Alors que le monde africain et américain des affaires s’était rassemblé à Gaborone au début du mois, le ministre du Commerce sud-africain a, lui, fait le trajet inverse, pour se rendre à Washington et tenter de sauver la place de l’Afrique du Sud au sein de l’Agoa « African Growth Opportunities Act » (Loi sur la Croissance et les Opportunités de Développement en Afrique). « Une visite nécessaire », selon Cynthia Griffin, représentante du département du commerce américain pour l’Afrique subsaharienne.
« Les demandes autour de l’Agoa sont à l’étude, pour toute l’Afrique subsaharienne, et le commerce continue pour l’instant, alors que l’Afrique du Sud échange directement avec le gouvernement américain et les législateurs. C’est important qu’il y ait une communication ouverte, de chaque côté, pour partager différents points de vue. »
Le mois dernier, des représentants du Congrès américain des deux partis avaient pourtant écrit une lettre pour réclamer le retrait de l’Afrique du Sud du programme. Ce n’est pas la première fois que le pays reçoit de telles menaces : en 2015, Pretoria avait été forcée d’ouvrir son marché aux volailles américaines.
Du côté du secteur privé sud-africain, on espère que la non venue de Vladimir Poutine au sommet des Brics saura adoucir Washington. Car un retrait de l’Agoa pourrait être lourd de conséquences selon Cas Coovadia, à la tête Business Unity South Africa (BUSA), l’un des syndicats du secteur : « Notre pays est l’un des principaux partenaires commerciaux des États-Unis sur le continent. Et notre agriculture, ainsi que nos industries automobiles et minières en ont beaucoup bénéficié. Donc cela aurait certainement un impact fort. »








