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Tunis : BCE se séparera de Habib Essid et le remplacerait par Mohsen Marzouk, selon IHS Jane’s!

Bible de l’information et de l’analyse en matière de renseignement, de défense et de risque pays dans le monde, la revue britannique IHS Jane’s vient de livrer une analyse intéressante de la situation politique en Tunisie et des perspectives de son évolution dans le futur proche.

Sous la plume de Richard Cochrane, spécialiste de l’Afrique du Nord, elle affirme que le président de la République, Béji Caïd Essebsi est de plus en plus enclin à remplacer l’actuel chef du gouvernement, Habib Essid, pour insuffler une vitalité nouvelle à un gouvernement largement sans direction ni orientation, ajoutant qu’un changement de direction vise également à renforcer la cohésion du parti au pouvoir Nidaa Tounès, frappé de plus en plus d’instabilité. IHS Jane’s  prévoit qu’au cas où Nidaâ Tounès serait aux prises avec une scission ou une désintégration, ou encore au cas où BCE  serait dans l’incapacité d’assumer ses charges, son partenaire dans la coalition, Ennahdha assurera probablement la stabilité du gouvernement jusqu’à ce que des élections soient organisées.

Le gouvernement, sous le feu de critiques persistantes, n’a pas réussi à répondre efficacement aux défis économiques et de sécurité, note la revue qui ajoute que BCE a adopté une approche essentiellement réactive aux événements et a initié un effort de  «réconciliation nationale», destiné  sans doute à rassurer les anciens fonctionnaires et les hommes d’affaires qui ont prospéré sous le régime de Ben Ali, et qui représentent une faction puissante au sein de Nidaa Tounes.

Jane’s  ajoute que le gouvernement a échoué à adopter la moindre stratégie de politique de sécurité cohérente pour lutter contre le terrorisme, dont l’ampleur devrait demeurer élevée au cours de la prochaine année. La réponse du gouvernement à l’attentat de Sousse et la proclamation de l’état visent   plus à apaiser l’opinion internationale qu’à mettre en œuvre des mesures crédibles pour résoudre le problème. La construction d’une barrière de sécurité le long de la frontière avec la Libye, bien quelle minimise le  risque d’attaques transfrontalières, ne pourra guère résoudre le problème des individus auto-radicalisés, ni endiguer le flux de Tunisiens vers les  camps d’entraînement en Libye, encore moins leur retour ultérieurement.

Si un nouveau gouvernement était formé dans  les mois à venir, il serait  plus explicitement politique que celui quasi-technocratique actuellement en place. Ennahdha y aura probablement un rôle plus important alors que son  soutien serait nécessaire pour l’adoption d’une motion de censure contre le chef du gouvernement, Habib  Essid à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP). Le fait que le parti fondé par opposition à l’islam politique soit de plus en plus tributaire d’Ennahdha reflète la faiblesse interne de Nidaa Tounes. Ceci pose un sérieux défi pour le secrétaire général du parti,  Mohsen Marzouk, un des principaux candidats pour remplacer Essid en tant que chef du gouvernement. Ila été nommé en mai  Secrétaire général avec mission de transformer le parti en une formation politique rationalisée et empreinte de professionnalisme. Nidaâ Tounès est actuellement un composé de  gauchistes, d’hommes d’affaires, et de conservateurs, et est en proie à des  luttes intestines depuis des  mois. Pour ramener le gouvernement en course, il doit s’engager  dans un processus de cohésion et d’unité  de son état-major, soit avec Marzouk comme chef du gouvernement ou  un candidat non encore identifié en mesure de mettre fin à la  pire des divisions internes qui ait secoué le  parti. Sans un tel changement, le parti semble de plus en plus incapable  de  survivre et de tenir jusqu’aux élections législatives de 2019, encore moins de poser un défi électoral crédible à Ennahdha.

Un premier ministre fort conforterait  également la stabilité politique à court terme par la répartition du pouvoir loin du  président Caïd Essebsi. Celui-ci, âgé de 88 ans, joue un rôle direct dans la gestion des deux branches de l’exécutif, ainsi que du parti majoritaire au parlement. Cette concentration des pouvoirs est un sérieux élément d’incertitude,  devrait-il tomber  malade ou décéder en cours de mandat. Si cela devait arriver avant que Nidaa Tounes ne parvienne à maîtriser ses divisions internes, le parti devrait alors se désintégrer le long de ses multiples lignes de faille.

