La Tunisie a été classée par le magazine américain « Business Insider » quatrième pays le moins chers au monde, derrière l’Inde, le Népal et le Pakistan. Un classement qui semblerait étrange et atypique pour un pays où le citoyen croule sous les effets de la flambée des prix des denrées alimentaires de première nécessité et des produits énergétiques et agricoles. A vrai dire, les Tunisiens ne savent plus, aujourd’hui, où donner de la tête face à la cherté de la vie et l’impossibilité pour une majorité de la classe moyenne de remplir leur couffin quotidien et satisfaire leurs besoins de tous les jours.
Mohamed Salah Ayari, conseiller fiscal et enseignant universitaire a cependant, dans une déclaration à Africanmanager, noté que les prix en Tunisie ne sont pas très élevés en comparaison avec d’autres pays, appelant, toutefois à prendre en considération le niveau de vie de chaque pays.
Selon ses déclarations, le SMIG se situe aujourd’hui à 320 dinars, un niveau modique quel que soit le niveau des prix et qui ne permettra pas à ceux ayant un salaire faible d’acheter les produits de première nécessité.
Il a, dans le même contexte, rappelé que la classe moyenne en Tunisie n’a cessé de se détériorer et elle s’est rétrécie pour représenter aujourd’hui environ 40% de la population contre 60% auparavant. Cependant, la classe pauvre ou celle qui représente les personnes qui ont un niveau de vie très faible s’est élargie pour atteindre 50% de la population contre seulement 30% auparavant alors que la classe riche ne représente que 10% de la population.
« Quelles que soient les études faites à l’échelle nationale ou internationale, la vie quotidienne confirme que le pouvoir d’achat des Tunisiens s’est dégradé dans des proportions importantes, ce qui explique la cherté de la vie », a indiqué Mohamed Salah Ayari, avant d’ajouter que le taux d’inflation n’a aussi cessé d’augmenter pour se situer actuellement à 5,8%.
De son côté, l’expert en économie, Ezzedine Saidane nous a indiqué que le classement de « Business Insider » qui a placé la Tunisie dans le top 5 des pays les moins chers au monde n’est pas aux antipodes du contexte économique que vit la Tunisie depuis plusieurs années à cause de la dégradation des conditions financières du pays et de l’inflation.
Il a, dans le même contexte, ajouté qu’un coût de la vie élevé d’un pays ne veut pas dire la même chose à l’échelle internationale. « On peut être bien classé à l’échelle internationale même si la situation économique au niveau national demeure inquiétante», a-t-il dit.
Quant à lui, Abdelmajid Msselmi, dirigeant au Front populaire nous a indiqué que cette étude est basée sur un regard extérieur qui est contraire à la perception du citoyen tunisien ce qui diminue la crédibilité d’une telle étude.
Il a, en outre, ajouté que ce genre d’études utilise des variables et des paramètres qui ne sont pas souvent adaptés a la réalité tunisienne, rappelant de la flambée des prix des matières premières notamment en alimentation surtout viandes, poissons, volailles, fruit et légumes, loyer, transport commun et privé, carburants, habillement, électricité, loisirs et dépenses de santé.
En revanche, il a reconnu qu’aujourd’hui, ce sont plutôt les besoins de la classe moyenne qui dépassent le couffin de la ménagère sachant que les Tunisiens recourent de plus en plus aux moyens de divertissement tels que l’informatique, l’Internet et les voyages.
Khadija Taboubi








