Dans une vidéo, intitulée «bilan du ministère du Tourisme par Amel Karboul», la ministre du Tourisme fait son propre bilan. Une action qui résonne comme une confession-satisfecit, cependant sans mea culpa ; presque 6 minutes de graphiques montrant des chiffres et des lettres, sans aucune autocritique. Un bilan où elle finit par retourner à ses premières amours, le conseil, comme si elle dirait que «la plus belle femme du monde ne peut donner que ce quelle a. Un bilan qui sonnerait aussi presque comme un aveu déchec. Il est vrai, pourtant, que la courte durée de son mandat à la tête dun département où le poids de lAdministration reste pesant et où la culture de lexcellence reste absente, lui donnerait presque raison. Mais un bilan, en définitive, qui pourrait être classé sous lobligation de réserve quelle na ainsi pas respectée tant les vérités prendraient une autre mesure dès lors quelles sont dites par la ministre elle-même. Il nen demeure pas moins vrai quà plus dun égard, ce que dit Amel Karboul ne fait que relater des vérités, toujours bonnes à dire alors que se prépare déjà un nouveau gouvernement !
Sur une musique mélodieuse, comme si elle voulait faire passer une pilule, la vidéo postée par la ministre sur les réseaux sociaux, commence ainsi le bilan par létat des lieux, une période quelle situe entre 2011 et 2014, une année pourtant où elle était la ministre du Tourisme, ce qui lui ferait presquendosser au moins une partie de cet état des lieux.
Cet état commence par une hausse de lendettement du secteur, qui passe de 900 MDT en 2011 à 3.000 MDT en 2014. Elle pointe ensuite la «médiocre» qualité des services, comme elle le dit, des hôtels, des restaurants touristiques et des agences de voyage. Plus loin, elle fera noter, comme pour souligner laugmentation de 57 % des actions de contrôle impulsée par ses soins en 2014 par rapport à 2013, que 40 % du parc hôtelier ont été déclassés ainsi 8 restaurants touristiques et 24 agences de voyage fermées. Elle pointera aussi du doigt linsuffisance de la formation, avec «seulement 900 spécialistes par an dans la filière, soit 2 fois moins que le Maroc», dira-t-elle. Elle népargnera pas non plus lAdministration, comme si elle voulait régler des comptes, en parlant dun «cadre institutionnel bloquant» et de «labsence dindicateurs pertinents et fiables».
Et cest lorsquelle en arrive au chapitre de «la démarche» quon pourrait peut-être lui reprocher de ne pas toujours avoir su quitter ses habits de «consultant», rêvant de ce qui devrait être idéalement fait évitant ainsi de mouiller la chemise et de mettre les mains dans le cambouis. Cela, dautant plus que le chapitre de «la démarche» préparait en fait un autre long chapitre sur sa fameuse théorie de «la vision 3+1» avec ses tableaux de «Timeline» pour tous les axes de sa vision.
Le bilan dAmel Karboul noubliera pas de rappeler ses réalisations, dont les 55 évènements soutenus par son ministère du Tourisme et autres dunes électroniques. La ministre est aussi fière de la «réorientation de 25 % des investissements 2014, vers les régions». On pourrait à ce titre, peut-être, lui opposer que le budget 2014 a été luvre dune autre équipe en 2013. A son actif, elle mettra aussi «lengagement des partenaires étrangers dans le soutien de certains projets de la vision 3+1, la libéralisation de 60 % de lOmra, lachèvement à 85 % du cahier des charges des transporteurs et autres conventions.
Nous, on retiendra de ce bilan quAmel Karboul na pas réalisé sa promesse des 7 millions de touristes, même si elle avait rectifié ses prédictions. Elle ne réalisera quun peu plus de 6 millions darrivées internationales. On voudrait aussi retenir delle ce geste quelque part courageux et qui na jusquici été osé par aucun ministre, ni davant ni daprès la révolution. Peut-être en effet fallait-il une femme ministre pour prendre la défense dun secteur miné par les banquiers. Sa lettre au gouvernement et à la BCT où elle dénonçait certaines pratiques bancaires, restera certainement dans les annales. Pour linstant, elle est restée sans réponse de la part de la banque des banques !
Khaled








