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Deux lectures différentes peuvent être faites e des chiffres du commerce extérieur pour les 9 premiers mois de 2012 en Tunisie. La première est celle de la valeur. La seconde est celle des quantités exportées ou importées. Le gouvernement

Deux lectures différentes peuvent être faites des chiffres du commerce extérieur pour les 9 premiers mois de 2012 en Tunisie. La première est celle de la valeur. La seconde est celle des quantités exportées ou importées. Le gouvernement, Hammadi Jbali et ses conseillers économiques, semblent opter pour une lecture en valeur seulement.

– A mauvaise lecture, mauvaises mesures !

Cette dernière, et cela explique l’option du gouvernement, parle d’une hausse de 4 % des exportations et une hausse de 14,8 % des importations, d’où le solde commercial hautement déficitaire de 8813 MDT. Ce qui n’est pas dit dans ces chiffres, c’est qu’ils tiennent compte des sommes, sorties en devises, du Carferry de la CTN (Compagnie tunisienne de Navigation), des rames de train de la CNCFT (Compagnie des chemins de fer) et enfin de l’avion de Tunisair.

Une lecture des mêmes chiffres, mais à travers l’optique des quantités, laisse, au contraire, entrevoir une baisse de 1,9 % des exportations et une hausse de seulement 10,5 % des importations. L’INS précise que «cette évolution résulte d’une augmentation enregistrée au niveau des prix à l’export de 6 % et de 3,9 % à l’importation». La lecture par la seule valeur induit ainsi une mauvaise lecture du déficit commercial et partant, des mesures prises par le Cabinet Jbali.

 

Ce qui attire, par contre, l’attention, c’est la vitesse avec laquelle Jbali et ses conseillers ont «étudié» cette situation des échanges commerciaux 2012. Dans d’autres économies, une pareille situation aurait enclenché une étude, plus approfondie et faite par des économistes attitrés, non par des politiciens qui manquent de toute expérience et encore plus de compétence économiste, et aboutit à un rapport d’où devraient naître des décisions, conjoncturelles ou structurelles. Cela n’a pas été fait.

– Faire l’autruche ou cacher sa tête dans le sable pour ne pas voir le danger.

Les chiffres sont pourtant là. Ce sont, en effet, les trois grands secteurs exportateurs en Tunisie qui ont enregistré, au cours des 9 premiers mois de cette année, les taux de baisse les plus élevés. Le textile&habillement avec une baisse de 9,4 %, le secteur des cuirs et chaussures avec une régression de 2,1 % des exportations et enfin le secteur des industries électriques avec un -0,5 %. Des secteurs où la concurrence internationale, parfois pas plus loin que le Maroc, fait rage. Des secteurs aussi où l’exportation est liée à la production et l’on connaît tout l’état du marché du travail en Tunisie, au cours de 2011 et de 2012, l’explosion des sit-ins et la recrudescence des grèves durant ces deux exercices. Des secteurs aussi où le coût de production est un facteur essentiel pour la décision d’achat par les importateurs européens, qui plus est dans des économies européennes en crise. Des secteurs où le temps de chargement et de déchargement des bateaux, dans les ports entre les mains des douaniers et dans des soutes d’avions, où le retard devient la règle.

D’autres chiffres auraient dû faire l’objet d’une étude, beaucoup plus détachée de la politique politicienne et plus attachée à la politique économique. Dans l’exportation, il y a l’offshore ou entreprises étrangères installées en Tunisie totalement exportatrices et les entreprises locales partiellement exportatrices dites du régime général. On constate, à cet effet, que le solde commercial de l’offshore était, au cours des derniers 9 mois de l’année 2012, positif de 41701 MDT, alors que celui du régime général était déficitaire de 12921 MDT. Quelqu’un dans le gouvernement Jbali s’est-il posé la question de savoir pourquoi ou d’essayer de se le faire dire par les exportateurs ? Non !

