Le ministre de l’Environnement, Habib Abid, a déclaré que la séance de travail tenue, lundi, au siège du gouvernorat de Nabeul, vise à permettre aux transformateurs de tomates, d’intervenir et de réhabiliter les stations d’épuration des eaux industrielles dans leurs usines, avant le début de la prochaine saison.
Cette réunion a été consacrée à la pollution causée par le déversement des eaux industrielles, notamment celles provenant des unités de transformation des tomates dans le milieu naturel.
« Dans notre approche, nous veillons à promouvoir un développement durable qui tient compte des aspects environnementaux, sociaux et économiques, et nous ne cherchons pas à prendre des mesures dissuasives ou à fermer des unités industrielles », a indiqué le ministre.
Et d’ajouter que cette réunion a été l’occasion de présenter des propositions de solutions innovantes tenant compte de la nature des activités industrielles.
Il a fait savoir que le ministère veillera, lors de la préparation de la loi de finances 2026, à rechercher des solutions susceptibles d’aider les industriels, à travers l’octroi d’incitations ou de financements pour les aider à réaliser des programmes de mise à niveau environnementale de leurs établissements.
Le ministre de l’Environnement a indiqué que la réunion a permis de présenter un diagnostic précis des causes de la pollution dans le gouvernorat de Nabeul, qui se distingue par la spécificité de son milieu naturel lié à la mer. Cette pollution provient de 13 unités de transformation de tomates mais aussi de la margine provenant d’environ 50 huileries.
Traitement au cas par cas
Il a révélé que les usines de transformation de tomates déversent environ 1,2 million de mètres cubes d’eau dans le milieu naturel, notamment dans les oueds et la mer, alors que seulement 3 % des eaux industrielles sont traitées dans les stations d’épuration.
Abid a déclaré que la séance de travail avait conclu à la nécessité de traiter les usines de transformation de la région de Nabeul au cas par cas. Il a souligné que la réunion avait été l’occasion de réaffirmer la nécessité pour les établissements d’assumer leur responsabilité en veillant à ce que leur eau soit conforme aux normes tunisiennes en vigueur.
A noter que la dégradation de l’environnement et l’aggravation du réchauffement climatique imposent une transition environnementale vers une économie verte en Tunisie.
Pour rappel, la Tunisie est appelée, dans le cadre de ses engagements internationaux, à réduire ses émissions de carbone de 45%, d’ici 2030.
Les difficultés qui devraient se poser avec la vague de la chaleur de l’été, notamment, celles relatives à la pénurie de l’eau, le manque de céréales et l’aggravation de la pollution, prouvent que la Tunisie souffre de plus en plus des répercussions des changements climatiques, et qu’elle doit, impérativement accélérer la transition vers une économie verte et durable.
Rappelons, d’autre part, qu’environ 500 000 tonnes de déchets plastiques, produits par l’économie de rente, finissent chaque année dans la mer, causant de graves dommages aux écosystèmes marins, en plus de nuire à la santé humaine, et coûtant à l’Etat des ressources financières importantes pour lutter contre ce phénomène et restaurer les systèmes.








