Durant les quatre années qui ont suivi la Révolution, le secteur du leasing a marqué le pas sur fond de ralentissement économique, de hausse du coût des ressources et d’augmentation des impayés, marquant une rupture avec ses « années glorieuses » (2006 à 2010), selon une étude réalisée par l’intermédiaire en bourse, Tunisie Valeurs sur le secteur tunisien du leasing..
Si certaines sociétés ont clairement souffert de la conjoncture passée, d’autres ont su jouer la carte de la ‘sagesse’ et sauvegardé – tant bien que mal – leurs fondamentaux.
Très lié à la santé de l’investissement, le secteur du leasing est appelé à rebondir dès que le climat des affaires sera rétabli dans le pays. En attendant, les valeurs de leasing sont délaissées en Bourse depuis 2010 où l’indice sectoriel a perdu 27% de sa valeur. Une correction surdimensionnée pour certaines sociétés qui affichent un bilan globalement sain. Tunisie valeurs recommande à cet égard un stock picking, qui est, comme on le sait, une stratégie boursière qui consiste à essayer au sein d’un marché à trouver les actions qui vont le mieux performer. Le stock picking repose sur une analyse stratégique et financière des sociétés.
En 2014, le secteur du leasing a retrouvé le chemin de la croissance (+14%) après avoir fait du sur-place une année auparavant. Seule Tunisie Leasing s’est inscrite en repli par rapport à la concurrence; un décrochage qui s’est fait en début d’année au moment où la société a été la première à augmenter ses prix.
Pour la deuxième année consécutive, Attijari Leasing a marqué le pas. La filiale d’Attijari Bank semble vouloir ‘digérer’ la forte croissance de ses années phare de 2009 à 2012 (+50% en moyenne par an). Cette perte de vitesse a laissé de la place à Hannibal Lease, un nouveau « challenger » qui a fait preuve d’un dynamise remarquable ces deux dernières années (+11% et +29% respectivement en 2013 et 2014).
L’année 2014 a été sous le signe du rebond pour la CIL. Après avoir enchaîné deux années successives de léthargie (+4% par an), la société a remis le pied sur l’accélérateur mais sans pour autant rattraper son retard par rapport à ses confrères. La société demeure la dernière dans le top 5 du classement.
Décélération de la croissance
Pour 2015, on s’attend à une décélération de la croissance dans le secteur (+9%), un rythme, en relation avec la santé de l’économie pour l’année en cours et, qui laisse à désirer comparativement aux années ’glorieuses’ du secteur (+40% par an sur la période 2006-2010 !).
A moyen terme et au-delà de cette période transitoire que traverse la Tunisie, le secteur sera bien disposé à rebondir dans un climat plus favorable à l’investissement. Le leasing est devenu aujourd’hui l’interlocuteur incontournable des PME, bien plus que les banques qui continuent à se ruer sur les ‘grands’ groupes.
La qualité de portefeuille s’est globalement détériorée depuis la Révolution alors qu’en 2010, quasiment tous les opérateurs affichaient un taux de couverture supérieur à 70% – conformément au seuil minimum fixé par la BCT à l’époque. Pourtant, beaucoup d’efforts de provisionnement ont été conciliés : en moyenne 15% du produit net de leasing a été alloué à la couverture des risques (contre 5% en 2009).
La rentabilité financière (ROE) du secteur du leasing est faible dans l’absolu (11%) et comparativement à l’industrie bancaire (15%). Il y a cependant lieu de noter qu’hormis Attijari Leasing et CIL, tous les autres opérateurs ont procédé à des augmentations de capital en numéraire entre 2010 et 2014; des recapitalisations intervenues dans des périodes où l’évolution de l’activité a été réprimée (effritement des marges, baisse de la productivité, coût du risque), de quoi expliquer la dilution de la rentabilité.
Pour ce qui est de Tunisie Leasing, le résultat net ainsi que le ROE s’appréhendent mieux au niveau du groupe qui rappelons-le intègre l’activité de factoring, de LLD, de leasing en Algérie ainsi que des activités annexes (capital risque et intermédiation en Bourse).
Quatre ans après la révolution, les valeurs de leasing restent boudées en bourse alors que le secteur bancaire entrevoit des jours meilleurs. Pour certaines sociétés, la correction a été surdimensionnée comparativement à la qualité des fondamentaux et à la capacité de rebond à moyen terme.
Sur la base du Price to Book, qui reste le ratio de valorisation le plus pertinent pour les sociétés financières en général, deux sociétés Wifack Leasing et Attijari Leasing affichent des ratios décalés par rapport à la moyenne du secteur.