– Se boucher les oreilles, pour n’entendre que ce qu’on veut !

Dans le secteur exportateur du textile, ce sont les offshores qui n’exportent plus comme avant (-9,8 %) et la même remarque pour le secteur des industries électriques (-0,7 %). Dans celui des chaussures, ce sont les opérateurs du régime général qui exportent moins (-40,2 %). Pour l’ensemble des produits et en valeur, ce sont les offshores qui baissent leurs exportations, mais qui baissent aussi leurs importations (-2,5 %). Il y a certes un effet change des deux côtés des échanges commerciaux, mais cela ne méritait-il pas étude et des mesures pour booster les exportations autres que celles dont le seul objectif est la baisse des importations ?

Tout cela n’a jamais fait l’objet d’une quelconque velléité d’étude de la part du Cabinet Jbali. Derrière, il faut chercher la ferme volonté de remuer la mélasse sociale et de se heurter à une centrale syndicale ouvrière qui devient une pièce importante dans l’échiquier politique dont le manège est entre les mains de trois partis qui ne cherchent qu’à pérenniser leurs fauteuils de pouvoir. D’où la politique de l’autruche face aux problèmes de l’exportation.

Une autre chose attire aussi l’attention dans ce comportement peu économiste, aussi bien du Cabinet Jbali que de la BCT, un peu trop obnubilée par la seule fonte des réserves de change et du glissement immédiat de l’inflation. C’est le fait qu’aucune réunion restreinte de travail ou plus élargie sous forme de séminaire, n’a été organisée par le gouvernement Jbali avec les exportateurs. Dans d’autres économies, comme celle de la France avec le changement de son gouvernement, le gouvernement a commandé un rapport sur le pouvoir concurrentiel des produits français et les industriels demandent une baisse du coût du travail.

Chez le Cabinet Jbali, les hommes d’affaires sont traités de tous les noms dégradants (comme رجال العمايل ou encore رموز الفساد في تونس), accusés dans des dossiers qui ne voient pas encore le jour, interdits de voyage, leurs entreprises soumises aux redressements fiscaux et de CNSS, rackettés par les politiciens de tous bords et quelques hommes de loi, mis officieusement sous l’aile protectrice ou officiellement dans l’œil du cyclone. Devant tout cela, Hammadi Jbali, son cabinet et surtout le gourou de son parti, font la sourde oreille. Un jour, une autre Histoire en désignera les responsables !

Khaled Boumiza.

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Nous en parlions

Nous en parlions, hier mardi, le chef du gouvernement provisoire, Hamadi Jbali, avait annoncé sa décision d’accélérer l’opération de vérification approfondie des résultats du concours de recrutement des surveillants généraux, qui a eu lieu en 2011. La décision intervenait, selon un communiqué rendu public, mardi par les services du conseiller à l’information de la présidence du gouvernement, «dans le cadre du suivi des réactions suscitées par la proclamation des résultats de ce concours ».

A en croire le président de la «ligue de défense des chômeurs», dans ses déclarations à Attounissya, «il y aurait eu un dangereux trafic, au sein du ministère de l’éducation, à propos des dossiers des participants ». Ali Belafia a aussi précisé que «le ministère a exclu 600 admis et les a échangé contre des personnes plus jeunes, sur la base des connaissances et de la corruption»

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Le gouvernement

Le gouvernement , cité par Radio Mosaïque,  annonce la nomination de  Belgacem Ferchichi, conseiller auprès du chef du gouvernement avec rang et avantages d’un secrétaire d’Etat, Jamel Tahar Laawai, conseiller auprès du chef du gouvernement avec rang et avantage de secrétaire général de ministère, Nabil Ajroud, chargé de mission au cabinet du chef du gouvernement. Il dirigera le comité général de la fonction publique à la présidence du gouvernement.
Ahmed Zarrouk est nommé président directeur général de l’Imprimerie Officielle de la République Tunisienne.

