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Que faisait le président du « Club de Paris » en Tunisie?

Le vocable « Club de Paris », fait peur en Tunisie, et provoque généralement un tollé officiel. La peur, chez le public, de voir la Tunisie solliciter ledit « Club de Paris » pour restructurer sa dette, et qui a parcouru mercredi dernier le corps de l’économie tunisienne, en voyant la cheffe du gouvernement tunisien recevoir le Français Emanuel Moulin, DG du trésor français en compagnie de l’ambassadeur André Parant.  La peur de cette, généralement funeste institution pour les pays débiteurs, est expliquée par le fait que Moulin est aussi le président du « Club de Paris ».

  • Qui est ce « Club » qui fait peur ?

« Le Club de Paris est un groupe informel de vingt-deux pays créanciers dont le rôle est de trouver des solutions coordonnées et durables aux problèmes de soutenabilité de la dette des pays emprunteurs. Fondé en 1956, le Club de Paris a réalisé avec succès plus de 477 traitements de dettes avec 101 pays emprunteurs, couvrant plus de 612 milliards de dollars (en date de février 2022), ce qui en fait « le principal forum de restructuration de la dette bilatérale officielle », peut-on lire dans son tout dernier rapport. Et la visite de Moulin en Tunisie, qui a fait l’objet d’un communiqué laconique, est la 2ème du genre en un an presque jour pour jour.

L’avant-dernière avait été entreprise le 31 janvier 2021, en effet, (donc sous le gouvernement Mechichi), « Emmanuel Moulin, directeur général du Trésor français et président du Club de Paris, accompagné de Magali Cesana, cheffe du service des affaires bilatérales et de l’internationalisation des entreprises du Trésor, a longuement rencontré, le 31 janvier, la ministre des Finances, Sihem Boughdiri Nemsia, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Marouane Abassi, et certains économistes, ignorent que les autorités tunisiennes avaient sollicité l’expertise française en matière de réformes », expliquait alors le médias Jeune Afrique,paraissant à Paris, qui liait alors l’évènement à l’intention de la Tunisie de créer une structure indépendante consacrée à la gestion de sa dette.

  • La Tunisie y figure depuis des lustres

ET J.A expliquait alors que « en sollicitant l’aide de la France pour affiner la vision de la dette, Najla Bouden poursuit la démarche de son prédécesseur, Hichem Mechichi, qui, un an auparavant, avait souhaité conclure un partenariat avec Paris pour mettre en place une agence de la dette et une agence de gestion des participations de l’État ».

La dernière visite de Moulin en Tunisie avait eu lieu, le 25 janvier 2023. Selon le laconique communiqué de La Kasbah, « cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la tradition de concertation et d’échange de visions entre la Tunisie et la France dans divers domaines, notamment économique et financier ». Aucune mention n’y a été donc faite du « Club de Paris », et il se pourrait encore que l’explication de la structure en charge de la gestion de la dette soit encore valable. Sauf qu’en Tunisie de l’an 2023, c’est encore « silence, on tourne ». On sait pourtant que Moulin serait passé en coup de vent chez la ministre des Finances, qui l’aurait accompagné chez Nejla Bouden en face de chez elle !

Le « Club de Paris » n’est pourtant pas une institution inconnue pour la Tunisie. Dans son dernier rapport d’activité, en effet, on apprend pourtant que la Tunisie y figure comme pays débiteur de 3.731 MUSD (11.379.550.000 DT) !

On ne sait pas si la Tunisie a un quelconque lien avec le « Club de Londres », autre institution similaire qui, bien qu’inspiré de celui de Paris, préfère rééchelonner les dettes. Les autorités financières tunisiennes ont été toujours muettes à ce sujet, et ledit « Club de Londres » est presqu’un inconnu en Tunisie.

Le doute sur l’objet de la dernière visite de Moulin, alimenté, faut-il le rappeler, par le silence et le refus de communication, comme Africanmanager a pu le constater lui-même de tous les officiels en charge des dossiers financiers de la Tunisie dont la BCT aussi qui a été mal-notée par Moody’s, est attisé par le fait que la dette de la Tunisie explose.

L’encours total de la dette extérieure de la Tunisie a atteint environ 132 milliards de dinars en 2021 (environ 41,6 millions de dollars américains), selon le dernier rapport de la Banque mondiale (BM) sur l’endettement international « International Dept Report 2022 », rendu public en décembre 2022.

Et ce qui n’arrange pas les choses de ce pays au 132 Mds USD de dette, c’est cette nouvelle dégradation de la note souveraine de la Tunisie par l’agence de Rating (Dite par le Chef de tout l’Etat tunisien « امك صنافة », « Maïté » à la française, genre de figure culinaire à la tunisienne. « Si un financement important n’est pas assuré, la Tunisie risque un défaut de paiement de sa dette », avertit l’agence de rating, dont l’avis sonne comme un dernier avertissement avant le défaut de paiement.

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1 COMMENTAIRE

  1. Les solutions existent pour sortir notre pays de cette crise qui n’aurait jamais dû exister , qui est liée à un vaste complot visant à saboter notre économie pour offrir nos parts de marchés à nos concurrents sur un plateau en or massif.
    Ces solutions ne coûteront rien , seront applicables immédiatement et génèreront très vite une croissance beaucoup plus forte.
    Il faut remettre en route les secteurs paralysés depuis 12 ans maintenant , à savoir principalement le phosphate , et les faire tourner à plein régime , coûte que coûte.
    On ne peut plus laisser une poignée de voyous s’octroyer un droit de vie ou de mort sur des pans entiers de notre économie et prendre le pays en otage.

    Ensuite , IL EST URGENTISSIME D’OUVRIR ENFIN NOTRE CIEL comme l’ont fait tous nos concurrents , favorisant ainsi un décollage sans précédent de leurs économies , sans jeu de mot.
    Cette concurrence , que certains redoutent tant en Tunisie , a permis à nos concurrents de voir leur trafic aérien littéralement exploser , au profit de toutes les compagnies , y compris les compagnies nationales , ce qui signifie beaucoup plus de touristes , d’hommes d’affaires , de trafic erhnique.
    Avant l’instauration de l’OPENSKY , le trafic aérien en Tunisie était supérieur de 70 % par rapport au Maroc , aujourd’hui et depuis l’ouverture du ciel marocain , les choses se sont nettement inversées.
    Sans open sky , on peut faire tous les efforts qu’on veut dans tous les domaines , notamment la qualité de service , on restera toujours à la traîne.

    Que nos dirigeants arrêtent donc de tergiverser et de faire semblant de ne pas comprendre la situation , qu’ils prennent les bonnes décisions sans plus attendre.
    Le potentiel de la Tunisie est énorme , et malgré les difficultés actuelles , ses performances sont loin d’être ridicules, elle est simplement entravée dans son développement par des ennemis aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur.
    Continuer à ignorer plus longtemps ces réalités serait purement criminel , et d’ailleurs c’est déjà le cas depuis le déclenchement de cette révolution râtée.

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