Selon les révélations de responsables administratifs au gouvernorat de Sidi Bouzid , plusieurs infractions ont été relevées lors de la révision des salaires des ouvriers temporaires dans des institutions et établissements de l’Administration. Parmi ces infractions, une impliquant deux individus arrêtés pour des actes terroristes, qui perçoivent toujours leurs salaires comme l’atteste le virement du mois de juillet 2014. A cet effet, des mesures nécessaires ont été prises pour déterminer les responsabilités de chacun.
En réaction à ces informations, Habib Rachdi, secrétaire général du Syndicat général des prisons a déclaré à Africanmanager que « ces informations prouvent l’indulgence des responsables régionaux envers le terrorisme, les associations et les personnes qui le soutiennent. Et d’ajouter que « des milliers de personnes impliquées dans des affaires de terrorisme touchent encore leurs salaires. Les accusés dans les évènements terroristes de Soliman, en 2006-2007, ayant bénéficié de l’amnistie générale après la révolution sont encore à la tête de plusieurs institutions.il y a aussi des « salafistes gangsters » qui travaillent pour des partis connus et surveillent leurs sièges.
Pour sa part, l’avocat Nasser Laouini nous a affirmé que l’octroi des salaires aux personnes impliquées dans des affaires de terrorisme est un dépassement dangereux qui appelle une enquête approfondie. « La loi stipule qu’en cas d’abandon par une personne de son poste pour quatre jours, elle est automatiquement privée de salaire, et toute infraction à la loi constitue un dépassement », a-t-il souligné .
« Dans les entreprises, on trouve toujours un responsable chargé du suivi des salaires des employés, et cette personne est appelée à informer ses collègues de l’assiduité des employés et doit être elle-même au fait de tout ce qui se rapporte à l’absence des employés de l’entreprise. Donc, si cette personne n’accomplit pas son travail selon la loi, elle assume l’entière responsabilité de tous les dépassements enregistrés », a-t-il soutenu.
Mohamed Abbou, secrétaire général du courant démocratique, a indiqué qu’il est n’est pas au courant de ces informations, affirmant à ce propos : «A mon avis, il faut vérifier la crédibilité de ces informations. D’habitude, chaque chef de service opérant dans n’importe quelle entreprise est appelé à constater la présence des employés et d’informer ses responsables sur les absences des personnels. De même, s’il arrive qu’en employé est arrêté, le ministère public en informera l’administration dont dépend le fonctionnaire. Et l’octroi des salaires aux personnes qui ont abandonné leur travail est un dépassement à caractère administratif et non pas politique, a-t-il affirmé.
Issam Dardouri, président de l’organisation tunisienne des forces de sécurité et du citoyen, a lui aussi, indiqué qu’il est n’est pas au courant de ces informations. Cependant, il a insisté sur la nécessité de vérifier la liste des nominations effectuées durant le passage au pouvoir de la troïka (ouvriers temporaires, gardes forestiers…). « Si ces informations sont avérées, cela nous confirme que le terrorisme est soutenu par des parties politiques. D’ailleurs, il a été confirmé que des responsables sont impliqués dans le terrorisme et qu’ils bénéficient de leurs salaires. A travers les entreprises, l’Etat produit le terrorisme, l’Etat est incapable d’assumer les responsabilités qui sont les siennes, a-t-il dit.
Nadia Ben Tamansourt