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Le coordinateur de l’union des chômeurs

Le coordinateur de l’union des chômeurs, Salem Ayari, a déclaré que le chef du gouvernement provisoire, Hamadi Jbali, a demandé à négocier avec des représentants de l’union, rapporte notre confrère Al Jarida.
Auparavant, il avait indiqué que les agents de la sécurité l’ont informé de l’arrivée du substitut du procureur de la République en vue de négocier avec les protestataires et les convaincre de lever leur sit-in, en les menaçant, toutefois, d’utiliser la force, en cas de refus.
Salem Ayari a ajouté que le gouvernement ne prête pas de l’intérêt au dossier de l’emploi, lequel représente un atout dont le gouvernement se servira lors des prochaines élections.

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On aura beau dire tout ce qu’on veut du chef du Gouvernement provisoire tunisien

On aura beau dire tout ce qu’on veut du chef du Gouvernement provisoire tunisien, Hamadi Jbali s’améliore. L’homme d’Etat discourt mieux, pèse ses mots, y place de la ponctuation pour nuancer son contenu, arrive même à y glisser quelques boutades et à y lancer des fléchettes en direction de ses ennemis politiques qu’il ne nommera pas, se contentant du «suivez mon regard» de son sourire aux coins des lèvres. On remarquera tout cela, dans son dernier discours, haut perché devant les députés de la Constituante.

Les premières boutades sont, évidemment lancées, aux أزلام النظام (ou suppôts de l’ancien régime) qu’il accuse, comme une évidence, de tout ce qui ne va pas dans la Tunisie qu’il gouverne. La seconde visait, presque sans contredit, l’ancien Premier ministre Béji Caïed Essebssi, lorsqu’il disait à propos du « Comité des sages », que «il y a ceux qui son âgés et qui manquent de sagesse». La troisième visait cyniquement l’opposition qu’il avait toujours accusée de vouloir faire tomber son gouvernement, lorsqu’il disait que «nous allons vers les élections, et que ceux qui sont pressés prennent leur mal en patience « و المستعجل يصبر». La dernière visait, enfin, ceux qu’il ne semble pas porter dans son cœur, les hommes d’affaires, en les apostrophant d’un «je prie ceux qui sont corrompus de se repentir par le travail».

Le chef du Gouvernement n’aime pas les hommes d’affaires.

Manifestement, Hamadi Jbali ne porte pas la «race» des hommes d’affaires dans son cœur. Il dira, peut-être, un jour sa petite histoire avec les hommes d’affaires, mais il ne les aime pas et il ne s’en cache pas. Il reconnaît pourtant leur importance et le fait que sans l’investissement privé tunisien, la croissance qu’il compte injecter dans l’économie, à travers les mesures urgentes de son plan d’action, ne sera qu’une «croissance artificielle». Il s’adresse cependant à ces mêmes hommes d’affaires, qu’il avait quelques secondes plus tôt [et pour la seconde fois, la première étant au siège de l’IACE quelques jours après sa prise du pouvoir] de «رجال العمايل», traduisez par «hommes d’embrouilles », pour leur demander des sacrifices. «Tout le monde doit faire des sacrifices », dit-il en parlant de la conjoncture économique très difficile que traverse la Tunisie, avant d’ajouter que «l’appel est lancé au capital tunisien». On remarquera qu’il évitait ici le qualificatif d’homme d’affaires. Mais on remarquera, surtout, l’utilisation de cet argot tunisien, qui s’apparentait plus à un dénigrement qu’à autre chose, n’était pas fortuit et n’est certainement pas sans lien avec un certain regard qu’il porte sur le monde des affaires. On ne sait ainsi pas, comment le chef du Gouvernement compte s’en tirer durant la prochaine période, qu’il a estimée à 2 ou 3 ans, pour arriver à créer la croissance réelle, créatrice d’emplois ?!

