Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a reçu lundi 28 avril à l’aéroport du Caire le président du Conseil souverain et chef de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhan qui effectue une visite officielle en Égypte. Cette visite, décrite comme « stratégique » au Caire, était l’occasion d’échanger sur plusieurs dossiers bilatéraux et de la région, comme le précise un communiqué de la présidence égyptienne.
C’est la première visite du général al-Burhan au Caire, après la défaite infligée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) depuis le début de l’année à Khartoum et dans d’autres États importants. Elle intervient au moment où les menaces des FSR d’attaquer l’État du Nord du Soudan se multiplient. Cet État est situé à la frontière-sud de l’Égypte qui demeure profondément inquiète pour sa sécurité, « mais toujours impliquée dans la stabilisation du pays voisin », affirment ses responsables. Les discussions ont donc porté sur la sécurité de cette frontière, mais aussi, plus globalement, sur la coopération sécuritaire. Face aux défis régionaux, les deux pays sont contraints d’harmoniser leurs discours officiels.
Les deux pays sont sous pression de Washington en mer Rouge. Le président américain Donald Trump a exigé de l’Égypte de laisser passer gratuitement les navires militaires et commerciaux américains dans le canal de Suez, et a chargé son secrétaire d’État d’appliquer cette décision. Quant au Soudan, les États-Unis tentent de l’empêcher d’autoriser les Russes et les Iraniens d’installer des bases militaires maritimes sur la mer Rouge, souligne RFI.
Par ailleurs, l’Égypte se propose d’aider à la reconstruction des régions qui sont sous le contrôle de l’armée. Ses sociétés se positionnent déjà et le travail est engagé dans l’infrastructure et l’aide logistique. Comme dans l’Est libyen, Le Caire mise sur cette opportunité pour essayer d’aider une économie décroissante.
Renforcer l’échange commercial a également eu sa place dans les discussions. Malgré la guerre, le Soudan a exporté au Caire, en 2024, du bétail, pour 129 millions de dollars. Enfin, sur les dossiers régionaux, les deux pays veulent toujours parler d’une même voix, notamment en ce qui concerne la crise avec l’Éthiopie et la sécurité de l’eau, dans le bassin du Nil.
Soudan: Le général al-Burhan en visite en Égypte
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