Le dossier des deux journalistes tunisiens enlevés en Libye, Soufiène Chourabi et Nadhir Ketari semble promis à d’heureux rebondissements, et le dénouement de l’affaire pourrait même intervenir dans les heures à venir.
Mustapha Abdelkebir, chargé des négociations avec la partie libyenne au sujet du dossier des deux journalistes tunisiens enlevés a affirmé que « nous sommes sur le point d’arriver à des tournants, et de nouvelles informations sont attendues au cours des prochaines heures ».
Il a estimé que les deux otages sont encore en vie contrairement à ce qui avait été rapporté, faisant état de sérieux indices qui l’attestent. Il a aussi indiqué qu’une cellule regroupant des activistes et des personnes ayant de solides et influentes relations avec l’Est libyen s’emploient à établir des canaux de communication avec des groupes extrémistes islamistes, assurant, d’autre part, que le dossier du ressortissant tunisien Adel Bourkab en est à son ultime phase de dénouement et qu’il sera libéré.
A l’échelle officielle, le ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale du gouvernement de salut national à Tripoli a annoncé, dans un communiqué, qu’il suit avec la plus vive inquiétude l’affaire de l’enlèvement des deux journalistes tunisiens, Soufiène Chourabi et Nadhir Ketari dans l’Est de la Libye, dont on est sans nouvelles depuis le 5 septembre.
Le communiqué ajoute que, dans le cadre des efforts déployés pour retrouver les deux otages, un entretien téléphonique a eu lieu, vendredi, entre le président de la République tunisienne, Béji Caïd Essebsi, et le ministre libyen des Affaires étrangères à l’issue duquel ce dernier a ordonné la création d’une cellule de crise chargée du suivi des derniers développements du dossier, localiser l’endroit où ils se trouvent et obtenir leur libération pour les remettre sains et saufs à leurs familles.
A Tunis, la cellule de crise chargée du suivi de la situation en Libye, réunie lundi après-midi au siège du ministère des Affaires étrangères, a décidé de dépêcher une délégation officielle en Libye, dans les jours à venir, à l’effet de poursuivre les contacts avec les différentes parties libyennes et les démarches en cours au sujet des informations sur les deux journalistes tunisiens enlevés en Libye, Soufiène Chourabi et Nadhir Ketari, tout en discutant les moyens de sauvegarder les intérêts de la Tunisie dans le pays voisin.
Au cours de la réunion présidée par le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Fayçal Gouiâ, les participants ont passé en revue les derniers développements du dossier des otages tunisiens et ont poursuivi la vérification de l’authenticité des informations et déclarations circulant à cet égard.
Dans le même ordre d’idées, Ghazi Jribi, ministre de la Défense, a annoncé que l’affaire des deux journalistes tunisiens séquestrés a connu de nouveaux rebondissements, révélant que les deux otages tunisiens sont désormais localisés.
BCE entre avec force en lice
Multipliant les initiatives, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, et après avoir téléphoné, vendredi, au ministre libyen des Affaires étrangères du gouvernement de salut national à Tripoli, a reçu, lundi, le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Néji Bghouri, qui a appelé l’Etat à tout mettre en œuvre pour connaître le sort des deux journalistes tunisiens Sofiène Chourabi et Nadhir Ketari enlevés en Libye.
« L’Etat doit tout mettre en œuvre pour connaître le sort des deux journalistes et les rapatrier dans les plus brefs délais », a-t-il indiqué.
Selon un communiqué de la présidence de la République, Bghouri a déclaré avoir examiné avec le chef de l’Etat les derniers développements du dossier de ces deux journalistes et les moyens de les rapatrier.
Tout en mettant en garde contre les menaces terroristes qui pèsent sur certains journalistes, le président du SNJT a mis l’accent sur l’impérieuse nécessité de faire face à ces menaces, dans le droit fil de la consécration de la liberté d’expression et de la presse.
Les Libyens s’activent
Les représentants d’associations et d’organisations libyennes ainsi que des personnalités actives dans le domaine des droits de l’Homme font part, dans une déclaration commune, de leur soutien aux deux journalistes tunisiens enlevés en Libye, Sofiene Chourabi et Nédhir Ktari, exprimant leur totale solidarité avec leurs familles et collègues ainsi qu’avec le peuple tunisien.
Ils demandent aux autorités libyennes de tout mettre en œuvre pour les libérer et poursuivre en justice les auteurs de cet acte, mais aussi de tous les autres enlèvements commis à ce jour sur des journalistes et activistes de différentes tendances politiques.
« De nombreux Libyens actifs dans le domaine des droits et des libertés se sont réfugiés en Tunisie pour fuir ceux-là mêmes qui ont enlevé Chourabi et Ktari », soulignent-ils.