On ne peut cependant s’empêcher de remarquer que c’est un homme d’affaires, des plus connus, qu’avait choisi son parti Ennahdha, pour être son émissaire il y a plusieurs semaines, auprès des autorités américaines. C’est aussi un homme d’affaires, non moins connu, qu’il avait invité lui-même, pour lui assurer les entrées nécessaires auprès des hommes d’affaires saoudiens, lors de son dernier périple au pays du «Serviteur des Lieux saints».On ne peut non plus passer sous silence tout ce qui se dit sur ses rencontres, à La Kasbah même, avec les hommes d’affaires et sur le carrousel d’hommes d’affaires qui font le pied de grue devant le siège d’Ennahdha, ainsi que sur ce qui se dit des flirts financiers du parti avec les milieux des hommes… d’affaires tunisiens.

Niet mesures, menace par la justice et diabolisation des hommes d’affaires !

On ne passera pas non plus sur le fait que le projet de budget économique, revu et corrigé, contient peu ou prou de mesures en faveur des hommes d’affaires. Il y avait même, dans le document initial du plan d’action du chef du Gouvernement tunisien, une mesure concernant une loi pour la réconciliation économique. Elle avait été biffée, gommée grossièrement au Blanco, avant la remise du document à Mustapha Ben Jaafar. Son dernier discours devant la Constituante, ne fait aucune allusion à la liste des 460, ou plus, d’hommes d’affaires interdits de voyage. Il apostrophera cependant, le doigt en l’air, menaçant, que «il n’y aura pas de réconciliation, avant le passage par la justice » !

On s’arrêtera, cependant, presque inévitablement, sur cet autre propos de Hamadi Jbali, débité sur un ton grave devant les députés de la Constituante, juste après avoir traité les hommes d’affaires, d’hommes d’embrouilles. « Le système de la corruption [en Tunisie], repose sur cinq piliers. La justice, la sécurité, les hommes des finances et les hommes d’information», a ainsi décrété le chef d’un Gouvernement qui avait fait vite d’oublier les propos tranquillisants qu’il avait, un jour, tenus à l’endroit des directeurs de journaux. Tombant le voile de l’homme d’Etat, Jbali s’en était ainsi, pris de nouveau et comme le chef de son parti quelques jours plus tôt, aux médias et aux journalistes. Il diabolise, par la même occasion, ce qu’il considère comme étant les «hommes d’embrouilles», en en faisant un des piliers du «fassed», un terme qui désigne à la fois la corruption, les malversations, l’usage abusif du pouvoir et tout ce qui renvoie au mal.

Manifestement, Hamadi Jbali entretient des rapports tantôt conflictuels, tantôt complices avec le monde des affaires et se prend pour le «Robespierre » de la Révolution tunisienne ou le «Saint Just » qui se faisait fort de clamer : « il n’est pas de citoyen qui n’ait sur Louis XVI « le droit que Brutus avait sur César »…. Son glaive, comme il se doit, sera la «justice» !

Khaled Boumiza

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Le chef du Gouvernement

Le chef du Gouvernement, Hamadi Jbali a accusé, jeudi, des spéculateurs d’être derrière la hausse des prix, révélant l’existence de bandes de contrebandiers dirigés par des « caïds » qui n’hésitent pas à en découdre  par les armes avec les autorités tunisiennes, reconnaissant, par la même, l’incapacité du gouvernement à maîtriser la flambée des prix.

Lors d’une séance plénière tenue, jeudi, par l’assemblée constituante, pour examiner le projet de le loi de finances complémentaire pour 2012, il  a constaté que l’explosion des prix est sans précédent en Tunisie, et a pris l’engagement devant les constituants de ramener les prix à leur niveau le plus bas à l’horizon de l’avènement de Ramadhan quoi qu’il en coûte au Gouvernement, après que le pouvoir d’achat du consommateur a été extrêmement mis à mal, selon lui.

