400 anciens par des nouveaux, ainsi que la distribution de kits d’hygiène communautaires, incluant notamment plus de 36,800 savons.

Pour Sani Toubomrabo, chef de communauté nigérian installé à Garin Wazam, « L’eau chlorée que nous ramenons à la maison est utile pour éviter de tomber malade, c’est pour cela que nous collaborons avec les agents présents sur les points d’eau».

Prise en charge des patients

La réponse à l’épidémie prévoit également la prise en charge gratuite des patients dans les structures sanitaires au niveau des communautés et leur référencement dans les hôpitaux pour les cas présentant des complications.

Les équipes de MSF soutiennent à ce titre les autorités sanitaires avec des moyens humains et matériels qui ont été déployés afin de faire face à la situation. En plus du traitement médical, les patients affectés par l’hépatite E bénéficient de soutien psychologique. L’organisation assure également l’accompagnement technique du personnel de santé  dans les structures dans lesquelles elle intervient afin d’assurer une prise en charge gratuite et de qualité des malades. Une diminution de la mortalité a d’ailleurs été enregistrée parmi les femmes souffrant de complications graves liées à la maladie ayant eu accès au centre de santé mère-enfant de Diffa.

Sensibilisation au cœur de la communauté

Des activités de promotion de la santé au niveau des structures de santé et de la communauté ont également été mise en place par MSF. A ce jour, près de 32,000 personnes ont été sensibilisées, en ce compris les patients et les membres de leur famille. En parallèle, MSF assure la recherche active des cas au sein des villages, qui a déjà permis le référencement de plus de 400 personnes vers les centres de santé.

MSF à Diffa

Depuis fin 2014, MSF travaille dans la région de Diffa pour aider les personnes fuyant la violence liée à la présence du groupe Boko Haram et à l’intervention militaire dans la région. MSF assure une assistance médicale et psychologique gratuite dans sept centres de santé de la région. De plus, l’organisation soutient l’approvisionnement en eau potable, l’installation de latrines et la distribution d’articles essentiels dans plusieurs villes et lieux où se sont rassemblées des personnes déplacées, réfugiées et rapatriées.

En outre, MSF soutient le ministère de la Santé dans deux hôpitaux : l’hôpital Nguigmi et le principal centre de santé maternelle et infantile de la ville de Diffa. Dans les deux hôpitaux, MSF travaille dans les unités de santé reproductive  et pédiatrique, et offre un soutien en santé mentale. À l’hôpital de Nguigmi, l’équipe traite également des enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère.

[1] Du 02 janvier au 11 juin 2017

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Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Cheikh Anta Gueye a séjourné à Niamey du 3 au 10 mai 2017 pour évaluer l’évolution économique en 2016 et au début de 2017, ainsi que pour examiner avec les autorités les mesures correctives qu’il convient de prendre pour atteindre les objectifs fixés pour fin juin 2017 dans le cadre du programme appuyé par l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC)1. Le programme a été approuvé par le Conseil d’administration le 23 janvier 2017 (voir  Communiqué de presse no 17/18).

À la fin de la visite, M. Gueye a publié la déclaration ci-après :

« Les résultats macroéconomiques du Niger sont globalement satisfaisants. Selon les estimations, la croissance est passée de 4 % en 2015 à 5 % en 2016, grâce à une bonne campagne 2016/17 et à un redressement de la production pétrolière fin 2016. Mais le rythme de l’activité économique est à peine supérieur à la croissance de la population et continue de souffrir des problèmes de sécurité et de la crise humanitaire, de l’évolution défavorable des prix à l’exportation de l’uranium et du pétrole, et des difficultés économiques dans les pays voisins. L’inflation annuelle moyenne est restée maîtrisée à 0,2 % fin 2016. Les perspectives économiques à moyen terme restent favorables, mais sont exposées à des risques liés à la sécurité régionale et aux prix des matières premières.

