AccueilChiffreTunis :Essid, le chef de gouvernement de dernière minute!

Tunis :Essid, le chef de gouvernement de dernière minute!

Traduit en langue française, son nom arabe (Essid) signifierait le Lion. Astrologiquement parlant, il est pourtant né sous le signe du Gémeaux. Juste pour l’anecdote, «l’homme Gémeaux est un intellectuel. Son esprit, constamment en action, le pousse à analyser, à concevoir et à décortiquer ce qui l’entoure. Il n’aime pas les questions sans réponses et cherche toujours des solutions à tout. Il est méticuleux et doué pour les affaires. Dans le travail ou dans un débat, il ne se laisse pas marcher sur les pieds. Le natif n’est pas un grand communicant et a souvent du mal à aller vers les autres. L’homme Gémeaux est un signe double : à la fois fort et fragile, il cherche à cacher sa sensibilité derrière de la distance, ce qui n’est pas toujours très bien perçu. Le natif est facilement angoissé et a besoin de se sentir aimé et rassuré pour être serein. Il a beaucoup de difficultés à faire confiance et ne se confie qu’à quelques rares personnes. Mais sa sensibilité, s’il parvient à la laisser s’exprimer, peut faire de lui un grand artiste», selon une description du signe Gémeaux par la revue Elle.

En ce jour où Madame Soleil semble être dans la lune, les Tunisiens se sont réveillés sur un nouveau chef du gouvernement en la personne de Habib Essid. L’homme, âgé de 66 ans, est natif de la ville de Sousse, ce qui fera certainement dire aux mauvaises langues que «les Sahéliens» reviennent au pouvoir. L’homme, de formation économique et spécialisé en agriculture au Minnesota (USA), n’est pas non plus un parfait inconnu de la scène politique, ce qui fera dire toujours aux mauvaises langues que ce ne sont que les hommes de l’ancien régime qui sont de retour. D’autres, moins mauvaises langues mais critiques, diront que le nouveau chef de l’Etat, ancien chef du parti vainqueur des législatives (Nida Tounes) aura ainsi commencé son mandat par un petit mensonge. Son nouveau chef de gouvernement, un lapin qu’il a sorti en dernière minute de son chapeau, avait en effet été nommé chef de cabinet du ministre de l’Agriculture de 1993 à 1997, avant d’occuper le même poste au ministère de l’intérieur jusqu’à 2001 outre son passage au ministre de l’Agriculture en tant que secrétaire d’Etat. Dans une interview accordée, lundi 22 décembre 2014 à la télévision nationale, le nouveau président de la République, Béji Caïd Essebssi, déclarait pourtant que le chef du gouvernement ne sera pas un des ministres du président déchu Ben Ali. Mais bon, «il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis» pourraient rétorquer ses fans. Pour autant, Essid n’en est pas moins, de l’avis de ceux qui l’ont approché, un grand commis de l’Etat qui était une sorte d’électron libre. Essid avait surtout remplacé le trublion ministre de l’Intérieur que BCE avait fini par renvoyer, Farhat Rajhi et avait été la seule personnalité de la petite période transitoire de BCE à avoir été gardée dans le premier gouvernement de la troïka, directement aux côtés de Hammadi Jbali, dans le gouvernement de l’ombre des conseillers, où il été en charge du dossier de la sécurité. Ce serait ainsi là que BCE aurait connu et apprécié l’homme. Il est, en tout cas, d’autant plus apprécié qu’il a été tout de suite adopté par le parti islamiste Ennahdha qui est dans l’opposition. Que dire de plus d’Essid que cette déclaration du porte-parole même du parti islamiste Ennahdha, Zied Ladhari qui dit que «il a travaillé avec nous, il a travaillé avec Béji Caïd Essebsi et avec les gouvernements d’avant. C’est quelqu’un qui est au service de l’Etat tunisien». Essid a ainsi désormais tout pour plaire !

Justifiant cette nomination, le président par intérim du parti et président de l’Assemblée, Mohamed Ennaceur, a mis en exergue les «compétences et l’expérience » de H. Essid, notamment «en matière de sécurité». Si cette explication se justifiait, cela pourrait être un signal fort quant à la priorité de la feuille de route que lui aurait confiée le nouveau chef de l’Etat. Il n’en reste pas moins vrai que BCE, qui a été derrière le choix d’Essid de manière directe, comme nous l’avait confié hier un des dirigeants influents de Nida Tounes, aura ainsi beaucoup déçu les membres, dirigeants et partisans, de son propre parti. Un parti, Nida Tounes, qu’il quitte et dépossède aussi de l’élément qui était le facteur de rassemblement d’un parti qui n’était qu’un melting-pot de personnalités et de courants politiques. Tiendra-t-il le coup encore, si BCE maintenait son «conseil» d’éloigner les élus de Nida de la Kasbah ?

Khaled.

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