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La Tunisie postrévolutionnaire a mis du temps pour découvrir le vrai visage du terrorisme. Le 18 mai 2011

La Tunisie postrévolutionnaire a mis du temps pour découvrir le vrai visage du terrorisme. Le 18 mai 2011, au moment où les salafistes défilaient à l’Avenue Habib Bourguiba dans la capitale faisant leurs prêches « pacifiques » , un groupe se réclamant de leur doctrine s’attaque à des militaires à Errouhia ,tuant le lieutenant-colonel Tahar Ayari et le caporal-chef Walid Hajji et blessant gravement le sergent Sghaier Mbarki . Et dans une atmosphère semblable, un autre groupe mène, début février 2012, un affrontement avec l’armée et les forces de l’ordre à Bir Ali Ben Khélifa, provoquant la blessure de soldats et des membres des forces de sécurité. La fin de l’année 2012 donnera lieu à des démonstrations de force beaucoup plus graves, après la découverte de cellules structurées dans la Kroumirie à Fernana, sur les hauteurs de la région du Kef et à Salloum, Sammama et puis Chaâmbi à Kasserine. La mort de l’adjudant de la Garde nationale Anis Jlassi à Bouchebka, en décembre 2012, et la sanglante confrontation avec le djihadiste Ridha Sebtaoui, le 30 décembre 2012, qui s’est soldée par la mort de la femme de ce dernier, qui n’était en fait que le chef de la branche armée de l’organisation Ansar Chariâa, ont mis en évidence les plans que les terroristes projettent de mettre à exécution . Les semaines suivantes nous mettent en face de l’assassinat de Chokri Belaid , de l’irruption des évènements de Chaâmbi et de l’assassinat de Mohammed Brahmi .Et tout le monde connaît la suite à Goubellatt , Sidi Ali Ben Aoun , Raoued , El Ouardia , Kébili , Akouda et Sousse .Et puis on assiste, depuis le 21 mars dernier, au kidnapping de deux de nos diplomates en Libye , de la part de groupes terroristes libyens , pour réclamer apparemment la libération de deux détenus dans des affaires de terrorisme en Tunisie .

Mais l’essentiel, ce n’est pas tant les évènements que leur perception par les politiciens, la société civile et l’opinion publique tunisienne. Les faits montrent que les djihadistes avaient, au début de la Révolution, le statut de militants : ils ont bénéficié de l’amnistie générale et ont été réintégrés dans leurs anciennes fonctions au secteur public et à l’enseignement. Mais lorsque les premiers affrontements avec l’armée et les forces de sécurité ont eu lieu, et des armes sont saisies en grandes quantités chez eux, ils ont commencé à dire que la Tunisie est une terre de prêche et non de djihad, faisant toutefois assortir leur slogan d’une condition : « tant que le pouvoir est entre les mains d’un gouvernement islamiste ».

L’opinion publique n’a réalisé les dangers que font peser ces djihadistes sur le pays qu’après les événements de l’ambassade américaine en septembre 2012, mais la classe politique, islamistes compris, ne s’est démarquée en masse de cette mouvance qu’après les deux assassinats politiques de Chokri Belaid et de Mohammed Brahmi. Evidemment, il y a des voix qui étaient gênées de cette évolution qui a abouti à l’isolement de ceux qui prônaient la violence et le terrorisme comme moyen pour imposer des convictions politiques et religieuses. Et on entend jusqu’à aujourd’hui des politiciens parler des Ansars Chariâa comme d’une mouvance militante, faisant partie des forces de la révolution, et attribuer les crimes dont ils sont accusés aux hommes de l’ancien ou aux forces occultes de ce qu’ils appellent l’Etat profond. D’autres , moins sérieuses , il faut le reconnaître , tiennent un discours insidieux , imputant les dégâts des opérations terroristes aux maladresses des forces de sécurité : « Que font-ils dans ces lieux à une heure tardive », disent-ils des victimes des embuscades et des faux barrages parmi les forces de sécurité .Mais ces voix demeurent marginales et ne représentent que des gens et des courants d’idées sans grand impact sur la scène politique .