L’indice de consommation familiale s’est maintenu à des niveaux records depuis la chute de l’ex-président, le 14 janvier 2011, atteignant 5,4%, en mars, comparé à au mois correspondant de l’année, en raison de la hausse des prix des produits alimentaires essentiellement, ainsi de l’habillement et de l’immobilier qui représentent 70% du couffin de la ménagère en Tunisie.

Hamadi Jbali a reconnu l’incapacité du Gouvernement à maîtriser le phénomène de la hausse des prix , et à organiser la question du stockage et des circuits de production, ajoutant que d’autres facteurs y ont contribué, relevant que l’appareil dictatorial du régime déchu contrôle encore les circuits de distribution, profitant du désordre administratif et l’insécurité au niveau du contrôle des frontières et leur étanchéité s’agissant de contrebande.

Il a affirmé qu’il n’est pas aisé de mettre fin à ce phénomène tant que ces facteurs n’auront pas disparu. Il n’en demeure pas moins que le Gouvernement a mis sur pied une cellule regroupant différentes parties responsables, tels que les ministères de la Défense, de l’Intérieur et du commerce pour mettre hors d’état de nuire les bandes de spéculateurs.

Le chef du Gouvernement a indiqué que les agents de l’Etat ont fait l’objet de menaces par les armes et de violences alors qu’ils tentaient de contrôler les circuits de stockage et de distribution.

Il a révélé que la contrebande s’organise au niveau d’associations de malfaiteurs et au moyen de convois de camions franchissant les frontières par la force.

La plupart des grandes opérations de contrebande se font à travers la frontière tuniso-libyenne, selon Hamadi Jbali qui a annoncé qu’il a été convenu avec les autorités libyennes  de lutter contre ce phénomène qui porte sur les produits subventionnés par la Tunisie, ajoutant que le Gouvernement tunisien a trouvé de bons échos auprès de son homologue libyen.

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Demain vendredi 27 avril

Demain vendredi 27 avril, les chefs d’entreprises publiques se réuniront avec Abderrahman Ladgham, le «Monsieur anti-corruption» du Gouvernement de Hamadi Jbali. Auparavant, les désormais mal-aimés des nouveaux gouvernants tunisien, s’étaient regroupés en une Association pour défendre leurs droits et lutter contre la dégradation de leur image, préméditée ou naturelle du fait de la Révolution, auprès d’un gouvernement qui ne cache plus sa volonté de récompenser ceux qui s’étaient «illustrés» [en fait par leur absence du pays à l’heure de la Révolution] contre la dictature de Ben Ali, comme ils s’étaient déjà partagé l’héritage de fauteuils laissés vacants  par Ben Ali qui fuyait.

Cette réunion intervient, faut-il le noter, dans une conjoncture économique caractérisée par un assaut des demandeurs, intempestifs et empressés, d’emplois et par la baisse de leur productivité.

Ladite réunion intervient aussi dans une atmosphère tendue, depuis les premières nominations, des gouverneurs d’abord, des sous-préfets ensuite et dernièrement des PDG de plusieurs entreprises publiques. Des nominations contestées et sur la qualité de quelques nouvelles nominations, et  sur la manière, plutôt cavalière dont ont été faites ces nominations.

D’abord, celles de la TV nationale où le premier responsable était un très proche d’Ennahdha. Ensuite du rédacteur en chef des journaux TV. Des nominations où la volonté  de mainmise du parti au pouvoir et de son gouvernement Nahdhaoui sur cet outil de mass-médias était à peine voilée, tant elle  était précédée par une campagne de déclarations, dont on ne peut que douter qu’elle était préméditée,  intempestives aussi, dénigrantes et accusatrices les une autant que les autres. Des nominations qui ont soulevé un tollé général dont les échos s’étaient vivement fait entendre jusque dans l’Agora de la Constituante. Vainement cependant, puisque ces nominations s’étaient poursuivies, en cascades non interrompues par le vacarme des Députés de la Constituante, auquel les oreilles de la troïka sont restées sourdes , étant bien calée dans les chaises du pouvoir et bien décidée à terminer son plan de prise de «la Bastille» de l’Administration tunisienne que le ministre de la Réforme administrative menaçait d’épuration.