« L’exécution du budget en 2016 a souffert de moins-values de recettes, qui s’expliquent en partie par l’évolution défavorable dans les secteurs des matières premières et la persistance des problèmes économiques dans les pays voisins. Par ailleurs, les mesures mises en œuvre par l’administration des douanes n’ont pas produit les résultats attendus. À fin décembre 2016, la plupart des objectifs budgétaires ont été atteints, excepté ceux liés aux recettes, qui étaient inférieures de 0,8 % du PIB à l’objectif.

« Les moins-values de recettes ont persisté au premier trimestre de 2017. Le contrôle soutenu des dépenses par le biais de la régulation budgétaire a contribué à maintenir le déficit budgétaire et le financement intérieur en deçà des objectifs du programme appuyé par la FEC. Des progrès ont été accomplis dans la mise en œuvre des réformes structurelles. Les autorités ont notamment bien avancé dans la mise en place du Compte Unique du Trésor, et la mise à jour de la politique nationale du genre de 2008, particulièrement en ce qui concerne l’autonomisation des femmes et la réduction des inégalités entre hommes et femmes.

« Les autorités ont souligné leur solide attachement au programme et leur détermination à prendre immédiatement les mesures correctives nécessaires pour atteindre les objectifs fixés dans le programme appuyé par la FEC pour fin juin 2017. Il s’agit de mener des contrôles concernant l’impôt sur le revenu et la TVA, d’améliorer le recouvrement des arriérés d’impôts, d’utiliser les valeurs de transaction effectives pour l’évaluation des taxes douanières, et d’empêcher la fraude sur la commercialisation des produits pétroliers et d’améliorer la gestion des exonérations fiscales. Pour le moyen terme, les autorités préparent une stratégie de réduction du déficit budgétaire pour remplir les critères de convergence de l’UEMOA et la mise en place d’un dispositif qui permettra d’améliorer le recouvrement de la TVA.

« La mission a rencontré le Président Issoufou Mahamadou et le Premier Ministre Brigi Rafini, le Ministre des Finances Massoudou Hassoumi, le Ministre Délégué au Budget Ahmat Jidoud, et d’autres hauts cadres de l’administration ainsi que le Directeur national de la BCEAO. L’équipe a rencontré aussi des représentants de la société civile, du secteur privé et des bailleurs de fonds.

« La mission du FMI tient à remercier les autorités de leur hospitalité chaleureuse et des entretiens constructifs et productifs. »

[1] La facilité élargie de crédit (FEC) est le principal outil dont dispose le FMI pour accorder une aide financière à moyen terme aux pays à faible revenu. Un financement au titre de la FEC est assorti d’un taux d’intérêt nul, d’un différé d’amortissement de cinq ans et demi et d’une échéance finale de dix ans.

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L’actuelle épidémie d’hépatite E à Diffa, déclarée la semaine dernière par les autorités nigériennes, met en évidence la mauvaise qualité de l’approvisionnement en eau, et des conditions d’hygiène et d’assainissement dans lesquelles vit la grande majorité des populations déplacées et réfugiées de la région, a déclaré mercredi 26 avril 2017 l’organisation internationale Médecins Sans Frontières (MSF).

Entre décembre 2016 et le 23 avril 2017, 135 cas d’ictère ont été identifiés dans la région de Diffa. L’ictère est l’un des symptômes les plus courants de l’hépatite E, qui provoque un jaunissement de la peau et des yeux. La majorité des cas sont des femmes enceintes qui ont dû être admises au Centre de Santé Mère-Enfant de la ville de Diffa, où MSF travaille avec le Ministère de la Santé Publique ; 25 d’entre elles sont décédées d’une insuffisance hépatique aiguë. L’hépatite E a finalement été confirmée par des analyses en laboratoire à la mi-avril.

L’hépatite E, causée par le virus VHE, peut conduire à une insuffisance hépatique et entraîner la mort. Elle n’a pas de traitement spécifique, et est particulièrement mortelle chez les femmes enceintes. La maladie se propage principalement par le biais de l’eau contaminée.

