Le ministère de la Santé déclare que son communiqué publié le 24 août dernier concernant le système pharmaceutique et la rationalisation des prescriptions médicales « a été mal interprété et utilisé à des fins autres que son objectif réel », affirmant que son appel à la rationalisation des prescriptions médicales « n’a jamais eu pour but de priver les patients de tout traitement, mais plutôt de garantir la continuité de l’approvisionnement ».
Dans un autre communiqué publié par ses soins, le ministère de la Santé a appelé à « ne pas se laisser influencer par les fausses informations et les interprétations erronées qui visent à perturber et à entraver le travail du ministère dans le développement du secteur de la santé et des médicaments », en réponse aux « fausses informations et aux vidéos anciennes liées au secteur de la santé et des médicaments » qui ont circulé.
Le ministère a souligné que « la rationalisation de l’utilisation des médicaments est une science à part entière dans tous les pays du monde et ne signifie pas priver les patients de traitement, mais plutôt utiliser les médicaments de manière appropriée, en quantité et pendant la durée nécessaire pour qu’ils soient efficaces ».
Il a indiqué que la stratégie nationale en matière de médicaments repose sur la garantie de la pérennité des stocks stratégiques, l’encouragement à la prescription de médicaments enregistrés et génériques, et la garantie de l’accès des patients à tous les traitements nécessaires.
A noter que le secteur pharmaceutique tunisien continue d’aller de l’avant malgré des défis persistants. Au-delà des difficultés que traverse le pays, cette industrie demeure robuste, en répondant aux besoins de la population en médicaments et en contribuant significativement à la prospérité économique du pays. Et ce, même durant les moments les plus difficiles comme en témoigne sa résilience face à la crise sanitaire déclenchée par Covid-19.
Conscient de l’enjeu, l’État a renforcé son engagement en faveur de ce secteur depuis la fin des années 80. À cette époque, une industrie d’État ne couvrait qu’entre 5 et 6% des besoins nationaux en médicaments. « Une clarification politique en matière d’investissement sectoriel et des mesures incitatives spécifiques ont donc stimulé une dynamique positive dans le secteur » souligne le conseil national de l’ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT).
Un marché de 1,69 Md USD
La taille du marché pharmaceutique tunisien a été évaluée à 1,69 milliard de dollars américains (Md USD) en 2021 et le chiffre d’affaires total devrait croître de 12,9 % entre 2022 et 2029, pour atteindre près de 4,47 milliards de dollars américains. C’est ce qu’indique le site « Maximisemarketsearch », dans un récent aperçu du marché pharmaceutique tunisien.
Selon la même source, « la Tunisie est l’un des rares pays d’Afrique à disposer d’un secteur pharmaceutique doté d’une gestion sophistiquée et de technologies avancées, tant en termes de qualité que de sécurité des produits. La production locale de médicaments génériques est d’environ 49 % et les importations d’environ 51 %.. Tunis compte environ 39 sociétés pharmaceutiques dans la région.
Défis réglementaires et législatifs
Pendant longtemps en Tunisie, la gestion administrative des médicaments était fragmentée entre plusieurs structures, ce qui constituait un obstacle au développement du secteur de l’industrie pharmaceutique.
Longtemps réclamée par les professionnels du secteur, l’Agence nationale du médicament et des produits de santé a été mise en place en vertu de la loi n° 2023-2 du 12 juillet 2023.
Perçue comme un signal fort de l’engagement de l’Etat en faveur d’une démarche de consolidation et de développement de cette industrie, cette agence unifie les structures de gestion des médicaments et produits de santé. Elle a pour mission d’instaurer une politique nationale cohérente dans le domaine pharmaceutique, renforçant les contrôles sur la fabrication, l’enregistrement, l’importation, l’exportation, la distribution et la commercialisation de ces produits.
Cependant, et malgré les éloges des industriels pharmaceutiques locaux à l’égard de la création de cette agence, le secteur demeure confronté à des défis majeurs dont notamment la législation en vigueur, jugée « inappropriée » pour encourager son expansion. Il s’agit essentiellement de la loi n°73 régissant les professions pharmaceutiques et dont la révision est désormais une urgence (…).