La grande évolution qui a fini par isoler les terroristes est salutaire, car elle illustre le consensus national pour combattre efficacement ce dangereux phénomène. Elle n’en demeure pas moins incomplète, étant le plus souvent chahutée par de faux débats sur d’autres thèmes, comme celui des verdicts de la cour d’appel militaire dans l’affaires des martyrs et des blessés de la Révolution, ce qui risque de mettre en danger le consensus acquis au prix d’énormes sacrifices.

Aboussaoud Hmidi

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La Tunisie postrévolutionnaire a mis du temps pour découvrir le vrai visage du terrorisme. Le 18 mai 2011

La Tunisie postrévolutionnaire a mis du temps pour découvrir le vrai visage du terrorisme. Le 18 mai 2011, au moment où les salafistes défilaient à l’Avenue Habib Bourguiba dans la capitale faisant leurs prêches « pacifiques » , un groupe se réclamant de leur doctrine s’attaque à des militaires à Errouhia ,tuant le lieutenant-colonel Tahar Ayari et le caporal-chef Walid Hajji et blessant gravement le sergent Sghaier Mbarki . Et dans une atmosphère semblable, un autre groupe mène, début février 2012, un affrontement avec l’armée et les forces de l’ordre à Bir Ali Ben Khélifa, provoquant la blessure de soldats et des membres des forces de sécurité. La fin de l’année 2012 donnera lieu à des démonstrations de force beaucoup plus graves, après la découverte de cellules structurées dans la Kroumirie à Fernana, sur les hauteurs de la région du Kef et à Salloum, Sammama et puis Chaâmbi à Kasserine. La mort de l’adjudant de la Garde nationale Anis Jlassi à Bouchebka, en décembre 2012, et la sanglante confrontation avec le djihadiste Ridha Sebtaoui, le 30 décembre 2012, qui s’est soldée par la mort de la femme de ce dernier, qui n’était en fait que le chef de la branche armée de l’organisation Ansar Chariâa, ont mis en évidence les plans que les terroristes projettent de mettre à exécution . Les semaines suivantes nous mettent en face de l’assassinat de Chokri Belaid , de l’irruption des évènements de Chaâmbi et de l’assassinat de Mohammed Brahmi .Et tout le monde connaît la suite à Goubellatt , Sidi Ali Ben Aoun , Raoued , El Ouardia , Kébili , Akouda et Sousse .Et puis on assiste, depuis le 21 mars dernier, au kidnapping de deux de nos diplomates en Libye , de la part de groupes terroristes libyens , pour réclamer apparemment la libération de deux détenus dans des affaires de terrorisme en Tunisie .

Mais l’essentiel, ce n’est pas tant les évènements que leur perception par les politiciens, la société civile et l’opinion publique tunisienne. Les faits montrent que les djihadistes avaient, au début de la Révolution, le statut de militants : ils ont bénéficié de l’amnistie générale et ont été réintégrés dans leurs anciennes fonctions au secteur public et à l’enseignement. Mais lorsque les premiers affrontements avec l’armée et les forces de sécurité ont eu lieu, et des armes sont saisies en grandes quantités chez eux, ils ont commencé à dire que la Tunisie est une terre de prêche et non de djihad, faisant toutefois assortir leur slogan d’une condition : « tant que le pouvoir est entre les mains d’un gouvernement islamiste ».

L’opinion publique n’a réalisé les dangers que font peser ces djihadistes sur le pays qu’après les événements de l’ambassade américaine en septembre 2012, mais la classe politique, islamistes compris, ne s’est démarquée en masse de cette mouvance qu’après les deux assassinats politiques de Chokri Belaid et de Mohammed Brahmi. Evidemment, il y a des voix qui étaient gênées de cette évolution qui a abouti à l’isolement de ceux qui prônaient la violence et le terrorisme comme moyen pour imposer des convictions politiques et religieuses. Et on entend jusqu’à aujourd’hui des politiciens parler des Ansars Chariâa comme d’une mouvance militante, faisant partie des forces de la révolution, et attribuer les crimes dont ils sont accusés aux hommes de l’ancien ou aux forces occultes de ce qu’ils appellent l’Etat profond. D’autres , moins sérieuses , il faut le reconnaître , tiennent un discours insidieux , imputant les dégâts des opérations terroristes aux maladresses des forces de sécurité : « Que font-ils dans ces lieux à une heure tardive », disent-ils des victimes des embuscades et des faux barrages parmi les forces de sécurité .Mais ces voix demeurent marginales et ne représentent que des gens et des courants d’idées sans grand impact sur la scène politique .