L’actuelle épidémie d’hépatite E est étroitement liée aux manquements de l’approvisionnement en eau, et des infrastructures d’hygiène et d’assainissement pour les populations déplacées et réfugiées à Diffa ; 240 000 personnes selon les chiffres officiels. Il s’agit d’une population particulièrement vulnérable qui subit depuis plusieurs années les conséquences du conflit entre Boko Haram et les armées de la région.

« Les activités d’eau et d’assainissement ne répondent clairement pas aux besoins de cette population, comme nous l’avertissons depuis des mois », explique Elmounzer Ag Jiddou, chef de mission pour MSF au Niger. « C’est pourquoi nous appelons les autorités et toutes les organisations humanitaires présentes à Diffa à renforcer rapidement et considérablement leur intervention dans ce domaine afin d’assurer un approvisionnement en eau et un système d’assainissement adéquats. »

Afin d’endiguer l’épidémie, MSF travaille en étroite collaboration avec le ministère de la Santé Publique depuis plusieurs semaines. L’organisation appuie à la formation du personnel de santé, et assure la mise en place de ressources humaines et matérielles spécifiques au niveau de la communauté, des centres de santé et des hôpitaux afin d’assurer la détection précoce des cas, le référencement vers les infrastructures médicales et la prise en charge des patients. Parallèlement, les équipes de MSF mènent des campagnes de sensibilisation auprès de la population sur les mesures d’hygiène de base, telles que le lavage des mains.

MSF a considérablement renforcé ses activités d’eau et d’assainissement à Kitchendi, Garin Wazan et Toumour où près de 135,000 personnes, pour la majorité déplacées, se sont installées. L’organisation distribue également des pastilles pour la chloration de l’eau, des savons et des nouveaux bidons destinés à 16,800 familles présentes dans ces localités. Jusqu’à présent, 105,700 litres d’eau ont été traités et des bidons, déjà en utilisation dans la communauté, ont été lavés afin de prévenir la propagation de la maladie.

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La Mission économique tunisienne (du 4 au 6 Avril 2017 au Niger, Burkina Faso et Mali) se termine en débarquant jeudi 6 avril 2017 à Bamako, capitale de la République du Mali, après deux escales au Niger et au Burkina Faso, «pour le moins, riches en enseignements et fécondes en contacts juteux», comme le dit, à juste titre, un communiqué du Cepex qui résume le bilan, quoique dans un texte, à l’eau de rose et d’un autre temps. Celui de Bourguiba ou de Ben Ali, mais pas de la 2ème République. Le jus, on le cherche !
Selon la même source, «bien que mis à rude épreuve au cours des dernières années à cause de l’exportation de l’hydre du terrorisme sur ses terres, le Mali semble retrouver un regain de santé et recouvrer une stabilité politique qui lui faisait défaut et compromettait ses efforts de développement. Aussitôt les péripéties sécuritaires dissipées, les dirigeants maliens peuvent se consacrer, maintenant, aux questions d’ordre économique et social». Une introduction plus politiquement correcte que résumant la situation réelle du Mali.

Selon le même communiqué qui essaie ainsi de justifier le choix du Mali, «de grands projets structurants sont engagés ou en cours de planification pour le développement de l’infrastructure de base faisant du Mali un chantier à ciel ouvert, comme le prétendent [Ndlr : Un mot malpropre pour une structure supposée faire de la prospective pour les exportateurs tunisiens et s’appuyer sur ses propres informations] les experts internationaux. Une aubaine pour les Chefs d’entreprises tunisiennes qui sont plus que jamais appelés à accompagner le Mali sur ce plan dans un esprit de partenariat gagnant-gagnant».

