Donald Trump a exhorté samedi d’autres pays à envoyer des navires de guerre pour sécuriser le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique entravée par la guerre en Iran, entrée dans sa troisième semaine sans aucun signe d’accalmie.
Le conflit embrase la région et provoque une flambée de l’or noir, avec le blocage quasi total par l’Iran du détroit d’Ormuz, par lequel transite d’ordinaire 20% de la production mondiale de pétrole.
« De nombreux pays vont envoyer des navires de guerre, en collaboration avec les Etats-Unis, pour maintenir le détroit ouvert et sûr », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, après avoir indiqué la veille que la marine américaine commencerait « très bientôt » à escorter des pétroliers dans ce passage stratégique.
« Espérons que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d’autres (…) enverront des navires dans la région afin que le détroit d’Ormuz ne soit plus menacé par un pays totalement décapité », a-t-il ajouté.
« En attendant », a-t-il dit, les Etats-Unis vont continuer à bombarder les côtes iraniennes et viser sa marine.
Il a affirmé que l’armée américaine avait « complètement détruit » des cibles militaires sur l’île de Kharg, située à environ 30 kilomètres des côtes iraniennes et qui abrite le plus grand terminal d’exportation de pétrole brut du pays.
Quinze explosions y ont été entendues samedi, mais aucune infrastructure pétrolière n’a été endommagée, selon l’agence de presse iranienne Fars.
Le président américain a prévenu qu’il s’en prendrait aux infrastructures pétrolières de l’île si « le passage libre et sûr des navires » n’était pas rétabli dans le détroit d’Ormuz.
En réponse, Téhéran a menacé de « réduire en cendres » les sites pétroliers liés aux Etats-Unis au Moyen-Orient.
L’Iran visera des entreprises américaines au Moyen-Orient si ses infrastructures énergétiques sont bombardées, a aussi averti son chef de la diplomatie, Abbas Araghchi.
Pour Sina Toossi, du Centre pour la politique internationale (CIP) à Washington, l’Iran a encore des cartes en main, malgré les frappes sur Kharg, puisqu’il dispose d’un autre terminal d’exportation dans le Golfe d’Oman.
Téhéran pourrait « infliger des frappes plus importantes encore aux infrastructures énergétiques du Golfe, comme Aramco (géant pétrolier saoudien, NDLR), cibler des pipelines au-delà d’Ormuz ou œuvrer avec les Houthis (au Yémen) pour perturber le détroit de Bab-el-Mandeb », détaille l’analyste. « Cela créera un choc pétrolier encore plus grand ».
Le cours du baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, s’est envolé de plus de 42% autour de 100 dollars depuis le début de la guerre.