La grande évolution qui a fini par isoler les terroristes est salutaire, car elle illustre le consensus national pour combattre efficacement ce dangereux phénomène. Elle n’en demeure pas moins incomplète, étant le plus souvent chahutée par de faux débats sur d’autres thèmes, comme celui des verdicts de la cour d’appel militaire dans l’affaires des martyrs et des blessés de la Révolution, ce qui risque de mettre en danger le consensus acquis au prix d’énormes sacrifices.

Aboussaoud Hmidi

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Le Chef du service de la prospective et de la lutte contre le terrorisme

Le Chef du service de la prospective et de la lutte contre le terrorisme, Mazen Chérif, a affirmé dans une déclaration à Africanmanager, qu’on ne peut pas venir définitivement à bout du terrorisme que s’il est extirpé à la racine, soulignant que le terrorisme est un mouvement armé, idéologique et culturel. C’est aussi un mouvement basé sur les réseaux de la contrebande et de la corruption, selon ses dires.

Mazen Chérif a souligné, à ce propos, la nécessité de contrôler les mosquées, les discours des prédicateurs et les associations caritatives qui célèbrent l’idéologie salafiste extrémiste, relevant l’urgence de traiter ce phénomène psychologiquement, socialement et religieusement.

L’expert en sécurité globale a affirmé, en outre, qu’il existe plusieurs associations caritatives actives dans l’enrôlement des jeunes tunisiens pour le jihad en Syrie, citant, à cet égard, l’exemple d’une association estudiantine dans le gouvernorat de Sfax. Il a expliqué que cette association avait dédié tout un immeuble pour les besoins d’ « activités sportives au bénéfice des étudiants de la région » mais où, en fait, elle dispensait des cours sur la pensée « Wahabiste Takfiri ».

Il a ajouté, dans le même contexte, que de nombreux ouvrages glorifiant la pensée « salafiste Takfiri» sont encore en vente dans des librairies tunisiennes, outre les livres conçus pour promouvoir cette pensée auprès des enfants.

Il a appelé l’Etat tunisien à assumer sa responsabilité dans le contrôle du financement des associations quel que soit le domaine d’activités sachant que nombre d’entre elles opèrent sous le couvert d’associations caritatives. Il a recommandé également la fermeture des associations anonymes et la confiscation de leur argent au profit du Trésor public.

Il a appelé, en outre, à contrôler les cheikhs et les prédicateurs qui sont en train de recevoir d’énormes sommes d’argent en contrepartie de leurs activités, selon ses dires.

Des rapports de presse ont signalé déjà que des politiciens, certains députés de l’ANC, des associations caritatives sont impliqués dans ces réseaux et dans l’envoi des jeunes pour le Djihad en Syrie contre d’énormes sommes d’argent en provenance du Qatar reçus à travers des réseaux de recrutement et d’envoi des jeunes tunisiens pour le Djihad en Syrie (3000 dollars au titre chaque personne envoyée en Syrie).

Par ailleurs, selon des rapports de presse proches du régime syrien, des cheikhs qataris ont créé, en Tunisie, après la Révolution, plusieurs associations caritatives qui ont recruté plusieurs jeunes pour le Djihad en Syrie.

Selon la même source, ces associations sévissent parmi les classes les plus démunies en Tunisie et profitent de la situation économique vulnérable de ces populations.

Le colonel Mokhtar Ben Nasr a, de son côté, insisté sur la nécessité de récupérer certaines mosquées qui sont encore sous le contrôle des groupes extrémistes.

Il ya lieu de rappeler que cinq mille mosquées et lieux de culte sont, aujourd’hui, placés sous le contrôle du ministère des Affaires religieuses. Seulement 50 mosquées échappent encore à son contrôle, dont 10 se trouvent à Sfax.