Suivent ensuite un ensemble de mots qui rappellent les éloges et formules grandiloquentes des vieilles méthodes journalistiques de flatterie qu’on retrouve dans les dépêches officielles d’un temps ancien, relatant un «accueil triomphal en signe de reconnaissance pour l’intérêt accordé par les hautes autorités tunisiennes, en la personne de Youssef Chahed, Chef du gouvernement, pour le raffermissement des relations bilatérales, et à plus forte raison économiques et commerciales». C’est ensuite, toujours dans un style à l’eau de rose sur fond de son de violon, «Chahed et son homologue malien Modibo Keïta [qui] ont rehaussé par leur présence le forum d’affaires tuniso-malien, et ouvert le bal des mises en relations d’affaires entre opérateurs des deux pays sur fond d’appui politique extrêmement indispensable pour réussir le business en Afrique».

Et la même dépêche officielle du Cepex d’interpréter tout cela en affirmant que «les discours tenus par les officiels au cours de ce forum traduisent manifestement des valeurs communes partagées durant des décennies de relations amicales et fraternelles. Les deux Chefs de gouvernement se sont accordés dans leurs allocutions respectives sur l’impératif d’appréhender la coopération bilatérale dans tous ses axes, à savoir le commerce, l’investissement et le Co-développement, comme le stipule le thème de ce forum : Un partenariat gagnant-gagnant. Cette rencontre bilatérale au sommet a fait office de tribune pour lancer un appel aux hommes d’affaires tunisiens pour venir investir massivement au Mali qui regorge en opportunités réelles dans l’infrastructure, l’agriculture, les industries de transformation et l’énergie, pour ne citer que ces secteurs».
En fait, rien que «des messages positifs et déclarations de bonnes intentions des dirigeants des deux pays et capital sympathie», comme le dit même ce «poème journalistique» qui évoque pourtant, sans en donner la moindre preuve, «la pléiade de contrats et conventions signées dans la double dimension institutionnelle et privée». Voyons pourtant le détail de cette «pléiade » par pays !

⦁ À Ouagadougou, juste 10 citernes !
«Dans la capitale du Burkina Faso, l’accueil fut cordial. La présence du Chef du gouvernement, flanqué [Ndlr : Un mot plutôt inapproprié pour la dépêche d’une agence officielle (Voire la définition Larousse)] par 4 ministres et un secrétaire d’État, envoie un signal fort aux autorités locales des pays visités à l’occasion de cette tournée printanière africaine, quant à l’engagement indéfectible de la Tunisie à accompagner ces pays dans leur démarche irrévocable vers le développement. La concrétisation ne s’est pas faite attendre», annonce le bilan du Cepex.
C’est d’abord l’inauguration, par le chef du gouvernement tunisien, de l’Ambassade de Tunisie à Ouagadougou que la même source qualifie de «pain béni pour les opérateurs économiques». Soit ! Ensuite … C’est tout, pour ce qui est de la pléiade de contrats qu’évoque le bilan du Cepex, si on excepte «l’engouement des Chefs d’entreprises burkinabés qui s’est traduit par une forte présence lors de forum (plus de 200 hommes d’affaires)» et qui «atteste d’une prédisposition patente à nouer des relations d’affaires solides et durables». Des «rencontres de networking [qui] répondent en réalité à une double vocation : soit pour établir un premier échange qui permettra à nos businessmen d’entrevoir d’éventuelles relations d’affaires et d’en ausculter le potentiel, soit pour entretenir des relations déjà établies». En fait, c’est la société Comet, qui a signé un contrat portant sur la vente de 10 semi-remorques citernes conçus et fabriqués exclusivement par des compétences tunisiennes avec un taux d’intégration 100% tunisien. C’est l’unique contrat, véritable résultat concret, que rapporte le bilan du Cepex dont la présidente, présente dans la délégation officielle, est normalement la plus au courant de ce genre de chose !

⦁ Au Niger, «Parole, Parole», dirait Dalida !
Toujours dans le même style agencier des années 70 et 80, le bilan du Cepex fait état de «marques d’estime et de considération se sont fait ostensiblement ressentir à la mesure de l’accueil chaleureux qui lui fut réservé par les autorités locales dès que la délégation tunisienne foula le sol nigérien». Usant encore plus de de violon et de violoncelle journalistiques, le communiqué du Cepex évoque, fièrement et avec grandiloquence pour le périple présidentiel, «l’affluence considérable des hommes d’affaires et officiels nigériens au forum économique tuniso-nigérien, rehaussé par ailleurs par la présence du Chef du gouvernement, Youssef Chahed et son homologue nigérien, Brigi Rafini, dénote de la haute sollicitude des autorités respectives à pousser le niveau du partenariat bilatéral et à baliser le terrain pour l’établissement de contacts d’affaires féconds».

