AccueilLa UNERached s’accroche, et les 131 préparent leurs pioches

Rached s’accroche, et les 131 préparent leurs pioches

Le parti islamiste tunisien Ennahdha, cité par l’Occident en exemple de l’islamisme politique réussi, n’est pas encore mort, mais il a éclaté. Les fissures avaient commencé à craqueler depuis les démissions de Zied Laadhari, de Fathi Ayadi, et bien avant eux, d’Abdelfattah Mourou. Obtus et politiquement sénile, son leader n’a point su capter les messages, ni celui de ses propres ouailles, ni celui de ceux qui avaient cru en lui en 2014, et encore moins celui du reste de la population. « Il y a eu trop de différends au sein du Mouvement qui ont commencé dès 2011 (…). La fronde existait déjà, même si nous espérions que le président du Parlement allait enfin entendre raison et entreprendre les changements réclamés par les réformistes. Mais voilà que lui et son entourage direct écartent complètement ces derniers du centre de décision. Il était clair que le point de non-retour était atteint », avoue enfin l’un des caciques d’Ennahdha et opposant du vieux leader, l’ancien ministre Nahdhaoui de la Santé Abdellatif El Mekki à l’agence de presse turque Anadolu.

  • Moi, moi, malgré le déluge !
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Têtu comme une bourrique politique, gérant autiste de la boutique des frères musulmans en Tunisie et véritable dictateur dans un parti politique qui prêche la démocratie, Rached Ghannouchi hausse une première fois le ton, et renvoie (le 23 août 2021), tout le bureau exécutif du parti où les adversaires deviennent plus nombreux que les fidèles.

Les premiers avaient cru pouvoir le mettre sur une voie de garage, en lui assurant le Perchoir à l’ARP, au prix de différentes et intenables coalitions, dont la plus improbable avait été celle de Qalb Tounes de Nabil Karoui. Ce dernier avait par la suite fui en Algérie. Mais comme il n’était pas été fuité, comme Rached Ghannouchi en 1986, par Ben Ali à bord d’une voiture officielle, il fut vite arrêté et traduit devant la justice algérienne. Les seconds espèrent remettre le pied dans l’étrier du pouvoir derrière leur parti, avec tout ce que cela pourrait laisser entrevoir de possibles bénéfices et autres passe-droits.

A Tunis, Ghannouchi dont les enfants auraient déjà pu gagner l’étranger malgré les mesures d’interdiction de voyage, s’accroche des pieds et des mains à ce qui reste du parti islamiste Ennahdha, sa seule carte de visite pour revendiquer « son » Perchoir. Sur Al-Jazeera, où ses semblables ont depuis le 25 juillet 2021 tous droit de cité, il persiste, signe et affirme s’en tenir à son statut parlementaire, sa seule bouée de sauvetage devant ce qui reste d’Ennahdha, en espérant un hypothétique dégel sous pressions étrangères, qui en ferait un héros de la résistance, et redorerait son blason.

  • Les déserteurs tenteraient de reconstruire la barque en changeant les couleurs

Entretemps, les 131 dissidents qui ont fini par claquer la porte de l’islamisme politique « Made-by-RG » au nez de l’irréductible chef toujours gelé sur son Perchoir aiguisent déjà leurs pioches destructrices. Ils espèrent peut-être que l’attitude têtue du renégat des frères musulmans, juste du bout des lèvres, finira par s’immoler dans la glace où l’avait mis Kais Saïed. Sa disparition pourrait ainsi ouvrir la voie à un « Ennahdha-bis », certes plus déplumée que la colombe vite transformée en vautour, politique, économique et d’autres choses, mais qui relancerait une idée, pourtant enterrée par les Tunisiens, celle de l’islam qui servirait de cheval de Troie politique.

Ancien homme de médias, Mustapha Attia rappelait dans un récent Post, ce qu’avaient fait des députés et hommes politiques turcs, en janvier 2011. Ils avaient alors démissionné du parti islamiste  de Necmettin Erbakan « Al-Fadhila », dès qu’ils avaient entendu parler de la possible dissolution de ce parti par Erdogan. Attia laissait ainsi entendre que le chef de tout l’Etat tunisien pourrait franchir le Rubicon de la dissolution du parti Ennahdha sur fond d’une possible affaire en justice après les révélations de la Cour des Comptes sur les dépenses d’Ennahdha pour remporter législatives. L’ancien « Général » destitué du ministère de la Santé par l’ancien chef de gouvernement Elyes Fakhfakh, confirme chez Anadolu, la prochaine réorganisation des « déserteurs » du Bounty islamiste dans un cadre qui reste à définir, mais n’en continue pas moins d’essayer de manipuler son monde, en promettant « un projet sociopolitique et économique qui réponde aux attentes des Tunisiens ». Honoré de Balzac disait que « il se repentira mais la nécessité revenant, il recommencerait car il est sans force contre la satisfaction de ses moindres ambitions ». Un autre dicton local dirait autre chose, mais on s’en tiendra à Balzac !

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