Khadija Taboubi

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Si on met à part l'émotion exprimée lors de l'hommage rendu

Si on met à part l’émotion exprimée lors de l’hommage rendu , vendredi , aux deux martyrs de la Garde nationale tombés au champ d’honneur à Goubellat , on peut dire , sans risque de se tromper , que cette nouvelle bataille a ouvert la porte au parachèvement du dispositif de lutte contre le terrorisme , ce qui l’amènera à gagner en efficacité , et fournira de meilleures conditions pour mener ce combat .

L’atmosphère était lourde, et l’intérêt de l’opinion publique s’est vite porté sur les à-côtés de la cérémonie, chargés, il est vrai, de symboles et de sens , mais le véritable enjeu était ailleurs ,car le pays s’est posé, à cette occasion et pour la première fois , les véritables questions se rapportant à cette guerre sans merci qu’il était en train de livrer contre le terrorisme .

Trois éléments ont permis d’approcher le dossier de la lutte contre le terrorisme sous un nouvel angle .D’abord, tout le monde a senti que le dispositif de combat contre le terrorisme était incomplet et, de ce fait, quelque peu inopérant, et que les aspects juridiques et institutionnels ont besoin d’être améliorés. Ensuite, le corps sécuritaire a affiché une détermination sans faille pour mener ce combat jusqu’au bout pour extirper ce courant criminel du pays .Enfin, les derniers développements du dossier ont été accompagnés par un élan national , ce qui a réconforté le corps sécuritaire et laisse entendre que les obstacles posés par quelques courants politiques et de la société civile devant l’instauration d’un dispositif juridique spécial pour améliorer les conditions de travail du corps sécuritaire vont être levés .

Ces éléments s’ajoutent à des succès sur le terrain .L’ordonnance des opérations a révélé l’efficacité et le grand professionnalisme des forces militaires et de sécurité. Les affrontements sur les hauteurs de Goubellat étaient menés sous un seul commandement, le périmètre était cerné et maîtrisé, les moyens déployés étaient adaptés aux objectifs tracés, et en 48 heures, l’opération, qualifiée par les observateurs de réussie, a été achevée. C’était là un des aspects essentiels de cette nouvelle approche.

Le corps sécuritaire qui revendique plus de moyens , et des lois qui le protègent lors de l’accomplissement de ses missions , essentiellement la loi sur l’indemnisation des accidents de travail et la loi criminalisant les attaques contre les agents en service et les postes de sécurité , a marqué sa détermination à consentir plus de sacrifices et à fournir davantage d’efforts pour venir à bout du terrorisme .

La gauche et les activistes des droits de l’homme qui se sont opposés surtout au projet de loi sur la criminalisation des attaques contre les agents et les postes de sécurité , n’ont plus d’arguments pour s’accrocher à leur position négative , et on a même entendu des voix , dans leurs rangs , qui ont appelé à l’activation de la loi anti-terrorisme de décembre 2003 , en attendant de l’amender , pour qu’elle cadre avec l’esprit de la révolution du 14 janvier 2011 .

L’indemnisation des victimes de la lutte contre le terrorisme, inexistante, jusque-là, nécessite la création d’un fonds spécial, et la mobilisation d’allocations régulières pour garantir une vie décente aux blessés de cette guerre et aux familles des victimes. Or, ce mécanisme était une des pièces manquantes du dispositif, et c’était une tare qui pesait sur la conscience collective depuis qu’on a assisté, incrédules et impotents, à la cessation du versement des émoluments pour les victimes d’opérations terroristes et les familles de martyrs parmi les forces de sécurité.

Ce fonds doit être créé au plus vite, quitte à ce qu’il soit alimenté en un premier temps par une souscription nationale, car c’est un moyen incontournable pour rassurer le corps sécuritaire, et lui permettre de se consacrer, sans cas de conscience, à sa mission fondamentale de lutte contre le terrorisme.