Venant à la séance de networking entre les 80 hommes d’affaires tunisiens et leurs partenaires du Niger, on apprendra seulement qu’ils sont «venus très nombreux pour ce forum dans l’espoir d’en voir ses travaux porter leurs fruits». Rien sur les résultats. A moins que les représentants de l’organisme organisateur n’aient pas encore fait le tour des hommes d’affaires tunisiens pour faire le bilan. C’est du moins ce qui se faisait, avant, pour de pareilles rencontres !

On apprendra, quand même, que « dans la foulée des discours officiels, des rencontres B-to-B se sont poursuivies dans une ambiance conviviale et chaleureuse favorisant l’échange mutuel et fructueux », que « l’audience nigérienne s’est familiarisée avec le climat des affaires en Tunisie, avec un focus sur le commerce extérieur grâce à l’exposé d’Aziza Htira dans ce sens ». Le résultat est que «plusieurs conventions de partenariat furent signées, notamment celle du CEPEX avec la Chambre de commerce et d’industrie du Niger, et qui énonce, entre autres objectifs, l’échange d’expériences et la multiplication des actions à caractère promotionnel». Des conventions d’importance certes, mais une action «qui qui ne nourrit pas son homme » comme dirait le dicton. Pour le concret, on en restera au «forum [qui] n’a fait que conforter les convictions des partenaires des deux bords quant à l’impératif de faire de l’axe Tunis-Niamey un pont qui foisonne business».

⦁ Morale du périple du «Témoin qui ne voit rien»
C’est ce qu’il y a à retenir, officiellement, puisque c’est contenu dans un communiqué officiel de l’organisme organisateur, du périple de Chahed qui aura ainsi duré trois jours pendant lesquels il aura vu peu de choses (contrairement, notamment aux visites du roi du Maroc qui sont de réelles immersions dans les sociétés des pays visités et de leurs économies) et finalement rapporté peu de choses.
Plus d’un observateur et de professionnels avaient pourtant averti que commercer avec l’Afrique n’a rien à voir avec le même acte dans les pays occidentaux. A moins d’une longue période de préparation, dans laquelle diplomatie et opérateurs sont des acteurs déterminants, il est rare de rapporter quelque chose. Les contrats-spots et les affaires-one-shot, les opérateurs savent faire cela mieux que Chahed et tous ceux dont il a été «flanqué», comme disait le communiqué du Cepex.
Pour le reste, ce genre de périple ne sert qu’à essayer de signer des accords qui facilitent le commerce et l’investissement pour les Tunisiens, comme les accords de libre-échange et les accords de facilités fiscales et douanières. Ceux-là aussi demandent plus qu’une journée par pays. Et quand on n’a rien à dire de concret, on se tait et on ne fait pas un tel ramdam médiatique. En tout cas pas de cette manière !

P.S. : «Plus de Youyou que de couscous», dicton tunisien pour traduire une situation où l’effet d’annonce dépasse les résultats

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Bassem Loukil, président du Groupe Loukil et de Tunisia-Africa Business Council (TABC), qui accompagne présentement le chef de gouvernement, Youssef Chahed, dans sa tournée en Afrique subsaharienne, s’est exprimé sur Express FM ce mardi 4 avril 2017. Il a fait savoir que la conférence économique a commencé aujourd’hui à 9h en présence de Chahed, de la présidente de l’UTICA, Wided Bouchamaoui, de la PDG du Centre de promotion des exportations (CEPEX), Aziza Htira ainsi que plus de 80 businessmen tunisiens opérant dans tous les secteurs.

