AccueilLa UNEQuels obstacles à un meilleur écosystème de l’entreprenariat en Tunisie ?

Quels obstacles à un meilleur écosystème de l’entreprenariat en Tunisie ?

C’est un diagnostic bien précis que vient de poser une étude financée par l’Union Européenne  de l’écosystème de l’entrepreneuriat et de l’innovation en Tunisie. Les experts ont agi sur  trois composantes  à savoir  le  soutien aux structures d’accompagnement et aux porteurs de projet innovants, l’appui à la mise en place d’un cadre règlementaire et de financement en faveur de l’entrepreneuriat innovant, et la  valorisation de l’écosystème de soutien à l’entrepreneuriat innovant .

Reprise par le site South.EUNeighbours, l’étude répond en premier lieu à une finalité d’apprentissage puisqu’elle cherche à expliquer les principaux leviers ou obstacles au développement d’un écosystème en faveur de l’entrepreneuriat innovant ainsi que la contribution de cet écosystème à la croissance économique.

Le périmètre temporel de l’étude est la période 2011-2021. Toutefois, si son objectif est d’identifier les grandes étapes du développement d’un écosystème entrepreneurial depuis 2011 en Tunisie, l’étude porte en priorité sur la sous-période 2018-2021, caractérisée par l’adoption et la mise en œuvre du nouveau cadre règlementaire visant à faciliter le lancement et le développement des start-ups, le Startup Act.

Qu’elle soit limitée ou radicale, l’innovation peut donc concerner le produit (aspect du produit, contenu technique), le procédé de fabrication (modification des outils ou des technologies de production en vue d’améliorer la productivité, la qualité), l’organisation (adoption de méthodes avancées de gestion, nouvelles méthodes d’organisation du travail, une modification des orientations stratégiques) ou la commercialisation (conception ou conditionnement, placement, promotion ou tarification) (Les catégories d’innovation selon le Manuel d’Oslo).

Si l’étude n’a pas permis de retracer de façon exhaustive les différentes étapes de la mise à l’agenda de la question de l’entrepreneuriat innovant en Tunisie, il apparait que celle-ci est étroitement liée aux mutations impulsées par la révolution de 2011. La révolution du Jasmin a en effet agi comme un révélateur des inégalités socio-économiques de la société tunisienne et mis spécifiquement l’accent sur le problème d’accès à l’emploi des jeunes, et en particulier des diplômés.

Un vaste chantier

La promotion de l’entrepreneuriat innovant comme solution pour lutter contre le chômage des jeunes est un chantier qui a notamment été porté par différentes organisations internationales auprès des autorités nationales.

La Tunisie se trouve aujourd’hui dans une phase critique de sa transition suite. Et pur réussir, le pays  doit affronter les problèmes majeurs que sont le chômage et la pauvreté qui affectent particulièrement la jeunesse dans un pays dont la population est relativement jeune.

La Tunisie compte aujourd’hui environ 200.000 chômeurs diplômés auxquels s’ajoutent chaque année 80.000 diplômés supplémentaires à la recherche d’un emploi.
Parallèlement, l’économie tunisienne se caractérise par un tissu économique composé d’entreprises traditionnelles engagées dans des secteurs traditionnels à faible croissance et aux faibles opportunités de génération de revenus, elle doit donc obligatoirement s’ouvrir vers des technologies, des produits et des marchés nouveaux. La création d’emploi pour la jeunesse et la transformation de l’économie sont les deux côtés d’une même médaille, un défi que seul l’entreprenariat peut relever. (OCDE, 2012)

La période 2011-2015 a été marquée par un premier essor de projets entrepreneuriaux qui se sont heurtés à des freins liés à l’inadéquation du cadre règlementaire et au nombre limité de structures d’accompagnement. Il a été  constaté  qu’il y avait énormément de défis différents. L’écosystème était en panne et on a été conduit à créer des petits groupes de pression.

La mise à l’agenda des difficultés rencontrées par les entrepreneurs innovants est ainsi un mouvement reposant initialement sur des initiatives de la société civile. Cette dynamique a ensuite été relayée au niveau de l’État par le ministère des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) qui a impulsé en février 2016  une réflexion collégiale autour de plusieurs thématiques clés (cadre règlementaire, éducation et formation, fiscalité…). La formulation de la nouvelle stratégie nationale en faveur des start-ups a ensuite été confiée à une task force composée de quatre représentants de la société civile et présidée par le directeur d’un fonds d’investissement, qui a présenté une première version du Startup Act en juin 2016

La croissance du nombre de programmes de soutien des bailleurs sur la question de l’entrepreneuriat innovant est concomitante avec le processus de conception et d’adoption du Startup Act. Ceci s’explique principalement par le fait que les bailleurs ont lancé de nouveaux programmes sur cette thématique afin de soutenir cette initiative règlementaire et l’opérationnaliser.

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1 COMMENTAIRE

  1. Des études, toujours des études sans fin, pourquoi on ne consulte pas les diverses études liées à l’entrepreneuriat et faire la synthèse en évitant de faire et de refaire toujours la même chose, du perte du temps et de l’argent, mauvaise gestion car tout a été fait ce qui manque c’est les réalisations, le suivi et l’évaluation d’actions liées à ce sujet. Tout a été fait, il suffit de les reprendre pour mieux les appliquer. Une expérience positive a été faite à Medenine et à Tataouine en collaboration avec l’ODS et le PNUD, pourquoi ne s’inspirer pas de ce programme pilote qui répond à la création d’entreprise et donc à la création l’emploi.

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