La Banque centrale de Tunisie (BCT) a publié, hier, un communiqué dans lequel elle a dressé un tableau sombre de l’économie tunisienne notamment au niveau du déficit de la balance commerciale qui n’a cessé de s’élargir, appelant à la nécessité d’intensifier les efforts dans l’objectif de limiter le dérapage sérieux du déficit des échanges commerciaux et ses effets néfastes grandissants sur les équilibres financiers du pays.
La BCT a, en outre, appelé à la nécessité d’accélérer les mesures visant à améliorer le climat des affaires afin de retrouver le rythme de l’investissement et de la croissance, et a décidé de maintenir inchangé le taux d’intérêt directeur de la Banque Centrale.
Quant à lui, le ministre de l’Economie et des Finances, Hakim Ben Hammouda, a, dans le même contexte, indiqué que l’hémorragie de l’économie nationale s’est arrêtée alors que la situation reste encore difficile.
Il a, toutefois, reconnu que la Tunisie a fait de bons résultats, au niveau de ses indicateurs économiques en comparaison avec d’autres pays ayant vécu des révolutions similaires.
Concernant l’élargissement du déficit commercial, Ben Hammouda a indiqué qu’il est estimé à 11,8 milliards de dinars, affirmant que cette question fait actuellement l’objet de suivi de la part du gouvernement en place et du gouverneur de la banque centrale, Chedly Ayari.
Selon lui, le déficit de la balance commerciale est estimé à 1 milliard de dinars par mois, et qu’il est dû à un manque de production d’énergie, à un manque d’activité dans le secteur agricole et bien d’autres facteurs.
Dans le même contexte, le ministre de l’Economie a indiqué que la baisse du prix du baril de pétrole en dollars atténuera la pression sur les finances publiques du pays, soulignant que la Tunisie appliquera le système d’ajustement des prix, ce qui facilite la baisse des prix locaux.
De son côté, l’expert financier Hatem Zaâra, a fait savoir que le déficit de la balance commerciale va s’élargir encore au cours de prochaine période pour atteindre 10% du PIB au lieu de 7,7% actuellement.
Selon lui, le déficit de la balance alimentaire et énergétique représente 82% du total du déficit dont 3,2 milliards de dinars de déficit au titre de l’énergie. Une tendance confirmée déjà par la BCT, indiquant que la balance énergétique et celle alimentaire se sont détériorées pour cumuler respectivement un déficit de 3,2 milliards et 1,2 milliards de dinars, soit un accroissement de 50,3% et 60,9%, ce qui représente plus de 82% de l’élargissement du déficit commercial global.
C’est ainsi qu’il a appelé à maîtriser les importations en devises qui a atteint, selon lui, 111 jours de réserve, et ce suite à la baisse des exportations tunisiennes.
Il a, en outre, indiqué que le communiqué de la BCT sur la situation économique, a confirmé l’impression négative de cette situation, caractérisée par une faiblesse claire, notamment au niveau de la zone euro, qui, a-t-il ajouté, a des répercussions négatives sur l’économie tunisienne.
Il a, par ailleurs, souligné que la BCT doit mettre à jour ses chiffres estimant qu’il est insensé d’utiliser les chiffres du secteur industriel du mois de juillet, appelant, dans le même ordre d’idées, à fournir les ressources nécessaires à l’Institut de la statistique afin de pouvoir mettre à jour les indicateurs.
Zaâra a, en outre, soutenu que les secteurs alimentaire et de l’énergie sont la principale cause de l’aggravation du déficit commercial.
Pour rappel, le conseil d’administration de la BCT, réuni le 26 novembre courant, a relevé que les avoirs nets en devises ont pu être maintenus à un niveau satisfaisant en se situant à 12.759 MDT ou l’équivalent de 111 jours d’importation, en date du 26 novembre 2014, et ce contre 114 jours d’importation au 28 octobre dernier et 107 jours à la même date de l’année précédente et ce, grâce à un recours continu à la mobilisation des crédits extérieurs (environ 5,4 milliards de dinars depuis le début de l’année).
Khadija Taboubi