Depuis, le gouvernement de Hamadi Jbali, apôtre de la bonne gouvernance dont il reprochait  l’absence chez  le Président déchu,  semble avoir assimilé «la leçon» et les toutes dernières nominations en ont administré  l’irréfutable preuve. Faisant fi des règles de bonne gouvernance, réclamant à cor et à cri, comme l’a fait le ministre des Domaines de l’Etat Salim Ben Hamidane que c’est lui qui commande, le gouvernement Jbali cache désormais son jeu, nomme en catimini, veillant à ne rien laisser filtrer et sans avertir même les concernés, leur laissant le non plaisir de découvrir leur renvoi dans le Jort que certains PDG liront dans des chemises kraft apportées par leurs secrétaires.  Habib Belaïd, ancien PDG de la Radio Tunisienne qui n’avait rien vu arriver et qui n’a même pas été contacté après la nomination de son prédécesseur, en a fait les frais. C’est le  cas aussi de l’ancien responsable de la Commission Supérieure des Marchée qui n’a pas été mis au courant alors que la décision de son renvoi avait été déjà prise, comme pour le cas du PDG de la Radio, depuis au moins une semaine. Bien avant lui, il y avait le cas de l’ancien Gouverneur de Médenine.

Toutes ces nominations ont été faites de manière très cavalière, sans aucun égard pour les personnes renvoyées, pourtant appelées au titre du devoir à la Nation pour servir les intérêts de cet Etat et qui rappellent les manières grotesques de l’ancien Président Ben Ali, apparemment dûment héritées par ceux qui répétaient à ceux qui voudraient bien les entendre qu’ils rompront  avec les pratiques de l’ancien régime. Des méthodes, en tout cas de l’avis de tous les observateurs de la scène politique tunisienne, qui restent loin des principes de la bonne gouvernance et la démocratie, Démos Cratos ou le pouvoir par le peuple, où le Gouvernement de la troïka gouvernante en Tunisie ne reconnaît pas ce droit au peuple et semble se résumer dans la réponse du CPRiste Salim Ben Hamidane au syndicat de base de son ministère et d’Ennahdha qui ne reconnaît qu’une légitimité électorale, rappelons le, qui ne l’avait pourtant élue que pour rédiger la nouvelle Constitution !

Il n’est pas enfin interdit de reconnaître que ces nominations, faites de cette manière, semblent pourtant obéir à une logique purement et simplement partisane. La troïka se prépare à de nouvelles élections, processus dans lequel elle traîne volontairement les pieds en annonçant sans en prendre légalement la décision, les dates de mars ou de juin 2013.Toute élection se prépare. Et si elle n’a pas pu, comme elle l’avait dit et souhaité, organiser des élections municipales, elle ne se fait pas faute  de mettre sous son aile le bastion de l’administration en y plaçant ses propres hommes.

Khaled Boumiza.

 

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La présidence du gouvernement appelle l'ensemble des services publics de l'Etat

La présidence du gouvernement appelle l’ensemble des services publics de l’Etat, les collectivités locales ainsi que les institutions et les entreprises publiques à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la mise en œuvre de la stratégie du gouvernement relative à la consécration de la transparence et des principes de la bonne gouvernance et à la lutte contre les causes de la corruption.

En vertu d’une circulaire rendue publique, samedi, sur proposition du ministre chargé de la gouvernance et de la lutte contre la corruption, la présidence du gouvernement a décidé comme suit:

 – créer une cellule pour la bonne gouvernance au sein des structures publiques. Confiée à un cadre, cette cellule sera l’interlocuteur unique des services du ministre auprès du chef du gouvernement chargé de la gouvernance et de la lutte contre la corruption.