Il a indiqué que les Tunisiens ont calé des rendez-vous avec leurs homologues nigériens pour plancher sur les niches d’investissement dans différents domaines.

Enfin il a confié que plusieurs accords commerciaux, sécuritaires ainsi que dans les secteurs de la santé, de l’assurance et de la construction des routes vont être paraphés dans les heures à venir.

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Près de 200 migrants nigériens ont été rapatriés par avion depuis l’aéroport de Mitiga, à l’est de Tripoli, en coordination avec l’Organisation internationale de la migration (OIM).

 Selon Le Monde, de nouveaux départs sont prévus dans les semaines à venir et concerneront un total de plus de 900 migrants.En 2016, l’OIM « a assisté 1 589 migrants, volontairement rapatriés vers leur pays d’origine », en donnant la priorité « aux plus vulnérables ». La plupart des départs ont lieu depuis l’ouest du pays, à destination de l’Italie qui ne se trouve qu’à 300 kilomètres.

Les Européens envisagent des mesures pour bloquer l’arrivée de milliers de migrants depuis la Libye. Ces mesures alarment les ONG, qui redoutent de mauvais traitements à l’encontre des migrants qui resteraient bloqués en Libye, a ajouté la même source.

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Le Bureau des Nations unies pour la Coordination des affaires humanitaires (OCHA) à Niamey a annoncé que le gouvernement du Niger et les partenaires humanitaires estiment que le pays restera marqué en 2017 par cinq défis majeurs, à savoir l’insécurité alimentaire, la malnutrition, les épidémies, les inondations et les mouvements de population.

En 2017, il est estimé que près d’1,9 million de personnes, dont 340.000 à Diffa (sud-est), auront des besoins humanitaires, selon les analyses effectuées dans le cadre du processus d’élaboration de l’aperçu des besoins humanitaires, souligne l’organisation onusienne.

La situation humanitaire dans la région de Diffa requiert une attention particulière dans la mesure où, dans cette région, 48 pour cent de la population auront besoin d’assistance humanitaire cette année tandis qu’au niveau national près de 10 pour cent de la population sera dans le besoin, a ajouté l’ONG.

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Le bilan de l’attaque du camp de réfugiés de Tazalit, au Niger, à 180 kilomètres de la frontière avec le Mali, hier jeudi 06 octobre, est lourd : 22 militaires chargés de veiller sur les lieux ont été tués. Le chiffre a été confirmé par le Haut commissariat aux réfugiés (HCR), qui a des agents sur place.

14 gardes, 5 gendarmes et 3 militaires ont laissé la vie dans cette attaque perpétrée par une quarantaine d’assaillants, d’après un responsables des services de sécurité nigériens et le HCR. Cinq militaires ont été blessés. Seuls trois des militaires déployés sur les lieux sont parvenus à fuir, a précisé le HCR dans un communiqué. Un seul réfugié aurait été touché et une ambulance a été incendiée.

Les assaillants pourraient être des éléments d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ils ont attaqué par surprise les unites de l’armée alors qu’elles déjeunaient. « Ils sont allés directement vers le poste de sécurité du camp des réfugiés et ont mitraillé les militaires qui étaient en train de déjeuner », a expliqué un responsables des services de sécurité. Tout était fini deux heures plus après, les assaillants s’étant retirés en emmenant des vivres, des vêtements, des armes et munitions et trois voitures, dont une appartenant au HCR et une ambulance, d’après ce responsable.

Les jihadistes, à bord de trois véhicules et d’une moto, ont ensuite pris la direction du Nord-Ouest, vers le Mali, en emportant trois autres véhicules. Des avions militaires et des troupes au sol ont été mobilisés pour un ratissage de la zone, d’après une source au ministère de l’Intérieur.

