Plus de 60 mille instituteurs ont observé, aujourd’hui 15 avril 2015, une grève générale. Selon le secrétaire général du syndicat de l’Enseignement de base, Mastouri Gammoudi ce mouvement intervient suite à l’échec des deux séances de négociations récemment tenues avec le ministère de l’Education. Les instituteurs revendiquent une batterie de demandes dont notamment l’institution d’une indemnité de risque, l’accélération de la publication des amendements du système de l’enseignement de base, l’activation du reliquat financier pour tous les enseignants du Primaire, la relance du décret 1178 concernant la retraite anticipée qui intéresse tous les instituteurs…
Africanmanager a visité ce matin de nombreuses écoles primaires sises à l’Ariana et nous avons constaté qu’elles ont fermé leurs portes devant les élèves et les parents.
Dans une déclaration accordée à Africanmanager, une directrice d’une école primaire nous a affirmé que « selon la loi, tous les instituteurs ont fait acte de présence pour quitter par la suite l’établissement. Des écoliers étaient également présents, ils ont salué le drapeau national et ils sont rentré chez eux », ajoutant que la grève observée dans cette école a été suivie à 100%.
Quelques parents, en colère, que nous nous avons rencontrés près de plusieurs écoles ont exprimé leur désespoir et leurs mécontentement face à « l’égoïsme des instituteurs », selon leurs dires.
Naziha M, nous a affirmé que « les enseignants devront faire prévaloir l’intérêt des élèves, loin des calculs syndicaux étroits. Elle a ajouté que les enseignants ne respectent ni les parents ni les élèves ; ils sont, selon elle « irresponsables et très égoïstes » et cherchent seulement à gagner plus d’argent en dépit de l’intérêt de l’élève et du pays.
Pour sa part, Fatma nous a affirmé que « les syndicalistes jouent à l’autruche et prétendent que le ministère de l’Education a tous les moyens pour répondre à leurs « demandes insistantes ». Et d’affirmer que la Tunisie est presque en faillite et la situation générale du pays ne permet pas une augmentation des salaires ni pour les enseignants, ni pour les autres protestataires», a-t-elle dit.
Une autre femme nous a déclaré qu’elle a été obligée de rester chez elle et de ne pas joindre son travail pour s’occuper de ses trois enfants. « C’est vraiment honteux pour la Tunisie, ces instituteurs n’ont pas le droit d’observer cette grève, y en a marre de grèves », avant d’ajouter que « le ministère de l’éducation devrait les sanctionner et mettre fin à leurs dépassements ».
« Il ya de nombreux jeunes de diplômés de l’enseignement supérieur qui sont en chômage et qui souhaitent travailler même pour un salaire symbolique. J’appelle le ministère tutelle de limoger « ces révolutionnaires » et de les remplacer par d’autres qui sont plus responsables et qui respectent l’intérêt du pays », a-t-elle dit.
Nadia Ben Tamansourt