Dans cette nouvelle approche, on ne peut s’empêcher de mentionner le retard que prennent les formations islamistes et particulièrement Ennahdha pour prendre une position claire sur la violence en général et le terrorisme en particulier .Ils ont plutôt l’air de penser que ce combat n’est pas le leur, et pourraient voir dans la recrudescence de la lutte contre le terrorisme et l’élan national qui l’accompagne une manœuvre pour isoler l’Islam politique et Ennahdha . Et dans ce cadre, on peut , d’abord , évoquer les communiqués due parti islamiste, toujours tièdes et publiés avec retard , chaque fois que la violence et le terrorisme islamistes sont à l’ordre du jour en Tunisie ; ensuite, rappeler la déclaration de Skandar Rekik qui a vu dans les évènements de Goubellat le déclenchement d’un compte à rebours pour un complot contre la légitimité qui verra le jour le 23 octobre 2013 ; et enfin, mettre en relief le dernier article de Rached Ghannouchi paru mardi 15 octobre 2013 à Aljazeera.net , où il brosse un tableau de la situation dans le pays et les différents défis auxquels il fait face , sans mentionner le terrorisme , comme défi majeur et principal obstacle à la transition démocratique .

Aboussaoud Hmidi

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Les observateurs ont été surpris

Les observateurs ont été surpris, ces derniers jours, par la recrudescence du terrorisme dans le pays , à l’approche de l’Aïd al Idha . Les experts ont déjà prévu que cette fête religieuse devrait donner lieu à des opérations terroristes, et ont décelé auprès des djihadistes une volonté de profiter du relâchement qui devrait accompagner l’intensification du trafic du transport pendant l’Aïd , pour mener des opérations de nature à troubler l’ordre public .

Déjà samedi 12 et dimanche 13 octobre 2013 (avant l’Aïd ), le village d’El-Karma à Kasserine, a été le théâtre d’un échange de tirs entre les forces armées et de sécurité et des terroristes , dont Mourad Gharsalli, principal accusé dans l’affaire de l’assassinat de l’adjudant de la Garde nationale Anis Jelassi, et éminent Emir du groupe terroriste réfugié aux monts Chaambi et Salloum , qui est venu rendre visite à sa famille , pour la circonstance.

Deux groupes terroristes se sont attaqués à deux postes frontières d’El Mella à Ghardimaou et à Faj Hassine et ont échangé des tirs avec les agents de la Garde nationale, mercredi 16 octobre 2013 . Des renforts de l’armée et des hélicoptères ont été dépêchés sur les lieux parallèlement à un déploiement des unités de la Garde et de l’Armée nationales dans le gouvernorat du Kef, pour éviter les déplacements de terroristes de la région de Touiref, vers le gouvernorat de Jendouba.

Le lendemain, jeudi , une patrouille de la Garde nationale a été attaquée, à Goubellat, dans le gouvernorat de Béjà, par un groupe armé . Le chef du poste de la Garde nationale et un agent ont été tués suite à cette attaque , un troisième agent a été grièvement blessé et une chasse à l’homme était toujours en cours pour capturer les terroristes.

Le même jour, des informations indiquent qu’une lettre codée a été trouvée dans la mosquée d’Al-Fath de Sbeïtla, comprenant sur une liste de militaires et responsables sécuritaires à assassiner par les djihadistes .

Ces données prouvent que les terroristes s’emploient à exécuter leurs plans pour terroriser les citoyens, déstabiliser les institutions de l’Etat et s’en prendre particulièrement aux forces militaires et de sécurité. Mais quel sens pourraient avoir ces attaques qui surviennent à un moment où le déclin du phénomène terroriste paraît de plus en plus évident.

On peut remarquer ,d’abord ,que les actes terroristes recensés ces derniers jours sont de nature différente : ceux de Goubellat et des postes frontières de Jendouba sont des attaques préméditées qui visent à tuer les agents de l’ordre , en patrouille ou à leur poste .C’est vrai qu’ils font mal , mais ils peuvent être des manœuvres qui visent d’autres objectifs plus lointains et peut-être plus stratégiques ,à savoir détourner l’attention de mouvements de groupes terroristes ou desserrer l’étau autour de ceux assiégés . Celui du village d’El-Karma est une infiltration qui veut se faire et se terminer de la manière la plus discrète. Mais on peut entrevoir, au-delà de ces faits et gestes, que l’énergie qui donne l’élan à ces menées est déjà à son niveau le plus faible.