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Le Pentagone a confirmé la construction en cours, au Niger, d’une base américaine aérienne afin de déployer des drones. Cette infrastructure militaire à Agadez (nord) donnera à l’armée américaine une plus grande capacité d’utilisation des drones contre les groupes djihadistes présents en Libye, au Mali et au Nigeria, des pays voisins du Niger, rapporte ce vendredi 30 septembre 2016, la chaîne BBC

La construction de cette base aérienne entre dans le cadre d’une politique visant à renforcer la contribution des Etats-Unis à la lutte contre le terrorisme dans la région, selon les experts militaires. Elle devrait coûter 100 millions de dollars, environ 50 milliards de francs CFA.

Cette base est un nouveau signe de l’importance sans cesse croissante des opérations antiterroristes dans le Nord et l’Ouest du continent africain, ajoute cette publication en ligne, citant des experts militaires, a ajouté la même source.

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Une position de l’armée tchadienne a été attaquée dans la nuit de samedi à dimanche 25 septembre faisant quatre morts et six blessés. L’attaque attribuée au groupe jihadiste nigérian Boko Haram a eu lieu près de Kaïga à la frontière avec le Niger, rapporte RFI.

Selon des source sécuritaires, c’est en essayant de couper une piste d’approvisionnement des islamistes que les militaires tchadiens les ont obligés à sortir de leur cachette dans cette région hostile, aux confins de la rive nord du lac Tchad, près du Niger.

L’accrochage, qui n’a pas duré longtemps, a fait quatre morts et six blessés côté tchadien. « L’ennemi a abandonné sept corps sur le terrain », a indiqué à RFI l’une de ces sources.

Depuis plusieurs semaines, la force multinationale, chargée de la lutte contre Boko Haram, multiplie les opérations sur les rives du lac Tchad où les islamistes se sont réfugiés, après avoir perdu les localités qu’ils détenaient.

Ils se cachent dans les roseaux et les îles abandonnées et utilisent des sentiers pour venir discrètement s’approvisionner dans les villages, a relevé la même source.

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L’armée camerounaise aurait tué le leader de la secte islamiste nigériane Boko Haram

L’armée nigérienne a annoncé qu’une patrouille mixte de soldats nigériens et tchadiens a abattu au moins 30 combattants du groupe islamiste Boko Haram et a capturé deux autres.

Selon des informations rapportées, ce jeudi 15 septembre 2016, par la chaîne BBC Afrique, cinq militaires ont été tués et six autres ont été blessés lors des affrontements. Une importante quantité d’armes et de munitions a été saisie lors de cette opération.

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Tunisair fait feu de tout bois en ce moment. La compagnie nationale a décidé de mettre le curseur sur l’Afrique, après l’Europe (Prague) et l’Amérique (Montréal). Niamey, capitale du Niger, est la prochaine destination de Tunisair.

Les navettes sont programmées à partir du mercredi 6 juillet 2016. Les vols se feront à un rythme de deux fréquences, le mercredi et le samedi, combinées et en alternance avec les départs vers Abidjan, c’est-à-dire TUN/ABJ/NIM/TUN le mercredi et TUN/NIM/ABJ/TUN le samedi.

Ces deux nouveaux vols seront la 4ème et 5ème fréquences de Tunis-Abidjan, une liaison programmée désormais 5 fois par semaine.

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Trois gendarmes nigériens ont été tués jeudi dans l’ouest du Niger au cours d’une attaque tandis qu’un militaire a péri dans un attentat à l’est du pays, a indiqué le ministre nigérien de l’Intérieur, Hassimi Massaoudou.

Ces deux attaques terroristes au Niger interviennent à trois jours du second tour dimanche de l’élection présidentielle. L’attaque a été attribuée à « Al-Qaïda au Maghreb islamique » (Aqmi), l’attentant au groupe terroriste Boko Haram.

« A Dolbel (à la frontière avec le Burkina Faso), trois gendarmes ont été tués sur un marché par des hommes armés » tandis qu’ »à 3.000 km de là, à Bosso (frontière avec le Nigeria), des kamikazes se sont fait exploser au contact d’un détachement, faisant un blessé grave qui a succombé et deux blessés légers », a relaté le ministre.