Le parti au pouvoir Nidaa Tounes est aux prises avec des divisions internes graves, qui augmentent la probabilité de son éclatement dans les quelques années à venir. Les conséquences de cette situation pour la stabilité politique seraient atténuées par la nomination d’un chef du gouvernement fort  capable de porter le soutien à la majorité du parti, et qui peut soulager le  président Essebsi de quelques charges du pouvoir exécutif. Cela permettrait d’insuffler une vitalité et une énergie nouvelles au gouvernement, qui a vu l’élan politique dont il avait bénéficie voler cruellement en éclats ces  derniers mois sous la direction politiquement limitée de Habib Essid.

S’il advenait que Nidaa Tounes s’effondre en raison de ses divisions internes ou d’une incapacité soudaine de Béji Caïd Essebsi,  Ennahdha qui est restée disciplinée et  forte de sa  cohésion interne, assurera probablement  la stabilité d’une direction provisoire. Les deux partis sont sur la même longueur d’onde  s’agissant des approches en matière de politique économique, en particulier la nécessité de libéraliser l’économie pour la rendre plus accessible à l’investissement étranger. En cela, les principaux obstacles résident dans la mise en œuvre effective de la politique. La fonction publique représente un obstacle majeur à la réforme, avec des fonctionnaires aux niveaux supérieur et intermédiaire de la hiérarchie  qui résistent  à la mise en œuvre des réformes économiques qui pourraient menacer les intérêts liés au  népotisme bureaucratique. Alors que le gouvernement envoie  un message  suggérant que l’implication dans des  pratiques de corruption  n’est passible d’aucune sanction durable, les  retards à la mise en œuvre de la politique sont susceptibles de persister  tout au long de la législature actuelle. Un nouveau chef du gouvernement ne  changerait pas  cet état de choses, alors que  la présidence de BCE continuera de déterminer l’approche du gouvernement. Pour que cela change, un nouveau président militant avec un engagement ferme de lutte contre la corruption sera probablement nécessaire, ce qui est peu probable avant de nouvelles élections en 2019, conclut IHS Jane’s.

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7 Commentaires

  1. la réaction du peuple n’est pas prévisible, et puis est-ce qu’il n’y a pas d’autres partis qui peuvent gagner les éllections

  2. Ce n’est pas en remplaçant Jacques par Paul qu’on verra une sorte de stabilité politique. Il faudra changer carrément de cap. Deux axes, soit un gouvernement d’union nationale avec un large rassemblement, soit un homme fort i.e charismatique, communicateur, fédérateur et au dessus de la mêlée.

  3. Hors de tout doute, la classe politique (opposition), la classe intellectuelle, les mouvements syndicaux, les mouvements étudiants, les organismes de l’économie sociale et solidaire et une bonne partie des citoyens du Sud et de la dorsale de la Tunisie n’accepteront jamais Marzouk comme chef du gouvernement tunisien. Non seulement, il n’aspire pas confiance, mais il est pathétique dans le sentiment de citoyens tunisiens. Marzouk n’inspire pas confiance du tout ! SI Marzouk sera nommé Premier Ministre, il va y avoir des manifestations monstres, suivis par des grèves syndicales rotatives. La Tunisie tombera dans le chaos, Marzouk va faire appel aux forces de l’ordre (polices, gendarmes et militaires) et aux milices de Nidaa Tounes que Marzouk est entrain de créer en silence dans toutes les régions ! Peut être on vivra la deuxième révolution que tous les sociologues et politologues l’ont prévue !

  4. هل كان الحبيب الصّيد (صاحبُ السّور العظيم) مجرّدَ عجلة احتياطيّة مؤقّتة يفرش البساطَ لخادمِ موزة قطرائيل وحليفِ التّنظيم العالميّ للإخوان الإرهابيّين وعميلِ المنظّمة الصّهيونيّة العالميّة؟؟؟

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