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mercredi 28 octobre 2020
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Plus de 700 Tunisiens détenus à Melilla. Le ministre espagnol de l’Intérieur en Tunisie pour obtenir leur retour

C’est l’un des drames collectifs de la migration. Après Lampedusa, les migrants tunisiens sont sous les fourches caudines de Melilla, cette enclave espagnole dont le centre de détention retient contre leur gré plus de 700 d’entre eux, voire 800, selon des sources concordantes.

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 Aziz, 20 ans, en est un. Quand il est parvenu  à entrer dans Melilla, il pensait que la ville autonome serait  une brève étape sur sa route vers l’Europe continentale. « Je pensais que j’allais rester ici pendant deux mois et je suis ici depuis un an et deux mois », dit-il, cité dans un article consacré à ce drame par le site Pledge Times. Il  s’y trouve ainsi que des centaines de ses concitoyens  depuis la fin de 2019, date à laquelle les transferts de ces ressortissants vers la péninsule ibérique ont été arrêtés. Ils ont tous fait l’objet d’un arrêté d’expulsion, mais la Tunisie, qui n’a pas de traité de rapatriement avec l’Espagne, refuse de les accueillir. Le ministre de l’intérieur, Fernando Grande-Marlaska, s’y  rend ces jours-ci pour  tenter d’arracher au nouveau gouvernement tunisien un engagement qui permette le retour de tous ses ressortissants se trouvant dans l’enclave sous administration espagnole, précise le site.

« C’est une prison », proteste Belhassen, qui vit avec Aziz dans une cabane qu’ils partagent avec deux autres personnes. Ils préfèrent être dans la rue, au milieu des  broussailles et des décombres, plutôt que de dormir au Centre de séjour temporaire des immigrés (CETI), d’où ils ont été expulsés en guise de punition à différentes occasions. La situation à l’intérieur est presque insoutenable, avec 1 385 personnes vivant ensemble dans des installations préparées pour 782 personnes. Seuls les Tunisiens, la nationalité la plus nombreuse, totalisent plus de la moitié : 697.

« Les Tunisiens sont nombreux car ils ont bloqué la sortie (vers la Péninsule). Il y a des gens qui sont ici depuis un an et six mois », se plaint Hamdi, 33 ans. Les transferts du CETI de Melilla vers la Péninsule ont été effectués périodiquement avec l’autorisation du ministère de l’Intérieur jusqu’à la fermeture des frontières en mars à cause du coronavirus. C’est le ministère qui étudie les profils des résidents en fonction des places disponibles dans les ressources de la Péninsule. Diverses organisations dénoncent le caractère arbitraire de cette sélection et mettent en avant des critères de contrôle de l’immigration.

La « porte des Tunisiens vers l’Espagne »

En 2019, Melilla a été consacrée comme la porte des Tunisiens vers l’Espagne. Cette année-là, ils sont la première nationalité parmi celles qui arrivent dans la ville autonome (environ 1 200, soit 22 % du total, devant les  Syriens ou les  Marocains). La stratégie de l’exécutif pour décourager l’arrivée et fermer cette voie d’entrée a été jusqu’à présent de les exclure dans les transferts, mais il cherche à effectuer le plus d’expulsions possible et a besoin de la Tunisie comme alliée.

La visite du ministre Grande-Marlaska vise à ouvrir des voies de négociation pour que la Tunisie accepte le retour de ses ressortissants avec un ordre d’expulsion. La position tunisienne est ferme depuis 2011 : des rapatriements, oui, mais en échange de facilités pour gérer les visas d’entrée en Espagne, comme le prévoit le cadre européen. Il s’agirait de développer un régime de visa plus favorable  et moins lourd, notamment pour les étudiants. La Tunisie a déjà proposé à plusieurs reprises, sans succès, à l’Espagne d’ouvrir cette voie, qu’elle maintient déjà avec la France et l’Italie.

En outre, la Tunisie veut être au niveau du Maroc et de la Libye dans la distribution des fonds pour renforcer le contrôle des migrations en Méditerranée. L’Espagne n’a progressé que timidement dans l’aide à la logistique du pays, déjà très consolidée avec d’autres partenaires africains.

« Il n’y a rien de signé entre l’Etat tunisien et l’Espagne », rappelle Hamdi, « la Tunisie n’a rien autorisé ». « Maintenant, la solution est de retourner en Tunisie, n’est-ce pas ? » s’interroge Aziz. « Je suis à Melilla depuis un an et deux mois, j’ai passé trois autres mois au Maroc, est-ce que je vais retourner en Tunisie après 15 mois ? Non, je reste ici ”, a-t-il affirmé cité par PledgeTimes.

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