– remettre tous les dossiers de corruption et leur avancement ainsi que les décisions prises et celles qui ne sont pas encore entrées en vigueur aux services du ministre chargé de la gouvernance et de la lutte contre la corruption.

– permettre un accès direct ou via le site WEB du public aux informations, données, statistiques, décisions, dépenses, programmes ainsi qu’aux rapports annuels sur la structure administrative concernée, conformément à la législation en vigueur.

– appeler les structures publiques qui n’ont pas encore un site WEB à lancer des sites électroniques conformément aux normes.

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L’homme était passé directement

L’homme était passé directement, de la prison au pouvoir. Une prison où il était incarcéré, pour la première fois, pour un article de presse intitulé «le tribunal militaire, une institution non constitutionnelle qu’il faut dissoudre». On ne sait pas si, maintenant chef du Gouvernement, il a l’intention de réaliser lui-même ce qu’il demandait. Seule chose sûre, c’est que ses ennemis d’hier passent toujours par cette institution. Son lien avec le monde des médias, existe donc, et c’est ce qui l’avait, peut-être, décidé à consacrer une partie de son temps [presque 3 heures], à revenir aux sources, écouter ceux chez qui il avait fait ses premiers pas dans la politique.

En blouson et chemise ouverte, il s’était volontairement mis en face de presqu’une vingtaine de patrons de presse, à écouter et essayer de démêler les écheveaux d’un monde où le matériel flirte allègrement avec les principes et la déontologie. Un monde aussi, celui des médias, où le politique et le journaliste, ne pouvaient être que des frères ennemis. Un monde enfin, qu’il avait pourtant quitté, sans pouvoir le comprendre, surtout lorsqu’il s’était retrouvé de l’autre côté de la barrière et sous les nouvelles règles, de liberté d’opinion, de démocratie et de transparence, qu’il avait pourtant appelées quelques dizaines d’année auparavant, de tous ses vœux les plus pieux.

L’homme, comme son parti dont il refuse pourtant de se détacher même temporairement pour se consacrer à toutes les parties, ne comprenait pas que les médias ne soient pas aux côtés de celui qui se dit «le chef du Gouvernement de tous les Tunisiens» et l’homme qui croit, certainement avec forte conviction, qu’il ne travaille que pour son pays. Il résumera pourtant très bien, devant les patrons de presse, la situation qui le dérange manifestement dans son travail de chef de Gouvernement. «Il y a une crise de confiance, claire, entre le Gouvernement et les média », dit-il presque avec consternation, celui qui se croit dans son propre droit de vainqueur d’une élection, libre et démocratique. Il ne se passe,en effet, rarement une journée, sans que la presse, papier, audiovisuelle ou Internet, ne le «gratifie» d’un article, d’une analyse ou d’un commentaire critique.

On ne sait alors pas si, en disant devant les médias présents, que «tout cela est naturel dans un contexte de révolution, car nous vivons toujours une période de gestation révolutionnaire où la société tunisienne tâtonne encore pour trouver le modèle idéal», il croyait bien ce qu’il disait ou que ce n’était tout simplement que du domaine du politiquement correct face aux patrons de presse.

L’homme n’est pourtant pas le seul à commander. Il est à la tête d’un gouvernement, «d’union nationale», mais politiquement tricolore. Il est chef du Gouvernement d’un parti où les avis politiques diffèrent et vont parfois d’une extrême à un autre. Il est enfin, bien qu’il dise le contraire, représentant, mieux, le SG d’un parti dont une partie de la base est assoiffée de pouvoir et l’autre exprime bruyamment d’énormes attentes politiques qu’elles croient légitimes. «Comment voulez-vous que j’exclue du pouvoir des personnes qui ont toujours connu l’exclusion politique», dira-t-il aux médias en réponse à leurs questions sur les critères de nomination des Gouverneurs et des responsables d’institutions publiques. Le chef du Gouvernement, n’est, en plus, pas le seul à lire cette même presse, et ils sont donc différents à réagir, à interpréter, à bien dire ou médire de ce qu’elle écrit sur leur première expérience gouvernementale à tous.