En fait, le terrorisme a profité, pendant un moment, d’une conjoncture internationale, régionale et nationale qui lui a fourni moyens militaires, financiers et humains . L’islam politique, dit modéré, au pouvoir dans toute la région lui a procuré une couverture inestimable lui permettant de se structurer ,de se renforcer et de gagner en efficacité . Mais les développements des derniers mois ont imprimé une autre orientation à l’environnement ambiant : les obstacles dressés par tous les gouvernements de la région rendent plus difficile l’approvisionnement des terroristes en armement, l’argent se fait aussi rare et les recrutements sont de plus en plus inopérants du fait de l’intensification des contrôles et de la coopération régionale sur les mouvements des jeunes vers les foyers de guerre en Afrique sub-saharienne et en Syrie .

Les périmètres choisis pour être des territoires libérés, se sont transformés, dans ces nouvelles conditions, en lieux d’étouffement. Et les terroristes qui en sortent sont vite repérés, ils repartent d’où ils viennent ou ils sont arrêtés dans un état de faiblesse extrême.

C’est dans ce cadre donc que s’inscrivent les dernières attaques de Goubellat et de Jendouba , attaques qui s’apparentent plus aux derniers sursauts d’une bête qui affronte la mort , qu’à une nouvelle vague d’attaques de troupes aguerries rafraîchies et en pleine forme .

Aboussaoud Hmidi

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La Tunisie est en train de vivre une recrudescence des activités liées au terrorisme. Les évènements du Chaambi

La Tunisie est en train de vivre une recrudescence des activités liées au terrorisme. Les évènements du Chaambi , ne sont ,en fait, que la partie apparente de l’iceberg , l’aboutissement d’une logique qui ne peut amener qu’à un pareil état des choses .

Le pays est à islamiser. Les tenants du projet religieux invitent les prédicateurs pour qu’ils inculquent aux Tunisiens, occidentalisés, ce qu’ils doivent dire et faire pour devenir d’authentiques musulmans. Et puisque ce projet ne peut être réalisé facilement, la violence est permise, et les moyens pour la mettre en œuvre, sont mis à disposition. Des tonnes d’armement sont disponibles dans le pays et les autorités, jusqu’à dernièrement, font semblant de ne rien voir. Des milliers de combattants, tunisiens et d’autres nationalités, se sont installés aux quatre coins du pays, pour se préparer au jour “J” .

Ces combattants sont envoyés au Mali, en Syrie , et sont allés vers d’autres terrains de guerres , afin d’acquérir le savoir-faire nécessaire pour faire aboutir le projet islamiste en Tunisie .

Beaucoup de pays ont eu affaire à ces revenants, qui voulaient détruire l’Etat existant et ériger un autre à sa place à leur guise. On cite l’Egypte et l’Algérie pendant les années 1990. Ces deux pays ont vu, pendant les années 1980, des milliers de leurs jeunes partir au djihad en Afghanistan, combattre les Russes, et instaurer un régime islamiste. Et une fois le combat terminé, après le démantèlement de l’URSS, ils sont rentrés pour faire valoir leur savoir-faire. Les techniques nouvelles de guérilla urbaine, d’assassinats ciblés, sont introduites dans ces deux pays, pour donner une dimension nouvelle à la contestation politique et sociale qu’ont connue ces deux pays. Le jeu politique en Egypte et en Algérie était faussé, après l’introduction de la violence dans la vie publique. Cette atmosphère lourde a réduit la marge des luttes politiques et syndicales, à sa plus simple expression. Les combats sanglants menés par les terroristes avaient un objectif double : saper les fondements de l’Etat moderne , et lui fermer tout horizon pour se régénérer, et se développer , à travers la dialectique sociale et politique des luttes menées par les forces vives des pays concernés , d’une part, et d’autre part, placer la barre du combat très haut , de telle sorte que seul le terrorisme et la violence comptent contre les régimes en place .

Ces gens qui viennent de l’étranger , ne connaissant que sommairement les pays dans lesquels ils mènent leur combat , et ne voyant aucune spécificité dans l’évolution politique et sociale de ces pays , leur objectif devient ,ainsi , d’aligner la situation de chacun d’eux sur celles des autres . Le slogan est le même : islamiser ces pays et ne voir dans leur évolution sociale et civilisationelle qu’excès d’occidentalisation et non-respect des préceptes de l’islam. La violence est la forme de combat la plus appropriée.

