Pétrole : Des miettes… en attendant Nawara !

Pétrole : Des miettes… en attendant Nawara !

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Avec un baril de pétrole dont le cours peine à descendre en-dessous des 70 dollars, il sera encore plus difficile pour la Tunisie de voir, cette année du moins, un petit bout du tunnel. Même la route de l’endettement, si prohibitif soit-il, lui est barrée, le Parlement, non seulement traîne les pieds pour donner son feu vert, mais semble y opposer un véto qui compromet sérieusement les chances d’une sortie sur le marché financier international. Les banques locales ne sont pas en reste, et sont de moins en mois en état d’alimenter le gouvernement en devises, un marché pourtant très lucratif.

Une conjoncture à ce point morose que la moindre éclaircie sur le front du pétrole redonne du baume au cœur. Ce n’est le graal, mais une découverte dont on pourrait attendre qu’elle soit suivie d’autres plus consistantes. On la doit à la compagnie hollandaise Mazarine Energy qui a annoncé de concert avec son partenaire, l’Entreprise Tunisienne d’Activités Pétrolières (ETAP) ? être tombée sur un réservoir dans le puits d’exploration Sidi Marzoug-1 sur le permis de Zaafrane en Tunisie centrale, large de 4012 km². Il s’agit d’un débit De plus de 2 000 barils de pétrole par jour et de cinq millions de pieds cubes de gaz naturel quotidiennement.

C’est la troisième découverte consécutive en Tunisie, et le fondateur et patron de la compagnie, Edward van Kersbergen y voit une nouvelle preuve du potentiel important du permis Zaafrane et de celui de Douiret qui lui est adjacent. « Nous sommes en bonne voie d’étendre nos activités et de créer de la valeur en mettant rapidement en production le puits et en menant sur une plus grande partie de notre zone d’exploration, des levés sismiques 3D plus tard cette année », s’est-il félicité.

Un prologue salutaire !

La production de pétrole brut de la Tunisie ayant chuté à 3,3 millions de barils au quatrième trimestre de 2018, cette découverte doit résonner comme le prologue d’un léger mieux avec des prévisions de près de 16,2 millions de barils en 2019, contre 14 millions en 2018, selon les données publiées par le ministère de l’Industrie et des PME. Mieux, la production globale de gaz atteindra, au cours de cette année, 2100 millions de m3, contre 2000 millions de m3, réalisés en 2018.

C’est compter sans le très salutaire projet Nawara qui devait entrer en exploitation en juin prochain, mais dont la date a été renvoyée à plus tard. En tout cas, son entrée en service aurait permis d’augmenter, dans un premier temps, la production d’hydrocarbures à près de 7000 barils par jour, et celle de gaz naturel à près de 2,7 millions m3 par jour. Et ce ne serait qu’un début, car la Tunisie va presque doubler sa production de gaz naturel pour atteindre environ 65 000 barils d’équivalent pétrole par jour grâce à Nawara. Autrement dit, la production de gaz du pays estimée à 35 000 barils d’équivalent pétrole par jour passera pratiquement du simple au double.

Une vraie bouffée d’oxygène qui viendra s’ajouter aux réserves de gaz naturel estimées par l’Energy Information Administration des États-Unis, à 2,3 milliards de pieds cubes – produisant régulièrement plus de 65 milliards de pieds cubes par an – ainsi qu’à deux grandes formations de schistes dans le sud, qui pourraient produire jusqu’à 1,5 milliard de barils de schistes et 23 billions de pieds cubes de gaz.

Deux écueils majuscules

Pour que la Tunisie renoue avec ses niveaux de production d’antan, deux écueils doivent être balayés. D’abord le code des hydrocarbures qui fonde le Parlement à avoir droit de regard sur l’attribution des contrats et des concessions de pétrole et de gaz. En effet, des amendements au code sont indispensables pour rendre la Tunisie plus compétitive et attirer les investissements. Surtout, il sera de la toute première importance de trancher le nœud gordien de l’article 13 de la Constitution, qui stipule que tous les accords relatifs aux permis doivent être approuvés par la loi et non par décret.

Second écueil, les mouvements de protestation qui essaiment notamment dans le Sud du pays, entravant dramatiquement toutes les activités de production, d’exploitation et de transport des hydrocarbures, associées , rarement il est vrai, à des actes de sabotage délibérés, pour appuyer des revendications sociales, comme l’emploi et le développement, sous la bannière desquelles le pire est commis. Le plus souvent dans l’impunité la plus totale.

ML

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