L’homme vit, visiblement, un dilemme et semble en être conscient même s’il s’en cache habilement derrière son sourire et derrière une disponibilité apparente, vis-à-vis de toutes les questions et de tous les instants, face à un secteur, celui des médias, qu’il sait pourtant de l’autre côté de la barrière.

Pendant les trois heures de la réunion, Hamadi Jbali «prendra son mal en patience», faisant montre au fur et à mesure d’une bonne capacité d’écoute et d’une capacité même à recevoir des leçons. Sans totalement réussir à restaurer, plutôt à installer, un climat de confiance, il posera des questions, prendra des notes, avec une attention parfois soutenue. Une attention, comme lorsqu’il explique encore une fois qu’il n’a nullement l’intention de mettre la main sur la presse, ni publique ni gouvernementale, ou comme lorsqu’il aborde la question des décrets n° 15 et 16 en mettant en avant sa volonté de tout remettre en discussion, avec les professionnels. Une sérénité, peut-être de circonstance et, en tout cas, un sens de l’acceptation de l’avis de l’autre, comme lorsque les patrons de presse lui expliquent qu’il est presque impossible d’installer un climat de confiance dans une conjoncture qui manque toujours de perspectives économiques, de positions et de décisions claires à propos de la question sécuritaire et des salafistes et même d’absence de communication. «S’il y a toujours des choses à critiquer dans l’action du gouvernement, il n’y a toujours rien qui permette d’écrire quelque chose pour la défendre », lui dira un des présents, avant qu’un autre ne l’interpelle que « ce n’est pas tant l’image de l’horloge de l’avenue surplombée d’un barbu qui lève un drapeau noir qui nuit à l’image de la Tunisie, que l’existence même de tels phénomènes. Assis à ses côtés, le ministre des Droits de l’homme, Samir Dilou, qui s’était illustré par de méchantes attaques répétées contre la presse, hoche enfin la tête. Peut-être en signe de compréhension. Les médias tunisiens ont cependant tellement vu de contradictions dans les positions des uns et des autres dans un même parti-gouvernement, que la réunion ne pouvait que se conclure sur un sentiment mitigé, et nous croyons, partagé entre médias et gouvernement. La réunion du chef du Gouvernement, provisoire [Jbali en a ri lorsqu’on le lui a rappelé] avec les patrons de presse, signait ce jour une sorte de trêve. Signera-t-elle la paix ? Seule chose sûre, comme les patrons de presse tunisiens l’ont fait clairement comprendre au chef du Gouvernement, c’est que la presse continuera à défendre sa liberté, même acquise au fond d’un fauteuil, mais certes dans la douleur de 23 ans de brimades.

Khaled Boumiza.

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Le Premier ministre tunisien

Le Premier ministre tunisien, Hamadi Jbali, a estimé mercredi à Berlin où s’est également entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel, que si la Tunisie a fait une Révolution, «ce n’est pas encore tout le système qui a été renversé », rapporte l’agence France Presse.

S’exprimant devant la Fondation allemande DGAP spécialisée dans la politique extérieur, Jbali a parlé économie. «Il s’agit maintenant de mettre en place un plan Marshall pour la Tunisie », a-t-il indiqué. Prenant certainement leçon de son déplacement saoudien, le chef du Gouvernement tunisien se sent cependant obligé de préciser que «nous ne voulons pas mendier », affirmant que la Tunisie avait besoin d’argent pour améliorer ses infrastructures notamment dans les zones de l’intérieur de ce pays, laissées en déshérence pendant des décennies.

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