Or, les spécificités de chaque société, son degré de progrès social et politique donnent de la substance aux luttes des forces vives, et de la consistance aux formes de luttes adoptées, et permettent d’instaurer les paramètres qui permettent d’évaluer les progrès faits par la société dans la réalisation de ses objectifs de progrès social et de liberté et démocratie.

De ce point de vue , les Tunisiens qui sont revenus de Syrie , du Nord Mali , d’Irak , ou même de Libye , sont en train de fausser le jeu politique dans le pays , et de pervertir les luttes politiques et sociales pour la réalisation des objectifs de la révolution , comme c’était le cas lors du retour des Afghans arabes, dans les années 1990 ,en Algérie , et en Egypte . Et les menées pour marginaliser les luttes des forces vives dans les deux pays en question , et saper les fondements de l’Etat moderne chez eux , se vérifie aujourd’hui en Tunisie , avec cette différence que l’entreprise engagée actuellement en Tunisie , profite au projet islamiste défendu par Ennahdha installée au pouvoir, depuis octobre 2011 , et la redistribution des cartes découlant de l’introduction de la violence dans la vie publique , lui servira dans les prochaines élections , au moment où les menées terroristes ont desservi les forces islamistes dites modérées , dans leur quête du pouvoir dans les années 1990 en Algérie et en Egypte .

Aboussaoud Hmidi

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Dans une lettre adressée au peuple tunisien

Dans une lettre adressée au peuple tunisien, l’Union des Syndicats des Forces de l’Ordre (USFOT), évoque les dangers du terrorisme que connait actuellement la Tunisie. Elle rappelle son engagement et celui de toutes les forces de l’ordre à combattre ce danger qui menace la démocratie naissante en Tunisie. Elle appelle aussi tous ces membres à continuer la lutte pour préserver l’intégrité territoriale du pays. Elle appelle surtout, l’ANC 5assemblée Nationale Constituante) à lui ouvrir, le 10 mai prochain, ses porte pour qu’elle puisse mettre au courant les députés tunisien sur «la réalité de la situation et sur la taille réelle des défis». Les députés, l’entendront-ils ?

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Le dossier de la sécurité se pose ces derniers jours sur une nouvelle base .Les syndicats du corps

Le dossier de la sécurité se pose ces derniers jours sur une nouvelle base .Les syndicats du corps , par leurs communiqués ,déclarations et positions ,sont parvenus convaincre les Tunisiens de leur bonne cause .

En fait durant les deux dernières années , ils ont alerté l’opinion sur la situation sécuritaire du pays , sans être entendus , sur les conditions de l’exercice de leur devoir . Les militants de l’extrême- gauche les affrontaient avec des cocktails molotov , Ennahdha se comportait avec eux comme s’ils étaient tous des tortionnaires. Cet état de choses les a réduit à une inaction déconcertante , au moment où les bandits sévissaient dans les quartiers populaires , et le long des routes , les trafics de toute espèce foisonnaient , la violence se propageait à une grande échelle et prenait toutes les couleurs .En un mot ,les agents de l’ordre étaient littéralement seuls ,les foyers de tensions se multiplient , et ils avaient peu de moyens pour les affronter .

A l’origine de ce revirement , les opérations de ratissage dans les hauteurs de Chaambi , qui ont tourné au drame , et les témoignages émouvants des agents de la Garde Nationale sur les chaines de télévision , les radios et aux autres médias .

Les agents de la Garde Nationale ont affirmé , dans leur témoignage , que les forces spéciales du corps , sont en mesure de neutraliser les groupes terroristes , relevant que les assauts contre ces foyers nécessitent des directives ,qu’ils ne reçoivent souvent pas .

« Plusieurs occasions se sont présentées pour liquider les terroristes , mais les instructions nous interdisaient de leur tirer dessus. S’ils bénéficiaient d’une protection, d’en haut, qu’on nous le dise franchement » , s’est exclamé un soldat qui voit tant de temps et d’énergie gaspillés et de risques courus pour repérer des terroristes, sans arriver ensuite à les neutraliser.

