AccueilLa UNERetour de l’investissement prodige

Retour de l’investissement prodige

La Tunisie a multiplié ces derniers mois les offensives de charme en direction des investisseurs locaux et étrangers allant de la suppression des autorisations d’investissement à la permission d’acquérir des logements pour les étrangers, et la possibilité pour les entreprises produisant pour l’exportation d’écouler 50% de leur production sur le marché local, parallèlement à un projet de révision de la réglementation des changes, des incitations pour le lancement de projet dans les énergies renouvelables dans le cadre du Partenariat Public Privé, et bien d’autres initiatives analogues.

Aussi, malgré les aléas de la conjoncture,  rendue plus complexe par un contexte international imprévisible, le site économique tunisien reste intéressant, ne serait-ce que par sa proximité aux Grands Centres Economiques d’Europe, selon plusieurs rapports indépendants qui n’hésitent pas à le qualifier, comme autrefois, de site attractif.

Dans un article intitulé « Quelles démarches pour créer sa société en Tunisie » publié par le site international  «Be a Boss» (sois entrepreneur), fin novembre dernier 2022,l’auteur de l’article, Sandrina Gomes Teixeira, écrit en substance : «Pas besoin de Visa pour aller vivre en Tunisie : il suffit d’un simple titre de séjour. Bien que les démarches soient longues et fastidieuses, il est possible pour un entrepreneur de créer sa société en Tunisie. Beaucoup d’investisseurs étrangers misent sur ce pays. L’entrepreneur peut librement choisir l’emplacement de son siège social s’il fournit un contrat de location ou une domiciliation légale».

Et d’ajouter « La Tunisie est une économie dynamique située au sud de la Méditerranée. Le pays est une porte d’entrée idéale pour l’Afrique et le Maghreb. Les principaux secteurs économiques sont le tourisme, qui fonctionne très bien grâce aux millions de touristes se rendant en Tunisie chaque année. Les technologies de l’information et le TIC sont également des secteurs porteurs, au même titre que l’énergie renouvelable, l’industrie électronique et électrique ainsi que l’agriculture ».

Des commentaires similaires de parties indépendantes font légion sur le WEB et dans la presse écrite.

Reprise des IDE en 2022

Au-delà des pessimistes, et d’une traversée de désert réelle consécutive notamment à la pandémie de coronavirus, les derniers développements sur le terrain du concret donnent raison à ces analystes.

Les investissements locaux et étrangers ont repris en Tunisie, au cours de 2022.

Selon les données les plus récentes de l’Agence tunisienne de promotion de l’investissement extérieur (FIPA), les flux des investissements étrangers vers la Tunisie ont connu, jusqu’à fin septembre 2022, une hausse de 18,9% par rapport à la même période de l’année écoulée.

La Tunisie a attiré, ainsi, des investissements étrangers d’une valeur de 1645 millions de dinars, jusqu’à fin septembre 2022, contre 1383,4 millions de dinars durant la même période de 2021.

En ce qui concerne la répartition sectorielle des investissements directs étrangers, la FIPA a indiqué que le secteur des industries manufacturières a été celui qui a attiré le plus d’investissements, atteignant ainsi une valeur de 879,7 millions de dinars.

Le secteur des services a enregistré, jusqu’à fin septembre 2022, des investissements étrangers d’une valeur de 376 millions de dinars.

Cependant, les investissements dans le secteur de l’agriculture demeurent toujours faibles, atteignant 6 millions de dinars contre 5,2 millions en 2021et ce en raison de la réglementation stricte des investissements étrangers dans ce domaine.

Les investissements dans le secteur des énergies ont enregistré aussi une baisse de 6,7% pour atteindre 377,5 millions de dinars.

Le décret loi relatif à l’amélioration de la réalisation des projets promulgué en octobre dernier comporte des incitations en matière d’énergies renouvelables.

Les opérations d’investissements tendent à la réalisation de 53 nouveaux projets, et 367 projets d’extension.

La France reste le premier investisseur étranger en Tunisie, suivie du Qatar, l’Italie, l’Allemagne et le Japon.

Mais concours heureux de circonstance,  la Tunisie constitue le premier investisseur du continent africain en France, en nombre de projets implantés, selon un rapport officiel français.

Libéraliser davantage

Toutefois, les analystes estiment que la Tunisie peut mieux faire pour retrouver totalement sa crédibilité, sans attendre les attestations de bonne conduite du FMI. Elle a été longtemps présentée, en vain, comme un bon élève de cette Institution internationale.

Déjà en janvier 2022 et bien avant les nouvelles dispositions de libéralisation économique signalées, le site « Cabinet H DEG Consulting », après avoir souligné que l’investissement occupe  une place de choix dans la politique économique libéralisée engagée par la Tunisie depuis la fin des années 1980, note que le législateur tunisien ne cesse de suivre une politique libéralisée et d’inciter vers l’accès libre au marché tunisien, à travers l’institution d’une panoplie d’avantages financiers dans le cadre du nouveau Code des investissement de 2016. Il a aussi prévu divers avantages fiscaux à travers les dispositions de la loi n° 2017-8 du 14 février 2017, portant refonte du dispositif des avantages fiscaux.

Il avait pointé du doigt, alors, à juste titre, « des atténuations au principe de la liberté de l’investissement qui empêchent les investisseurs étrangers d’accéder, comme il se doit, au marché tunisien », signalant la soumission à des procédures lourdes telles que les autorisations obligatoires, le capital minimum.

Il a souligné aussi que la participation des investisseurs étrangers est presque interdite dans certains secteurs tels que les secteurs de pêche, d’agriculture, d’enseignement privé.

Cependant, les commentateurs soulignent que ces lacunes vont être corrigées par l’accord de libre- échange complet et approfondi (ALECA) avec l’Union européenne en cours de négociation qui tend à lever les obstacles d’intervention des opérateurs européens dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche et des services.…

Le même cabinet a évoqué aussi l’existence d’incohérences et de zones d’ombres dans le cadre législatif de l’investissement qui nécessitent d’autres réformes afin de les clarifier pour permettre aux investisseurs nationaux et internationaux d’accéder au marché tunisien, en conformité avec les meilleures universellement convenues régissant les économies de marché.

Les nouvelles réformes tunisiennes apportent des rectifications dans cette direction.

S.B.H

- Publicité-

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -