Comme il l’avait fait lors de la Fête de l’Indépendance, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, s’est attardé, en ce 1er mai, sur son plaidoyer pour la réconciliation nationale, une nécessité, a-t-il dit, malgré le scepticisme qui habite certains, affirmant que la réconciliation nationale ne se fera pas au détriment de la loi relative à la justice transitionnelle.
Dans son discours à l’occasion de la fête du travail, il a souligné que « un climat propice dicte de tourner la page du passé sans la moindre tolérance vis-à-vis des coupables », notant que « d’aucuns parmi ceux qui craignent des poursuites judiciaires, se gardent de contribuer à l’investissement dans leur pays ».
Le chef de l’Etat a appelé l’UGTT et l’UTICA de même que le gouvernement à s’atteler à surmonter la situation économique détériorée et à réaliser la cohésion sociale à travers un dialogue qui regroupe tous les partenaires. « Il est indispensable que nous entamions un dialogue réunissant toutes les catégories car l’économie est dans une situation très difficile nécessitant des réformes », a-t-il dit.
Parmi ces réformes, BCE a cité la modernisation du dispositif financier et bancaire, la réforme fiscale, et l’adoption de lois organiques en tête desquelles la loi relative au partenariat public-privé (PPP), la loi sur la concurrence et les prix et celle sur les procédures collectives.
« Nous ne voulons pas une réforme fallacieuse, mais nous œuvrons en vue d’une réforme basée sur des fondements sains », a-t-il affirmé mettant l’accent sur la cohésion sociale, condition sine qua non pour la réussite de toute réforme.
Il a indiqué que les experts ont mis en garde contre les augmentations des salaires, ajoutant aussitôt que « nous estimons que la cohésion sociale figure parmi les priorité de cette étape ».
Escalade verbale UGTT-UTICA
Pour l’heure, cependant, l’appel de Béji Caid Essebsi à la cohésion sociale, ne semble pas avoir été entendu par les premiers responsables des deux organisations, ouvrière et patronale. Le secrétaire général de l’UGTT, Houcine Abassi, n’a pas attendu la fin de la cérémonie marquant la célébration de la fête du travail pour « attirer l’attention » sur « l’emprise exercée par les gangs de la contrebande et la dictature du gain facile chez certaines catégories, chefs d’entreprises et individus voraces au détriment de la collectivité nationale et de la santé des Tunisiens », mettant en garde contre « les répercussions négatives de l’évasion fiscale et le refus de certains de s’acquitter de leurs cotisations à la Sécurité sociale », allusion très nette à certains hommes d’affaires.
En guise de réponse, la présidente de l’UTICA, Wided Bouchammaoui, s’adressant aux travailleurs et à travers eux à l’UGTT, a appelé à travailler plus et mieux et à « cesser leurs revendications excessives et leurs entraves » et surtout à « cesser de diaboliser les chefs d’entreprises et les stigmatiser ».








