La Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA) s’est déclarée déterminée à prendre les mesures les plus strictes en prévision du second tour des élections présidentielles dont la date n’a pas été encore fixée mais qui devrait se tenir ou bien le 21 ou le 28 décembre courant.
La décision n’est pas arbitraire. Car, un « tournant » a été négocié au premier tour des présidentielles, a affirmé Riadh Ferjani, membre de la haute autorité lors d’un point de presse tenu ce vendredi 5 décembre.
La rencontre était l’occasion de livrer les résultats du quatrième rapport élaboré par la HAICA sur le pluralisme politique pendant les trois semaines de la campagne électorale en prévision du scrutin présidentiel. Ce rapport qui a porté déjà sur 13 stations de télévision et 8 de radio, a enregistré une réelle déviation par rapport aux élections législatives tenues le 26 octobre 2014, a-t-il ajouté.
Des dépassements en masse
Le rapport du gendarme de l’audiovisuel a en fait constaté un certain déséquilibre dans la couverture par les médias audiovisuels s’agissant de l’ensemble des candidats dont le nombre s’est élevé à 27 sachant que les candidats n’ont pas bénéficié du même temps du passage et d’antenne .
Le candidat Hachmi Hamdi arrive en tête du classement en matière de présence sur les plateaux télévisés, suivi par Béji Caïd Essebsi alors que Moncef Marzouki a été classé 10ème .
Pour la présence radiophonique, Moncef Marzouki était le premier, suivi de Hachmi Hamdi alors que Béji Caïd Essebsi arrive en 10ème position.
D’après Riadh Ferjani, ce déséquilibre n’est pas uniquement dû au rendement des médias, mais il dépend aussi de la stratégie de communication des différents candidats qui ont déjà préféré privilégier certains medias plutôt que d’autres.
Un autre point a été dévoilé par ce rapport, celui de la polarisation politique déjà constatée dans plusieurs médias qui n’ont pas respecté les procédures juridiques, ce qui a entaché leurs rendements respectifs.
La campagne électorale a été entachée par d’autres irrégularités. Certains médias ont délibérément violé le silence électoral et opté pour la publicité politique. Pis, un manque de neutralité a été observé chez ces chaînes de télévision et ces radios qui ont enfreint la loi en publiant les résultats des sondages d’opinion. Un acte qui a beaucoup suscité la polémique étant donné que la HAICA avait décidé l’interdiction de la diffusion dans les médias de sondages d’opinion au cours de la période électorale pour la présidentielle.
L’instance a en ce sens fortement critiqué la répétition des dépassements par ces médias au point que des amendes ont été infligées à plusieurs d’entre eux.
Les médias étrangers n’ont pas été épargnés non plus, et la HAICA a même signalé qu’aucun média étranger n’a respecté les consignes de la haute autorité. D’ailleurs, ces médias ont joué un rôle important dans la montée des discours violents.
La HAICA plus ferme…
La HAICA a réaffirmé son engagement à mettre en avant l’intérêt national tout en préservant l’éthique du métier. Dans ce cadre, elle a annoncé que plusieurs mesures « audacieuses » seront prises en prévision de deuxième tour des présidentielles qui opposera le président de la République sortant « Moncef Marzouki » et le président de Nidaa Tounes, Beji Caïd Essebssi.
Les médias sont tenus de respecter la loi, a déclaré, de son côté, Nouri Lejmi président de la HAICA, rappelant que la loi exige une égalité totale et parfaite en termes de temps accordé aux deux candidats.
Commentant, d’autre part, la campagne d’affichage lancée récemment à Tunis où une photo d’une rue envahie par les poubelles est libellée de la légende « La saleté provisoire », la HAICA, par la voix de Riadh Ferjani, a précisé que cette campagne ne relève pas de son ressort mais de celui de l’ISIE. Elle a par ailleurs exprimé son refus du cumul de la possession par une personne à la fois d’une chaîne de télévision et d’une agence de publicité.
Wiem Thebti