La zone n’est pas bouclée , disent les agents dans leur témoignage, et toutes les portes sont grandes ouvertes devant les terroristes , ils vont et viennent , s’approvisionnent , en ville , quand ils veulent et comme ils veulent. Ils circulent en toute liberté, sans être inquiétés, puisque les ordres sont de ne pas les toucher A l’opposé , ces témoins assurent que rien n’est prévu pour les protéger ,eux qui sont en première ligne , même pas une ambulance .

Beaucoup d’observateurs relèvent un grand laxisme , dans le traitement du dossier du terrorisme . Toutes les affaires qui se rapportent à des actions terroristes n’ont pas été élucidées devant l’opinion publique, ni abouti devant la justice . Errouhia , Bir Ali Ben Khlifa , Douar Hicher , la Mosquée Bilal à Jendouba , l’assaut contre l’ambassade et l’école américaines.

Des campagnes entières pour présenter les terroristes sous un angle positif : Raouf Ayadi politicien très proche d’Ennahdha a toujours loué les vertus militantes des djihadistes estimant qu’ils sont porteurs de valeurs morales que les militants de gauche , des droits de l’homme , et les démocrates libéraux ont perdues . Rached Ghannouchi , considère les salafistes comme ses fils , et voient en eux sa jeunesse révolue .

Les mêmes observateurs classent les conditions de libération de Ali Harzi , suspect dans l’assassinat de l’ambassadeur américain à Benghazi ,le 11septembre 2012, après son extradition de Turquie , la cavale qui se prolonge ,du principal suspect dans l’assassinat de Chokri Belaid , et les faveurs accordées aux djihadistes dans la prison d’El-Mornaguia , révélées , dernièrement par un gardien de prison , dans le même registre de la couverture dont bénéficieraient les terroristes dans la Tunisie de l’après 23 octobre .

Le parti Ennahdha , est apparemment engagé dans un vaste projet qui consiste à islamiser le pays , et provoquer un grand bouleversement géopolitique ,pour changer les régimes modernistes dans la région . Le projet de l’Islam politique ,dit modéré , est en parfaite symbiose avec de nouvelles orientations stratégiques des grandes puissances anglo-saxonnes , qui sont en train de redéployer leurs forces et celles de leurs alliés, pour s’adapter à un mode de domination naissant de la région .

Cette concordance entre les deux projets, global et régional , donne une place de choix à la mouvance islamiste dans la gestion des affaires du Proche -Orient et l’Afrique du Nord. Pour être au niveau de ce nouveau rôle , l’Islam politique est obligé de gonfler ses rang en plaçant la ligne de démarcation dans la société tunisienne entre l’Islam dans toutes ses composantes , d’une part , et les courants libéraux, modernistes et de gauche , appelés souvent forces laïques ,d’autre part . A cet effet, le projet islamiste a besoin de toutes ses formations , y compris le djihadisme d’Al-Qaida pour mettre en œuvre son projet global .

Cette approche nous permet d’expliquer l’indulgence , la complicité et même , parfois ,la connivence des pouvoirs en place , envers toutes les expressions islamistes , y compris le djihadisme . Tous les méfaits de l’islamisme , même le port d’armes , et les affrontements , armés ou pas ,avec les forces de l’ordre sont banalisés , justifiés et très souvent défendus comme des actes révolutionnaires . D’Al-Abdalliah , jusqu’aux mises à sacs d’hôtels et restaurants touristiques à Jendouba , à Sidi Bouzid et à Kairouan ,l’envoi des jeunes faire le Djihad en Syrie , en passant par l’assaut donné à l’ambassade américaine , et les attaques contre la France , devant sa représentation diplomatique , depuis son intervention au Nord Mali , sont les faits et gestes qui illustrent cet engagement idéologique .

Dans ce cadre , il n’est pas étonnant d’envoyer les élites de nos forces armées et de sécurité combattre le djihadisme , sans leur donner de directives claires pour mener à terme leur mission . Cette option conforte le parti islamiste qui nous gouverne : il donne l’impression de combattre l’extrémisme religieux , mais dans les faits l’épargne , peut-être pour le récupérer dans des batailles à venir.

Aboussaoud Hmidi

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