AccueilLa UNETunis-IDE-Afrique : La part dérisoire de la Tunisie !

Tunis-IDE-Afrique : La part dérisoire de la Tunisie !

La valeur des investissements directs étrangers (IDE) en Afrique s’envole alors que le nombre des projets est sur la baisse. C’est ce qui ressort du rapport 2015 du cabinet mondial Ernst&Young, sur les IDE en Afrique intitulé «Africa Attractiveness Survey». Le continent est le deuxième plus grand destinataire de capitaux en IDE dans le monde avec une croissance en glissement annuel de 136%. Les analystes du cabinet EY affirment que la part de l’Afrique dans les projets d’IDE a chuté de 8,4% en 2014. Néanmoins, le continent africain est devenu la deuxième destination mondiale des investissements directs étrangers (IDE), ayant permis la création d’un nombre record d’emplois sur le continent l’an dernier.

C’est l’Afrique du Nord qui en est la locomotive, sans la Tunisie, faut-il le préciser. La région concentre 51% des capitaux investis sur le continent en 2014 alors que sa part n’était que de 19,1% en 2013. Parallèlement, EY note une progression de 22% du nombre de projets en Afrique du Nord, le Maroc et l’Egypte signant des évolutions de 52,3 et 61,4% par rapport à 2013 avec respectivement 67 et 71 projets enregistrés au cours de l’année. L’Egypte a capté la plus grosse part des IDE recensé par Ernst & Young, soit 45,3% en 2014, le Maroc est 4éme en Afrique avec 3,6%, la Tunisie figure à la dixième place avec 1,7% des IDE entrants.

Du simple au double

Au niveau de tout le continent, les capitaux investis directement en 2014 se sont élevés à 128 milliards de dollars, soit plus du double par rapport à 2013, marquant le retour des investisseurs étrangers, attirés par les projets d’agrandissement du Canal de Suez, du métro du Caire, de la modernisation des chemins de fer égyptiens et de la construction d’installations portuaires..

Treize projets de construction en Afrique du Nord ont attiré 40 milliards de dollars à eux seuls, selon le cabinet, qui observe aussi des investissements de groupes agroalimentaires comme Nestlé et Almarai profitant de l’essor de la consommation.

Les investisseurs pensent que les problèmes politiques créés par le Printemps arabe ont commencé à disparaître, a expliqué James Newlands, responsable chez EY du centre Amériques-Afrique.

Dans l’ensemble, la plupart des fonds a été injecté dans de grands projets : en moyenne, 174,5 millions de dollars par projet en 2014.

Le groupe français Total a par exemple investi 16 milliards de dollars dans un projet pétrolier en coentreprise en Angola baptisé Kaombo, dont les réserves pétrolières sont estimées à 650 millions de barils, selon EY.

Si les infrastructures et les projets énergétiques constituent la plus grosse part, EY note l’émergence de nouvelles tendances: l’immobilier, l’hôtellerie, les médias et les télécommunications, la distribution, les services financiers et la technologie.

La plupart de ces fonds viennent d’investisseurs américains, britanniques, français, des Emirats arabes Unis, du Portugal, d’Allemagne, de Chine, d’Inde, d’Espagne mais aussi d’Afrique du Sud.

Toutefois, l’Afrique a encore beaucoup à faire pour complètement séduire les investisseurs, selon EY. Sur les 501 entrepreneurs et dirigeants d’entreprises interrogés pour cette enquête, 55% estiment que l’instabilité politique en Afrique demeure un frein aux investissements. Viennent ensuite la corruption, la sécurité, le manque d’infrastructures, le manque de personnels compétents, l’absence de transparence en matière règlementaire et l’absence de mesures incitatives en matières fiscale et financière.

Ces barrières ont affecté le nombre de projets lancés par les investisseurs étrangers en 2014: ceux-ci ont baissé de 8,4%, contre 3,1% en moyenne dans le monde.

M.L.

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