Pénurie de médicaments, scanners en panne, urgences saturées, médecins qui fuient, tel est le tableau dressé jeudi au siège du conseil régional de Sfax.
Lors d’une réunion tenue sous la présidence de Jamel Bekkas, élus et responsables sanitaires ont confronté chiffres et réalités de terrain pour cartographier les défaillances du système de santé dans le gouvernorat.
Délégation par délégation, les conseillers régionaux ont égrainé les problèmes. Etat des lieux : la délégation de Mahres manque de médicaments dans ses hôpitaux et centres de santé de base alors que la majorité des délégations sont en mal de médecins spécialistes.
Aussi, certains établissements peinent à s’approvisionner en eau. C’est ainsi que trois hôpitaux, Mahres, Bir Ali Ben Khalifa, Djebeniana, fonctionnent sans scanner.
Quant à l’hôpital d’El Henchir, il est prêt mais inexploité alors que le projet d’hôpital de Bir Ali est à l’arrêt.
À l’hôpital universitaire Hedi Chaker, les équipements d’analyses génétiques sont aussi hors service depuis deux ans. Une situation qui pousse les patients à rallier Sousse pour réaliser ces examens. S’agissant des urgences de l’hôpital Habib Bourguiba, elles, croulent sous l’afflux.
Face à ces constats, les revendications ont fusé. C’est ainsi que les participants ont plaidé pour un partenariat public-privé pour créer des complexes médicaux, conformément à la loi n° 47 de 2019 et au décret présidentiel n° 451 du 6 mai 2022.
Ils ont également appelé à l’extension du dispensaire intermédiaire de la route de l’aéroport et à prévoir des incitations financières pour retenir les spécialistes en Tunisie et freiner la fuite des cerveaux. Le dossier de la digitalisation des services de santé, longtemps attendu a retenu lui aussi l’attention des intervenants.
Prenant la parole, Achraf Ghorbal, a apporté quelques réponses concrètes. Le projet d’un service des urgences à l’hôpital de Mahres est programmé, financé par la Banque koweïtienne de développement en coordination avec le ministère de la santé, a-t-il révélé, ajoutant que la SONEDE a été mobilisée pour garantir 10 000 litres d’eau par séance de dialyse.
Abordant le dossier de la pénurie des médicaments, le responsable a pointé la pharmacie centrale comme principale source du problème.
S’attardant sur les grands chantiers à venir, Ghorbal a dévoilé un programme d’envergure prévoyant la création de 25 nouveaux centres de santé de base répartis dans plusieurs délégations, le parachèvement des travaux de rénovation des dispensaires malgré des blocages fonciers et administratifs, et la mise sur pied de centres de santé intermédiaires pour rapprocher les soins des citoyens.
Sfax : Le conseil régional cartographie les failles du système de santé
- Publicité-








