AccueilLa UNESaied dévoile au petit trot ses batteries!

Saied dévoile au petit trot ses batteries!

Le président de la République Kais Saied continue de distiller à petites doses l’architecture de l’avenir politique auquel il destine la Tunisie. Des annonces, tantôt subliminales, tantôt passablement explicites, qui, alignées les unes aux autres donnent clairement à penser que l’on est entré de plain-pied dans une ère  qui n’a aucune commune mesure avec celle qui l’a précédée. D’ailleurs, son conseiller, Wali Hajjam, l’a dit  le plus sentencieusement du monde :  « Il n’y aura pas de retour au système d’avant 25 juillet ».

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 Lors de sa dernière apparition à l’avenue Habib Bourguiba, son lointain successeur Saied a déclaré former le projet de suspendre la constitution et  évoqué la probabilité de changer le système politique par  voie de référendum. Une perspective qui ressortit au leitmotiv de la campagne qu’il avait lancée pour un gouvernement radicalement décentralisé, avec une présidence forte et des conseils locaux qui géreraient les affaires de la Tunisie.

Populiste sans parti, il s’insurge depuis longtemps contre la nature partisane du Parlement, et de nombreux analystes pensent que les changements à venir pourraient proposer d’éliminer complètement le corps législatif.

L’analyste du risque politique tunisien, Habib Sayah, cité par « The National »,   estime qu’un référendum soulèverait  un grand nombre de questions.  Contrairement à la constitution de 2014, qui a été rédigée pendant trois ans par une assemblée constituante élue, une nouvelle constitution serait en grande partie l’œuvre de  Saied et d’un petit groupe de conseillers.

« Va-t-il nous donner l’occasion de débattre de sa vision, de proposer des amendements et de lui faire subir quelques contrôles de réalité ? ». a demandé l’analyste. Depuis qu’il est seul au pouvoir, Saied s’est isolé de plus en plus, refusant de discuter avec les partis politiques ou les organisations de la société civile.

Au début, le chef de l’Etat a bénéficié d’un large soutien populaire pour sa démarche, de la part d’une population exaspérée par des mois d’impasse politique, de ralentissement économique et d’une situation Covid-19 intenable. Mais alors que l’élan s’est ralenti depuis le palais, nombre de ses partisans sont devenus impatients de voir leur président tenir ses promesses.

La société civile monte sur ses ergots

C’est encore plus le cas de nombreux acteurs politiques et de la société civile qui se disent attachés à la Constitution et contre toute tentative de la contourner ou de la transgresser.  Plus de 90 activistes politiques et de la société civile ont souligné, dimanche, dans une déclaration, leur « attachement à la Constitution de 2014 qui est le couronnement du processus de la révolution », refusant « toute tentative de la contourner ou de la transgresser ».

Ils ont estimé que les dernières déclarations du conseiller du président de la République « confirment le processus putschiste enclenché le 25 juillet dernier en violation des dispositions de la Constitution, et ce par la voie de mesures d’exception qui se ne sont pas conformes au contenu de l’article 80 de la Constitution ».

Et de rappeler que des professeurs en droit constitutionnel, des activistes de la société civile, des partis politiques et plusieurs citoyens avaient signé, le 2 août dernier, une pétition contre ce « coup d’Etat » pour mettre en garde contre une telle initiative.

Les signataires de la déclaration ont appelé à « conjuguer tous les efforts contre le coup d’Etat, et à un retour rapide au processus démocratique ». Il y a lieu également, ont-ils souligné, de mettre fin aux mesures d’exception dont le gel des activités du parlement.

Ils ont fait part aussi de leur inquiétude face à l’état des libertés en Tunisie, notamment au vu des interdictions de voyage, la tenue de procès de civils dans des tribunaux militaires et des arrestations et descentes en dehors du processus judiciaire et légal. Il s’agit d’un indicateur grave qui s’oriente vers une nouvelle dictature, ont-ils estimé.

Les signataires de la déclaration ont, par ailleurs, exprimé leur satisfaction des voix qui s’élèvent de plusieurs acteurs politiques et activistes de la société civile contre l’initiative du chef de l’Etat.

« Ceux-là mêmes qui ont perçu l’intention de sortir du cadre de la légalité, refusant tout changement du pouvoir en place sans respecter les dispositions de la Constitution », ont-ils souligné.

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