A Dolbel, zone proche du Mali et du Burkina considérée comme « très dangereuse », les trois gendarmes ont été tués par balles. « L’attaque a été repoussée, nous sommes en train de procéder au ratissage de la zone, on ne connaît pas le bilan de leur côté (assaillants), ils sont partis avec leurs blessés et leurs morts », a-t-il expliqué.

A Bosso, cinq kamikazes ont attaqué un détachement militaire. Quatre d’entre eux ont réussi à activer leur ceinture d’explosifs, tuant le commandant de la place de Bosso. Le cinquième kamikaze, une fillette, selon la même source, a été abattu. Il n’est fait état d’aucune victime civile lors de ces attaques.

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L’opposition nigérienne a décidé de ne pas se présenter au second tour de l’élection présidentielle ce 20 mars, et pour cause, Hama Amadou, qui devait ferrailler avec le président sortant, Mahamadou Issoufou, est toujours en détention. Pas de candidat de l’opposition au deuxième tour pas d’élection, très logiquement.

Hier vendredi 11 mars, la Coalition pour l’alternance (Copa 2016), qui appuie Hama Amadou, a décidé de faire un “boycott actif” du scrutin après avoir pris acte du fait que son candidat n’avait pas été transféré de la prison de Filingué, dans l’ouest du Niger, vers la capitale, Niamey, alors que des rumeurs persistantes l’annonnçaient. Hama Amadou, ancien Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale, est derrière les barreaux depuis quatre mois suite à des accusations très lourdes de trafic d’enfants dans une affaire de “droit commun”. Ses partisans crient à la manipulation pour se débarrasser du seul politicien capable de barrer la route du second mandat au président sortant, alors que le pouvoir en place argue qu’il n’y a là que légalité et fonctionnement normal de la justice.

Pourtant jeudi dernier, un des avocats d’Amadou avait confié à l’AFP que son client maintenait sa candidature au second tour de la présidentielle, dans l’espoir d’un changement de son lieu de détention puis d’une libération, même conditionnelle. Mais voilà au lieu de tout ça, Amadou a été acheminé vers un hôpital de Filingué pout y subir des soins, sous bonne escorte sécuritaire et par la suite reconduit dans sa cellule. Le porte-parole de la Copa 2016 a déclaré que le transfert de son candidat a été stoppé “par une autorité du régime”.

 

 

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En politique Mahamane Ousmane est ce qu’on peut appeler un dinosaure, un de plus dans ce continent dont les dirigeants battent tous les records de longévité dans le monde. 20 ans après été évincé suite à un coup d’Etat, Ousmane revient en grande pompe pour défendre ses chances à la présidentielle du 21 février 2016.

Au moins, il pourra faire valoir sa connaissance de la chose politique, ses aspects positifs comme les moins reluisants, par exemple ce coup de force du 27 janvier 1996 qui l’a éjecté de son fauteuil. Autre détail cocasse dans cette affaire : trois des candidats à la prochaine présidentielle ont été les Premiers ministres d’Ousmane (Mahamadou Issoufou d’avril à septembre 1994, Amadou Boubacar Cissé en février 1995 et Hama Amadou du 21 février 1995 à son éviction en 1996). On verra s’il a retrouvé une virginité et si les Nigériens ont envie de parier sur lui…

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Navi Pillay

A l’occasion d’une visite au Niger, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas, a affirmé jeudi 07 janvier 2015 qu’il était crucial que les élections législatives et présidentielle prévues le 21 février se déroulent dans un climat serein.«Les enjeux sont d’autant plus grands que les élections législatives et présidentielle du 21 février seront les premiers scrutins à se tenir en Afrique de l’Ouest et sur tout le continent africain en 2016», a dit M. Chambas dans une déclaration à la presse à Niamey. «Il est donc crucial que ces élections se déroulent dans un climat serein et consensuel et permettent de doter le Niger d’institutions légales, légitimes et solides, à même de relever les nombreux défis auxquels fait face le pays».Le Représentant spécial a réaffirmé la disponibilité des Nations Unies à continuer d’appuyer ce processus.

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